Soirs bleus

A Ibtissem.

c’est le loup 

pour manger la fille 

simplette 

avec des fossettes 

que je trouve 

superbe 

Ibtissama 

c’est bien toi 

personnellement  

que je cherche, éperdument …

et tout simplement, depuis longtemps

Pour la préservation de vos cœurs endoloris, le thermostat de ce poème à été réglé pour une température corporel de 42° environ.

comme ce petit rocher au bout de mes doigts

tu es allongée sur le flanc gauche

et tu me parles … 

je vois ces lumières dans le lointain

tes sidérantes planètes de beauté

attends-moi, je te rejoins

comme prélude toi tout habillée

mes dents mortes mordent ton oreille juvénile

mes mains lentement sur ton corps qui joue

tes formes sont un mythe du sommeil trouble des eaux

je gravite autour de tes veines de métal

tendre serpent ! tendre femme !

tu portes toute mon enfance

mon autel païen

par la force d’un canaris qui tremble

je caresse ton con avec mes doigts de neige

est-ce une petite mort tes yeux ainsi larmoyants 

à ma part de rêve que je te lègue

nos baisers corsés au goût de paradis

comme un gage de nos sentiments extrêmes

tu es du côté flamboyant de ma triste vie

là où il n’y a personne d’aussi chéri

ce que j’ai de profondément lâche et humain

c’est toi en moi

cette nuit talonnée de nos imaginaires

s’est imprégnée de nous-mêmes et applaudis, peut-être la dernière !

tu claques les portes sur le premier arrogant qui frémit

ostensiblement

je tiens tes nébuleuses parfumées, te possède

j’adore mordiller tes tétons qui pointent comme des éoliennes  

ton visage éclaire mon visage

la lune s’est couchée sur nos cœurs avides

je hume et embrasse ton coup ainsi que ton cul maladive

avec lenteur trompée de cire à longue chaîne

je te désir à l’échelle du nombre d’or

mon cœur t’appartient dans la durée sans condition

tu sais les agréments secrets d’une vie incendiaire

et ses dangers et ses tourments

c’est du noir besoin de ton ventre monstre et humide

sel du ciel ! merveille du ciel !

serre-moi fort à perdre haleine

tu me fais vibrer

nos chemins se sont croisés chez le dieu des carrefours

je souris à la complicité du monde qui nous est offert

j’enveloppe nos soirées de mysticisme sauvage

avec toi jusqu’au petit-matin, parfois


un soir dans vos vieux jours

lorsque vous serez assise pré de votre radiateur 

repensant à vos jeunes et belles années

vous vous direz A. m’a célébré, pensez-y bien !

comme l’avez fait avant vous Hélène de France 

le doux secret de cette maxime se cache dans ledit poème

( Jour de vote )

toile rajeunie                                                                           salut à nos femmes

du rabougris                                                                           au revoir aux chrysanthèmes

comme tu souhaites                                                              et puis oui

belle silhouette                                                                        verte tige

vestige céleste                                                                        dilem du témoin

                                                                                                    voisins

comme âge

âme d’écolage                                                                        et mesgoule le mulet !

magie d’éthique                                                                      gris merveille

moderne ethnique                                                                 coupures fines sur une lamelle

yeux mousselines                                                                                   

de noir                                                                                       vieille accroche

coléo                                                                                          couleurs

noix de coco                                                                             rien dans les urnes

( J’attends … )

j’attends le jour sans mémoire

j’attends le jour pour m’ouvrir au monde

j’attends le jour pour voir l’orage

j’attends le jour pour sortir de l’ombrage

j’attends le jour pour creuser mon trou

j’attends le jour pour aimer mon bourreau

j’attends le jour pour m’identifier

j’attends le jour pour démystifier 

j’attends le jour pour un accident

j’attends le jour pour faire un don

j’attends le jour pour être à l’écume

j’attends le jour pour finir en légume

j’attends le jour pour oublier la mort

j’attends le jour pour consumer aurore

j’attends le jour pour jouir

j’attends le jour pour vous vomir

j’attends le jour pour croire en Dieu

j’attends le jour pour mentir mieux qu’eux

j’attends le jour pour fuir

j’attends le jour et je le sais advenir

Confidences sur une antisèche

Image par Eric Manzi

le doux souvenir du parfum de tes cotons blancs, si lointain et pourtant persistant. n’est-ce pas une merveilleuse coquille d’été !

je me confonds avec son humide chaleur, l’auguste de son austérité évanescente et mielleuse. je me demande si un jour tu me seras salutaire  

la brûlante femme mortifère et nue, perdue sur le lit douillet de mes souvenirs, ce même lit qui aujourd’hui te pleure

je referme tous mes vœux altérés

j’essaie !

Eau morte

Faussaire aux yeux

Rouges

mon impossibilité de te trahir me fait défaut, je tiens à mes promesses oubliées. comme on ne peut taire son éducation et son tempérament

je n’ai rien su dire sur la nature de mon amour pour toi, si ce n’est le trouble de mes yeux de silence étouffé. devrons-nous arpenter d’autres chemins

comme voir le feu et les pierres s’entremêlaient, d’innombrables soleils du mauvais côté du panorama

un air de déprime circule entre les meubles

un air léger que je fredonne

Les distributeurs de rêves

Toujours avec le petit pincement

Au cœur

je regarde par la fenêtre cet oiseau qui nous prête attention, ses ailes pourront peut-être portées nos pas vers ta patrie, parcourir le ciel en un éclair et les embrassades …

il n’est que trop distrait de disparaître ! quand tout s’écroulera, on ne vivra qu’avec des bactéries ! je me dis qu’elle sera longue la route vers un ailleurs avec ses maléfices

j’ai failli oublier déteindre la cafetière, défaillante comme la mémoire que j’ai de ta peau. elle peine à rendre l’âme, je bois une dernière tasse avant le repentir

ceci est dans ma boite à rêves tout le temps

bien le bonjour pour toute éternité

Air glaciaire

Et puis une étreinte

Et puis…!

Soir d’ivresse

des kilomètres de pente douce

que j’avale

des champs stériles défilent à la renverse

un fauteuil de confection anglaise suspendu à un arbre

je suis solidaire de mes longues manches noires

un réel vert sous l’œil ivre d’absinthe

tout comme un acquéreur sans le sou

tout dans un battement de nuit

 je descends fulminant vers mes concaves reculées

aussi inconscient que le dernier des mohicans   

je rencontre un géant aux pieds asymétriques  

le nauséabond thoracique des marécages couvert de verres, des éclats !

j’anéantis ma respiration // j’implore sa miséricorde 

la ville en approche téléscopique

les immensités de carton trompé trompent l’ouïe et les sens

il faudrait faire gaffe à ne pas se faire écrasé

je m’aile les doigts en pianiste lunaire et étrange

c’est l’été des coutumières paysannes 

des ballades sur les rives du fleuve de boue où on s’enlise

sans oublier de saluer le nom des rues

je fais quelques offrandes à une statue de pierre

Penser les mots

j’ai l’âme d’un rossignol dubitatif qui cherche des perles de diamant pour son bec. au lieu de ces épreuves méditatives, je me penche sur les déboires d’un ami esseulé :

les froufrous de la chandelle sont d’un charme à souhait

vos yeux cernés détruisent la lueur du platane d’orient

elles étaient l’expression vibrée de votre propre solitude qui tombe

comme trois mois de courtisanerie tombent à l’eau

ainsi se dérouler tous nos dîners… et puis une autre est venue, elle s’est posée sur mon cœur de toute part, de toute part mon ami …

elles sont bien dans leurs corps // elles sont bien partout ou elles passent  

…nous avions des choses d’une simplicité cruciale à nous dire 

le vague à l’âme s’est emparé de nous  

laissant des grains de sable dans nos bouches

je prends le volant de sa voiture, seul et désœuvré ( comme seul le désœuvrement nous tient lieu de lecture ! ) je balade mon mégot éteint entre mes doigts, j’entends le bruit du moteur de la voiture sur l’asphalte, et le tonnerre …

peut-être que ce soir …

Embryon

j’écris l’histoire en même temps que je la vis…

non loin de l’arbre à poèmes

salvateur plus qu’autre chose, comme sur des chemins d’averses !

je me surprend à très bien penser, comme les citations philosophiques, les proverbes, les dictionnaires … etc.

j’aime les significations sur la vie, le passé et l’espace 

sans doute devrais-je reprendre, aller dans la bib’othèque 

et relire les livres intérieurs

j’ai une admiration immodéré pour l’aventure 

de mon voyage autour du monde des poètes et des poétesses

*

la poésie

c’est lorsqu’on a faim, pour les affamés !

de pain

de vivre

lorsqu’un poète dit toujours, il faut entendre toujours ailleurs…

*

écriture, lecture et cigarette à n’en plus finir

la poésie rend aussi malade, de son flanc naît la littérature et la plus belle manière de la construire est de tout déconstruire

cela veut dire quoi être soi-même 

ceci n’existe pas et encore moins admissible, sur ces entrefaites :

un poète, c’est le non-être dans l’absolu

aussi abrupt que cela puisse paraître, il n’y a pas de bon poète ou de mauvais poète… pour trois heures de temps, j’étais prophète

il n’y a pas de route pour le non-doute !
il n’y a pas de route sans aucun doute !
 

*

nous autres, chantre et chandelier de toute heure, nous prenons acte de la part sublime de ce monde,  

intransigeance // vigueur // manifeste :

au-delà des monts, nous continuerons à porter notre mort et nous vous porterons, n’attendons plus, partons partons partons… n’est-il pas urgent !

pour vous servir :

on écoute vos attentes dans le silence des nuits

on observe les formes et les idées à travers les siècles

on se brise les mains irrécupérables sur nos lyres

on tombe souvent sur des vers froissés ( par là même renaît l’esprit de l’émancipation ! )

on ne sait pas si c’est un remède comme une magie noire

on ne sait pas si c’est une nécessité comme des lépreux

le temps de l’écriture est comme des spasmes

ses instants comme une dilatation du temps

la poésie a gagné en transmission grâce aux écrits, elle s’ampute également en spontanéité et fraîcheur

crée et produire est comme une offrande des âmes au grand chêne, telles sont nos paroles, écrire .. .. ..! ( c’est à dire, aller d’une table bancale à une autre ! )

*

que vous sortez ( du moins, encore vivant ! ) ou que vous rentrez

qui que vous soyez, Shalem et Paix et Salem, à votre guise

j’affirme de mémoire ancienne mon bonheur inachevé, parce que non-avoué

il n’y rien qui mente dans ce poème

Bingo !

le printemps est au temps fixe

il me semble que j’ai prévu mon départ des siècles à l’avance 

de sombres créatures chantent dans mes oreilles

seules les fleurs respirent

j’ai la légèreté de mes poches d’écolier 

l’aurore verte dans les entrailles et au milieu des blés, l’espoir de te revoir

je tire des numéros au loto du patrimoine  

pour tenir jusqu’au lendemain et que la chance miroite mon soleil

je sais de l’univers et ses desseins à mon sujet

comme qui résonne en lui des slogans d’eau de pluie

et où je me dictais d’extravagantes formules

désormais toutes mes pensées sont dirigés vers toi

Le hac de Leila

les fenêtres sont grandes ouvertes, c’est l’été …

je porte une cape transparente et chiffonnée, mon bermuda est humide

ma voisine cuit du riz dans la cuisine familiale 

elle n’a plus le temps de me cultivée de ses soins affectés 

le vent fait gonflé sa djellaba à petits motifs amusants

comme un drapeau aux couleurs indéterminés

je suis perdu dans l’âge des premiers émerveillements   

ce mal identifiable entre tout : nous allons plus revivre cette belle histoire d’amour

l’une des raisons est que pour elle je me détraque le kaléidoscope

si par malheur la chance me tourne le dos …  

mes anges de la prédication me susurrent

des solutions prêtes à l’emploi entre les mains de la providence

que je ne révélerais pas ici …

Léon

A Célia.

le bleu du soir est opaque    

les guirlandes en papier déchirent le ciel   

s’expose sur les vitrines la grande armée

les traits obscurs des dieux marins

discrètement brille parmi les ruines et les torches

la magnificence d’une reine au vieux turban

son règne est diaphane sous l’égide des hommes et son ombre est rouge

comme l’aisance d’un corbeau blanc et sa transparence

elle parcourt les dédales d’une toile d’un peintre antique

la masse insidieuse des lumières sombres

après les trois derniers coups de gong

on vilipende sur la place Auden ( nous sommes trois ! )

cette ultime fête s’est ouverte sur les danseuses étoiles en coulisse

nous rêvons d’un être plus intègre qu’une danseuse, soupçons… ces êtres sont dramatiques !

lune linéaire sur les planches courbes et folles

les hérauts nègres sont des funambules à l’œil moite

Cette manivelle, quel automne !

ma main contre la vitre cordée

un long froid à la décharge me saisi

j’épouse l’ampleur de ma douleur

silence d’aviateur à l’encontre des ondes endurées

ceux qui comme moi immortalisent temporairement

en prenant la main des éphémères

ou me manque subtilement le parfum des fleurs

désirs, brièveté et intuition à l’honneur

trois feuilles de tombés dans l’instant, – sexe fertile, c’est vrai ! 

que je savoure mollement…

en cette nuit d’hiver aux nuages très bas

j’affiche la teneur du velours caché de l’hymen

petit rappelle à moi-même : apprendre à maîtriser l’art des fenêtres...

Les guêpes

dans ce fier monde

et nos greniers poussiéreux  

les guêpes trouent le ciel et la toile

de nos vaines araignées

desquelles l’esprit d’un enfant reste captif

les honorant de fourmis dans un long linceul

l’envie qui lui prend de hurler fort

 : CATACOMBES !   

comme prendre son envol plus qu’ici qu’ailleurs  

et matérialiser le ciel

peut-être même se déverser dans l’estuaire

comme se marier à la saison des couleurs             

ces mêmes guêpes touchent de leur dard de feu

le ciel de nos chairs meurtries

ce sont là des pensées d’un docte fou

au milieu des champs d’avoine en flamme 

Degré zéro

les belles fleurs des genêts  

passent les saisons et les grands froids

c’est l’âme des immeubles ou s’échappe l’odeur du lait

mêlé a ma douce voix

mon genêt est une couveuse de vies à qui je fais l’amour nerveusement !

mon genêt est une arme courtoise et un murmure des fonds marins !

mon genêt est une traînée de poudre de la plus méchante des ogresses !

mon genêt est l’ornement d’une fille à qui je parle aux heures de la nuit ferme !

mon genêt est un passage des âmes vers le monde des rêves brisés !

mon genêt est le point de ralliement du dernier chameau de kabylie !

s’affranchir, c’est saisir les kilomètres de vie en noir et en rose

c’est des segments qui emplissent les yeux de la couronne lunaire

l’horizon d’infinis genêts est au verrou d’à côté

il nous faut gravir l’utopie

Poinçon

c’est un peuple phage aux puissants élixirs d’amour

c’est comme une vieille histoire raconté depuis les fonds des âges 

c’est comme un lavabo vieilli de faïence local

les émigrés sont comme au seuil d’un printemps de paix universel

                j’étais rendu à des visages aux tribulations de lichen

          des chœurs chorals fondus de sourire en chapeau de paille

  j’étais rendu à des passages au quartier Western sans âme familière qui vive

                                                               sans secours

                                                               sans secours

                                                               sans secours

si vous ne saisissez pas que l’on peut remodeler son passé à l’infini !  

que l’âme humaine est trop grande pour une fourmi même pour s’y loger !

vous n’être qu’ici pour moins que rien et rien au-delà suivez votre veine !

Romance

A Nathalie.

Image par Алина Осипова

il me semble et ça m’en à tout l’air d’une romance sans paroles. confiante dans les faubourgs et les troquets, tu faisais la guerre aux hommes bibliques

tu étais d’une beauté féerique sous les lampadaires de la ville, j’ai essuyé la honte du ciel en avançant vers toi, créature de mes nuits désincarnées et solitaires. – il y avait de quoi avoir peur !

un peu avant mes mains en quête d’une nouvelle limite tremblaient sur ton corps, je t’ai rhabillée de fripes espagnoles et rêveusement, je m’abandonnais à tes lèvres à demi closes

il pleuvait sur nous

il pleuvait

Pluie carienne

Je noircis mon cœur

À l’encre du jour

nous étions pré d’une veilleuse, nous fumions parmi de tendres jeux qui nous animaient. nous vivions follement, surtout toi, je crois que cela te semblait bon, ô nocturne soleil !

j’ai décelé l’appelle de tes armes: je n’ai pas les voiles, les blanches.. les grandes voiles blanches, est-ce que tu comprends ? la grêle m’appelle et ne me cherche pas des noises…!

le silence est retombé entre nous, comme pour durer cette fois-ci. et puis une pensée a heurté l’argile de mes mots, celle au fond où tu n’étais rien d’autre qu’une comète pour un bédouin

la veilleuse s’employait à veiller

la veilleuse s’est figée

Tout me dicte

Tes silences sont parfois long

À la détente

je cherche depuis tes yeux de différente lecture, je les cherche partout où s’immisce le doute de mes songes

les autres filles croisées dans les rues, les trains… etc. elles ont toutes ton sourire, mais rien d’aussi fauve dans l’expression du regard

la méditerranée nous sépare… – euh puis quoi ? de l’autre côté tu ne portais pas de blouse en fer ou de henné, mais je te trouve adorable avec ton inimitable masque

je revois l’abîme qui nous distinguait

ta beauté n’a d’égale que ton cruel éloignement

Couronne de fleurs

Jusqu’à ce que le jour se farde

De tes yeux

Cuirasse

À Hania.

Image par Anke Sundermeier

certains soirs de gaie mélancolie et avant de m’endormir, je joue avec le rebord en bois de ma table de chevet, vernis et froid au toucher, – oh Dieu faite que j’aime encore !

cet état ne possède aucun scaphandre, un gouffre peut-être qui espère : un coucher de soleil sombre dans les lointains… etc.

je repasse en revue toutes mes vies intérieures et entrevues, mises bout à bout et face à une sorte de néant, ces vies sont un territoire inoccupé

aussi habillé qu’une coquille

je savoure l’instant des voluptés éternelles

La fin d’un amour de vacances

Un baiser offert

Dans le vent

comme après chaque soir je revisite en solitaire les mémorables siècles, je revois et estime la dette contracté envers les auteurs que je relis et que j’admire 

les nuits m’avalent et le fruit de leurs entrailles n’est que tromperie et laideur, je ne remarque la fin de mes turpitudes qu’au lever du soleil

je ronge la peau de mes ongles pour m’en extraire, je serre alors les poings pour mieux m’habituer à la brûlure, le chantier de mon anxiété ne s’étanche qu’à la vue du sang

le soleil ne résout pas tout

Les liens virtuels

Une feuille a la légèreté

D’une colombe

je céderais un jour volontiers le passage aux hommes, les bêtes et les casseroles, semblable à des virevoltants. les nuits daigneraient adoucir mes indignations

je rejoindrais ma maison seul et tranquille, bien après que les mots désertés ne laisseraient que mes os, au même titre que les drapeaux au ralenti

je déposerais mes ailes tièdes sur des feuilles pour expier les fautes de mes semblables. la vie est dure ici-bas, mille pardons… ! je danse sur mes pieds de chaman

la cérémonie ne fait que commencer

comme après un long détour dans les grands fonds

Ciel de midi

La lune lézarde son quart

Au soleil

est-ce que c’est la fin qui recommence, s’éternise de volupté. ô l’obscure condamné ! les fins par milliers échouent sur les rives de ton cœur incompris, que le vent les emporte aussi loin que les lointains paradis… !

Le ciel de la Loire

A Fanny.

mon aimée est quelque part vivante sur le globe, je l’imagine au pré d’un cours d’eau chantant nos retrouvailles, les mains levés au ciel en signe de prière

je l’imagine aussi maudire le premier jour de notre rencontre. c’était une conquérante des cases vides de la partie qui se jouait, même si le but de son amour était de rêver d’elle éveiller

elle était l’unique fille d’une union désastreuse qui vivait pleinement l’instant présent, une qualité qui se perd pour le tout maintenant

de toute souillure mon âme blessée sera lavée 

l’eau stagnait dans les barques

                ruisselle vite la neige qui n’est pas saisonnière 

                la patience des feuilles d’arbre qui s’effacent du sol

                prends garde à ces instants fatidiques de tous les départs

comme une mise à distance, comme un an de décompter, c’était déjà l’été. elle voulait comparer nos pas. elle guettait l’autre rive, c’était trop tard, trop tard …!

comme après chaque absence, la nature se remettait à éclore sous mes pieds. mon téléphone tombait à l’eau et j’osais lever mes yeux au ciel pour atteindre sa pureté

comme les nuits qui se ramifiaient en me laissant au vertige de la perte, je n’ai pas senti le vent passé sur le véritable amour. la vie depuis ce jour n’est qu’une perpétuelle catastrophe

c’est cette nuit-là qu’elle m’a quitté

une traîtrise invétérée

Ô cœur tendre !

Reviens sur l’irrémédiable

Bien des saisons

la recherche d’une harmonie entre nous n’était pas notre fort, j’étais déjà ailleurs pour entrevoir une possible réconciliation et rien de ce que je pouvais dire ne m’aurait fait reconquérir son cœur

les années mortes fermentent comme des feuilles dans un pot. je repense aux moments joyeux de notre union, même si j’ai consigné presque tout aux oubliettes, ce presque est une brindille  

la frénétique clairvoyance d’un amoureux transi : il-n-y-a-pas-plus-grand-que-les-élans-du-cœur-ma-vie-jusqu-à-ce-présent-qui-se meurt-n’-était-que-déception-parsemée-de-brèves-éclaircies-où-hélas-hélas-je-m’-étais-noyé-sous-le-bleu…

que Dieu nous vienne en aide

que les vents emportent mes paroles  

De page en page

Je perds le courage des mots

Mort à vif

– pourquoi tu ne changes pas de chaîne ?
– regarde, c’est beau un baiser …

Les fleurs

A Véronique.

Image par Kerstin Herrmann

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, en toute saison elles nous interpellent   

elles rivalisent d’épanouissement et de senteur, puis hagardes, vient le temps de l’inattendu, comme un mini crépuscule éblouissant

nous parlons des fleurs qui ne sont en rien semblable aux imitations suffisantes et opalines, une jeunesse qui étale ses pétales rouges grimoires devant toutes les ouvertures

Les fleurs hors saison

J’efface mon jeu

Du grand tout

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, en toute saison elles nous interpellent

elles changent d’aura à la nuit tombée et que l’on pourrait presque prendre pour une peinture de la nature morte

nous parlons des fleurs auprès desquelles on sent une certaine douceur de l’air ambiant, elles s’offrent au rythme des vents sur une musique des sphères

La route des oliviers

Les cafés ont des sourires

De fleurs

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, en toute saison elles nous interpellent

nous parlons des fleurs qui semblent se superposer au réel avec leurs délicates lèvres qui s’approchent pour nous arpenter délicieusement

mon âme a croisé le houleux destin d’une magnifique fleur des champs. sauvez-les des détritus ! parce qu’elles vous aiment !

les papillons ont des ailes et parcourent des kilomètres

ces fleurs sont aériennes

Parfum des sous-bois

Je penche sur le chemin

Entre les reliefs

Un petit conte d’hiver

avec l’œil du cœur j’écoute l’espoir luire et ne me quitte jamais

ils rentrent au port inquiet

une cloche retentit entre les poteaux de fumé 

la lune est pleine et s’est éteinte pour un temps

ils sont ivres de sel, des mers et des vents. leur soute d’hiver est pleine de coton venu de Skikda. de cette ville aux péripéties prophétiques, ils gardent un mauvais souvenir…

je vois les visages des marins sortis tout droit d’un Goya, les contours des corps rivalisent de promesses inachevées. – des olympiens à la plante des mauves ! 

sur le pont du bateau amarré, ils s’affairent et chantent dans une langue étrangère :

A nous, à nous le bel horizon  

Nous sommes des baleiniers

Ma Fatou est chez l’aumônier

Ali Alo voilà le harpon !

A nous, à nous Dublin !  

et cetera.

le tout dans un je ne sais quoi qui revigore leurs survies 

stone sur les quais de bois et dans un froid brouillard, j’espère qu’un jour je connaîtrai cette paix durable intérieure dans la marche.

dois-je expier ?

chaines frêles d’ici et d’ailleurs …

Les cloches

nous-sommes assis sur un divan, un divan éméché et mauve. nous sentons la fin de soirée. vous portez encore votre écharpe noire et de coton autour du cou, votre long cou… !

mes doigts jouent délicatement avec un billet bleu plié trois fois, c’est comme un instant dans la vie d’un homme qui me paraît sans fin. il est pour nous seuls ce billet que je m’avoue

plus tôt dans la journée, nous étions d’humeur suicidaire, nous ne le cachions plus. vous aviez la même expression du visage à celle des jours exécrables, parce que j’ai trouvé la perle

nous-sommes dans ce bar au coin de la rue Triangulaire

nous humions en marchant des pastels les bras croisés

Une trachée de marbre

La petite géographie de l’univers

Féminins

il y a de la poussière partout sur les meubles, les affiches de cinéma les dos blancs face aux murs et sur des oiseaux flous que nous peinons à reconnaître

nous buvons à la santé de tous, nous chantons le cœur plein, nous fumons l’herbe du Maghreb en écoutant un tam-tam historique, une loi lointaine, de vieilles rengaines qui font corps mystique 

très peu savent qu’ils sont encore en vie, tous portent une seconde peau de circonstance et surtout des masques, je trouve que c’est bien un masque !

les nuits glissent sur nous et quelque part nous pénètrent

comme une eau verte souvent désirée

je-sors-les-voiles-de-face-sur-la-proue-en-improvisant-un-maintien-de-biquet-je-me-rends-compte-très-vite-qu’-avec-vous-je-n’ai-rien-d’-un-marin… !   

nous nous exerçons au jeu de la voix me gagne la voix me perd dans un état d’esprit de samouraïs, même si nous n’avons aucune tête à couper

je mords votre oreille tout en expulsant des mots de jalousie extrême. vous restez de marbre, un brin hautaine, à d’autres vous offrez votre sein fécond

je me retire et me déverse sur le sol tout en laissant derrière moi, comme des petites écorchures de sable rouge sur votre lobe droit

les étoiles donnent du relief à nos nuits

nous virevoltons les restes d’un ciel d’azur

L’acte de foi poétique

Couronné pour la nuit par le pelage

D’un chat

nous nous lassons même des films japonais… !


Parenthèse

loin des rivages

à l’école des jeunes apprentis

assis tout près d’un arbre fruitier cabossé

je me suis retrouvé en déployant mes toutes nouvelles ailes de perception

j’ai survolé les plaines et les montagnes bleues jusqu’aux climats peu cléments

je n’envisageais aucune reddition

le seul et libre était toute mon intention  

ce chenal découvert est devenu mon nouvel érotisme ( l’écriture )

une tentative d’initié et privilégié

proche de la mort qu’elle en est l’une de mes dernières ruses

pour désespérer mes parents, ma petite société

c’est juste la vie rêvée d’un poème qui dissipe mes incertitudes

un poème qui parle d’une naissance

Climats torrides

les démons de la nature assèchent les illusions de ma chair malléable :

mes manquements à la soif, cent fois… ! 

– seul cette mémoire me tient captif

le vent souffle sur ce qui reste de mon territoire

… refuges et désœuvrement !    

le changement s’est intensifier

                                                               dénommée, ruine …

                                                                                                              ainsi vont les tourbillons

                                                                              dans l’âge du cœur

un sablier où le sable ne tombe pas

se lève au milieu de la brume les paroles oubliés :

l’ensemble des vivants : o sombre forêt, rendez nous s’il vous plait sa dépouille, nous nous acquitterons devant les morts et les vivants … 

il n’y aura pas de cérémonie funéraire

il n’y aura pas de coups de feu »

                                                                                  le point de vue du mort :

les guerres intestines font encore des émules

                                                                                              un loup gris se penche pour voir …

Une cascade de pluie

A Ghiles.

au-dessus de la clameur des noirs sons 

je retrouve la littérature qui berce mes mauvais sommeils

les amoureux du pont de pierre s’embrassent a l’abri des étoile

une fine pluie mélodieuse s’entend 

le sable des siècles africains se frotte aux parois de l’instrument    

je repasse sur l’époustouflant chemin des non-retours

une femme élancée chante un vieux refrain rock’ n’ roll en français

son rythme démentiel est un sous-titre à ma perdition

j’ai la main à plat posé sur sa longue épine dorsale

une mordillante pluie mélodieuse descend 

loin d’ici j’avais les mains posées sur une pierre tombale

la boucle est bouclée et j’aime mes tentatives de résolutions

les amoureux du pont de pierre s’enlacent dans les vents du soir

comme reprendre sa délicieuse rengaine de ses lèvres imbibées de gloss

La scène Tizi-ouzienne déraille

radieux l’abécédaire qui s’est cajolé

de la flûte d’os enchantée

de nos petits miracles quotidiens

les espoirs purs où se dilatent nos rétines

les après-midis d’amours imaginaires 

nos rendez-vous clandestins

la folle tendance qui déferle sur les anniversaires

l’exubérance de nos soirées du ramadan

les jeux de conquête et les chemins d’aventure

la scène Tizi-ouzienne pulse nos cœurs

le plus laid de tous porte un joli parfum

ô les beaux jours ! ( ô les belles têtes de chou ! )

– ô les impénitents ! – ô les petits diablotins ! – ô les vieux crapauds !

nos chiens errants fêtent les orphelins

les fragiles liens qui nous tiennent en halène

ou sont passé les carcans de la coutume ancestrale ?

nous nous souviendrons de la lyre du mémorial Jugurtha

le tigre qui glisse sur nos rêves de saphir

nous suivons les courtes et les espaces hors de nos palais

nos fronts hauts ornés d’étoiles

nous festoyons et nous hurlons notre joie à la face du monde

peu nous importe les lendemains réfractaires et moroses

les cieux envieux du bonheur de nos frères et de nos sœurs    

envieux de cette mosaïque d’âmes flamboyantes de mille feux

n’ayez crainte, restez restez restez !

nous avons une police urbaine qui guettent les incartades

( Les 12 ruses )

je fonde un nouveau monde

… avec la querelle des anciens

je suis un homme sauvage et libre

… un homme qui aime la beauté

je me suis exposé à la haine

… m’évertuant de la circonférence de ma solitude

je crois aux phénomènes inexpliqués

… l’un des dommages de l’irrationnel savoureux

je ne suis pas né pour l’argent

…  comme ne tenant pas figure à la prudence

je suis un chercheur du précieux métal

… un généreux donateur d’artefacts

je me refuse les privilèges de la parole

… le silence de la carpe est méridien

je ne vis pas dans le temps présent

… une double stance pour ma madeleine

je suis un renégat des siècles humains

… où tout est déjà sous contrôle

Les aînés de l’automne

qu’est ce qui fait bon vivre

sous le soleil

froid

et la lenteur des jours 

sans pareil

je me promet d’aller toujours au gré

de mes envies et faire des vent mes aînés adorés

je voudrais revenir aux temps anciens 

et humer le parfum des fleurs du pays incertain

m’en sortir le cœur plein de petites impôts

et se sentir grandir comme un homme éternel ! comme un long fleuve hindou !

or, entre les continuelles pluies et ma démesure

la plèbe se noie sur des reflets lisses

quel autre pays me noie avec ses habitants millénaires qui insufflent

mon beau pays me manque ! tâchons d’apprécier la beauté de ce monde

La mort de Willem

il y a ceux qui se consument comme des chandelles

à moitié conscient de ce qui crève les yeux

d’autres ne sont que des résidus de la folie

et qui tuent

il y a des jours sans pareil miroir

dévorez vous les uns les autres, je suis innocent

mon cœur douloureusement en peine

de la si pauvre âme

la vie est un coup de couteau

accepté résolument en pleine poitrine  

s’éteindre d’une mort seulette

comme un vendeur à la sauvette

je veux extirper et extraire ses essences

ou me taire

tristesse originelle de Kâbîl

en finir de trop s’achever soi-même

je n’ai plus de visage pour vous mes amis 

tout a la cendre étalée 

sous le bleu du ciel de Tizi-Ouzou 

l’air est toujours bleu

je souhaite seulement être là-bas

de l’autre côté du réel     

La robe d’un songe

je suis assis à l’arrière d’un autobus en mouvement, je tiens entre mes mains rouges et engourdies, un vieux

livre de poésie

je ne distingue pas encore le nom de l’auteur

je tante sourdement de formuler quelques mots

dehors il pleut sans vergogne comme pendant les mois d’hiver sombre

je referme le recueil et le tient serré contre mon flanc pour descendre à destination

je cherche en vain le panneau Exit au-dessus de l’issue de sortie

j’émerge à moitié de mon songe sans toutefois ouvrir mes yeux, le sang de mes veines se mêle à la musique des vers

que je n’ai pas lus

Car, j’ai flirté si longtemps

A Thara.

j’étais en deuxième classe science

j’avais mathématique

il faisait encore nuit je crois !   

il régnait une odeur d’étable endormie

une sorte d’ambiance préliminaire à la connaissance

il est rentré comme à son habitude

j’ai avancé vers son grand bureau d’aplomb

je l’ai fixé nette du regard

il restait crédule

j’ai sorti mon glock de sous mon pantalon

mon cœur battait fort

j’ai tiré

le bruit de la détonation a tout anéantie

le silence sanglant a plongé l’oubli dans mes jours

La table

Dans la sylve elle tombe, sans lieu choisi, mais là elle germe, comme un grain d’épeautre montée en scion, puis en plante sylvestre, les harpies qui se nourrissent de ses feuilles, lui font douleur, et la douleur fenêtre…  » L’enfer, Dante Alighieri.

son assiette fluette

s’adonne

à

la frugalité des sens décuplés

dans son parcours du pain noir

celui qui te serre les dents  ( le noir est un accident ! )

il sort son pied du marbre italien

son âme trône dans un palais de saveurs blanches

outrecuidance opaque ( un homme qui s’alimente en regardant le ciel ne peut pas être tout à fait mauvais ! )

il voit de gentilles spectres

en deux temps trois mouvements ses mouvances vite enfuies

il finit avec une crème, un café

il paye l’onéreuse addition

il sort

Conduire une danse

A la ville de Constantine.

du soleil à gogo qui se verse

il pleut dans mon poste radiophonique

les phrases hachés des belles passantes et inconnues

le souvenir d’une aussi belle boursouflure

je démarre en quart de toi 

la carriole flotte dans le contre espace de la rumeur

mes renoncements successives et la reprise des rires francs

comme ceux qui rétrogradent la vie au point mort

ma prochaine halte est le cimetière où reposent mes ancêtres

en apesanteur entre le ciel et la gomme de mes chaussures

Partir

A Nader.

je ressens les années d’errance et de fuite   

et des vents contraires

les départs par centaine

les sentiments de l’espoir avachi qui les accompagne

les désirs ultra-plombés

comme ronfler la mesure de ses doigts de corail rose

mes yeux d’Ulysse qui se posent sur ces jours passés  

et profondément regrettent 

reste les trains de nuit qui me portent 

les vols d’oiseaux dans les champs parcourus à toute vitesse

les paysages qui lavent le seau des souvenirs 

et aèrent mes paumons

je suis l’exilé des vieilles fortunes

une mémoire lourde à porter pour mes frêles épaules  

très tôt dans mes saisons qui creusent comme une pelleteuse

je m’étais attelé à l’étude des astres et des corps ravagés 

– les lois du seigneur requièrent du silence ! ( le genre d’indicible qui vient d’en haut )

longtemps et reclus dans les murmures d’un mal logé

la noirceur des baisers de la veille promettaient une disparition  

j’ai jeté la clé sous la porte pour rendre l’écho de mon âme friandise 

j’ai froissé mes sandales en revenant parmi les étoiles

comme ces mots confus qui éclosent dans ma tête

l’esthétique des feuilles d’un arbre font un ensemble harmonieux

je ne suis que la moitié d’un amour brisé

si un jour je tombe dans la moire de l’humide clarté 

sachez que jusqu’au bout je vous ai aimé

à présent je doute fort de moi en parcourant le monde

j’ai grand froid

mon âme vibrante de ses trésors inexplorés et couverts

même de la petite et innocente rosée

pour la poursuite de cet instant d’éternité 

les nuits sans pareille qui glissent irrémédiablement, bientôt regrettables

lentement me lever de mon siège, prendre un recueil hors du temps

qui plante une graine d’une complainte maladive 

sans germe et sans aucun remords dans le cœur   

je vais me laisser être au firmament

Ulysse avait un équipage et des compagnons de voyage… « 

Tablier

le ciel est court

dormez bonnes gens, la ville veille sur vous

figure d’enfant déluré

bleutée jusqu’aux deux narines

définitivement parfaite

vous projetez, vous ne faites que ça

la puissance renouvelé des absents

quel est ce refus de vivre  

le poète a des représailles médiévales

finie la récréation chevaline

exaltation des peurs et des états souverains

de l’oxygène dans de l’eau noire

le pli transcendantale des âmes

se consument comme l’orientation des blés

clarté de la ténèbre

mes semelles sont aux quatre vents

prix d’un rêve solitaire

les fonds d’un cœur bateau solitaire

maison du silence des nuits

tu es l’enfant des arbres

chère lèvres fondues et désirés, je te désir …

négatif d’une étoile qui brûle

battu a plate couture

tout semble de noir halluciné

vous étouffez d’interminables cris

vos innombrables vies !

Soliloque

combien seul sur une terre étrangère

et dans le noir de ce jardin

me reviens ton image radieuse que je touche

dans toutes ses aspérités, mon chemin …

à chaque grand virage tu n’as jamais cessée de m’aimer

sur toutes les tours de garde et devant les âges

notre relation aussi bref qu’elle fut été intense, rare et sublime   

c’est de tes gestes, tes lèvres accueillantes…

je peux encore sentir tes bras autour de moi

je te pleure, mon amour perdu

je me laisse descendre dans l’œil du silence

une perle qui coule à jamais

combien il est difficile de construire sur le long terme

je lis sur cette dernière seconde la nature de tes imitations

toi, tu es étonnamment une femme

dont j’admirais plus que tout la conformation astral

te souviens-tu des arbres qu’on a capturé en photo

j’y suis aussi fantasque qu’au cœur des nues, ma source de calme et de régénération

Enfance

durant les années de mon enfance

j’arpentais un cimetière laissé à l’abandon

seul et environné par le silence

j’allais cueillir pour des hommes des plantes sauvages d’été

je ne m’approchais jamais de celle qui était sur les tombes

même si je les lorgnais que d’un œil ! 

je n’oublierais jamais mes amples vêtements

( selon la perspective économe de mes parents ! )

et ma casquette Mickey Mouse qui couronnait ma tète

sous ces cieux idylliques

l’air était pur comme de l’or ou rien ne s’étale

j’avais un cœur ornemental qui me semblait beau

c’était le paradis ! 

l’enfance ne se sait pas

dernière rive d’insouciance avant que mon âme ne s’enténèbre…

Les façades

A Ramzi.

il marchait en plein milieu de la rue

il tenait une petite baguette en bois dans sa main gauche

il était enveloppé d’un drap, de braise et d’un front où perlait la sueur !   

il avait des yeux blancs semblables à ceux de Jacob le devin

un ciel au-dessus qui l’ornait de son fluide mystérieux 

le sol d’asphalte n’opprimait pas son ombre

il éprouvait une terrible perte  

et il prophétisait une énième fin du monde

un Rai circulait dans l’habitacle des jeunes algérois  

les plus anonymes étaient autour d’une statue noyée dans un bocal d’algues vertes

lui comme moi, on rêvait de croiser une sœur

une graine pleine d’une vilaine histoire à nous raconter 

et vibrante d’amers soleils

les capitales de la frénésie sont toutes ainsi devenues

un spectacle ouvert pour le spectre des moutons noirs

Citadelle

j’écoute de la musique

je lis un peu

l’heure s’attarde sur mes paupières

je mange un bout d’un vieux sandwich

je sors sous une pluie fine et mes poumons s’ouvrent

je discute avec Pierre, Paule et Jacques dans un bar associatif

04 :24 la serveuse mamelue décide de nous foutre dehors

je poursuis seul pour me balader

je regarde l’aube clair avec ces mots en bouche : une femme qui me ressemble.

je referme mon calepin

je rentre

une femme qui te ressemble

une femme qui te ressent

une femme qui te sente

est-elle une cité, ou invraisemblablement une jeune pousse ?

( Amel )

tu es matinale  

tu es dans la salle de bains

tu viens de prendre une douche tiède

tu exhales un bon parfum

tu portes un foulard bariolé à la taille  

tu es devant ton miroir planté sur tes deux petits pieds nus

tu as les cheveux lourds

tu as ton corps à moitié trempé

tu as l’air d’un ange avec cette lumière du jour naissant

tu prends l’un des cotons tiges d’une boite transparente

tu tiens la tige rose clair à l’aide de tes trois doigts

tu expires avec révolte tout en introduisant le bout de la tige en coton dans ton oreille gauche

tu inclines légèrement la tête sur ton épaule

tu frottes précautionneusement

tu regardes le bout en coton sale en esquissant une grimace

tu lances un Beurk !

tu opères les mêmes mouvements de l’autre côté

tu te trouves particulièrement belle  

tu reviens rayonnante dans la chambre

tu danses sur le lit

tu transpires

les femmes que j’ai fréquenté ont toutes opéré une mini-révolution chez moi toutes sans exception et j’imagine celle à venir...

( Alcohol )

je buvais pour des réveilles ivres

je buvais parce que j’ai le sommeil agité

en suivant une thérapie …

je buvais pour effacer l’affront

je buvais pour me rappeler

sans raison aucune ou pour un tas de raisons

je buvais parce que j’avais une âme

je buvais parce que j’avais une mort

les week-ends et jours de semaines

je buvais pour rire de la misère des autres

je buvais pour rire de ma propre misère

pendant les fêtes et les enterrements

je buvais parce que poète

je buvais parce que dingue

sans l’inspiration ou avec

( Et si … )

A Anne.

et si de ce monde bureaucratique et obtus

je répondais par un autre rêve

je reste sans activité spécifique

l’autarcie me fait bander longtemps

et si un jour j’éprouve le besoin de comprendre

seul l’aride parmi tout met nécessaire

lorsqu’on est consacré à la grande heure sans secours

rêve, rêve, rêve … aux lassitudes du mur de brique !

et si de nos souffrances on renouvelle les découvertes 

j’ai grandi sans le vin des vignes et je m’appartins

déloger les individus d’une idéalisation erronée

lorsqu’on vous dit que toute tentative est un échec

et si en une victoire nos rêves se concrétisent 

dans un autre sens il y a défaite et division dans les rangs

l’anarchique ordre régnera encore en maître

rien dans ces deux options ne saurait me consoler

est-il un non-savoir ?

comment verdir avec la roche …

( Le jardin des solitudes )

A Joël.

qu’il tend son soul les ailes déployés

ou qu’il revivifie sa verve

transposant son regard de prince

sur les choses animées 

revues 

debout

qu’il garde son cul au chaud

ou qu’il veille sur les statues de pierre 

étouffant sous son duvet de plumes  

le divin souffle de la nature 

indifférente

hostile

un cygne blanc

un étang 

o cygne blanc !

( Après quoi )

je

me

noie

dans un froid sombre

une catastrophe se profile sur ma tête

et des rafales de vents

reviens à moi mon petit bulot

reviens !

je

me

convaincs 

sur la banquise de tes pupilles asséchées

que rien ne fut jouer d’avance

rien n’est jamais perdu

ils nous ont offert un destin sur des parchemins 

une rencontre à vivre

je

me

termine

de l’interminable orgueil

une brindille m’enchante effrontément

cette brindille déchire mes tempes

j’ai goûté à l’hypocrisie de ce monde

si j’y prenais racine

je

me

figure  

tes liens avec cette fête

qui se déroule juste à côté et où tu te tiens 

derrière cette cloison qui sent la flanelle

comment prétendre à un accès

là où il n’y a que défaite

je

me

flagelle

comme chaque bon samaritain 

( Qu’est-ce que…, c’est ! )

A François.

tous les loups ont

un poème

sauf un

l’idiot de la meute

lui

il préfère réciter

tous les poèmes de la meute 

tous les hommes ont

une hutte

sauf un

le fou du village

lui

il préfère passer

la nuit chez les autres 

tous les dieux ont

des fidèles

sauf un

arés de l’olympe

lui

il préfère étendre

son règne sur la discorde

( Au-revoir le jour )

A Noussia.

trop de beauté peut nuire à votre équilibre psychique…

les étoiles sont lointaines

les étoiles sont proches

qu’importe où je suis

je vis

cela me suffit

les étoiles parlent

les étoiles chantent

qu’importe ou je vais

je suis

cela me suffit

les étoiles dansent

les étoiles rêvent

qu’importe qui je suis

je ris

cela me suffit

la vie est jolie à deux

solution plus que buvable pour tous…