La voix du colporteur redescend

les nuages comme de la cendre

comme des moulures

d’une main embouchée

de peintre

un refuge au soir

les montagnes de kabylie qui dévalent

les bleus oliviers et le jasmin

parmi les maisons au loin éparpillées

de terre cuite

ocres

et de plumes d’oies !

comme se promener sur une légère mollesse

sur la nuit et ses vibrations

dans une brise fileuse

la mort dans les parages – une rature

un gisement de pierres

et talismans

les rivières coulent sous les phalanges

sous les tombes retrouvées

je perds la route du chercheur d’or moulé dans le grave de l’aurore

tout n’est qu’un jeu avec la sphère

Trouver un ton juste

la voix m’émeut

sortie de l’ombre brune

tremblante

peut-être rêvée

je crois soulager

lorsque je chante – sous ou près de mes yeux

ma voix qui m’émeut chez la boulangère

exit de l’ombre brune

comme sortante et dedans

le timbre tremblant

soulagé à mort

lorsque je chante

ils disent ailleurs une boulange

attablés pour certains

si seulement je ne croyais pas à la révolution

en sa première métamorphose

Nous partagions nos frites

Béranger donne son prix

une fille aux yeux d’émeraudes

une beauté aux yeux rouges de lapin d’Ecosse

de la mode qui me dit

: nous ne sommes pas là pour finir !

seul le parfum de ses songes est habitable

elle retourne mon éveil

comme mes sombres fêlures

comme la noire ligne

le but en blanc !

mensonge vert

un duvet

or de toutes les couleurs

de vieux crapauds

elle danse

bourdonnement

scarabée

à plat

les étoiles d’une tourte

et puis, rien

ils l’emportent

Vents mauvais

au cœur des vents

sur un banc

de mousse froide

le battement de ton cœur, … et triste !

nous deux

amoureux de nos allées

et venues

parmi les arbres

quintessence

me fend

fruits d’été

bec du typhon

Tristan distraie

sang séché

sens unique

et le monde en est changé

quelqu’un vient de me faire une promesse

Un saule est une sérieuse affaire

par le son des cloches

ton spleen

tes auto-stellaires branches

tes lapidaires heures

ta maison en carton aux vents ouverte

hantée par ton nom

comme un signe, déliriums, ô le cygne blanc !

bat de l’œil très haut sur l’étant

vétéran

incertain

cœur d’un petit-conte

sans loups

sans loups

lignes déchanges, flottaison, ô les migrations !

à mi-hauteur de la cime des arbres

écume de tes mains

ta peau

dessous les goutes lactées

à outrance

chauve-souris par là

ailleurs, vœux indiens, ô le veau d’or !

au jour

roulade de l’enfant qui s’éprend

succombe

des veines de ta bouche

de soleil

lorsque ton printemps…

somnolant, biscornu, ô les jujubiers !

je clame d’une marche lente et griefs

jusqu’au saule en face de l’autel

L’escale de la matinée

de coton

les sept heures

parachutés

sur tes yeux opiacés

comme des raisins verts

un parfum de poème

une foudre dans ton cœur

comme les éclairs sur la toile d’un peintre

bourdonnement quasi lointain

vaguement

à l’ombre

je m’allonge sur les rêves de ta coccinelle

de rouge

l’écharpe de l’écolier en mal de fenêtres

dessins d’une abbaye

dessins de ta courbure

s’éveillent

tant de mystères

qui ne valent ta caresse

morsures d’une étrange bête

lente d’une douce confession

effervescent

comme les chants oubliés

je m’agrippe à ma bouée de plaisance

de légers vents sur les roseaux

tout aussi contre toi

tes âges étagés

sève

peu de zinc !

désolé de te croire verte

ton onir

par lui charmé

comme insuffler une seconde fin

à tes matins

de gris

je m’essuie par crainte de trop m’y plaire

Furies de l’été

une femme que j’approche

que je déculotte

derrière ses prunelles

parmi les quelques furies de l’été

mots transversaux

d’une aussi longue frange

élans du passé

insaisissables couleurs

sur-l’-herbe-folle-dont-l’-herbe-folle-raffole !

inquiétude légère

doigts qui butinent

sautent en d’autres lieux

frileux… , – saisis-le !

pointe au corps

aigue

sculpté par les fées des ruisseaux

toile cachée

amortie

j’effleure ton bras

ton parfum me rappelle les saisons

La perte

fourmilière

ballets du bâton rompu

nos sourires ou riz au lait

versés sous nos pas

étouffés pêlemêles

tout Traviata

nos pas !

mémoire de l’exilé de bout en bout

relégué par les odeurs et une béance

recherchant l’ouverture

diaphane – diaphonique – euh… !

épuisement d’un temps intercalé

où rien ne s’assemble et se dédouble

œufs brouillés de l’enfant

tout savant

baromètre des ombres

fine et finissons-en !

il n’y a rien pour toi ici ?

Apollon manqué

ailes et voiles et temples et carrefours !

mansuétude

blanches fissures

enfuie

déraciné

malheurs sous l’abri

sous nos pas de tambour, en mur

seule cette perte

je repêche ton regard à moitié endormi

puisque du jour on aura oublié

Trois saisons

grippe

ou la fuite des vents

mue et morveux

douceâtre comme les peaux

boulevards bordelais qui transitent

quais embrumés

retardataire et à l’heure

humeur à la Gabin

Un singe en hiver

ainsi qu’un anniversaire de l’anneau

dessous les tambourineuses étoiles

le présage d’une noyade

parce qu’il y a un soleil

les lendemains d’une noce

extrapolations d’un intérêt sous les lampadaires

Richard sa majesté des affaiblis

s’assoir sur un fauteuil mirobolant

proverbe et flasques abattis

tapis recouvrant les sexes

les blancs

dogme du piéton

une histoire à la barre

plaide encore pour les étoiles

Aurore file la fin de l’été

je me pouille sur le chemin des poètes

comme j’en croise de si vrai

Au bord

à Sabrina.

soleil irradiant

sous un arbre

manichéen

demies tensions

itinérance au bord

moitié d’une clameur

lasse qu’à moitié de la lecture

retour à la dicté

cloche qui retentit

comme un dimanche des rameaux

baisers éternels d’une fleur

ciel qui s’étend de grisaille

ouverture basse et non plus déchainée

perspective et portes

dames qui feintent d’une tête

observent en dedans

à la lisière du chant

au parvis et merveilles que j’honore !

absente trainée au-delà du mémoriel

salut toison d’or du bélier

salut étrangère

je saute en plein milieu des châteaux de sable

et me salis les mains

Perceptions d’un intérieur

long tempo

aux combles

un homme fictionnel

vêtu d’une chemise

brettèles

ventre d’un poisson

pieds sur le parquet lourd

et crétin

il frisait les étagères

et fumait des gitanes

second raccord

près de la fenêtre

une femme éprise

au long cou

aux doigts rouges

et les seins d’écolière

parée d’une robe

à fleurs jaunes verts et noires

elle oscillait devant le téléphone

et échangeait un baiser comme frère et sœur

je n’ai pas de voiles blanches et de brumes

la grêle m’appelle et s’y retrouve

Appeler Nathalie

le même félin désir ! le même déshabillé !

ivresses qui susurrent tout bas

corps exaltés et d’éclats

corps comme un halo

cela te rappelle les sarcophages

ta peau qui invite à l’outrance

se parcourt comme les aubes blanches

comme le retour d’une érection

sous les draps

de colère et de larmes

qui t’arrachent à ta torpeur

à ton orbite

ton feu

si solaire et limbes

avec tes quelques airs de comédienne !

je croque dans le jus d’une tomate et fraîche

cueilli par ton sel

Exhumé

dent havement rebelle

et croque !

arctique

amorce serpentine

voix percluses

s’abandonnent à échéance

grecs qui se jettent

cote suspendue

l’-amour-que-l’-on-me-verse-déverse-le-daemon

paraphe vasé

pendant d’un collier

de course et saccades

eaux de mes Converse

trouées

trouées

je peine à poursuivre le poète

comme singer le bruit

De brume

surface de brume 

matin consensuel 

ciel dévorant 

rien qui n’autorise l’accès 

parmi les anonymes

et le jour s’imbrique de secondes ! 

d

i

v

i

n

e  

percée par un fouilleur d’envolés 

clopine des sphères 

enfant qui tournoi comme un derviche 

et regarde, regarde s’obscurcir l’œil 

et le sait

déci delà une romance  

la poussière des villes où l’on réécrit

les allées qui trucident 

les pavés comme de la boue 

j’entrevois parmi mes débris une planche

comme un sphinx

Tant que l’on t’écrit

à Fanny.

les arrières pays in-approchés 

traversés en surface 

défilent fort l’hymne

du chagrin avant l’exil

plus de là-haut – Laos ? 

rien d’imperceptible

délicatesse qui dénote 

comme un centaure qui descend

une plume qui s’étale pile 

au cœur de l’éblouissante disparate 

hôte qui la pleure 

et plane 

léger 

insondable comme l’air

les vents d’automne se contrebalancent

des volantes feuilles noircies 

d’épais nuages 

sur un arbre qui croît

comme tant de désirs irréalisés

entre les rires

d’amis 

j’ouvre mes yeux qui s’en retournent navrés

et je frémis

La dualité Fr/Arab

à Fanny.

mais du corps de l’adverbe même

l’amant s’évade

vers l’envers des choses

ombre d’une rade seconde

il tombe

Le chant de la carpe. Ghérasim Luca.

providentiel

ce temps où l’on accepte

l’histoire de nos héros déchus

la femme des autres que l’on revoit jamais

sur les graduations de nos trahisons

une fissure par l’intermédiaire

des terminaisons

les chiens qui le meuglent

ce n’est qu’un enfant s’exclama le turc

comme embraser les fleurs

la partie des mots ardus

la barbarie oubliée

une amulette qui couvre le flanc d’un cœur endormi

je pense à l’empire de Russie, météo : 9 °C, vent NO à 13 km/h, 25 % d’humidité.  

il pleut de la neige

de la pluie

il lorgne le soleil sur les terres adultes

et le désigne sur les peaux

les sept vents chahutent les oreilles de l’équipage

le navire vogue à l’automne des déchirures

s’amarre à une aube nouvelle  

( je dessine un soleil sur ta peau ! ).

il rêve de l’oiseau royale qui pulsait

un sphinx sur les lèvres

cruellement…

les bateaux transportent du blé sous la grêle jusqu’à Saint Hélène

le perdu écrase les coquelicots de ses pieds fermes

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Ne dites à personne qu’il l’aime Fr/Arab

un chien qui se terre

crabote

imaginairement

s’enfuit sur sa table d’écolier

sur les airs de la ballade chétive

dans la ville des lumières

tizi-ouzou capitale de la vida

et de la grève en saccades

un bassin bleu entre ses yeux

elle l’a pris par la main

il pense à elle

à l’autre

chanter Si Mohand Ou Mhand

tonner comme les oiseaux

le voile d’or du matin

autour de la montagne au dos courbé

comme un habit de l’absente

une voix qui l’implore

rien n’est éphémère

il t’aime

tu es un ange  

et la plupart de ce qui ne doit pas être dit ?

comme de ne faire plus grand-chose

comme de frayer

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