Ya-Leel Ya-Leel
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il m’est parfois difficile de me souvenir d’un visage comme du jour et de la date comme d’un anniversaire comme d’un rendez-vous quelconque comme d’un itinéraire comme d’un air en marchant il m’est parfois difficile de reconnaitre mes erreurs mes tares mes lâchetés comme la voix d’un poète ou celle d’un traducteur comme un arbre…
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j’adorais les expressions de ton visage comme un petit soleil agréable ses traits exprimaient la Bretagne me rappelaient les fleuves et les rivières que je ne visiterais sans doute jamais j’adorais glaner avec toi les après-midi relâches tu étais mon tout mon ailleurs tu étais ma maison où reposait la poussière de l’oubli l’amitié que…
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le jour où je parlais oiseau rien n’annonçait les crépuscules les visites de connaissances les étoiles et le sacrifice de l’immonde bête qui se douchait au jasmin qui se douchait le jour où je parlais oiseau tout était à refaire et beau ! et mort ! sans la faim comme ils disaient de ma nécessité…
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je parle à une jeune fille qui joue au bandit et à la police sur une pelouse sillonnée, sillonnée… , préférés aux sirènes de pompiers je réouvre une fenêtre, – referme une fenêtre de la fenêtre un don des prémices je repose une assiette, – relave une assiette l’assiette est rangée dans le conduit des…
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à Camille. en avant de la veilleuse un filtre en avant du filtre un cadre en avant du cadre un verre en avant du verre deux croquis en avant des deux croquis un chevalet en avant du chevalet une scène en avant de la scène deux modèles en avant des deux modèles un nu tout…
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la vie était comme on danse de nos libertés et à l’aveuglette ! le vide se faisait sentir je criais ! une femme jouait la nuit au solitaire sur son ordinateur, seule ! moi, je me touchais de cette extravagante solitude, même les lampadaires vibraient la vie était comme on cauchemarde de nos ailleurs bien…
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à Jean-Baptiste P. les aveugles sentent les étoiles avec l’œil de l’âme les aveugles sentent les étoiles d’un cœur en flamme le poète brûle d’un cœur en flamme les chiens grondent de peur sur la terre de Dieu les chiens grondent de peur la ville se dévoile aux heures nocturnes d’une magie et d’un mystère…
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départ d’éclairs pucelle qui s’envole avant l’heure départ d’éclairs bleu d’azur intemporel départ d’éclairs départ de la lecture en éclaireur départ d’éclairs du sol au firmament c’est la pucelle ! rougeurs au tronc sonore départ d’éclairs blessure au cœur qui colmate départ d’éclairs départ comme un ultime éclair départ d’éclairs nuées jusqu’au sol départ d’éclairs…
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à Isylle. rien qu’une amie dans la tiédeur matinal et sur mon lit tout froissé tout envouté rien qu’une amie dans la tiédeur matinal pour recueillir l’intime silence de ses flans de coton de ses yeux rien qu’une amie dans la tiédeur matinal sous la lumière des stores et sa nuque parfumée que je quitte…
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tes nouveaux lustres vieux coffrets tes ciels bas et obscures ode de coton blanc et bleu tes yeux horribles et troubles baisers qui s’enroulent fini l’éternel qui sait d’orgueil ? tes sornettes ailes rouges de sauterelle tes accents de flûte fleur jolie, jolie… ! tes sons vermeilles sur mon lit, tu sommeilles ! astre rustre…
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il était une fois lorsque j’aimais la poésie qui me faisait de l’ombre une fois lorsque j’aimais les Antilles même si je ne connaitrais jamais une fois lorsque j’aimais ma vie il était une fois lorsque j’aimais la vie des autres et rien de ce qu’ils pourraient faire ou dire ne me ferait admettre que…
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à Yasmine. et à Camille. demi-sœurs de cœur. Tristan : Qu’avais-je donc rêvé, de l’honneur de Tristan ? Isolde : Qu’avais-je donc rêvé, de la honte d’Isolde ? Tristan et Isolde. Richard Wagner. Traduit par Dominique Sila. : 1 toi avec moi // moi avec toi le jour avec la nuit // la nuit avec…
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à Oussama. Je regrette maintenant d’avoir été un débutant si tardif. Il semble que j’ai été un débutant tardif en tout. Je pense que j’étais en quelque sorte retardé. Francis Bacon. : a lors de l’un de mes voyages // lors de l’un de mes romans j’ai appris il n’y a pas que la bourse dans…
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je prends une figue sèche à l’huile le soir j’improvise je mélange mes excréments et mon urine j’essuies mes morves et mes croûtes des yeux je me rafraîchie à l’eau de cologne je rétablie les connexions avec la saleté de mes vêtements avec la moisissure sur les murs et son odeur je me développe je…
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J’implore la pitié d’un toit qui s’écroule quand je mets le premier pas, la terre bouge… qui peut me délivrer de cette frayeur ? Djaroua Allaoua Ouahbi. l’étoile de mon cœur et moi, on construit un fantasque royaume pour autrui et on change la face du monde depuis le berceau jusqu’à notre vie d’adulte et de…
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à Chouaib. je rêve d’un long voyage au-delà des dunes et choir sur place que par affliction je commanderais aux fleuves hors des lits tout en étant pur et cruel je ferais de mon cœur une roche de granite je rêve de recevoir un verset comme une goutte d’eau dans les profondeurs de l’Etna que…
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à Hania. il faut nous tirer parfois les fleurs du nez ! les rares fleurs des genêts passent les saisons et les grands froids c’est l’âme des immeubles d’où s’échappe l’odeur du lait mêlé à ma douce voix mon genêt est une couveuse de vies à qui je fais l’amour nerveusement ! mon genêt est…
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je fonde un monde nouveau … avec la querelle des anciens je m’en sors poète … une pleine mesure de la chance je me vois en homme sauvage et libre … un homme amant de la beauté je me suis avorté à moi-même … une incarnation dans le seum je crois aux phénomènes inexpliqués ……
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je me lève à l’heure du rossignol je prends une tasse de café et fume je rase ma barbe en ce jour d’automne en berne je m’habille et la lampe masse je mets Quieter Than Silence à l’écoute et me berce je lis un peu et l’horloge s’attarde sur mes paupières je mange un bout…
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tu es matinale tu es dans la salle de bains tu viens de prendre une douche tiède tu exhales un bon parfum tu portes un foulard bariolé à la taille tu es devant ton miroir planté sur tes deux petits pieds nus tu as les cheveux lourds tu as ton corps à moitié trempé tu…
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je buvais pour des réveilles ivres je buvais parce que j’ai le sommeil agité en suivant une thérapie ou en fréquentant une mosquée je buvais pour effacer l’affront je buvais pour me le rappeler sans raison aucune ou pour un tas de balivernes je buvais parce que j’avais une âme je buvais parce que j’avais…
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ils marchent à travers bois : 45 min ! ils admirent le couché de soleil : 20 min ! ils échangent un baiser : 11 secondes ! ils laissent quelque chose d’eux sur la berge : 32 min ! ils reviennent sur leurs pas : 1h24 ! ( Poème inspiré d’un tableau abstrait d’Ikea ! )
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à Mourad. et à Tarik. et à Rafik. J’ai embaumé mes souvenirs Dans la grande boite du temps Jadis a déjà plus d’importance que demain Mon utopie est mon passé La photographie jaunie de ma jeunesse Me reste sur les bras Le temps m’a surpris Vieillitude. Marc Losson. boum, boum, boum : la grenade de la…