l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie


Débutant tardif

à Oussama.

Je regrette maintenant d’avoir été un débutant si tardif. Il semble que j’ai été un débutant tardif en tout. Je pense que j’étais en quelque sorte retardé. Francis Bacon.

: a

lors de l’un de mes voyages // lors de l’un de mes romans

j’ai appris

il n’y a pas que la bourse dans la vie

il n’y a pas que les bons ou les mauvais, le bien et le mal

demeure mes joies // demeure mes peines

j’aligne ces lignes à l’encre de mon sang

comme de tout temps

le dit de ce chant est un adieu

de par la condamnation // de par la contemplation

je me ballade dans les rues d’une irréelle ville

son âme m’agrippe // son bat m’incorpore

les soirs de solitude : j’alimente mon cœur

: z

tu es l’esseulé // tu es le tahen

désespérément

le bureau des réclamations est sourd // le bureau des lamentations est aveugle

ils sont nombreux ceux qui prennent la mauvaise tangente

tu te meurs chaque soir // tu te relèves chaque matin

il n’y a du reste plus d’espoir

tu t’endors sous l’eau // tu t’éveilles sous le feu

tu sais qu’il y a une lueur

tu tournes à gauche // tu tournes à droite

tu plonges ton regard en toi-même

tu envisages le centre // tu envisages le bord

tu te dégages pour être multiple

: a

rien qu’une sortie // rien qu’une entrée

la voix se trouble dans les foires aux manèges

elle exhume de l’ombre // elle exhume du tabac

je manifeste de la gêne // je transpire de la poésie

( sans mousqueton ! ).

le Cœur Intemporel frappe fort dans ma bouche

qu’il ne peut s’exprimer convenablement // qu’il ne peut clamer consensuellement

c’est l’automne avec ses attentes

qu’est-ce qu’on serait sans une tasse de café !

sifflotant au près d’un ruisseau // chantant au près d’une fontaine

nu comme les oiseaux !

je respire encore grâce à l’art // je respire encore grâce à l’amour

je ne suis bon que dans le malheur

: z

quelqu’un qui te serre // quelqu’un qui te soulève

tu es en difficulté

inadapté à la vie en société

tu as vu le jour pour tout voir // tu as vu le jour pour tout entendre

elle te fuit proche de m’amour

que rien ne se nœuds // que rien ne se défait

tu approches parfois à travers les miroirs

le fond des ses faits // le don de ses gestes

tu prends une feuille // tu vois un compas

tu vois un effaceur// tu prends une règle

si seulement tu avais une assise …

: a

j’écris : Je bois. // j’écris : Sanguine.

comme l’eau rouge qui coule dans les estaminets

j’écris: Je suis béni à l’infini. // j’écris: Je suis perdu à l’inconditionnel.

j’écris les lettres dans le vide des mots

j’écris : Craie // j’écris : Je mens.

sur ses parjures // sur ses déshonneurs

est-elle seulement présente derrière mes filtres ?

ô douceur !

à quel moment nos actes prennent leur sens ?

non-être // supra-être

nous en tirons des satisfactions

j’ai raté sur mon poème // j’ai gagné sur mon être

: z

tu es fatigué de vivre // tu es fatigué de mourir

à l’air libre par Sa faute // à l’air libre pour les autres

tu claques les portes du grand hôpital

l’horreur des enfers remonte à terre

tu es rarement du côté du renoncement // tu es rarement du côté du ressentiment

à la nuit tombée

tant qu’il y a à faire ta présence est de ce rafiot

tout en étant libre // tout en étant libre

tes crins ondoyants // tes plumes soyeuses

tu incarnes les noces du paradis et du ciel

peut-être fou par invention // peut-être poète par vocation

comme des os dans le vase // comme des clos dans la vase

: a

j’ai fait l’amour à un rocher // j’ai fait l’amour à une fleur

à qui viendrait l’idée de s’envoler ?

comme les promesses d’orage de l’été dernier

ô qu’est-ce que je tais ! // ô qu’est-ce que je déterre !

raconter les fées // conter les ogresses

les sorciers ont plus d’un tour dans leur sac

si je veux m’imploser // si je veux m’incriminer

je ne suis mauvais que dans le travail

pour fondre vos oreilles endormis // pour briser vos cœurs en éclats

je perce vos profondes angoisses // je creuse vos peureuses argiles

il adviendra des rires fleuris // il adviendra des rêves fleuris

j’écris :

quand les mots se dérobent du mot – quand le port de la mémoire – quand le sucre de l’œil – quand tout revient au même – quand la fièvre de l’amour – quand la respiration fait halte

: z

tu esquisses // tu ébauches

souillé par tes discours // altéré par tes vers

comme de la fièvre / comme de la grimace

à te voir si fasciné // à te sentir si blasé

tu inspectes sans carte // tu prospectes sans boussole

tes doigts aussi raides qu’un froid // tes yeux aussi noirs qu’un blanc

tu fouilles les moindres recoins

seules les chants te tiennent lieu d’effusion

tu es de la structure // tu es de la secousse

les toubibs prodiguent des soins molo-molo // les imams abondent des soins tohu-tohu 

ton obstination // ton obsession

sont ton héritage des siècles de marginalisation

: a

j’écris le murmure du cœur // j’écris l’analphabète du trait

non plus à solutions // non pas à problèmes

je ride au fin fond de l’Europe // je drive au fin fond de l’Afrique

heurtant mes désirs / cabrant mes pulsions

je parle aux ombres et les mots // je parle aux machines et les esprits

d’éventuels postites // d’improbables feuillets

comme une levée d’un envers

une hallucination simple de mes synapses

je pense à Pina Bausch // je pense à Kamel Ouali

de quoi reboiser le château

qu’aurait été ma dette à l’endroit de la danse 

je sais de l’épreuve la chute // je sais de l’échec le rebond

: z

tu ouvres les voies de ton amitié // tu ouvres les portes de ton toit

tu n’as rien su sauver

sinon la vulnérabilité // sinon la misérabilité

de tes macabres idées

tu partages le sel et l’eau // tu partages le pain et le vin

délestés des boniments et des fardeaux

parfois dans l’impasse // parfois dans l’aisance

tes viaducs proportionnels à la table

tu ris et tu soupirs // tu pleurs et tu spasmes

de la destiné, du libre arbitre et de l’exil

aussi drôle que cela t’excite // aussi mal que cela t’impacte

comme aller d’un flottement droit devant

: a

je brûle en aimant // je rif en haïssant

scindé comme les hirondelles d’Ibrahim

le vent de l’aube vint

comme d’un lazaret et son tremblement

je retourne à la kalima harassé // je reviens à la langue éreinté

anormalement

je me dispatche // je me recroqueville

entre une interligne à un point // entre un espace à une virgule

voici que : Tu bois un verre d’eau. // voici que : Il s’allonge sur le lit.

une expérience réitérée jusqu’à l’épuisement

une fois lorsque l’acte survient // une fois lorsque l’acte parvient

sur le support de la lie mémorielle

: z

tu t’éveilles d’un lourd sommeil

tu longeras un jour le nil // tu franchiras un jour le seuil

caressant avec tes yeux matiques // piaffant avec tes jambes zutiques

quand est-ce qu’alors tu reviens ?

une résurrection inconfirmée // une consumation inentamée

le passé est si bien interprété en musique

tu t’en ébranleras // tu t’en extasieras

laisse les rager, leur parole est aussi bancale que tes mots !

tu essaies en dehors et en dedans

de vivre avec moins de vacarme // de mourir avec moins de bruit

un présent : quelle tenue ? // une aptitude : quel dû ?

comme un rendez-vous sur ton chemin

cela ne dira jamais la fin – cela ne dira jamais tout – cela n’ira jamais bien – cela ne prendra jamais rien – cela ne s’accommodera jamais – cela ne pliera jamais – cela ne verra jamais



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