l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie


Du jour comme de la nuit

à Yasmine. et à Camille.

demi-sœurs de cœur.

Tristan : Qu’avais-je donc rêvé, de l’honneur de Tristan ?

Isolde : Qu’avais-je donc rêvé, de la honte d’Isolde ?

Tristan et Isolde. Richard Wagner.

Traduit par Dominique Sila.

: 1

toi avec moi // moi avec toi

le jour avec la nuit // la nuit avec le jour

la nuit cédant au jour // le jour cédant à la nuit

moi sur toi // toi sur moi

entre toi et moi // entre moi et toi

le soleil célébrant une lune // la lune célébrant un soleil

un peu de toi // un peu de moi

le jour dans la nuit // la nuit dans le jour

la lune pleurant un soleil // le soleil pleurant une lune

de tes mensonges sur moi // de mes mensonges sur toi

toi ou moi // moi ou toi

été comme automne // automne comme été

le jour glisse sur la nuit // la nuit glisse sur le jour

toi en moi // moi en toi

toi malgré moi // moi malgré toi

toi sans moi // moi sans toi

là, le jour gît // là, la nuit gît

désirant de toi // désirante de moi

croire en toi // croire en moi

l’eau et le vin // le vin et l’eau

vénus pour mars // mars pour vénus

toi et moi // moi et toi

chienne d’un loup // chien d’une louve

nous

: 2

une fille // un garçon

le monde pour lui // le monde pour elle

un univers avec elle // un univers avec lui

ils s’aiment // ils s’éloignent

il lui manque // elle lui manque

autour d’un diner // au milieu d’un déjeuner

elle l’habille d’un sourire // il l’habille d’une caresse

un rêve de lune // un rêve de soleil

elle le reconnaît // il la reconnaît

un amour de fleur // un amour de miel

elle remonte d’un souvenir // il redescend d’une réminiscence

son étoile capte les fables // son étoile capte les contes

elle porte le dramatique // il porte le tragique

claudia et arman // arman et claudia

elle l’accompagne dans sa traversée // il l’accompagne dans son voyage

pour goûter les joies de la volupté // pour savourer les délices de la félicité

un lac sur un ciel // un ciel sur un lac

c’est tellement elle // c’est tellement il

elle tâtonne pour marcher // il tâtonne pour s’asseoir

un regard de celui qui la guérit // un regard de celle qui le sauve

la tristesse l’oblige // la tristesse le condamne

elle dort à bâbord // il dort à tribord

elle n’a rien d’une poétesse // il n’a rien d’un poète

pourtant

: 3

une sagesse transitoire // une folie ambulatoire

elle pardonne sans un reproche // il pardonne sans un effort

une comédienne // un comédien

lorsqu’il la baise // lorsqu’elle le baise

elle joue des interdits // il joue des anathèmes

les comètes déménagent // les comètes euphorisent

toi comme la fin d’un début // moi comme le début d’une fin

à l’orée du jour // à l’orée de la nuit

elle le cultive // il la labour

leur terre est plate // leur terre est ronde

les lunes se compilent // les soleils se faufilent

une allée émotionnelle // une allée sensorielle

elle s’invite dans son assiette // il s’invite dans son terroir

toi en deçà de moi // moi en deçà de toi

son aura est rouge // son aura est mauve

magma et cristal // cristal et magma

elle ironise sur la vie // il ironise sur la mort

les anges neutralisent // les démons désunissent

l’exception d’un amandier // la singularité d’un olivier

une éclipse solaire s’attarde // une éclipse lunaire s’accroche

elle lui fredonne ses nuits // il lui murmure ses jours

la terre se dérobe // le ciel se dissipe

elle n’a plus confiance // il n’a plus foi

vice-versa

: 4

bonsoir soleil // bonjour lune

elle est d’un futur // il est d’un passé

elle fortifie un filtre // il emplâtre une potion

d’ombre et de lumière // de lumière et d’ombre

aux aurores // aux crépuscules

brève des infidélités // brève des trahisons

à jamais son âme blessée // à jamais son cœur entaché

sable et marbre // granite et poussière

elle vient de loin // il arrive de loin

au-delà de la longueur des continents // au-delà de la hauteur des nuages

t’adonner à moi // m’adonner à toi

te rappeler de mes réponses // me rappeler de tes signes

rien de toi n’est vain // rien de moi n’est vain

rien n’est perdu de nos errances // rien n’est gagner de nos quêtes

nous nous sommes aimer // nous nous sommes détester

comme d’un autre centre // comme d’un autre appel

un souhait de nacre // un souhait de corail

que ton âme luise // que ton cœur vibre

se hisser pour t’atteindre // se baisser pour m’atteindre

trop beau un tantinet laid // trop laid un tantinet beau

elle voit en lui une autre // il voit en elle un autre

de la vie à la mort // de la mort à la vie

de toi // de moi

poème

: 5

l’un sur l’autre // l’un sous l’autre

la vie nous aura séparés // la mort nous aura rattrapés

une mouette au bec crochu // un bouc à la queue rompue

de l’urgence // de l’inattendu

au flanc de la montagne qui m’attire // au creuset de la ville qui t’attire

comme d’une ouverture // comme d’une augure

un téléphone sonne chez toi // une lettre arrive chez moi

ta voix est une nuée // ma voix est un nuage

une drôle de taquine et un joueur // un drôle de farceur et une féline

ton abricot sous mes dents // mon roseau sur tes lèvres

toi devant // moi devant

te sentir de moi // me sentir de toi

ton bras autour de ma hanche // mon bras autour de ton cou

arpentant les boulevards // franchissant les carrefours

me veiller la nuit // te veiller le jour

extraits d’un printemps en hiver // extraits d’un automne en été

frêle avec toi le jour // frêle avec moi le soir

sur une paillasse de hasard // sur un lit de fortune

de ta fêlure // de ma fracture

comme de mon esprit lunaire // comme de ton âme solaire

ce qui tombe de toi // ce qui tombe de moi

est balayé par les flots // est emporté par les vents

me pardonneras-tu un jour // te pardonnerais-je un jour

mea culpa

: 6

trop tôt pour répondre // trop tard pour amorcer

un air parcourt les rues // un vers arpente les chemins

voilà l’hiver // voici l’été

de tes ensembles // de mes éléments

tu me veux // je me donne

comme un long baiser // comme une courte étreinte



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