elle n’était plus jeune du tout
et se tenait devant un comptoir
ni assise ni debout
seule, évanescente buvant un mojito
comme sortie d’un conte du terroir
autant dire une apache
elle avait perdu tous ses automnes partout
je refermais mes yeux pour mieux la voir
elle flottait comme une vierge tibétaine, hautaine
inondant mes oreilles du souffle chaud de promesses infécondes
avec le plus grand calme
une fourmilière dans sa main droite !
je détestais cette façon de me voir
sans me prêter une attention particulière
de me rappeler la viande pourrissante
et froide que j’étais


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