Rose dépression

c’est dur de s’ancrer à la terre – au corps – il faut se nourrir et

déféquer – pour gagner en humilité – il faut pourchasser et tuer – les

ingrats dans son cœur beaucoup – il faut se branler – ou baiser une

pouffe croisée ( ou comment en finir avec le féminin ) – à l’inverse non

pas pour s’élever

sur les chemins – on appelle à l’aide – personne n’y répond tout à fait –

si, peut-être une femme – que l’on viole et humilie – sans savoir

vraiment pourquoi – mais si – pour de l’aide – confusément

ce n’est plus sans doute un poème

à cette heure, restons

Se rabattre sur la ligne d’urgence

il ne pleuvait plus

sur mes blancs tombeaux

les essuie-glaces étaient en stand bye

par intermittence

elle conduisait silencieuse et somnolente

le jour aussi

elle n’était qu’à moitié là

un véhicule d’une trajectoire opposée

parfois plein phare

radiographiait l’habitacle poussiéreux

sur une route ouverte, largement ouverte

on n’évaluait plus les distances

seul l’éloignement du point d’escale à soi

Bruissements

s’infiltre par la serrure de la porte et des fenêtres

l’aube aux clartés essentielles

le chat ne joue jamais seul

ses yeux étoilés bruissent par un saut

tout s’invite à ma demeure 

en cette heure de l’éveil

l’attention portée à la circulation des oiseaux

: l’astre, l’instinct du chien qui remue !

l’odeur de café sur le feu mitonnant

les intimités d’un cœur étrange et drôle

l’appel du vendeur ambulant

du jour et de l’adresse

Murs blancs

il me parvient de la musique qui se noie dans les gosiers

après tout on n’aimerait pas danser

je joue avec les murs blancs

et le cauchemar des morts et des vivants qui se versent

comme un gouffre colportant un entre deux

une allumette dans un tas de foin, sous peu le brasier

je n’ai pas pris le temps des corps apaisés

négligeant le potentiel d’érotisme de l’univers

les brefs moments qui découlent dangereusement

d’où émane une substance l’… le mot s’est détaché !

on aurait souri avec quelqu’un d’un peu voyou

quelqu’un qui brûle de regrets

Hagard

le jour s’endort

un peu moins dans la décrépitude

j’apaise le flux du sang

les rives où je me retrouve ne sont pas miennes

comme ce jour-là : divin !

je ne l’ai pas observé dans mes souvenirs

ne croyant plus à l’immuable ici-bas

je regrette un ciel perdu qui bavait sous la pluie

je regrette aussi pour Adam

et un tas de sièges

( je lui dois comme toi qui lis ! ).

suffit-il de croire, – tu as beau t’affairer ?

à bordeaux, c’est l’après le déluge qui prédomine

j’invente des chapiteaux

où je sacre tous mes repentirs et infidélités

est-ce que c’est le son d’une cloche

son astre tinte le fond

au soir d’une sordide réaffirmation

je dîne seul au kfc

Oh, la cigarette que l’on fume !

une cigarette se consume entre mes doigts

une cigarette se fume

elle s’appelle Rym

elle est longue et fine, rime souvent avec spleen

comme les vieilles accros qui viennent des indes

je m’en brûle une deuxième

j’ai besoin de nicotine qui calme mes nerfs

la braise rouge est une musique plus ancienne

elle a son style

les non-initiés lui prodigue des paroles vaines

les non-initiés la voit d’un œil en friche

peut-être des rivales… oh, la cigarette que l’on fume !

je succombe sous ses lignes blondes

à toute heure de la nuit et du jour

je me lève pour des bouffées de tabac blanc

rien que nous deux sur mes lèvres

elle dit stop sans vergogne à mes colères

elle dit stop à mes doutes sur l’irrationalité du monde

en bouse de vache, industrielle ou encore à rouler

je souffle sur ses pas clinquants de bourse

par douzaine ou par paquet souple bien rangé

c’est toujours un plaisir et sans regret que je la fume

d’ailleurs, Rym a une prose…

Frise

elle entrait dans le poème

irradiait l’allée

de ses chevilles ornées

un matin d’un dimanche

sous l’orage

elle était jolie celle qui traversait

crevant les yeux qui inondaient l’allée…

elle coursait les brides de son poème

les blancs rêves d’une mésange

les trous dans un cœur

comme une lune emplie

d’un manque

rien n’est plus charnier qu’un regard d’une passante

peut-être, à regret

Sclérose

je t’aimais dès lors…

comme une nuée ardente

après tout ce temps

perdu

je partais loin

lancé par ton idéalisation

entre tes garde-fous

: je rêvais.

je te voulais avec violence

d’un lien indéfectible

ne sachant pas te voir

autrement !

maux

gorgé

boiteux

filament

j’arrivais encore à sourire de mes amours défunts

de mes souvenirs parés comme une torsade de cheveux

une autre vague à l’eau : je ne m’ouvrais jamais à tes volutes sereines de la vie à deux, comme des passagères rencontres qui jouaient des métamorphoses et du morse

tels étaient les paroles d’un poète sublime et interdit d’accès

… et ses renoncements !

Chant debout

une aube erronée d’été

un cœur-folie éclairant et brutale, – les pacifier !

( est-ce revenir au monde

parmi tant d’autres feux, comme me trahir ? ).

Noor

il me suffit de répondre par : plus tard !

une psalmodie de l’aube à mon âme

un murmure, noms du Coran

récit, récit oratoire :

je revisitais les tombes, comme en Guyenne. c’était de l’ouïe, celle derrière l’étoffe. je me désillusionnais des fausses communions, puisque les chants se font debout

café et douce cigarette !

prières

Repêchages

à Rochdi.

Quelque chose est là

Pas loin, à côté.

Qui voudra m’ouvrir

Cette porte ? Qui voudra ?

L’enfant-jazz. Mohammed Dib.

je tenais mon lot de baptêmes du feu, comme tomber plusieurs fois du même arbre. je ne me justifiais en rien au pré de mes interlocuteurs, bien avant ceci :

je passais un pacte pour être méchant et le roi des songes, rien que pour regagner la vie d’ici-bas, regagner la vie une seconde fois à côté de mes semblables   

à propos de mon écriture :                          passion                initiation              exil

à moi seul, je suis une équipe :

concepteur

réalisateur   

producteur 

je vis en poète.

lorsque je découvre le fin mot 

je reste émerveillé avec les yeux qui brillent

je le fais entendre 

je le fais savoir 

je ne veux que continuer…

Flocons d’hiver

à Ibtissem.

je reste un amoureux de ceux qui s’aiment :

nous reversions du vin là tout contre nos cœurs

nous miroitions devant nos soudainetés

vous étiez une femme aux yeux de chouette, femme de la longitude, femme de l’épopée, etc. je vous pleure car me trahie l’aurore ! une descendante in-établie et j’enfouis…

carrousels  

bouffon

badour 

nous faisions le tour de nos désespoirs de nos royaumes 

les coudées franches comme un rajout

votre écho retentit à l’intérieur de moi comme un puits, et n’en est que plus cruel, sans une promesse de retrouvailles, ni d’une délivrance…

nous en voulions aux autres de leur indifférence  

nous étions deux flocons d’hiver, deux maux roses