tu ne m’aimais plus
tu aurais pu faire semblant
un semblant d’humanité que tes yeux avaient perdu
tu t’en léchais pourtant les babines
tu ferais une sacré putain de sainte
comme un chaton peu ragoutant dans mon film de fin d’étude
: fin d’étude !
partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie
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tu ne m’aimais plus
tu aurais pu faire semblant
un semblant d’humanité que tes yeux avaient perdu
tu t’en léchais pourtant les babines
tu ferais une sacré putain de sainte
comme un chaton peu ragoutant dans mon film de fin d’étude
: fin d’étude !
des mots que je formulais dans un rêve récurrent
grâce à la volonté de Dieu
sans doute au monde des rêves, par Son entremise
sans conteste !
me mouvant sur mon lit
comme presque rien ne mérite un Non
lorsqu’on aime aussi
avant que cela ne finisse en verlan !
mensonge vert
un duvet
or de toutes les couleurs
de vieux crapauds
elle danse
bourdonnement
scarabée
à plat
les étoiles d’une tourte
et puis, rien
ils l’emportent
comme la noire ligne
le but en blanc !
on se verra à une lecture de la bibliothèque municipale
l’un de ces soirs d’un long froid automnal
on s’assoira sur les escaliers de secours en se parlant beaucoup
– et moi, je m’y verrai !
on prendra le premier bus tout lumineux
l’aube bleue surgira derrière les vitres
on se prendra la main comme un secret
de l’autre main ta droite tu entameras ton petit-pain
une fois à Bruges, le cimetière nous semblera familier
on ne se quittera pas de vue
tant qu’il y aura de la synergie entre nous
tu t’appelleras Naïma aux yeux de fresque
souvent entre sept collines
semblable à une soirée d’été où la lune sera pleine
le vent fraîchira derrière l’an onze
il n’y aura pas de vent en cette belle saison !
ce sera d’une nageuse qui se filera jusqu’à les matines
le diras-tu, en l’an onze fut ce qui sera à jamais perdu !
les gazelles ailleurs battront le caveau du Tibre
l’eau clair chaque jour les boira
à Alice.
l’heure ! … , et puis deux heures
et puis, lieder !
une veilleuse à la chevelure de feu
– oui, tant que cela inrecommandable ?
une pensée s’emplit de son cœur-féerie
elle m’écrit. à la fin… ,
je fuis… , une aire – dans cette fuite
pour lui revenir
à Diane.
éprouver de l’attirance pour une personne qui n’est pas réceptive
cela te noie dans l’informel, sans appuies
ni vérité
tu observes ton reflet dans le miroir
une trajectoire biaisée
très peu conçoivent le sens de jouer à deux
d’une valse
un nuage menaçant au-dessus du lit
fourmillement aux extrémités
un soir dans tes vieux jours
lorsque tu seras assise auprès de ton radiateur
repensant à tes jeunes et belles années
tu te diras A. m’a célébré, pense-y bien !
comme l’avez fait avant toi Hélène De France
le doux secret de cette maxime se cache dans ledit poème
écorchure de l’âme
une glissade dans du savon d’été
qu’est-ce qui permet ? – la noyade.
j’ai dû en baver
sous le coup des fatalités
désordre camouflé
un bus orange grince
je suis désorienté en face de Ranima De La Cité
t’accueillir aux soirs… ,
t’accueillir entre les interstices de la réalité
à Hania.
sous les cotons du temps
tombent
les rideaux métalliques
les innocents flirts
s’enrhument
une cocotte en papier peint dans des amas d’agrumes !
– est-ce qu’elle m’aime dans ce tout de noir ?
j’appelle au Sauveur des hommes !
c’était le crépuscule
pour l’heure, j’arrose les arbres
de mon urine
est-ce que c’est l’annonce d’une nuit sans fond ?
à Mokrani.
tu envies l’impassibilité des pierres
comme la musique de la main des vagues
comme la douceur d’un galet sous le soleil
la nature prodigue ses leçons de vie
l’eau salée mouille tes lèvres
tu envies l’impassibilité des pierres
comme leur intranquillité

je suis ton ange, tiens-moi la main
je suis innocente, pardonne-moi
souviens-toi de nous
souviens-toi que tu es libre
pars à la rencontre des vierges rivages
c’est une chance ce départ qui s’offre à toi
prends-moi dans tes bras une dernière fois
j’écrase l’herbe
sur un paisible bocage
pour bâtir
un tipi
sous la pénombre
avec mon dos d’hérisson à trois pattes
comme à présent prendre l’air
est à exclure
Du haut de mes 48 chevaux vapeurs
Je patauge encore dans la boue et dans la médiocrité
Les vacances ce n’est plus dans l’ordre du jour
Et les jeunes filles ne sont plus ce que c’était
c’est le loup
qui surgit
pour manger la fillette
simplette
avec des fossettes
que je trouve
superbe
Ibtissama
c’est bien toi
personnellement
que je cherche, éperdument
et tout simplement, depuis longtemps
à Ibtissem.
les agréments secrets d’une vie incendiaire
et ses dangers et ses tourments… ,
le noir besoin d’un ventre monstre et humide
tellement phallique ! tellement fatidique !
les chemins qui se croisent chez le dieu des carrefours
la complicité offerte d’un monde juvénile
j’enveloppe nos soirées de mysticisme, avec toi jusqu’au petit-matin, parfois !
Qu’ai-je consommé à ce rendez-vous
J’ai même soufflé dans mon verre
Je me souviens de sa colonne, droite
Et rien d’autre, vraiment, comment ?
elle
est bien
dans son corps
elle
est bien
partout où elle passe
nous tenons à nous dire
à contre-jour
et dans le blanc des yeux
des choses d’une simplicité cruciale
le vague à l’âme
et un indicible silence
se sont soudains emparés de nous
laissant des grains de sable
dans nos bouches
à Fazil et à Nahil.
le marcheur solitaire du désert
qui se détache à l’horizon
et qui rêve
ne se déplace qu’avec son âme
il est comme un arbre
il est la branche un soir de tempête
sa vie
ses pays sont à tout jamais perdus
que tu reçois
permets-toi d’en prendre part
et si tu veux la gouverner
la voici devant toi
elle t’en prie
l’homme cherche à se résoudre
il sonde son âme dans toutes les directions
depuis la nuit des temps
comme allonger sur la lune
tiède et au calme
il répond à des leurres
et souffre de la contrition et des hommes
à Taous.
une aube erronée d’été
un cœur-folie éclairant et brutale, – les pacifier !
( est-ce revenir au monde
parmi tant d’autres feux, comme me trahir ? ).
Noor
il me suffit de répondre par : plus tard !
café et douce cigarette !
prières
une psalmodie de l’aube à mon âme
un murmure, noms du Coran
récit, récit oratoire
je ne me souviens plus à l’endroit
ni depuis quand me tiens morcelé
il fait plutôt beau aujourd’hui
même dans le cœur de mes voisins
ce qui n’exclut pas leur violence !
après la tempête vient l’amour
après le soi corrosif
à moi la chaleur
où j’essaierai de me rendre épave
à Isylle et à Rémy.
les yeux du lézard ne voient plus clair
la couleur fade sous le citron
le souvenir de la prime vigueur ronge les os
les soleils des nuits entravées
la personne au téléphone ne veut rien entendre
le regard regagne les girolles d’un panier moisi
le bringuebalant infini baille derrière les paupières
l’épervier n’est plus
on a dit que l’on aimait pas les bébés
et toutes les choses auxquelles tu n’as pas accès
parmi ceux dans les rues qui ont vu senti approché les ténèbres !
privation de ses libertés
quelques fractions
le minimum sur les cloisons de l’esprit
une grotte approchait
les douleurs creusées creusées
la peur de tout raser en désert
de raser les murs
antérieur silence
les infinies impossibilités autour le bruit
introuvable était la phrastique sur le bourdonnement
de qui était cette perle
reviendras-tu, dis… ,
ensorcelé… , – j’étais comme
à l’adolescence
ne m’en sortant plus
de l’effroi
sans cesser de la réguler
l’air devenait lourd – pesant
comme mêlé à l’enfer
oh, quel triste sort !
– oh, revenir à un peu d’oxygène sir l’ingénieur !
l’horizon de mon cœur s’est obscurci
l’espace de ma vie s’est rétracté
l’au-delà résiduel des essences
que je quête
d’ici même et sur les chemins
dans une boîte à huit coins velus
où vais-je ainsi, marqué
qui ne sert en soi comme sésame qu’à se délier
de nos baisers confus1
de nos langues entremêlées
de nos méandres et de la poussière
par mon âme et les coquillages
une danseuse avec qui je partage
le même félin désir ! le même déshabillé !
les ivresses qui susurrent tout bas
les corps exaltés et d’éclats
les corps comme un halo
cela te rappelle les sarcophages
ta peau qui invite à l’outrance
se parcourt comme les aubes blanches
comme le retour d’une érection
sous les draps
de colère et de larmes
qui t’arrachent à ta torpeur
à ton orbite
ton feu
si solaire et limbes
avec tes quelques airs de comédienne !
je croque dans le jus d’une tomate et fraîche
cueilli par ton sel
à Véronique.
cela commençait avec le quart de lune
qui me semblait mystérieuse et arquée
la sérénade des crapauds
une fraicheur retombait si douce
je voyais par chez toi
au-delà de la baie vitrée
les oiseaux dans la lumière de l’ouest
les crépuscules du soir si beaux
à Fanny.
en dépit de ton silence qui m’écorche le sang
l’odeur du jasmin qui me blesse
blesse de mille morsures de serpents
la lune est une amie
le soleil est comme une fête
le jour décline morose
comme les mots que l’on ne peut rattraper
sur mes pays et loin de toi
je suis l’étranger
l’exilé du cœur
je revois par la fenêtre qui apaise mon esprit
le citronnier de l’enfance triste
les lourds portails qui te seront à jamais ouverts
comme me souvenant qu’il n’y a pas si longtemps… ,

au magic pub… 54, 56, 58
comme dans la nef d’une église gothique
une sombre niche au lait froid et de froment
la rue se nomme maréchal joffre
vous y rencontrerez peut-être son apache
à qui manquent une hache et un divin sourire
les habitués s’anesthésient jusqu’à la moelle, verdict :
cette enclave est un tamis qui cache
un arrière fond qui grouille
Lola, Fanfan, Bio… une bande dessinée à eux seuls !
et la content à eux seuls !
entre eux seuls !
à Mounia.
l’ é d u c a t i o n d’ u n e j e u n e f i l l e p o u r l e s t e m p s d’ u n e b e l l e f e m m e
t o n c o e u r p r ê t é c o m m e p o u r s e d é c o u v r i r à s o i – m ê m e
l a d é c h é a n c e d’ u n j e u n e g a r ç o n p o u r l e s t e m p s d’ u n v i e i l l e h o m m e
m o n c o e u r o f f e r t e n p e r l e d’ é m e r a u d e s q u e p e r s o n n e n’ e m p l i t
un cœur qui bat pour toi
et qui brûle
respire
une promesse d’éternité
à présent, je me sens
: expiré.
il ne reste presque rien de ton parfum d’entropie
mon vide intérieur entame ton souvenir
… bien que celui-ci soit consommé
pas de chute, après
indéniablement
il est constamment renouvelé dans son amour !

à Sihem.
je m’assois au bord
d’une banquette démotique
avoisinant des journaux abandonnés et humides
seul, je m’écrase
sur le grand verre automnal
la peuplade d’Afrique tient le cap sur l’Europe
un ciel gris au-delà
de mes lunettes bleues
enduites d’un gras profond qui s’embue
– ils ont des huiles sur le corps
pour leur dernière traversée
de la saison
portée par le nom des jolies fleurs
de l’aurore jusqu’au vert matin
comme une étincelle sous tes yeux
le marathon sacré d’une autre

à Ghiles.
les froufrous de la chandelle sont d’un charme à souhait
vos yeux cernés détruisent la lueur du platane d’orient
ils étaient l’expression vibrée de votre propre solitude qui tombe
comme trois mois de courtisanerie tombent à l’eau

à Chouibe.
elle a fait un sacrifice d’elle-même
pour renaître de nouveau nouvelle
ainsi que cendre qui ne fume pas !
je suis artificiellement le 14 juillet depuis qu’elle m’a quitté
j’étais encore avec cette femme
sous le signe du fennec
de quelle entité est-il question
parlez-moi aussi de vous, parlez parlez… ,
Bordeaux, Juillet 2014.
je t’aimais dès lors
comme une nuée ardente
après tout ce temps
perdu
je partais loin
lancé par ton idéalisation
entre tes garde-fous
: rêvant.
je te voulais avec violence
d’un lien indéfectible
ne sachant pas te voir
autrement !
maux
gorgé
boiteux
filament
sourire
heurté
souvenirs
défunts
2 ) j’arrivais encore à sourire de mes amours défunts, de mes souvenirs parés comme une torsade de cheveux. je ne laissais rien advenir à l’horizon, n’étant désireux que de toi
1 ) une autre vague à l’eau : je ne m’ouvrais jamais à tes volutes sereines de la vie à deux, comme des passagères rencontres qui jouaient des métamorphoses et du morse
derrière nos derniers soirs de bonheur conjugale
qui m’inondaient
je souhaitais me blottir contre toi
je pulvérisais à la place ton parfum sur ma peau
tels étaient les sublimations du poète interdit
et ses renoncements que j’étais !
les montagnes
et
les paysages de ma contrée
me manquent
les arbres
et
les odeurs de mon quartier
me manquent
les maisons et
les visages de mon enfance… ,
mais on ne pleure qu’une personne
à la fois !
huit appels émis // deux conversations en ligne directe // deux appels en absence sur le mobile // deux messages vocaux // deux rendez-vous annulés // dix-neuf minutes de musique d’attente // une lettre reçue
des jours et des heures d’intervalles et d’attente
et aucune autre issue entrevue
qu’avec la mort !
une arrière-grand-mère est partie // une grand-mère est partie // une mère est partie // une grand-tante est partie // une tante est partie // une enfant est partie // une arrière-petit-enfant est partie // une sœur est partie // une cousine est partie // une nièce est partie // une petite-nièce est partie // une arrière-petite-nièce est partie
: ne reste qu’une orpheline !
un arrière-grand-père est parti // un grand-père est parti // un père est parti // un grand-oncle est parti // un oncle est parti // un enfant est parti // un arrière-petit-enfant est parti // un frère est parti // un cousin est parti // un neveu est parti // un petit-neveu est parti // un arrière-petit-neveu est parti
: ne reste qu’un orphelin !
c’est,
c’est promettre !
c’est,
c’est une voix
le moisie
c’est,
c’est peut-être promettre !
c’est,
c’est peut-être une promesse !
c’est,
est une promesse !
c’est,
peut être une promesse !
c’est,
ce n’est pas une voix
le moisie
c’est,
rien avoir avec s’est ces ses sait sais
quoiqu’un quiproquo… ,
je ne sais si c’est l’entrée de la résidence // je ne sais si c’est l’entrée de l’immeuble // je ne sais si c’est l’entrée de l’ascenseur // je ne sais si c’est l’entrée de l’appartement // pour franchir le palier 3 // tous les boucliers sont désactivés // tout confort et portes ouvertes
cependant,
tout mon corps répond non
cependant,
tout éteindre d’une colère
cependant,
tout étouffer d’une montagne de feu
cependant,
tout atteindre des digues
cependant,
tout laisser des plombs… ,
cependant n’est plus mon problème
gueule de chien de traîneau pestiféré comme de la fièvre tête de bidon dans les nuages docte-branleur borgne comme un phallus baveux de limaces veuf de l’amour défectueux à l’emploi bicot de la montagne moisie d’une coque de bateau crottin parfumé à l’ail tordu comme du lierre parasite mort sous la pluie fichu pour un bon papier haïs des orgues et des fées
( qui l’aurait cru ! ).
je me baigne et tu me baises
: salope.
je nettoie et tu rachètes
: salope.
je décape et tu peins
: salope.
je loue et tu me chasses
: salope.
je te protège et tu me blesses
: salope.
corbeau, combo, les hortensias du Congo ont peur !
corbeau – corbeau – corbeau – corbeau
tellement dur de revenir en surface
presto, pesto, pester contre les concertos trop cuits !
presto – presto – presto – presto
l’algérianité ne peut se mouvoir sans les mots
ne pas sombrer – ne pas sombrer – ne pas sombrer – ne pas sombrer
et puis, fichtre !
hémisphère Caïn : sud-caïman !
à Djawhar.
comme les jours qui coulaient
et la nuit fendait
je soufflais le chaud et le froid
comme un courant d’air ! comme un courant stellaire !
la terre était le ciel
et le ciel était de terre
les points cardinaux étaient incommensurables
le sang de ma poitrine nourrissait mille fleurs
et je n’avais rien au-dessus de ma tête
je renouvelais mes engagements envers la vie
il était plus que vital de demeurer pour mes proches
je ne portais rien sur mon cœur
tout était vain et d’ailleurs
je rencontrais Dieu dans un pot de danette
quelque chose passe
quelque chose se passe
je ne sais plus ce que ça dit
je ne sais plus de quoi ça parle
quelque chose sort
quelque chose se sort
je ne sais plus ce que ça veut dire
je ne sais plus si ça veut parler
quelque chose taie
quelque chose se taie
je ne sais plus rien de ça du tout
j’oublie !
Saturé, et ce mot
me tenait compagnie
puisque sur ces pages
Seul… , comme un Vendredi
n’était jamais seul
… , d’ailleurs pourquoi ?

* Inspiré par Les Lettres ordinaires, Adrianna Wallis
j’ai une étrange impression que le présent s’est plié sur mon passé
j’ai une étrange impression que tout va me revenir en pleine figure
j’ai une étrange impression que les déceptions des arts plastiques sont immédiates
j’ai une étrange impression que mes souffrances me rapprochent des tiennes et te font fuir
j’ai une étrange impression de traverser une éternité à ficeler mon cœur
j’ai une étrange impression de me ressortir constamment
j’ai une étrange impression de palper de mes yeux les contours de chaque objet qui m’entoure
j’ai une étrange impression de me contourner toujours de profil
j’ai une étrange impression de ne cesser de grommeler dans mon ombre et que la lumière n’est plus
j’ai une étrange impression de me voir en relief à côté de mon chagrin
j’ai une étrange impression sur l’exactitude de mes comptes depuis qu’elle s’est proposée à compter
j’ai une étrange impression d’une marre au dos du poème qui n’avance pas ni ne recule
j’ai une étrange impression d’avoir une cave sous les palmes
j’ai une étrange impression de me démembrer de me dilater de gonfler !
j’ai une étrange impression que je ne retournerais jamais au pays et m’asseoir au quartier ou sur les toits des maisons
j’ai une étrange impression que je ne me marierais pas avec un burnous blanc sur les épaules
j’ai une étrange impression que je ne sacrifierais plus un mouton le dernier est passé sur ma gorge comme la lame d’un rêve
j’ai une étrange impression de ne pas me voir comme tel et d’évoluer dans un rêve
j’ai une étrange impression que l’envie de récolte des fruits n’est que la caution pour s’acharner et redoubler d’effort
j’ai une étrange impression que je n’arrêterais pas de me mutiler pour des choses insaisissables et impossibles à posséder
j’ai une étrange impression que rien ne m’attend au long-court ce qui me semble ahurissant
à Isylle.
Après-midi d’automne. Après-midi
Sous tes cieux. Sous tes cieux les étoiles ne sont pas moins
brillantes, scintillantes
Brave soul. Une brave Soul, une âme
Après-midi d’été ? Qu’une
On ira cueillir les champignons. On ira à la cueillette des champignons !
viens que l’on se voit
reviens me voir quand tu peux
bien avant que l’on s’oublie
avant que l’on ne se perde de vue
souviens-t’en que l’on s’est
beaucoup aimer
dur de se dire adieu en ce cas
lorsqu’on se sait plus désirer !
et je voudrais dépasser tout ça
et je voudrais autant me rêver en toi
et ce manque en saison infernale
du zombie panda qui creuse des cratères
sur la rétine entière est comme la
surface et moi déborde en dedans je
bêche peut-être qu’il est mort un coup
lorsque la lumière de la pile
s’éteindra un coup et rien de plus
sous la pluie une ombre file un clape
de dents la chaussée est le temps
qui colle aux fêlures de mes pensées
des feuilles je me refuse refuse le néant
de ma négation certains pays savent
servir les morts ou les fêtent
et je les préfère à ma manière
la goutte pour moi le sorcier est
sons d’alcools suinte ailleurs
qu’en des rivières prolongées
les bacs à sable l’odeur de
charogne rats ou chiens crevés
comme dans l’enfance gâtée
et le caca des chats qui remontent
entre mes doigts je pense à chacun
de vous derrière et devant
et n’ai rien compris vraiment
rien qui ne fasse acquisition comme
banque rien qui ne veille où le regard
s’éteint ? ce qui compte est qu’un
poème m’arrache et le jeu des osselets
par la bouche les ligaments qui grincent
sont aussi un coup un coup de gravats
sur le dos d’une bête me revoici
bête et drôle de bête
hommage à Boussarak Fatma.
Aa Bb Cc Dd Ee Ff
Gg Hh Ii Jj Kk Ll
Mm Nn Oo Pp Qq Rr
Ss Tt Uu Vv Ww Xx
Yy Zz
* Titre inspiré d’un poème de Federico Garcia Lorca.
je rase ma barbe
et mâchouille de la poésie
galante
que je ne saurais écrire
et repasse… ,
moi comme le soir étale
comme l’acquéreur de l’unique sachet
qui fait du bruit
de cacahuètes sans sel
déjà bien entamé
entamé
comme ma tête
j’ai dû me plaire hier
et reviens… ,
je me demande d’où arrivent
celles de Madjid
servies chaudes dans des cônes
en papier blanc
et me rêve en coupes japonaises
et je rêve d’une coupe !
à Jean-Baptiste P.
peut on parler d’autres choses
comme lorsqu’on va
vers quelqu’un, un possible miroir
on amarre avec tout
surtout, sa finitude
la mort
je veux voir son ventre
plus rien ne me dit
personne ne peut rien
que je meurs !
je la flaire
y danse avec
avec rien
elle pique le bout
de mon nez
je suis au bout de ma vie
en revanche, ne veux plus
Non
de ces plis
un poème pour moi
pour ces ronces
qu’à la vie on choit
à Rafika.
1/3
sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- il y a des nationales et il y a des routes,- je roule derrière les camions… les 6 les 12 les 36 tonnes,- je prends de la fumée,- je suis au téléphone,- c’est la route,- une déroute,- je ne conduis jamais avec des pantoufles,- ce qu’on appelle se déplacer à l’envie,- l’envie de se décharger,- et si les routes ressemblaient à nos vaines,- fluides et mystérieuses,- on ne tombe jamais sur une autoroute,- les pompiers ramassent nos cervelles
j’essaie un autre mode de temps
je me remets à la patience
sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- je reste alerte aux accidents,- je pense que rien ne peut m’arriver,- tellement alerte que rien ne peut m’arriver,- je vois les arbres poussiéreux qui délimitent la folie des pâturages,- les gens qui attendent le bus,- je prête aux volatiles mes divinations,- un colimaçon,- c’est la route qui nous quitte,- on échappe d’un trou pour se précipiter dans un autre,- je suis ficelé comme une truite,- plutôt une tortue,- je roule comme une radio
je remonte qu’une seule fois
le tarmac qui se déroule sous mes gommes de caoutchoucs
sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- il y a des routes il y a des impasses,- juste essayer lorsqu’on ne peut pas,- je tends les bras à ma déréliction,- un sourire aux lèvres d’un fuyard,- je lui octroie toutes les raisons,- on ne se fie pas à un conducteur,- est-ce que je suis pris dans le filer des panneaux ?,- je suis transporté pour ne rien porter,- une crème verte,- il pleut souvent sur les autoroutes,- j’enclenche l’essuie-glace,- hypnotique,- captivant
le cendrier est plein à craquer
j’ouvre la vitre
2/3
sur la vierge rive avec mon chien,- j’investis le domaine du non-soi,- au diable les fils et les attaches,- momentanément effacé,- j’aurai ma démence ou rien,- je suis absent de moi-même,- interdit de souvenir,- j’aimerais et puis non,- je m’altère sur le sable,- mes narines guettent le drame,- doit-on refaire l’insoutenable ?,- j’arrive à ne plus dominer,- de prendre moins de place que mon domaine,- tout s’émiette pour ne rien laisser,- je perds le miroir des hommes et cela tient
je suis l’autre qui glisse au creux de la vague
forte et belle à recommencer
sur la vierge rive avec mon chien,- je construis une cabane d’allumettes humides,- l’œil furtif et scrute,- présence contaminée,- il ne reste que des pourquoi vagues,- le noir soleil est une couleur,- un sans visage,- l’indien sous prozac,- longue est la traversée avant les signes,- les vents caressent mon visage,- un chien n’obéit qu’à son besoin poitrinaire,- s’il pouvait se laper le crâne,- je m’affadis comme la roche qui garde,- la couronne iodée,- je n’ai pas de cane
j’apprécie les pointes démesurées
comme sa compagnie
sur la vierge rive avec mon chien,- il n’y a plus de chien,- j’ai tout consentie et du laiteux,- cela ne sort pas ou ne dort,- mon cœur est sous cloche,- détérioré et en partance,- j’ai les pieds nus plantés dans le sable,- il y aura toujours de l’eau,- cela dit de mon capharnaüm,- combien d’initiés compte Saint Michel Chef Chef ?,- on a tout recenser dans les livres,- le peuple maudit,- une histoire courte de l’expéditeur,- un cul-de-sac,- les ressacs,- un dessein ne ment jamais,- garderas-tu une trace ?
( toi ma bien-aimée, je reviens au deuil ).
un passage aux toilettes du bar alligator
je recharge le téléphone
3/3
je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- son cœur à la petite cuillère,- je me finis de me recueillir,- je caresse les rêves du vent,- son sommeil léger,- j’ai un petit peu froid,- toute à l’heure j’ai pleuré,- le rêve continu,- son néant parfois me tente,- je n’oublie rien ou presque,- immensément ailleurs,- je soupèse selon le chemin et non les actes,- vertiges inconsommés,- je peux ne pas être drôle,- le renvoie d’images biaisées,- du plein baiser le doute
je me fais de la misère de la rouille
je réitère pour ne plus pêcher
je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- je souhaite m’étendre et modeler mon âme,- son âme occasionnelle,- je parle seul et si seulement je trouvais preneur,- je l’ai laissée pour morte sur la rive miteuse et les bateaux vont au loin,- son cœur pourtant si débordant,- je m’accroche à son air de déjouer les portes,- trancher c’est trancher l’existante,- clairvoyance des mots qui disent peu,- je me détache,- tant de solitaires espèrent de leur solitude,- la radiation
ce n’est pas aimer que d’avoir bon dos
il me suffit de déplaire
je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- vertèbres s’éloignant du port mythique,- la nuit comme le jour je te salue,- je te mets un doigt dans le cul,- je m’évanouis devant les climats,- son corps se régénère fuyant fuyant,- je stationne dans l’impasse des clématites,- je mets le contacte,- l’œil du mal rase mes parois,- j’incarne les peurs d’un poète,- délire de se reconnaître comme tel,- une musique quand il n’est plus question de notes,- mélomane de la fluidité,- comme le sang,- suspect
je me défais sous mes yeux
les souhaits se précisent en amont du flux
balbutiements
loin des mots
au loin en moi
et ressort !
je rends grâce
à Dieu
pour ce mystère
toujours aussi loin !
je souris
les yeux clos
à ton visage
tu me manques
tellement
tellement
ce manque est un présent
heureux
avec les personnes
tout est étroitement drôle
et étrange
j’appelle aux loups
la prochaine fois
que l’une d’elle me pisse dessus
alors je hurle :
Ouuuh !
à Abdelmoula.
le globe est une lune
sœur des nations
derrière son casimir percé
il ébranle
cette lune est en sang
qui se joue
entre
des connivences
une madeleine
la bravache des sept vents
est avec un napperon
blanc !
l’esquisse d’un poète
qui roule
comme ses matins jaunis
comme une empreinte sur le sable de l’eau !
la toux redondante
clôture ce poème
en God
d’une marche silencieuse
je vais sans crainte avec mes mots
incertains !
à Sofiane et à Adlene.
et si je n’étais qu’un désespéré
l’homme brisé au cœur
je ferais des nuits
une rage
mes nuits sont un habille
d’errance
je n’ai aucun maléfice
sur le front
ni sur mes lèvres
et la bonne fortune
je l’espérais
qui ne m’avait dès lors sourit
le monde me retourne
comme une toupie
éméchée
au bout d’une ficelle
éméchée
je redescends
1 ) je retrouve une connaissance, elle vit le grand amour, jeune mariée ! le bonheur des uns me désespère. des autres, à vrai dire, je m’en fiche. un autre, que dire de plus
2 ) on pense nos blessures de récits juxtaposés, on rit de la même distance, d’elle à il ! j’en conclus que l’autre fille aux cheveux noirs est une pute. je reprends ma bicyclette
et vois cet animal
complétement atomique
dans le froid
affamé
au bout d’une corde
et qui m’interpelle
du fond sans fond de nos abîmes
j’imagine que la corde peut être
celle d’une guitare
de flamenco
avec ses airs oubliés
le vivant infuse un peu chaque jour
et tous les jours à venir
à Ziad.
dans un taxi
soir de la Saint-Sylvestre
et me retrouve seul
me sens infiniment seul
et je pleure
je pleure nos liens fragiles
mes héros évanouis
l’absurdité de ma vie d’exilé
j’ai dîné à peine à bout de force
entouré
des bouées de sauvetage
une nuit d’été
en visite aux jasmins
et me retrouve sur le dossier d’un banc
à peine quatorze saignées
je regarde les voitures et les passants
qui passent en eux-mêmes
j’éprouve une déchirure
et me retourne comme un assassin
j’attends quelqu’un qui me fera
peut-être rêver
Hydra, comme hier
évènements parallèles que je traverse
et un sentiment mêlé
à une lettre
postée
sous les plis de mes yeux
et que j’invoque
dans les rues
où j’hésite
et vois le ciel
dans une flaque d’eau
un arbre sous la pluie
un oiseau sous l’arbre
de l’herbe sous la nuque
de l’oiseau qui dort
j’emplis
j’emplis
mon oreiller de cailloux
comme un étang
by
solitaire
vais
crevé
nuages
que tout en dedans
des enfants et
l’horizon
je
passe sa
hauteur
le pointe
dans la tête
des danses
passe
la ville
une voie
directe
je ne sais
là
avant
les lumières
la nuit
sans nuances
un grain
qu’ils disent et
j’oublie
me fend
ça sauve
deux nymphettes même
si je
j’entends
leurs âmes les
annonces
correspondances
au revoir
pontife est
magnifique
limpide
une eau pour
rentrer
où
pendent
les toiles
d’araignées
s’allument
suivies
d’eux
à Wassim.
on avait une vue depuis mon collège
du haut des cinq étages de notre bâtiment
que l’on montaient en éléments sauvages
souvent pour se rendre en classe
d’où on contemplait le changement de la lumière
et des saisons sur la tête des arbres
pendant les heures silencieuses de réécriture
retentissaient parfois des sirènes au loin
on se voyait presque dans une grande capitale
ou l’un des films jaunis de Martin S.
la classe était blanche de crasse avec de larges baies vitrées
assis à la dernière table de la dernière rangée
là, je rêvais peut-être d’une place
ton nombril
est loin
l’eau jaillit des coteaux
circonférence
limbique
( une langue que tu ne partages pas, réessayes ! ).
ton nombril
est loin
de tes seins
l’eau jaillit des coteaux
circonférence limbique
( oh, que tu respires ! ).
qu’est-ce un poète,
n’est il pas un homme
presque comme n’importe qui
ou pas tout à fait le même
sinon presquement
maladroitement ?
( tu l’inscris sur ton passeport, santé ! ).
tes seins
de ton nombril
sont éloignés
comme par un champs de coton
où de ton ventre curve jaillit
l’eau des coteaux
circonférence limbique
toujours aussi caverneux et si loin de toi
et en sueurs !
à Bruno.
un homme est censé porter des vêtements qui font environ 50g et plus
on n’a pas le droit de se dévêtir dans la rue
il est capable cependant de soulever une charge de 492kg
la norme NF X35-109, poids maximum à porter pour un manutentionnaire est de 3kg à 30kg
le poids de mon cadi vide est d’environ 4kg, et rempli, je ne sais pas !
on devrait signaler le poids des livres sur les livres
pour les liseuses numériques ils le font
une rame de papier fait environ 3kg pour 500 feuilles
je n’ai jamais pesé mon livre préféré
à Samira N.
solitaire il est certain que je vais
crevé lorsque rien ne tient nuages
que tout cascade tout séquence en dedans
des enfants autour des innocents et
l’horizon en est pollué et sont beaux je
passe je vois un poteau sa forme sa
hauteur sa couleur pour finir le pointe
dans la tête des corps et des
danses inconnus je passe
la ville a ses coïncidences une voie
directe en état un état dans l’état je ne
sais jamais mais c’est vrai j’ai habité là
avant si belles soient elles les lumières
la nuit sont courbes sans nuances
un grain qu’ils disent un pont qu’ils
disent la vie réelle d’autrefois qu’ils disent et
j’oublie et je ravale ce qui me fend
ça sauve peut-être un homme !
deux nymphettes à l’arrière du bus même
si je crois que tout est dit j’entends
leurs âmes chuchoter entre les
annonces des arrêts : correspondances
directions déviations, etc. merci au revoir
pontife que je descends le ciel est
magnifique d’un éclat bouleversant limpide
une eau sous laquelle je chemine pour
rentrer au milieu des allées où
pendent fraichement les toiles
d’araignées les lampadaires s’allument
suivies des oiseaux c’est bien pour eux
à Samira N.
pourquoi ? statique
en essayant d’élargir le vide
non moins violent
la vie rend parfois obscur
comme la vie peut être sublime
je n’ai pas peur du vide
où le mal de tout est à la dérive
sur le sang lactescent
d’un amour intense et de feu
il revient l’espoir fou d’une rive
et vierge de présence
comme une barque mire au loin
dans ce plus qu’un rêve
un jardin où l’univers se consume
de la même peur
au doute sans expression
et chanté : tu t’en vas, même si de travers ?
que j’exaspère
l’-amie-s’-éloigne-au-ralenti-me-laissant-là-les-bras-ballants
l’-amie-s’-éloigne-au-ralenti-me-laissant-là-les-bras-ballants

à Thinhinane.
le rêve d’une île que je n’aurais peut-être jamais
un havre de paix à moi seul pour y évoluer
où poussent des plantes rares et vertes
et où l’eau coule comme d’un système d’arrosage
où des blanches colombes volent par instants
au-dessus du sol craquelé
le paysage qui fourmille de bruits et d’étincelles
qui happe jusqu’au bout de sons pulsés
et là des formes et je caresserais…

à Achour.
peu à peu… ,
je décroche, me dédommage
est-ce là le réel
bagatelle
ici
et à jamais ouaté
la peur d’aboutir au cloaque
s’obscurcie
« … que tu as froid,
face à moi-même ! »
je veille sur mon inconditionnel
le frappe tête
ici
je reprends un éternel
parmi les cahiers
une carte bleue de la terre sur le ciel
transfigurée
te souviens tu des soldats de plomb sur les étagères ?
tu en as trahi plus d’un
sans doute tous
sous la poussière engloutis
à petit feu léger
je décroche, me distille
il appartient à qui ce pouvoir
ce buvoir aux oiseaux, enchanteur
que je danse
1 ) derrière les murs de mon collège, il y avait un champ, en pente douce. je faisais mon karaté de rue, de la bêtise. c’était là-bas que je perdais mes repères sociaux
2 ) j’allais à la relecture de mes souvenirs, et partais… , – une voix dans le poste radio : le besoin de partir, donne l’envie de rester. ceci est plus ancré que jamais
elle s’est fermée
quoi donc ? la porte sans rideaux
d’où le passage du daemon
et des anges
en ce jour peut-être une conquête
et partir en présence

il y a ces maisons d’ardoises sous le pluie
et des lilas qui longent les abords de ton quartier
il y a tes félines oreilles attentives à la chanson
et tes petits doigts rouges et humides
qui démêlent les écouteurs
avant que nos corps chauds bougent
que l’on partage nos larmes
de brume et de silence
sous le ciel de nos joies et de nos peines
il y a la froideur de nos baisers d’adieu
et je vois tes bras maigres s’évanouir
comme un enfant qui apprend à mentir
je hume tes cheveux une dernière fois
qui me sortent d’un sous-sol comme de la pervenche
au fond d’abîme au fond de noir
à Amine.
pour le fils
et par les rues
il y a naître
en peu de jours
et revivre
avec l’inconsolable
éternité
des anges
douleur qui s’éloigne
je passe par les atroces écritures
et redécouvre !
comme un quelconque tenancier de bordel
bel et bien dans l’aventure
tu es belle à n’en plus s’y tenir, brune me dis-je ! sans donner corps à tous tes signaux, je me penche pour t’embrasser, comme dans les séries télévisés du 14 juillet
nous vivrons heureux
dans le manoir
noir, ô ma totale !
je te laisse mon numéro, celui de ma mutuelle : 01 … , tu as sur quoi écrire ? à cet instant, tu tiens ma vie sur une feuille de papier hygiénique. c’est là, comme une promesse
nous vivrons en dessous
de la nervure
du monde, ô mon idéal !
étourdi sur le perron des vierges, je m’en suis allé avec ma plus belle des révérences pour saluer cette séfarade. les sirènes de l’orchestre de Bordeaux me suivaient de près
nous vivrons ma foi
sur le perchoir
froid, ô ma folie d’amour !
je me sens canonisé
heureux comme
by
écran tropical
sur les méandres brûlés
de longues pirogues
moiteur… ,
j’appelle à l’onde d’une pirogue
bleuit d’exotisme
sur le fleuve
un pagailleur dans les zones
de la part d’ombre
Le chant général
comme une aurore à venir
à l’âge idéal
le haïku engage une brèche
*
dans le bus
deux mains au chapelet fuyant
une pissoir à l’arrêt
dimanche aprém
où se posent les silencieuses
de la poussière
l’ici pour un ailleurs
recouvert de draps blancs
vandalisme ! *
demi lune
là où apparaît un clou
j’enfonce le clou
haïkus d’une âme à une âme, cardinaux… ,
* inspiré de Peuples de pierre, de Denis Monfleur
*
l’enfant s’interroge
ses yeux rivés sur la mosquée
une balle en main
swift de la main
le long de la chaise blanche
jet sur la pelouse
doux soir d’automne
entre les branches de bouleaux
la lune bien sûr
devant une porte
raccordée au ciel étoilé
le Bourg s’anime
Renga, poésie en collaboration
*
Bashô, goûte s’y une !
en fermant les yeux
sur ton jardin de brume
par la vitre
un chat derrière la fenêtre
le même délire
fin de la saison
sur la peau sept points de suture
au Croissant Rouge
par les chemins
une révolution
sur la ville cloisonnée
concerné, sans engagement : marteau, clou, aïe – aïe !
*
fragrance
un filet cotonneux
me perce
me promener
et sourire au jardin
des fleurs
le receveur
se remet en état hideux
sur des golfes*
la haute-ville
un virage dont les pigeons
n’avancent pas
* inspiré du Bateau ivre
*
tu t’endors
sur du papier déroulé
apprenant le bois
une piqûre
avec ma langue
s’il le fallait
jusqu’à demain
que je meurs pour ce soir
lundi !
.
.
.
à Mustapha.
lorsque je parle
du temps qu’il fait
ou d’un rêve… ,
je ne me sens jamais
au grand jamais en boucle
le ciel sur la terre
parmi les possibles
il y est déjà
en ouvrant grand
mes doigts
tant de choses à réorganiser
tant d’autres à prévoir
et la certitude
que je ne verrai
le tour
il est vrai… ,
que c’est dur
de m’arracher un mot
mes soit disant délires
sont hachés dans ma tête
est-ce que j’arrive au bout
de mon voyage
effrayé que je suis par
ce que je fais
de la version finale
au fond… ,
j’ai glissé, un accident
simplement
: destructeur – régulateur – nettoyeur !
dans mes poésies
1 ) sur la façade de la gare, il y a bien une Gare, et une horloge, et une affiche ! une circonférence avec 4 couleurs : noir et rouge au-dessus, blanc et bleu en dessous.
2 ) dans les rues, au centre où tout converge, aucun n’a de l’attrait pour les uns et les autres, tous sont braqués, nul ne me parle, je parle à tous. je suis là, je passe.
trop tard
trop tard
trop tard
trop tard
trop tard
je me pâme ailleurs de certaines proses
aussi longues qu’un long vers éclaté !
le temps d’une nuit sur le fleuve
un banc de mouettes
rejouent les constellations
de l’enfant qui ment
obstinément
à l’intérieur de son gilet
il tâte sur son chemin
une marre noire
qui reflète une chasse
ailée
les générateurs au loin
électrisent l’été
et son chœur poème
qui renaît de ses cendres
entre ses dents
à Anne D.
ma main sur ton épaule
et marcher et parler et rêver haut
dès l’aube… ,
c’est peut-être toi c’est peut-être moi
comme des moulins arc-en-ciel
pour enfants
je ne sais avec toi
toi mon creux
de quel côté se trouve la vie
de quel bord on se lance
par dessus ce pont, ça serait lugubre, non ?
peut-être… ,
par dessous l’été sous l’été
sous les arbres
douce sera ta salive
sur mon visage
doux seront tes mots
à mes oreilles qui grattent
ça se passe ailleurs
sous nos yeux
ce gong
à toi
et
à moi aussi : bonjour !
ah, Dieu qu’hier est déjà un rêve
cela n’arrive aussi qu’avec toi que je te remercie
demandez à mon frère s’il se rappelle de la fable des œufs de poule et d’un divorce ? et dites-lui que c’est fini, il n’y aura plus d’œufs. cependant, … et où sont ses intérêts ?
dites-lui que s’il ne peut rien ici-bas, qu’il ne s’aventure en rien, qu’il tue son ego et ses désirs, qu’il met ceci sur le compte de la culture, que c’est générationnel, mystique
mon frère noir de notre époque, comme moi, est un homme, quelques restes de miasmes concernant nos noirs pères, encore que des préjugés, sous la crible du temps
dites-lui qu’il ne boit pas de tous les puits, même épuisé, combien même sans d’autres choix, – Nous faisons la culture de demain : fichtre diantre ! qu’ils disent
c’est au moment du retour au pays abandonné et ravagé par son ignorance, que le frère, le noir, l’homme qui ne se voit pas comme tel, s’aperçoit qu’il aime, non pas qu’il a aimé
dites-lui que je crois qu’il trouvera une issue, pour le bien de tous ! comme je l’espère pour lui. à ce frère à la tête noire, je parle en moi : Faite qu’il n’y ait plus de fourberies
mon frère, cet enfant, ce déserteur perdu sur la terre sainte ! pour qui, ils ont brouillé tout horizon d’une vie à part, fixé ses rêves à une réalité qui n’est pas la sienne
dites-lui que le poète fait commerce de ses dons, qu’il est sans couleur, qu’il goûte à une eau sucrée où qu’il atterrie et ne ressent jamais la hantise des cloisons de l’esprit
à Narimane.
il y avait à l’aube un appel à la prière
et un pressentiment de la corde
tous les fidèles remontaient leurs djellabas
de leurs deux mains trempées
cette fois-ci pour qu’il pleuve
je me baladais au sein des sons primitifs
ma gorge dénouée comme tous les vendredis
parmi les fous rires bénis de Dieu
sous mes doigts du ciel se répétait
le noir des cliquetis du téléphone
et j’attendais la tonalité ou j’aurai eu à marcher !
quelques nuages rouges au-dessus s’agglutinaient
elle n’avait pas répondu à mes silences
et ne m’avait plus jamais répondu
sur quoique ce soit
à Marie.
elle arrache des cornes blanches
pendues à ses cheveux
elle s’assoit sur un banc en bois
pour confectionner un pont
aussi long… ,
et long que le Nil !
cela arrive peut-être trop tard !
elle semble sensible à la caresse du vent
minime soit-il
elle a les manières d’une étrangère
qui ne se fréquente pas
aussi sèche… ,
et sèche qu’un fruit sec !
le déshonneur la magnifie en son cœur qui la surplombe !
ça date
de la semaine
écoulée
peut-être
le début de celle-ci
je n’ai pas aimé
la drôle de façon
avec laquelle j’ai pris
du fromage
d’un rayon
de supermarché
à ce niveau déjà 12 vers
une micro – iliade
il ne manque plus qu’un dieu
une aura
et une guerre
sinon tout ça se termine
autour des assiettes
où l’on peut
à loisir rire
sinon de quoi
au juste ?
Tu reproduis des gestes
que tu remarquais à peine
sur les mains dociles
tu reproduis des silences
remplis de présences
que les gestes
n’emplissent pas
tu reproduis
ce qui ne se fixe pas
ALBA ROSA. Samira Negrouche.
Traduit par Marilyne Hacker.
tends la main au bouquet
lancinant
la lune est d’ailleurs
et sans bruit
accrochée à la chair
de l’escalier
une future aube
sur le cœur
le couloir de la vieillesse
s’arpente
à pas de géants !
une soirée de l’aïd el-fitr
te voit partir
les pluies lavent la terre
parfumée
comme dans le Coran
jusqu’à la nuit des temps
te rejoint
l’intraçable terminaison
de l’oncle
qui à jamais offre
le noir soleil
te tient un faune
en lieu
la migraine d’une carpe
l’ombre d’un nuage au-dessus d’un prophète
une stèle sur une terre
à part
un nuage
un nuage, un nuage… , – dominus vobiscum !
à Lounis.
j’arrive devant le Consulat de Bordeaux, huit heures et quart, y dépose ma demande avant d’aller m’assoir tremblant en face des fenêtres qui sont ouvertes
le premier cependant à être entrer et les espaces, les ressortissants qui affluent, me semble comme des arènes. le rythme des guichets en verre est particulier
d’où parvient un vortex
j’y rêve dedans à Slimane A. à ses chansons que l’envie de cloper remonte !
j’y rêve dedans à Yacine K. à ses écrits comme un goût, du roc, de l’archivage !
j’y rêve dedans à l’exil, subi ou selon qu’un rien me retourne le ventre !
il me faut croire encore qu’il reste un peu de moi, socialement appréciable, pas un homme complétement ravagé. je crois que je couve quelque chose… , le roussi ?
je fais les cent pas et des enfants observent et se chamaillent, ils consentent à cette atmosphère si particulière qu’est la bureaucratie algérienne, et dehors
il pleut et fait frais
il suffit parfois qu’une maison des voi –
sins ou qu’une personne replonge dans le noir
pour que je les salue certain des o –
deurs et je regrette toujours mes silences
avec les inconnus croisés au ha –
sard mes rondes qu’il me revient cette tê –
te étrange retenir mes reins rete –
nir le frein relus d’un arbre à ja –
mais ne feuillent sur de la terre en mal
du pays si mal pour si peu qui dure
ravage les oiseaux ont compris ce bref
coup d’œil de hache ce voile ainsi qu’un
silence ils me l’ont un peu écrasé
sur laissé et s’observent ces sacrés
oiseaux de feu et volent et se donnent ils
m’ont laissé là entre mes blancs et le
noir le ciel gris préféré de là-bas
point de rupture prolongé et mes a –
ssèchement de glandes qu’ils neigent en
de récents souvenirs au large par –
tout et tant que ça archaïque pourquoi ?
à Fanny.
à l’aube ta bouche à l’est
je te désire de tout mon soûl
tu atterries derrière les vitres bleues du TGV
j’octroie un don d’amour à l’univers
imprégné de toi
je brûle et me noie sur le sol
comme on tend vers des amours en carrousel !
seule la solitude offre un concours
au paysage intérieur et son double
que mes masques rient
je sors avec une roulée de tabac sur mes lèvres
qui brûlent autant que ton dernier baiser d’adieu
devant le distributeur de films
toujours avec un petit pincement au cœur
hier est l’éternelle note
frag/ /ou reve/ êtr – e /de
/ments /nir /en /la
iso/ /à /cou fenê
/lés /mes tout – en – cou /tre
/les lec/ /et /j – e
trans/ /tur – es /une têt – e /ne relè
/cender /un homm – e /ve
/dans pen/ /au /qu – e
/ma réa/ /ché bor/ /la lum
/lité tour/ /de l’ /ière
j – e /né /eau /hie – r
/ne tour/ /rie – n /si c’/
/vai – s /nant /qu’ /est hie – r
/plus o – ù /ver – s /un /passai
/j – e sui/ /la /meur/ /ent
/s /pros – e /tr – e /les
app/ vira/ assi/ /nou
/elé /ge /milé /velles
/r – a – t – é /un enfan – t /e – t /le /ven – t
/bor – du
/re
lisi – è
/res… ,
/ne
/revien
/t
/pas
même si tu disais le jour, la méditerranée et la poussière,
et te souvenir d’une langue que tu parlais autrefois ?
Aylan aurait joué aux puzzles !
–
;
.
.
–
.
–
.
;
–
vous avez un crédit, remplissez les espaces vides laissés à cet effet…
sans guide
pèlerin
esclandre
te tète
te rejoint lacéré
cran
cran
cran
en dessous
où se cachent tes yeux
sur l’écran
de la matière fictive
au cœur
des des sonorités
désarçonné
de gauche à droite
t’es là
et entre
comme une ombre
défilée
une saleté
pêlemêle
index
d’un haut
annexé
se pose un jardin
d’essai
t’y promener
avec ou sans
ton sang
survolté
électrique
cela te redonne
te rend un sourire
léger
à Raouf.
Etions-nous nés pour la gangue ?
Etions-nous nés, doigts cassés, pour donner
toute une vie à un mauvais problème
à je ne sais quoi pour je ne sais qui
à un je ne sais qui pour un je ne sais quoi
toujours vers plus de froid ?
Suffit ! Ici on ne chante pas
Tu n’auras pas ma voix, grande voix
Tu n’auras pas ma voix, grande voix
Tu t’en passeras grande voix
Toi aussi tu passeras
Tu passeras, grande voix.
Epreuves, Exorcismes. Henri Michaux.
il envisage de s’installer en hauteur dans une cabane comme un loup / il envisage de s’installer en hauteur dans une cabane comme un loup
il se baigne comble
vissé
conte-moi l’encore vivre
de congruité
vivre est
comme un espoir de vivre
vivre
sur la sellette
drôle de vivre
que de vivre en migrateur
au seuil
… , et ses imperfections
qu’il haït
de ne frôler le sol
là est son unique directive
un homme endormi est une grave erreur
à moitié sur le lit
avec ses rêves
et ses cauchemars emmêlés
les toits sont quelque part dans le bleu
les paysages : on s’engraisse les yeux du familier !
une mélodie du terme
chaque grain chaque son
claque une lettre
une invite
vivre est
comme un aller en toute allure
où est son daemon il a lui parler
où est son daemon il a lui parler
il estrade avec ses peaux
tant bien que mal les mortes
et les régénérées
dans l’étrange
noir
de l’extra univers
ôtez le capuchon !
l’adresse
il n’a pas grandi
et n’entend rien, à l’inverse de ceux qui veulent
il veut prendre du bon temps avec des femmes pas très jolies, pas très futées non plus / il veut prendre du bon temps avec des femmes pas très jolies, pas très futées non plus
il a consommé l’amour
il a trouvé
vivre
beau comme se faire saisir la queue
vivre
comme de surplus
il revit
après plusieurs vies
pulsées
sans s’en soucier
où le tour
… , et étrange
étranger du vivre
de vivre
fini, fin d’un scénario
on n’a pas fini
de se recoudre
le cœur
malgré tous
les départs dans de longs trains
les langues : on débarque sur de longues nuits !
le nous, la boue
accoutumance : brièvetés !
ainsi ne plus se soumettre aux grandes personnes
ou se courber
vivre
ou finir, c’est selon le dire
même s’il pense que la fin l’apprivoise
même s’il pense que la fin l’apprivoise
la fin
une fin, une page qui se tourne
un trappeur-peur !
si ce n’est une bête féroce
un organe de fumée
notre
drôle de fin
la fin comme pour les imbéciles et les renégats
il vivra
mille ans, son sperme
je ne me rappellerais jamais de ce groove
tu peux le traduire et le chanter quand et où te plaira !
à Christelle B.
certains poètes contemporains m’ont tout simplement décapsulé.
Bon appétit
Enjoy your meal
Bonne lecture
Buon appetito
Bon visionnage
Guten Appetit
Bonne écoute
Bom apetite
Bonne pêche
Buen provecho
Al Hamdoulillah
Eet smakelijk
Bonne et prospére année !
Tiré d’une poche.
comme des répliques
une autre apparue
moi-même à la merci d’une autre
comme une rudesse sereine
sous un certain regard
une voix de mes dires
comme le commun des mortels
ainsi vont les vieux loups et les fous !
rien qu’une femme toute à l’heure
une grimace
( la beauté de tes fières seins sous les lueurs d’un feu ! ).
angoisse
fumant
flâneur
je jette mon vibrant amour au milieu des vents
ainsi qu’un habille, simplement s’effeuiller !
à Rabah.
ô baleine
qui s’endort à l’aune
de ses os d’eau
n’ouvre pas tes yeux
tu verras la mort
qui t’avalera
pour toujours pour toujours
nous nous souviendrons de la baie
de ta nature
qui est
comme tout finira pour tout
ou recommencera comme un ailleurs stellaire
un éclair t’illuminera
te percera de part en part
et surtout prends
avec toi tes palmes bleues