( F )

A la ville de Milla.

exclu, parce-que d’une condition pauvre, pour le bien et pour le pire

surtout dans le pire des mondes

comme ma solitude que je mène contre vents et marées

n’est-elle pas jouissive ! 

mon cœur parle enchaîné à la galerie de cristal

vie d’ascète

cristal

tout change autour

ou je disparais …

reflet de l’âme

lumière 

exclu, parce-que d’une naissance Kabyle, pour le bien et pour le pire

surtout dans le bien de tout le monde

cette solitude est moribonde et qui cède

mais ne fléchit pas   

mon cœur parle enchaîné à l’as de pique 

vie d’échange

pique

rien ne reste ni ne perdure

ou je me disperse

on l’appelle aussi psyché

lumière

exclu, parce-que différent, pour le bien et pour le pire

surtout dans l’indifférence de tout le monde

( Conceptions )

la conception de son cœur-hiver est rude

sa joie me polarise

il ne m’appartient plus

il est célébré

ce couchant magnanime vous rassérène, – chut – chut …!

un désert froid

le cœur des vides

le cœur des pleins de bonheur

la conception de son cœur-hiver est rude

ses gouffres qui scintillent

oh, le feu de bengale !

oh, le feu follet ! 

ce couchant magnanime vous rassérène – chut – chut …!

les belles tendresses dans l’âme 

le cœur des adieux retroussés

écoutez vos poèmes !

( De soi )

es-tu l’arpenteur des dédales d’un songe ?

un tout ou passe une lourde stupeur

un tout dans des intervalles de bonheur minime

comment les nuits se soulèvent sous tes yeux ?

cependant le froid de tes rêves de doigts délurés

comme chavirer l’âme de tes écrits

combien de monstres marins faut-il avaler ?

tu connais machin chose sur l’amitié

tu connais machin chose sur l’amour, – très peu sur toi !

  • en six mots: de la stupidité qui s’ignore.

( Yo-Yo )

hier je voulais en finir

aujourd’hui je veux vivre

demain, demain est une langue étrangère

*

salut à vous Sainte Marie, s’il vous plait ne pleurez pas

salut à vous Sainte Fatima, s’il vous plait regardez moi

salut à vous Sainte Femme, s’il vous plait aimez moi

*

on pouvait voir que le ciel est beau

on pouvait voir que nos chairs sont meurtris

on pouvait voir que l’enfer est pour tous

*

j’ai un vieux souvenir qui remonte parfois

je ne distingue rien d’autre d’aussi vague ni ce qui me retient  

comme guide j’ai l’amour

*

vous aurez un phénix

un phénix à la place du cœur

avec des yeux perdus au ras du sol

*

dans mon jardin il y a des pissenlits blanches 

je les appelle fleur à tête multiple de démon

quoi de plus naturel que de renommer les fleurs

*

sous les roues de tous les camions

j’ai marché, j’ai couru, j’ai sauté haut

et j’ai dormi bien bas

*

ils se sont échangé leurs vœux de noël

sous le sapin illuminé de la ville

ils avaient l’air heureux

*

sur ton dernier lit de vieillesse

on viendra te rendre un dernier adieu

bien le bonjour à vous, est-ce qu’on se connait ?

*

je sors de ma longue rêverie

je me revois rêver encore plus loin d’ici

l’instrument des fantômes du bonheur

*

le vent balaie ce qui reste de la terre

le reste s’est consolidé en surface

pour un temps indéfini

*

mon arrière cour n’est plus à vendre

mon livre voyage et de moi de tendres baisers

vos fenêtres sont le reflet du ciel … restez restez restez !

*

je souris le matin parce que je suis en vie 

je travaille le soir parce que je vais mourir

entre ces deux pôles j’offre mon âme à l’oisiveté  

*

de ce côté-ci de la méditerranée  

on aime pas la vérité vraie  

prenez le pour sur, on fustige à gogo

*

le doute s’immisce sous la couverture

comme une belle femme

le doute est saint

*

dépressurisation rapide

les plans s’envolent en rigolade

on expédie ses prières à l’arrache et on survie

*

alchimie des mots grotesques

elle est la vague et ne sera vaincue  

la voix s’est murée

*

sous les grandes roues des nuages

vous marchez et vous courrez derrière vos rêves

vous sautez haut et vous dormez bien bas  

*

puisque c’est une nuit spéciale

puisque le présent et l’amour sont à l’altitude des tropiques

puisque chaque soir je chante mon bleus à qui veux bien entendre

*

à l’est, un os

à l’ouest, un os

entre les deux une grande ballade

*

jamais partir

jamais partir

pour aujourd’hui, avec toi

*

je rêve de contrôle

je parle pour ne rien dire

j’accepte ma vulnérabilité

*

dernier délice

dernier supplice

une machine à laver tourne rond

*

confortablement pour mieux s’aimer

sauvagement pour mieux sentir

doucement pour mieux dormir

*

le temps passe comme coule la Garonne

je reste dans la nuit, – ô nuit, donne-moi le jour

je pleure sur ma chance, pourquoi ?

*

à la découverte de ce siècle

le cœur du nouveau-né y est  

comme le prolongement de la nuit

( Syndrome moderne )

co : copyright cowboy à culottes blanche cocorico

po : poteau popo dans le pot polyphonique

la : la, la, la…l’enfance rêvée ! laminé l’arctique 

copo : copponex coppo-next

pola : polarisation pola nue sur une photo en noir et blanc

cola : collation embrassade dans des bulles ! collaboration

poco : poco allegro poco poco

lapo : la peau lisse l’apothéose de mon oncle la police

laco : la corniche en été l’accordéon en cuir de vache ou en cuire d’artistes.

Coppola est aussi une fille.

( … )

boum boum boum : 

la grenade de la plante verte

boum boum boum :

la balle entre mes jambes

boum boum boum :

le cœur dans ma poitrine

boum boum boum :

la déflagration au petit-matin à Bordj Menaïel

boum boum boum :

la cuillère dans la tasse de café

boum boum boum :

ton jolie nom dans ma tête

boum boum boum :

j’ai oublié le dernier vers de ce poème !  

( Hantises )

j’imbrique mes chantantes redevances

avec ces figurines abîmées

sous ce ciel inodore

décharné

tout ça fuit sur la fastueuse porte des ponts

comme cet oiseau malveillant qui surplombe la céleste ville

… et me hante 

l’entrée d’or

fontaines

ensemble

désir inachevé

perdre le nord

le noir du rejeton

c’est un crève-cœur

c’est une baliverne de première

l’œil libre

être maléfique

et si …

j’ai su

belle

absolue

le ciel inodore sous la pluie

je reste à Bordeaux

A Bordeaux, le 02/11/2015.

( J’irai au fin fond du monde et voir de quoi est fait mon rêve )

oh Dieu que c’est dure d’aimer !

non pas… non pas ma vie, c’est dure d’aimer !

elle va chercher de l’eau au fond du puits

à quoi bon mon cœur de souffrir autant 

ceci est mon adieu, ceci est mon adieu, seul devant des ouvertures … !

l’hiver

cheminées de fées

l’air frais

marshmallow

boussole

camembert

acides aminés

les ciels gris

mésange

l’alcool

cymbales

tabouret

idioties à quatre pieds

vivre l’expérience du vide pour des générations c’est le bide

vivre encore plus vite et j’abandonne, et j’abandonne …

( Dérive )

est-ce qu’une œuvre se construit sur de la douleur, certainement, moi, je serai poète, un poète de génie…

anémone des bois

brouillon d’âme atmosphérique

une rivière à vents de l’enfance fantasmé

forte comme ses remous d’égout

d’anciennes voix troublés et anéantis  

chute du sens en cataclysme

je donne vie au soi

je redonne la vie au sublime

une enfant des sombres bois

orpheline qui sourit

soleil

forêt ou bois

sexe

doux

joyau

mirage

forêt

…. et cetera.