l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie


Trois petites impasses

à Rafika.

1/3

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- il y a des nationales et il y a des routes,- je roule derrière les camions… les 6 les 12 les 36 tonnes,- je prends de la fumée,- je suis au téléphone,- c’est la route,- une déroute,- je ne conduis jamais avec des pantoufles,- ce qu’on appelle se déplacer à l’envie,- l’envie de se décharger,- et si les routes ressemblaient à nos vaines,- fluides et mystérieuses,- on ne tombe jamais sur une autoroute,- les pompiers ramassent nos cervelles

j’essaie un autre mode de temps

je me remets à la patience

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- je reste alerte aux accidents,- je pense que rien ne peut m’arriver,- tellement alerte que rien ne peut m’arriver,- je vois les arbres poussiéreux qui délimitent la folie des pâturages,- les gens qui attendent le bus,- je prête aux volatiles mes divinations,- un colimaçon,- c’est la route qui nous quitte,- on échappe d’un trou pour se précipiter dans un autre,- je suis ficelé comme une truite,- plutôt une tortue,- je roule comme une radio

je remonte qu’une seule fois

le tarmac qui se déroule sous mes gommes de caoutchoucs

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- il y a des routes il y a des impasses,- juste essayer lorsqu’on ne peut pas,- je tends les bras à ma déréliction,- un sourire aux lèvres d’un fuyard,- je lui octroie toutes les raisons,- on ne se fie pas à un conducteur,- est-ce que je suis pris dans le filer des panneaux ?,- je suis transporté pour ne rien porter,- une crème verte,- il pleut souvent sur les autoroutes,- j’enclenche l’essuie-glace,- hypnotique,- captivant

le cendrier est plein à craquer

j’ouvre la vitre

2/3

sur la vierge rive avec mon chien,- j’investis le domaine du non-soi,- au diable les fils et les attaches,- momentanément effacé,- j’aurai ma démence ou rien,- je suis absent de moi-même,- interdit de souvenir,- j’aimerais et puis non,- je m’altère sur le sable,- mes narines guettent le drame,- doit-on refaire l’insoutenable ?,- j’arrive à ne plus dominer,- de prendre moins de place que mon domaine,- tout s’émiette pour ne rien laisser,- je perds le miroir des hommes et cela tient

je suis l’autre qui glisse au creux de la vague

forte et belle à recommencer

sur la vierge rive avec mon chien,- je construis une cabane d’allumettes humides,- l’œil furtif et scrute,- présence contaminée,- il ne reste que des pourquoi vagues,- le noir soleil est une couleur,- un sans visage,- l’indien sous prozac,- longue est la traversée avant les signes,- les vents caressent mon visage,- un chien n’obéit qu’à son besoin poitrinaire,- s’il pouvait se laper le crâne,- je m’affadis comme la roche qui garde,- la couronne iodée,- je n’ai pas de cane

j’apprécie les pointes démesurées

comme sa compagnie

sur la vierge rive avec mon chien,- il n’y a plus de chien,- j’ai tout consentie et du laiteux,- cela ne sort pas ou ne dort,- mon cœur est sous cloche,- détérioré et en partance,- j’ai les pieds nus plantés dans le sable,- il y aura toujours de l’eau,- cela dit de mon capharnaüm,- combien d’initiés compte Saint Michel Chef Chef ?,- on a tout recenser dans les livres,- le peuple maudit,- une histoire courte de l’expéditeur,- un cul-de-sac,- les ressacs,- un dessein ne ment jamais,- garderas-tu une trace ?

( toi ma bien-aimée, je reviens au deuil ).

un passage aux toilettes du bar alligator

je recharge le téléphone

3/3

je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- son cœur à la petite cuillère,- je me finis de me recueillir,- je caresse les rêves du vent,- son sommeil léger,- j’ai un petit peu froid,- toute à l’heure j’ai pleuré,- le rêve continu,- son néant parfois me tente,- je n’oublie rien ou presque,- immensément ailleurs,- je soupèse selon le chemin et non les actes,- vertiges inconsommés,- je peux ne pas être drôle,- le renvoie d’images biaisées,- du plein baiser le doute

je me fais de la misère de la rouille

je réitère pour ne plus pêcher

je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- je souhaite m’étendre et modeler mon âme,- son âme occasionnelle,- je parle seul et si seulement je trouvais preneur,- je l’ai laissée pour morte sur la rive miteuse et les bateaux vont au loin,- son cœur pourtant si débordant,- je m’accroche à son air de déjouer les portes,- trancher c’est trancher l’existante,- clairvoyance des mots qui disent peu,- je me détache,- tant de solitaires espèrent de leur solitude,- la radiation

ce n’est pas aimer que d’avoir bon dos

il me suffit de déplaire

je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- vertèbres s’éloignant du port mythique,- la nuit comme le jour je te salue,- je te mets un doigt dans le cul,- je m’évanouis devant les climats,- son corps se régénère fuyant fuyant,- je stationne dans l’impasse des clématites,- je mets le contacte,- l’œil du mal rase mes parois,- j’incarne les peurs d’un poète,- délire de se reconnaître comme tel,- une musique quand il n’est plus question de notes,- mélomane de la fluidité,- comme le sang,- suspect

je me défais sous mes yeux

les souhaits se précisent en amont du flux



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