partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie
comme une pluie d’étoiles sur ma tête nue les clés de trois poètes qui m’ont sauvé la vie durant ma première crise c’était Paroles de Prévert trouvé à la gare de Marseille, à l’aube je m’édifiais intérieurement, à la deuxième avec Ainsi parlait Zarathoustra la dernière était moins douloureuse en compagnie de Hamlet une traduction lue et relue ils étaient entourés, bien sûr, d’un silence divin le passé était ainsi pour moi et j’ai dû le refermer comme sur des louanges qui ont dû monter au ciel hier soir à la petite mosquée Al Atik près de chez moi et loin de son minaret
sur la plage de Tigzirt // sur la plage d’Azeffoun // sur la plage de Béjaïa // sur la plage de Dellys // sur la plage de Jijel // sur la plage de Tichy // sur la plage de Djinet // sur la plage de Zemmouri // sur la plage de Boumerdes // sur la plage Le Petit Paradis // sur la plage de Bordj El Kiffan // sur la plage de Safsaf Nabi //sur la plage de Raïs Hamidou // sur la plage de El Hammamet // sur la plage de Sidi Fredj // sur la plage de Palm-Beach // sur la plage Les Sables d’or // sur la plage de Zéralda // sur la plage de Staoueli // sur la plage de Aïn Benian // sur la plage de Les Andalouses // sur la plage de Benidorm // sur la plage de Saint-Sébastien // sur la plage de Bilbao // sur la plage de Marseille // sur la plage d’Arcachon // sur la plage de Lège-Cap-Ferret // sur la plage de Lacanau // sur la plage le Porge // sur la plage de Soulac-sur-Mer // sur la plage de La Rochelle // sur la plage de Saint-Michel-Chef-Chef // sur la plage de Pornic // sur la plage de Quiberon // sur la plage de Dunkerque // sur la plage de Casablanca
bonne nuit Arman tu as raté le tournant vers la prose // bonne nuit Villenave d’Ornon tu as raté en arrachant un arbre familier // bonne nuit France tu as raté en promulguant la loi sur l’immigration // bonne nuit Europe tu as raté en faisant de l’universel du christianisme // bonne nuit Terre tu as raté l’après pandémie // bonne nuit Voie lactée tu as raté la musique de la matière noire // bonne nuit Univers tu as raté Dieu
Ça ne pond pas – Ça ne décolle pas ! Qu’est-ce qu’il faudrait, partant de la colle et s’en arracher ? Tout est dans la poussée, quitte à y laisser la peau Au pire, peut-être un membre J’aime les maquettes de fusées de M. Electronic, plus que le plomb sous la fusion d’un conducteur Le big bang c’est maintenant, tout le temps, s’en rappeler est une vue sur la création Je ne veux pas cogner comme un oiseau contre la vitre d’Eve, … me voir à présent derrière mes écrans m’horripile ! J’entame ma bûche, oui, de la lichen M. un monde, le monde de l’exit
Je ne lui parlais jamais de mes effractions, comme de notre rencontre, lorsque tout commençait On était en proie, le temps d’un détour, – Me sera-t-elle une couleuvre ? Je le pairai, peut-être C’était entre ses bras, aléatoirement, que mes nuits trouvaient secours, avec ses mots. A – me rendait un homme Elle se tenait avec sa maison qui était comme à ses habitudes, habitée C’était simplement et sans bavure qu’elle me rendait, indifférente Elle me rendait au souvenir de son corps qui s’enroulait dans ma bouche sans bouche Moi-même d’un banal horizon
Seul, parfois, comme la vie qui laisse des traces, au travers des nostalgies Lointain comme un parfumé, un écho au clair de lune, paisible où préfigure une giclée de semence rance Je reviens sur un nuage qu’il faudrait refermer, pour me recueillir en silence avec mon corps qui drive Les blanches bougies se répandent sur le sol, imbibé de sang Si j’inclinais à me travestir, comme avec une femme : Poète, un tragique qui ne cède pas devant la farce L’extérieur ne doit percevoir que le comique Je me crois toujours à des carrefours qui ne le sont pas ! Je persiste en ce jour que nous sommes à la libération, autour qu’un printemps, un creuset
J’entends du blues qui tombe étrange dans mes oreilles, les creuse toutes à toi suspendues Je n’omets de l’esprit du renard que sa queue ! C’est mièvre comme une praline ou une voix Une période à revoir, compliqué, rien ne va plus ! Qu’importe où tu te situes, toi, la seule, une lie de ce qui ordonne et s’enfuie Un idiot se précipite là, perdu, évanescent, approximativement La photo de toi que j’affiche sur mes écrans m’horrifie, une palourde qui me refuse sa perle de rêves J’imagine tes bras autour d’un cou im-personnifié, comme rien d’aussi absurde et lointain
Je revisite les fleurs des tombes et leur panda géant, comme en Guyenne C’est de l’intuition, de l’ouïe, ceux derrière l’étoffe Je me désillusionne des fausses communions, puisque les chants se font debout Je regrette et me sens transi qu’il fasse si froid, que la bise balaie à l’arrière-saison Je crois en l’homme talentueux, nécessiteux, comme un cauchemar qui revient, une frondaison
Est-ce ainsi que se dérouler tous nos dîners ? Sans doute, et puis une autre est venue, salvatrice Elle s’est emparée de mon cœur, de toute part ! Peut-être que ce soir elle me rendra visite Je rejoins pour l’heure les déboires d’un ami esseulé, blessé en son âme de rossignol dubitatif qui cherche des perles de diamant pour son bec, au lieu de me pencher sur ces épreuves méditatives Je prends le volant de sa voiture, seul et désœuvré, comme seul le désœuvrement nous tient lieu de lecture ! Je balade mon mégot éteint entre mes doigts, soupesant le moteur sur l’asphalte, et le tonnerre
Tu m’apprenais par cœur le mystère de la voix de l’homme et la voie des chemins qui mènent Je revoyais ta grâce de reine à l’horizontale dans une mare aux grenouilles et devinais ton sourire Tu me disais que je n’étais jamais réceptif, et que c’était dû à mes outrages J’interprétais ceci comme : Va mon ami ! Autant dire presque rien qui renversait les pluies ocres en fredaines
Je m’assure du monde Je m’assure qu’il va bien, qu’il chante tant bien que mal, qu’il rêve de ses irrémédiables instants de bonheur qui se raréfient ou qu’il imagine des stations inexplorées La poésie comptera au cœur de l’humanité, à l’esprit des vents L’exotisme change, ô terre des conquérants ! Je voyage à l’intérieur de mes frontières et en dehors, sans y venir à bout
Je m’interdis de penser que ce ne sont là que des mots, que je n’ai rien pu réaliser à tes côtés Je charbonne ainsi sous la vigilance de tes yeux, de même que tes paupières qui s’encrassent Je retrouve en lieu ton sourire reprit, ton écho alaire qui se répand autour Je t’y retrouve étalée, dangereuse, comme une incendiaire qui me fait oublier mon petit foyer
J’ai longtemps observé les constructions de ma banlieue, le paysage, les lumières du soir et les bruits qu’elle résonne Ah, les étourneaux qui surfacent ! Des couples, bien sûr Je n’ai jamais rien su déchiffrer, avec l’intonation des voix, les visages et les gestes de la main, ce n’est pas si évident une main ! L’entre deux est peut-être inconcevable à l’entendement Je sais qu’il y a des feuilles qui tombent à l’automne, et elles tombent ! Cependant, pour une variété d’arbres Les cuivres font appel à une multitude d’oiseaux sur les branches nues
Il – l’aimée pour mousser du vert Il l’adoptera peut-être comme une douleur plus intense que le tout autour, plus ancienne qu’il galvanisera Il finira moins flétri, moins chauve dans un linceul Il vacillera en ses matins d’un noir total, avant de lui sourire de sa fragilité, lorsqu’il se fera embûche Il lui faudra s’y tenir, prendre le pari du premier regard posé, comme pour un deal
Je referme les yeux dans tes yeux ! J’ouvre un ciel dans ton cœur ! Tu n’as jamais cessé de partir, sans rien emporter de mon amour, sans quoi tout peut changer J’espère encore ta venue De t’aimer, je le crie partout, sauf vers toi ! L’étroitesse de mes pensées m’épargne moult soucis, monsieur Moult et la bosse d’un dromadaire dodelinent dans la ville !
Sur le rivage soufflait un vent frais… , sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou ! Le caillou au bout de ton sein, le caillou de la nuit, de cette nuit-là ! Je m’en débâtais n’importe où ! Sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou de mes nuits, – On aurait dit que les chairs brûlaient ! Je moussais autrefois le sable, rattrapé par mes amours et diverses effronteries Sur le rivage par épuration les migrants échouaient, les manques et des tragédies qui soulevaient plus de manques et d’horreurs L’histoire moderne nous montrait ses horreurs… !
Un jour ou l’autre, nous régnions, anxieux du branle du temps Nous restons ancrés au sol, comme des brins d’herbes ravagés par les vents Un autre jour, nous passons seconds Il adviendra, inéluctablement, l’arrachement et la chute, où nous serons piétinés par la génération ébahie qui arrive, dans l’indifférence de la foule qui n’aura déjà plus cour
J’avais quelque chose de la foudre qui calcine, un rescapé, tout en croyant aux ineffables vents, inconsciemment Je lisais sur mes jambes l’Ulysse d’un poète, un autre Je tentais bien un jour le chant de la pastèque, comme un goujat au bord Je m’allongeais sur une pelouse verte, un peu pale, sous l’ombre des arbres et l’envol des mouettes
Comme il y a certaines choses qui doivent être dites, elles viennent, repassent, me visitent De corriger, je crois apporter mon expérience et du temps, si ce n’est s’embourber au seuil de la forêt Les blessures de mon cœur sont énormes et parfois, je change d’épaule Quoi ajouter d’autres, sinon ? J’irai par les chemins… , et de mon dos ! Bientôt, l’aube et les corbeaux qui croassent
Il neigeait pour une fois sans aucune raison, comme les fois où je n’y étais pas Cette neige déployait une langue, dénouait les craintes Elle ne guérissait et ne blanchissait nullement Pendant ce temps, je priais chaque soir pour me réveiller le lendemain avec ma tête Je peinais à dire le mot lumière, plus difficile de partager mes joies Très peu regardant, cela ne m’était pas donné
Je ne me faisais plus d’idée sur le couple, comme ceux que l’on voyait sur les magazines, encore moins sous le sacrement de l’état Le paillasson où tu t’essuyais gentiment les pieds Tout m’amenait à notre rencontre, – Est-ce que tu voyais ma peine, me répondras-tu un jour ? Je comprendrais peut-être le message du manteau que tu m’avais offert
Il y a des jours où il aurait fallu ne pas se lever Et, c’est ramadan, encore Je ne sais rien de la purge, comme d’une aumône J’aurais communié, de l’ouest aux confins Je me surprends à dire au téléphone pour annuler un rendez-vous : Traversée des enfers ! Je vrille et ce dedans, dessous mes paupières, ma gorge, – Douleur… , juste douleur !
J’écoute Ne sois pas triste de Serge R. J’imagine de la voix de la cantatrice : Si tu me choisis, ne sois pas avare, viens t’allonger avec moi sur l’herbe ou sur ce lit d’hôtel ! Je relis aussi un poème qui évoque des adieux, en 38 vers J’ai inscrit, autrefois, un poème sur ton front, avec un souffle tiède Je t’attends, faisant en sorte de ne pas fendre en deux
Tu n’as que la moitié du ciel, l’autre est cachée par les arbres J’entre en silence, comme un témoin, du ciel tombe une pluie de laine, – C’est le fils ? Le conducteur rouge Je gèle au bord de mes souvenirs, où s’y colle de l’amertume, aussi Je balaie de mes yeux les alentours, les pierres et les écorces qui s’évaporent Auprès de ta tombe, je pleure
Il y a des nuages gris au goût du passé et des arbres, sombres comme une allumette Nommons-les la vue, ou peut-être ! Je ne sais quoi faire de cet ordinaire éméché, de mes fêlures… ! Devant la baie vitrée, ma tête posée sur la grande paume, je pense à vous, au pays, sans chercher L’heure tardif pousse à l’inventaire des ruines, celles que je viens de quitter Je crache de la fumée, une ombre bleue file, aiguisée selon la nuit, le sol, – Est-ce un mirage qui danse, un rêve incombé ? Je n’entends jamais rien de ce qui se trame
embrasse-moi // embrasse mes mots // embrasse-moi encore // embrasse-moi partout // embrasse-moi sur tout // embrasse mon corps // embrasse mon ombre // embrasse moi magiquement // embrasse-moi fort // embrasse-moi sur la joue // embrasse-moi passionnément // embrasse-moi fougueusement // embrasse-moi avant la fin // embrasse ma vie // mords-moi si tu veux
il y a parmi nous… , parmi ceux qui s’aiment, un visiteur ! il se déplace dans l’essaim, intéressant que je m’enchaîne… , ce visiteur revient à moi, et rêve, et de quiétude !
le ciment est leur avenir… , que tu creuses ! il fait presque beau, il fait quoi le il ? dans mon coeur qui ne boit plus le plat. catapultés, de nous deux qui crache le plus loin ?
je l’observe et me mobilise, le long de sa trajectoire, de mon regard jaune dans l’oeil… , ses yeux violets sont un reflet au coin ! il longe les rues à gauche, sa tête sur les facades
les crocodiles remuent à l’orient du fleuve, et des frissons ! derrière le bleu, le noir ou l’inverse, une arrière-saison, la moussant ! je ne le contredis niet. lui, moi, sommes blancs
est-ce que tu danses sur tes mains ? est-ce que tu danses avec moi ? l’esprit revêche, je pense à nous, comme un Renoir. je me sensitive o combien de fois vivrons nous ce jour ?
1 ) c’est une carrière de pierre qui boit le jour, rangée qu’elle me porte au travers comme un tapis, puis s’endort sur mon cœur. la même carrière qui fend le ciel
2 ) calme est ce matin ensemble, nous deux dans la baie qui presque penche vers l’ennui, vers l’infini de tes bras… , que je formule, rassemble et réagence tous mes souhaits !
les enfants d’halloween : clown au sourire sanguinaire fois 2 – faucheuse fois 3 ( pas tout à fait propre ). dragon bleu – licorne – prisonnier zombie ( ils étaient frères et sœurs ). jason à la tronçonneuse ( il fessait vraiment peur ! ). pleureuse cernée de lave rouge ( pareil, effrayant une fille si triste ). vampire fois 2 ( comme Rémy, très rechercher ). squelette ( elle avait déjà tout compris ). casa de papel ( c’était je crois la saison une ). tête de mort en costume – chaperon rouge ( je disais toujours : chapeau en rouge ). zombi bègue ( il intériorisait drôlement vite ). blessée au canif – reine de cœur ( j’étais du côté des monstres ). pikachu ( vexé lorsque je le prenais pour une abeille ).
*
les premiers me disaient s.t.p des bonbons ou un sort, et encore ! je devrais dire des éponges, parmi tous les autres monstres avec des allergies et pas assez de moyens pour un déguisement
je ne savais pourquoi les adultes dehors me paraissaient à bout, même à vélo ! tout était à la morosité, sous une impression que l’on ne me pleurait pas longtemps
je n’avais qu’une envie : raser les murs et marcher mes yeux rivés au sol, ou sur les façades comme des balises de visages, d’images d’avant l’exil, des parfums qui remontaient
parfois, moi, rien ne me réjouissait – parfois, moi, rien ne m’abattait – parfois, moi, un rien m’ouvrait un horizon
il n’y avait que sur les quais que j’étais hermétique à tout. je me remémorais à volonté les voyageurs du pont de pierre et les poètes de tous les jours, vocalisant entre mes dents des onomatopées
soudain, tout me pesait d’un poids qui ne me prenait pas, si décevant à moi-même. je hurlais soleil ! la fête foraine, ce cactus ! je la parcourais de biais. la roue tournait – tournait
parfois, moi, il m’arrivait de pleurer toute l’eau de mon corps rien que d’une simple impression, une idée inaboutie, un mot lu ou entendu, un regard qui retombe
parfois, moi, je ne pleurais pas – parfois, moi, je ne voyais plus qui me parlait – parfois, moi, je n’envisageais d’aller nulle part
*
combien j’étais idiot : néant.
combien j’étais aimé : néant.
il pleuvait comme du sucre
comme une bouche – je n’avais pas de passoire
parfois, moi, ce n’était jamais moi, à la limite !
Aimé C. par ailleurs me faisait taire
*
sous un platane, échoué sur un banc, je déclinais une rencontre. on croisait de rares mandarins ! un peu plus loin, des amoureux se donnaient la main, encore plus loin, ma honte rejaillissait au jour
tiens, une date résiduelle : 1 novembre, comme un pic au coeur… , gloire à nos martyres !
j’allume, j’étreins… c’est toujours moi ! la lampe du bureau fatigue mes yeux, une veille artificielle précédé d’un jour comme un ciel d’été, quinteux
je repense à mes amis qui ne m’ont pas appris à panser mes maux, à faire mon deuil, où sont ceux que j’aimais ? je les tuerai pour m’avoir laissé loin de leur aura
— un tel, dommage… il avait un énorme potentiel ! dommage ! il me devait des sous, et puis sans être trop regardant, je tournais la tête vers l’horizon de mon cœur
je renonçais à tous les univers qui s’offraient, s’annulaient, etc. je n’avais peut-être pas assez de hauteur, ni de mérite. je comprenais vite
je cherchais dans mon enfance un baume, sans m’attarder sur la primeur de ses affects, annonçant l’avènement d’une chaotique histoire, comme un malheureux malentendu, une supercherie
— je rentrais perdu dans la céleste cité avec mes parchemins, mon baluchon et mes loques. toutes mes lectures et mes poux m’y diriger
je sais ton cœur en n’espérant plus de tes nouvelles, cet instant d’où ma langue bascule. je te promets qu’une pluvieuse après-midi peut me rapprocher de ce qui fut
je veux que tu m’entoures dans mon long voyage, par tes prières rompues, pour m’emplir des saveurs de la rosée et revenir vers chez toi, vers la clarté
— je glissais de mes mots sur le lit qui me fragilisait, que je dépassais, après une assiette de fromage et de saumon fumé ! une malédiction
*
te reconnaître bien là, à la renverse
et le mal qui se joue de toi
quand pour les âmes ici-bas est de finir
une langue qui s’exporte, tu rages comme la peste
en te cachant pour ne pas voir l’horreur
encore moins qu’un prince, cacher ton chagrin
*
Je lisais les poésies de James J. ma tête s’engouffrait dans l’oreiller. le lit me semblait profond. Il se trouvait tout de même une fin à ma descente, une chute ! Les mots sur lesquels je rebondissais. Je me redressais en nage, comme sorti d’un songe inhospitalier. J’étais pris par une froide fièvre et la nuit, une chorale chantait en moi. Je me soulageais cependant qu’il n’y avait pas de pot. Si j’écrivais d’une égale beauté, un vers, une phrase par jour, je serais dans le sillage de la plénitude. Il faisait dehors un plat brouillard qui faisait asseoir une méfiance pour les individus que l’on croise
Assis sur un rocher, profitant d’un bref instant de repos, j’aperçois un cerisier, haut d’à peine trois pieds, avec des fleurs en boutons à moitié écloses. Qu’un cerisier, bien qu’ayant été enseveli sous la neige, n’oublie pas le printemps en fleurissant tardivement, est particulièrement émouvant.
1 ) voulez-vous que l’on parle de ma tête, de mes dents et de mes tripes ? je prenais acte de mon cerveau en voyant celle d’un mouton, je prenais de mes livres comme un calque
2 ) le paysage s’endormait sous nos paupières – on s’endormait dans la voiture – j’aurais dû à chaque réveil l’embrasser… , – même alors à l’extérieur ? je ne vais qu’en me retournant
1 ) ce que je dis a déjà été énoncé, par moi-même et les poètes à d’autres époques. comme à présent, ces signes-traîneaux qui se doublent ont déjà été déposés, sans préalable
2 ) c’est du peut-être à mon strabisme, – comment alors sortir du calque ? malgré tout, ce n’est pas avec ces brèves qu’il faudrait en parler, quoique cela n’a aucune importance
Le silence du soir propre aux animaux, propre aux oiseaux,
est un objet spontané, naturel, perdu.
Sur le jadis. Pascal Quignard.
au commencement il y avait l’oubli
et toi
et ton corps
l’infini du jour
brûle !
les jours passent
les mêmes dédales…
comme la vie en l’air
comme les orteils du pied à l’air libre
où tout est mousseline
je m’en vais sans vraiment partir
passent les jours et viennent les aurores
hélas, je ne reconnais que mon cœur
je ne me l’explique pas
très peu savent
– ils rêvent !
vivre sans vous
et mourir
mourir de vous entendre
et vivre
( ce n’est pas aussi idiot que ça en a l’air ! ).
comme une âme égarée, comme une seule nuit
j’achève… ,
1 ) je perds, oui, je perds la raison dans la moire du chaton. il pleut sur la rive de Tigzirt, – si t’es sociable, ma belle ! il y a ceux qui préfèrent la compagnie des escargots
2 ) il pleut, il pleut… , la rive de Tigzirt spirale ! il n’y a qu’une orpheline pour guider un aveugle. la nuit qui tombe en trombe, je l’entonne, comme une chanson d’automne