l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie

  • Deux voisins se saluent jusqu’à l’un des deux meurt

    à Joël.

    voix qui tombe

    voix multiple

    être qui ? … , s’endormira

    avec qu’une

    et restera à jamais incomplet

    voix chaude

    voix anéantissant

    ( quoique nasillarde ! ).

    voix qui barbouille

    voix clapotant

    être quoi ? … , se réalisera

    où les demeures arides seront une promesse

    ainsi ira partiellement la vie sur terre

    voix pleine

    voix de surface

    je suis de l’orage

    au point de tous mes départs

  • Aller caput

    elle ne s’est pas présentée

    je l’ai suivie jusqu’à son petit lit

    ivre

    un vaisseau ivre

    ( ballant dans un kfc… ! ).

    il ne s’est rien passé

    sinon, la nuit

    au matin, drôle de chapeau à poils

    quoique encore ivre !

    je ne l’ai pas aimé

    belle, j’ai passé trois soirs chez ses parents

    je me bats en ce moment contre l’oublie

    seulement en ce moment ?

  • Avril

    alors que sur cette terre

    qui m’est tendre

    aux saveurs de miel

    avec des revers et des pics

    et ses scintillements

    mes difficultés ont une couleur de miel

    me frôlent de toutes parts

    changent

    et pèsent sur la balance

    de l’oubli

    si je devais comme poser une pierre

    ou les suivre les compter

    à chaque envie d’en finir

    qui se ravalent sous l’innommé

    de mes souvenirs

    non plus d’historique

    ni de ligne

    en m’envoyant promener

    m’envoyant percher percher !

    comme sous un arbre qui ne feuille jamais

    j’aime m’y voir au crépuscule

    en quelques façons filé

    et que je raccorde

    raccordé

    aux amers douceurs passées avec celles à venir !

    je crois jeûner

    qu’en est-il de la Sœur-branche ?

  • Haleine

    partir

    martyr

    art

    si ça ne tient qu’à la lettre O

    comme mort

    et s’y engouffrer

    s’y reposer les yeux reposés

    souris

    crochets

    murées murées

    longtemps fou-endormi

    pour se rappeler

    du frisson

    d’un poitrinaire

    repris par une main

    le robinet fuit

    suivant les carreaux

    comme rien sous la dent

    qui ne justifie le passé

    ni le pardon

    je traine sans nom

    n’ayant plus confiance en mes mots

  • Vents contraires

    tu invoques… ,

    par ta présence, déjà senti

    la caresse, – l’intuition d’un vent nouveau

    tourbillons de particules

    qui retombent !

    tu tâtes l’air, la haie

    hormis celle qui tombe, – celle qui te tâte ?

    derrière la vitre

    lorsque tu sombres

    tes yeux, dernières douceurs

    tu en oublies

    hors ton frein, ton cloître

    va, tes poignés

    non sans odeur

    … , va !

  • Pourquoi je dis parfois ?

    il m’est parfois difficile de me souvenir d’un visage comme du jour et de la date comme d’un anniversaire comme d’un rendez-vous quelconque comme d’un itinéraire comme d’un air en marchant

    il m’est parfois difficile de reconnaitre mes erreurs mes tares mes lâchetés comme la voix d’un poète ou celle d’un traducteur comme un arbre en automne comme de me reconnaitre

    il m’est parfois difficile de me fixer une heure de réveil comme en eunuque sur une chaise en osier comme sur un travail à exécuter sans délai comme sur un programme de lecture que trop restreint

    il m’est parfois difficile de continuer à me survivre à me triturer à mourir à moi-même comme d’errer à perpétuité comme de prier la qibla de la page comme de m’abstenir du jeu obstinément

    il m’est parfois difficile de digérer les horreurs et la misère jusqu’à l’os comme mon insatiabilité des images aucunement dans le but d’une accumulation mes repas étants frugales ronronnés

    il m’est parfois difficile de rester lorsqu’il n’y a plus personne comme dans l’attente d’un signe comme sans nouvelles de l’aimée comme sans entrevoir la sortie du labyrinthe comme à l’étranger

    il m’est parfois difficile de respirer tout court comme de l’encens un parfum un mensonge comme de souffler sur les braises ou sur les fleurs de pissenlit peu avalées comme lorsque je balance

    il m’est parfois difficile de retenir quelqu’un qui part comme une méditation un rêve une envie de ma vessie comme le titre d’un roman mal lu comme de me contenir à foncer le trait

    il m’est parfois difficile de prendre les évènements comme tel comme ce qui résulte de la marge comme mes souhaits pour accomplis jamais convaincu de mes moments de lucidité de fuite

    il m’est parfois difficile de lever le voile un pli un sceau comme de me lever en m’apercevant que le ciel sera filé ou terrifiant comme hier il y a dix ans comme de me rehausser à hauteur des mots

  • Jusqu’au foin

    Epigraphe de Il y aura toujours des oiseaux

    Marchand d’absolu

    Tu ne prêches pas dans le désert

    Tu es, toi-même, le désert.

    ( Contre les dévots ).

    Emmanuel Moses

    la poésie

    c’est lorsqu’on a faim

    de mots

    de corps

    de vivre

    si le poète pouvait quelque chose

    il n’écrirait que les œuvres des autres

    *

    il n’y a pas de route pour le non-doute !

    il n’y a pas de route sans aucun doute !

    *

    comme quand j’étais enfant

    je toc parfois ma tête

    pour m’assurer

    qu’elle est encore

    vide et

    invraisemblablement : elle est fêlée

    *

    on ne sait pas si c’est un remède comme une magie noire

    on ne sait pas si c’est une nécessité comme des lépreux

    *

    je suis un ange et me voilà en démon – démon tout frais

    je suis un démon et me revoilà en ange tout chaud

    *

    je vois le ciel. petit, je suis !

    je vois le ciel. croyant, je suis !

    je vous le ciel. poète, je suis !

    *

    le temps de la révélation est comme des spasmes

    les temps d’écriture sont comme une dilatation du temps

    *

    moi, je voudrais prendre des bateaux

    moi, je voudrais monter aux arbres

    moi, je voudrais la revoir dans ce petit cœur

    *

    on aura tout contrefait

    on aura tout falsifier

    *

     ruisselle vite la neige qui n’est pas saisonnière

    la patience des feuilles d’arbre qui s’effacent du sol

    prends garde à ces instants fatidiques de tous les départs

    *

    j’ai espéré mon retour plus fort que tout

    j’ai maudit mon retour la raison de tout

    *

    l’ombre des mots

    le grain d’ombre qui siffle la raison

    comme on colmate les imperfections

    *

    la poésie

    c’est lorsqu’on est ailleurs

    pour les amoureux

    pour les fous

    pour les promeneurs

    sur ces entrefaites : le poète

    est le non-être absolu

  • Le point du blanc aux murs

    je ne sais depuis quelle occasion on prend des nouvelles de quelqu’un au passage, – que tu passes ! je ne t’y invite pas, ici et nulle part ailleurs. au fond, qui t’en voudrait ?

    longtemps j’étais disponible

    longtemps j’étais joignable, – allez au diable !

    que l’on me laisse descendre à ras

    que l’on m’oublie

    je ne parle à présent qu’au Seigneur, – c’est vrai, il y a aussi l’artisanat ! je prends le temps de démêler, même si de travers. la poussière comme de son silence sont un baume

    je ne veux plus entendre personne

    je ne veux plus attendre quiconque, – les sornettes ça suffit !

    que l’on dise un fou

    que l’on dise un terni

    je m’aperçois qu’un mot est un membre, un interlocuteur, un grain enseveli sous les vagues d’ombre, – j’accepte ! je ne crains que l’adresse à celui-ci, furtif à moi-même, célestement

    c’est de la tombe que surgit ma colère

    la tombe est mon havre

  • Éclair filé

    j’adorais les expressions de ton visage comme un petit soleil agréable ses traits exprimaient la Bretagne me rappelaient les fleuves et les rivières que je ne visiterais sans doute jamais

    j’adorais glaner avec toi les après-midi relâches tu étais mon tout mon ailleurs tu étais ma maison où reposait la poussière de l’oubli l’amitié que tu me témoignais était si forte

    j’adorais ton côté spectaculaire semblable aux héroïnes de Wagner et ton penchant pour la désobéissance une qualité qui s’accomplissait souvent chez toi par les feux du cœur

    j’adorais fumer une cigarette avec toi et sentir le goût au beurre de karité sur mes lèvres comme quand on partageait les quarts de pommes au petit-matin où tu étais avenante câline

    j’adorais les moments de joies partagées et ta bonne humeur j’adorais t’aimer j’adorais avoir froid à tes côtés et trembler je te retrouvais tout le temps même sur le rouge des coquelicots

    j’adorais lorsque tu secouais les draps pour la nuit et qu’un parfum se diffusait dans la pièce je te regardais longuement silencieux tu incarnais la vie à la française et son humour

    j’adorais ton caractère tes mouvements de louve intraduisibles j’aimerais revoir le soleil du midi en ta présence et ton corps fiévreux une toundra et son herbe aurait pu se peindre en bleu

    j’adorais recevoir tes chaudes lèvres partout sur moi et me perdre dans tes yeux en toi en tes rêves me redorer la peau avec comme un lézard sous ton ciel clair et calme

    j’adorais serrer tes petits seins rouges et tes fesses d’ardoises cela me renvoyait si loin si loin aux bancs de l’école et surtout entendre tes insondables soupirs tes mots de tous les jours

    j’adorais les nuits constellées de solitude tu revenais dans mes plus profondes pensées tu ne faisais jamais rien que les traverser comme on traverserait des terres chaudes et désolées !

  • Le jour où je parlais oiseau

    le jour où je parlais oiseau rien n’annonçait les crépuscules les visites de connaissances les étoiles et le sacrifice de l’immonde bête qui se douchait au jasmin qui se douchait

    le jour où je parlais oiseau tout était à refaire et beau ! et mort ! sans la faim comme ils disaient de ma nécessité à assouvir les choses et des disparus auxquels je faisais des œufs

    le jour où je parlais oiseau… , en fait je répondais en oiseau c’était l’autre versant jamais compris ou entendu auparavant ce n’était pas un jour ordinaire providentiel c’était comme un gour

    le jour où je parlais oiseau je régulais la circulation des corps des courants jusqu’à celle de mes veines de mes deux royaumes d’exil qui chutaient chuchotaient leurs saccades

    le jour où je parlais oiseau vaquant je bivouaquais ! c’était l’été – c’était le ramadan – c’était la fête – c’était parfois le banquet ! je redescendais de tant d’imperfections d’érotisme

    le jour où je parlais oiseau je marchais je me voyais marcher comme voir partager la solitude du Prophète et ses versets comme dur d’interpréter un songe lorsqu’il présageait le pire

    le jour où je parlais oiseau je prosotais… , Piou – Piou ! j’étais en riant de la nudité même de l’idiot de l’extravagant les journaux traduisaient le petit moineau dans mon cœur

    le jour où je parlais oiseau je portais des ailes d’un dieu qu’ils disaient alors d’un ange ? peut-être d’hermès ? l’une s’était cassée en trouant les plafonds avec l’appel d’un muezzine

    le jour où je parlais oiseau je basculais de mon radeau en tractant des continents avec la magie du ciel des mines de forages et l’électrique monde changeait de banc

    le jour où je parlais oiseau comme un anneau ou un indien je dansais autour des planètes de plantes sans la honte de l’homme debout et étranger à tout autre musique

    le jour où je parlais oiseau en pleine clarté de midi je goûtais de biscuits et de capsules de café violet je me retrouvais au pied de mon arbre un abricotier ibn al-baytar

    j’étais hors des radars

    lorsque je parlais oiseau

  • Coulée

    ça monte

    ça monte – classe – range – dépoussière

    la coulée de signes

    ça s’affaire – ça affiche – s’acclimate

    joue de la crevaison

    ça feinte

    palpe le culminant – la note

    retouche – sous-pèse le trop

    fonce – force – avance à l’arrière !

    ondule autours

    ça revient – tourne – corrige

    danse d’un cran de sureté

    danse pour une danse

    ça lance – ça projette – ça passe

    en tableaux inentamés

    tape des doigts à l’usure – tape contre

    s’arque

    ça monte – colorie

    ça enfle – jubile

    ça rit une fois à l’été

    ça s’allonge les bras – ça noircit

    récits tranchés en leur milieu

    en leur endurance

    ça fossilise – cartographie – numérise – ça répertorie

    paupières lourdes – paupières lourdes

    il faudrait en tombant

    que tu tombes

  • La voix du colporteur redescend

    à Billal.

    les nuages comme de la cendre

    comme des moulures

    d’une main embouchée

    de peintre

    un refuge au soir

    les montagnes de kabylie qui dévalent

    les bleus oliviers et le jasmin

    parmi les maisons au loin éparpillées

    de terre cuite

    ocres

    et de plumes d’oies !

    comme se promener sur une légère mollesse

    sur la nuit et ses vibrations

    dans une brise fileuse

    la mort dans les parages – une rature

    un gisement de pierres

    et talismans

    les rivières coulent sous les phalanges

    sous les tombes retrouvées

    je perds la route du chercheur d’or moulé dans le grave de l’aurore

    tout n’est qu’un jeu avec la sphère

  • Crocs d’un loup

    à Rafik.

    j’assemblais de mes doigts quelque part

    comme tendre vers l’ensemble

    l’ailleurs d’un commandement : vert.

    mon cœur lasse m’accablait

    je me recentrais

    sous l’ombre d’un muret

    soyons pour nous

    soyons insaisissables comme les vents

    comme les longs hurlements !

    ne reconnaissant qu’une version de l’enfer sur terre

    la peur de plaire

    je connaissais de par le sang

  • Rien qu’un arbre !

    j’espérais m’approcher d’un arbre dans l’autre monde

    un arbre peut-être ondoyant ou de feu

    qui serait inconsommable et ne se consumerait jamais

    je n’aurais pas le désir d’eaux limpides ou de Styx

    ni m’enraciner dans de la terre

    les vents seulement me berceraient et me suffiraient

    je serais à l’écart des animaux de toutes espèces

    même les volatiles et les insectes

    parce qu’ils chieraient trop !

    tu les aimais et ton imaginaire figurait des Saules

    un arbre puisque je m’effeuillerais dans celui-ci

    comme ce long automne sans toi

  • Une ballade au parc


    Je le sais bien… ,

    La pire des choses serais que je sois amoureux
    La pire des choses est que je veux attendre un peu

    La pire des choses… ,
    Juste la fin du monde. Jean Luc Lagarce

    tes cheveux sur ton épaule

    sous les derniers rayons de soleil

    parmi quelques oiseaux…

    c’était si beau

    c’était si beau

    un après-midi d’été

    toi et moi sur une pelouse

    oui, parfumée, bien verte !

    comme

    une pelote de laine

    inoubliables étaient tes rires

    où j’en étais :

    quand

    est-ce qu’est

    prévu

    ton retour, dis-tu ?

    et rien n’est aussi beau pour toi

    que je ne peux t’offrir

    je te chantais encore pour moi

    je te chantais en mon cœur

  • Poème de l’attente

    si bref – si bref – si bref

    une annonce

    et moi

    les vents caressent les branches nues

    tendre à l’endroit – puis le vent

    par là la musique

    par là les portes battantes

    de si loin à l’envie

    nous traversions cuits

    sauts d’obstacles sans obstacles !

    il viendra – il viendra

    avec une clé

    ses paupières en bois

    c’est dimanche et il y a de la vie dehors

    comme pour ceux qui font leur promenade

  • Articulations

    on aura

    on aurait on aurait pas

    fini une page

    un poème pour poème

    avant avant que – ni quoi ni qu’est-ce

    finir une page

    sans que l’autre main

    ne la tourne ne la retourne

    comme pour moi-même de même

    faites vite – à outrance

    bien que tout passera bien que tout passe

    par les canaux

    de l’esprit

    qui ne saurait pas

    tirer après – tirer hors les tombes !

  • Flip

    j’envisage ce commentaire

    une intrusion

    plutôt je réfléchis

    à un envoi

    à son comment

    quoique je ne vais

    pas et

    pas

    le rédiger ni le mener à son achèvement

    en matière de cancre

    en suspens

    comme un appât ou …

    un mot sur l’inconvénient de se faire élire

    de l’impasse de s’é – lire

    pour l’instant d’après

    m’en mordre

    les doigts

    tant presque rien

    n’est dit

    : ça ne vous ressemble pas ! vous le faite, pourtant ! je ne comprends pas, et ce texte ! je pense donc vous comprendre, qu’il en est autre, sûrement… ,

  • Verve

    je tiens au mot

    : verve.

    je me plains en mon cœur

    aux trois horizons

    insoupçonnés

    dès lors

    étonnant, il ne se passe presque rien. je continue de rincer la vaisselle, avec

    cette eau que j’espère retrouver un jour

    c’était un repas sans musique

    de la fumée sans feu, – là, je salive

    comme chercher le creux

    sur une page

    un Page

    pareil, pas si longtemps

    salir c’est évoluer avec

    refusant de m’aventurer au centre, je me suis vue debout. sur une baie

    derrière mon dos derrière mon dos… , un Coupépoème

    effritement

    où de la chaleur

    condensée

    inexorable

    cendres

    de gris

    ciels

    tropique

    inféré

    nous ne reverrons plus, mon tendre amour

    plus jamais le jour plus jamais le jour

  • Os : Fais-moi un cartilage

    Debout. De. Nous deux. Un arret

    Impossible d’en faire le tour

    Je ne sais pas comment l’appeler. Un visage

    Vaut mieux ne pas y entrer

    La beauté. Ton grain. Tonalités grises

    Un plat. Pont De La Maye. Midi et 15 min

    Personne ne me siphone, ne me… ,

    le ciel

    une aile

    l’étreinte d’un ange

    un ciel

    une griffe

    l’emprise d’un démon

    du ciel

    une dent

    la danse du corbeau et de la colombe

    j’évite les prières enfiévrées

    lorsque le tréfonds démembre

  • Peut être ample

    et sinon tu me perdras sur un cagot

    de fruits ou les fluorescents

    poissonsviscères baignent

    pour des nuits émoussées comme

    un bruit plutôt plus vague un

    frémissement d’air

    comme une pause de la pluie

    entre tes mains on prenait

    une navette hibou sourd sous

    la pesanteur derrière un mur

    d’angle une rue où il y a

    une maison crème quelques individus

    d’arbres il n’y a toujours rien

    de mal à écrire un poème

    serré un lien continu

    la fois où je faisais foinaïve peut-être

    une tenue de moi à toi d’attendre

    pourquoi je ne parlais plus même d’une

    autre époque qu’il fait encore froid

    dans ma sombre cabine

    insensiblement pas méchant

    ainsi en ses feintes

  • Trouver un ton juste

    la voix m’émeut

    sortie de l’ombre brune

    tremblante

    peut-être rêvée

    je crois soulager

    lorsque je chante – sous ou près de mes yeux

    ma voix qui m’émeut chez la boulangère

    exit de l’ombre brune

    comme sortante et dedans

    le timbre tremblant

    soulagé à perpétuité

    lorsque je chante

    ils disent ailleurs une boulange

    attablés pour certains

    si seulement je ne croyais pas à la révolution

    en sa première métamorphose

  • Étoiles, ma rose dépression

    à Amel.

    mon affection tend vers les étoiles les moins scintillantes – ou pas du

    tout – selon les nuits – particulièrement à celles qui me briquent par

    surprise – comme par éclats – d’où une infinité accable

    avant que tout ne retombe…

    *

    je n’entends rien aux planètes – à quoi bon j’ai envie de dire – pourtant

    j’en ai pour votre culs – vous êtes fous – à quand est la prochaine – l’enfilade

    suivante – il ne me faut pas avoir peur lorsque j’invoque Dieu !

    le greffier de la lune lève sa voix

    *

    beaucoup de retraités – d’enseignants : versent dans la poésie plus que

    les dimanches – moi, j’ai pointé à toutes mes défaites – diaboliquement

    magistralement – fichtrement – j’empreinte d’erreur en erreur

    des masques et me mue dedans

    *

    du jamais vue, à ne rien comprendre – qu’est-ce qu’on a à foutre

    que je bois ma semence – ou mon urine, franchement – que je fasse

    d’un voisin mon repas de pierres – que je bouffe nu mon vomis

    sous la table des dieux

    *

    rien que le fait de les regarder – je voyage – comme me sentir en confiance

    celle qu’ont les anciens en la lune païenne – rien n’est à boire et ça me parle

    puisque – en outre je le dis – c’est à dire que je ne parle en rien

    exemple aimer par un livre

    *

    de grignoter de la cire – le fou désir de chier dans Garonne comme

    en Méditerranée durant mon enfance – même sans y parvenir – faire

    mes ablutions avec de la pisse à l’aube un vendredi – que j’encule doublement

    les étoiles et danse avec le quart de lune

    *

    c’est dur de s’ancrer à la terre – à son corps – il faut se nourrir et

    déféquer – et gagner en humilité – il faut pourchasser et tuer – les

    ingrats dans son cœur beaucoup – il faut se branler ou baiser

    à l’inverse non pas pour s’élever

    *

    lorsque je bande – avant de les avoir séduis avec de la musique

    et des figures – qu’est-ce qu’on a à fichtre – j’incarne le sorcier

    et me touche en écoutant du chaâbi – éclairé par la lumière d’une bougie

    depuis mes écrans derrière un draps

    *

    je ne sais comment m’arracher à leur influence – un temps, j’étais

    embarqué dans l’astrologie – je ne suis à présent attentif qu’aux

    éruptions – des perspectives – de la curiosité – les éprouvant, oui

    y en a qui les tatouent sur leurs peaux !

    *

    en vapotant et en buvant un thé -qu’est-ce qu’on a à battre de voir

    mon dæmon – à la façon de Socrate – de lui parler seul – que le diable

    m’emporte selon certains souhaits – que j’hallucine devant le cercle

    de téléchargement d’un mail

    *

    reclus dans la forêt de ma mémoire qui flanche – où jeune écervelé

    en fermant mes yeux – je joue à l’aveugle – me déplaçant en la maison

    noire – curieux – façon d’imitation – la vie de ma psyché – rendue aveugle

    à la réalité de ce monde

    *

    comme ne véhiculant que des pensées – un poison – qui me sont

    étrangers – que je distille dans mes conversations – loin de l’impression

    de me perdre – c’est-à-dire déjà perdu – loin des mots que je rédige

    en dessous de mon gosier

    *

    j’y vois des trous noirs et n’approche pas – il m’arrive de croire que je sois

    connecté à la Nasa – et ne pas hésité de brandir le point face à la Mecque

    pourquoi même les barjots me rejettent – j’ai déféqué dans mon froc dans

    un espace public et un doigt surtout d’honneur vers l’ouest

    *

    parfois si trouble à moi-même – à mon entourage et leurs réticences

    je crois que je fais mal – comment s’y résoudre – quel drôle d’

    isolement – est-il préférable de dire non lorsqu’ils sont autour

    que de rependre oui au tout, seul ?

    *

    j’en ai rien à cirer de porter un casque antibruits de chantier – de brûler

    la moitié de la ligne de vie d’un être cher – le début pour qu’il oubli – de

    souiller mes vêtements – de mordre la poussière de mes meubles – de vivre

    comme un rat un chien un sanglier une vache un âne dirigeant un bestiaire

    *

    comme les vents et les montagnes bougent – l’oiseau de ma poitrine

    a reprit ses chants – incompréhensibles – après une longue traversée

    désert – mirage enchantée – j’y arrive boiteux – métaphysiquement

    l’en finir avec l’amour

    *

    ils s’interchangent – un glissement – c’est-à-dire une fois sur

    deux – cela m’apaise et abolit la distance – j’ai vu durant des soirs

    clairs le visage de l’aimée – des poètes dans le ciel – aux cœurs battants

    déterrés pour la plupart

    *

    j’aurais aimé – sans préférence – que vous me preniez encore par

    la main – sans aller – oui, je vois vos sales pensées – de si loin et

    de travers – au fond, dans ce no man’s land – où vous m’avez

    contraint outre ça !

    *

    mes pays ont ratés leur tournant – universel – personne l’ai cru avec

    l’avalanche lumineuse de morts – dévaler autrui importe peu – qu’il

    m’habite – un monde d’abomination – médiocrité – de qui tenir

    de ce global vendu à prix réduit

    *

    et si je déteste ma vie celle-ci sera un gâchi – n’ayant plus rien à perdre

    surtout de publier – d’être reconnu – toute honte bue – de mes visions

    de voir… ,

    et j’espère rentrer à la maison

    *

    sur les chemins – on appel à l’aide – personne n’y répond tout

    à fait – peut-être, une femme – que l’on viole à moitié et humilie – sans

    savoir vraiment pourquoi – mais si – pour de l’aide – confusément

    ou comment chasser le féminin !

    *

    je dis est-ce vous qui convoquerez mon âme – quel poème répondra à sa

    lumière – j’attends d’avantage de mes lectures – qu’est-ce qu’elles

    se transmettent ? tant pis pour ce qui me restera voilé –

    avant que tout ne retombe…

    *

    ce n’est sans doute plus que les résidus d’un poème – à cette heure, restons

    il me semble que les astres – au-delà de leurs influances – o les astres

    ont les âmes d’un éclat pourpre – habillées – à tout petit prix – sécheresse

    les multitudes d’organes

  • Il fallait bien

    je regardais ma main

    entre mes doigts une roulée

    comme vers sa fin

    refermant mes paupières – sombre tombe

    le noir, trous

    l’opacité blanche autour

    ma tête me paraissait

    énorme

    comme hors de son orbite

    ici, ou là : ça siffle ça bourdonne – à suie

    me vient le mot enfer

    j’ai peur

    peur

    peur

    peur

    surpiquée

    j’oubliais le mot chouette dans une conversation

    j’oubliais le 3 de février ( rien ici-bas n’est éternel, les chiffres ? ).

    je ne voyais personne personne n’est rien

    je parlais très peu

    lorsque cela était permis

    les yeux, tout

    1 ) je demandais mon chemin : bonjour – vous savez où se trouve un distributeur, celui à côté est en panne ? merci. je croyais ne jamais plus me retrouver à cet endroit

    2 ) j’entrais ( très beau le mot entrer ! ). dans un supermarché : bonsoir – pardon – par carte s’il vous plait. – merci et au revoir.

    jusqu’où pouvait-elle s’enraciner

    au désert

    entre les blancs

    dans mes silences ?

    je n’étais jamais nulle part avec la musique

    nulle part était de tous mes instants

  • Longtemps, trop longtemps

    vapeurs

    et demies lunes

    fissure – parlant du lierre

    par où ?

    temps de poux

    de l’enfant

    à la septième marche

    jusqu’au sang

    les genoux

    tête contre tête

    inaccoutumées

    l’étrangeté de sa nuit

    la proximité d’une chaleur

    que l’on tait – taira

    que l’on contourne

    derrière des mots

    les mots d’autrui

    sous des couvertures plissées plissées

  • Comme si

    il y a dans le ciel

    en rupture

    des points rouges

    s’élève une eau mélangée

    mal contée

    rare

    et de l’herbe simple

    parmi les ombres violacées

    qui s’étirent

    le reste peut suivre

    un état que l’on sait

    traversé

    en flottant

    il y a dans le ciel

    des bordures – des canaux

    et des points

    en argents

    les étoiles y descendent

    elles longent ainsi qu’un secours

    la nuit et le jour

    le jour et la nuit – surtout les nuits !

    d’une même entrée

    un panneau de la mairie vient

    on croit y tenir fixe

    le tout autour

    son nom est de poids.

    comme au bout du chemin.

    sous une peau.

  • Invertébrés

    les sourires – une bouche

    l’eau arrose mes pieds nus

    assentiment

    un portail qui se referme

    l’arrière pays d’un été

    *

    fifti – fifti : des sardines

    me focalise sur une poche noire

    préméditation

    long parapet entre toi et moi

    cœur salé du soleil couchant

    *

    à deux ~ le soleil rallonge nos pas

    d’inégale distance

    un arrêt qui prend ~ des roulis

    frottements

    entre les montagnes

    *

    les virages perchés ~ une source

    la portière s’ouvre d’un râle

    un ami pose sa main sur ma nuque

    comme du vomi

    comme le gouffre d’un parfum

    *

    renversé lorsque je pars ~ mêlée sous les parasols

    intentions nubiles

    continûment

    une apeurée graisse les angles

    qu’est-ce qu’il y a plus loin ?

    *

    la beauté du crépuscule ~ un port récent

    me voici d’une appréhension

    à l’horizon un jeune oursin

    dans sa main – une fourche

    pérennement

    *

    un train pour chaque partir ~ vient la saison

    une silhouette sur le quai 3

    me sourit – une dribble

    antérieurement

    trois cris dans la baie et la pinède

    *

    le retour sur l’île ~ un corps parachuté

    atmosphériquement

    une envie d’outre-bleu – plafond

    elle évite mon regard

    depuis le guet

    *

    au pied du miroir un miroir ~ un soleil bossu

    de l’autre le berceau

    rien ne m’aura vieilli autant – d’os ou une lame

    retournement

    indices des corps en maillots

    *

    quart de la vitre ouvert ~ bruyamment

    tous sur la faune brûlées

    cils salés sur mes paumes

    un mot qu’ils échangent – lointains

    l’ombre de l’habitacle et un jour

    *

    thé et chansons ~ bivouac renversé

    chichement

    le vent effleure les peaux – tes bras déliés

    rien qu’autour des silences

    à la cendre grise

    *

    l’ombre houle ~ un chien me suit

    infiniment

    une cabane ensablée – le grain

    tu m’embrasses dès l’à côté

    résistance de l’asphalte

  • Tout ce qu’on ne devrait pas faire

    grands-pères – vous n’étiez pas seulement un territoire

    vous étiez aussi d’autres résiliences 

    grands-mères – vous n’étiez pas seulement une gâterie

    vous étiez aussi d’autres présences

    père – vous n’étiez pas seulement un quiproquo

    vous étiez aussi d’autres contenances

    mère – vous n’étiez pas seulement une nervure

    vous étiez aussi d’autres anses 

    oncles – vous n’étiez pas seulement un phare 

    vous étiez aussi d’autres partances

    tantes – vous n’étiez pas seulement une mimique

    vous étiez aussi d’autres exigences

    frères – vous n’étiez pas seulement un sourire

    vous étiez aussi d’autres permanences

    sœurs – vous n’étiez pas seulement une chance 

    vous étiez aussi d’autres confiances

    cousins – vous n’étiez pas seulement un roseau

    vous étiez aussi d’autres évidences

    cousines – vous n’étiez pas seulement une danse

    vous étiez aussi d’autres influences

    épouses – vous n’étiez pas seulement une traîne

    vous étiez aussi d’autres délivrances

    beaux-pères – vous n’étiez pas seulement un silence

    vous étiez aussi d’autres outrecuidances

    belles-mères – vous n’étiez pas seulement une doublure

    vous étiez aussi d’autres mouvances

    beaux-frères – vous n’étiez pas seulement un tandem

    vous étiez aussi d’autres alliances  

    belles-sœurs – vous n’étiez pas seulement une promesse

    vous étiez aussi d’autres révérences

    neveux – vous n’étiez pas seulement un gage

    vous étiez aussi d’autres abîmes d’où découle la connivence

    nièces – vous n’étiez pas seulement une caution

    vous étiez aussi d’autres chaos d’où jaillit l’urgence

    ( je regrette de ne pas vous avoir connus ! ).

     

  • il se tient debout au carrefour avec une cigarette sur ses lèvres et un téléphone entre ses mains 

    je suis : 👇 je crois : 👈 je pense : 👉 je sol : 👆 point : ✊️

    je suis : 👇 je reste : 👈 je pars : 👉 je trace : 👆 point : ✊️

    je suis : 👇 je bleuis : 👈 je cuis : 👉 je fuis : 👆 point : ✊️

  • Go fast

    à Rochdi.

    Quelque chose est là

    Pas loin, à côté.

    Qui voudra m’ouvrir

    Cette porte ? Qui voudra ?

    L’enfant-jazz. Mohammed Dib.

    des poèmes

    personne ne les veut lire

    que faire ?

    si personne n’en veut

    qui en voudra ?

    des des des

    poèmes

    personne ne les veut

    que faire ?

    quoi faire quoi faire quoi faire quoi faire quoi faire

    pourquoi faire – pourquoi s’en faire – pourquoi pas ? à quoi bon

    des poèmes des poèmes des poè…

    personne n’en veut

    personne personne personne vraiment personne

    quoi ou que ? rien à faire

    des poèmes que personne ne veut

    de la gangrène

    dé dé dé dé dé dé … éme – aime

    personne ne les veut

    rien

    des poèmes que personne ne veut ! – oui.

    quoi faire ?

    personne n’en revient

    ni ne rappel

    des poèmes

    personne ne les veut

    quoi espérer ou que faire ?

  • Sur une feuille d’écolier

    pour Meissa.

    le concept n’était pas, pour qui veut bien y réfléchir, un ennemi du poème, seulement sa porte d’entrée et non, évidemment, son aboutissement. Yves Bonnefoy.

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  • Tout code

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    tiré d’un ancien téléphone le 25/06/2017.

  • Bruitages

    une femme de 70 ans est adressée aux urgences pour un syndrome confusionnel isolé, sans notion de chute ou de traumatisme crânien

    de ses antécédents, on retient : une hypertension artérielle traitée depuis 10 ans par amlodipine (amlor) (10 mg/j) et un syndrome dépressif traité par paroxétine (deroxat) (20 mg/j)

    les constantes sont les suivantes : pa=145/75 mmhg, fc=90/min, fr=20/min, température=37,2°c

    il n’y a pas de signe d’insuffisance cardiaque, d’œdème, de signe de localisation neurologique

    les données biologiques sont : natrémie=120 mmol/l

    kaliémie=4 mmol/l

    protides=62 g/l

    créatinine 102 mmol/l

    hématocrite 45%, glycémie=7 mmol/l

    calcémie=2,34 mmol/l

    reprendre les fables

    aller dans la bib’iothéque

    relire les livres antérieurs

    peut-être…

    tiré de facebook le 21/06/2018.

  • Ticket de commande

    nom prénom : Ilan

    f 146 / vente à emporter 105

    ( 50029 ) employer : thibault

    date transaction : 18/03/2018

    numéro caisse : 14601. temps transaction : 22:20


    qté désignation montant cb en prod


    1 classic 2 p oriental ?? ; ??

    1 hd vanille caramel brownie ?? ; ??

    1 coca cola 1,5 l ?? ; ??


    total ( euro ) : ?? ; ??

    code tva % tva base tva montant tva lig

    b ?? ; ??

    f ?? ; ??

    http://www.pizzahut.fr

    tel : 05 56 30 10 40

    * burdigalia corp sarl capital 25 000 *

    rcs bordeaux 513 110 320 ape 5610 c *


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    conditions en magasin

    pizzahutemonavis.com ( votre code 2424 )

  • Sur un ancien téléphone

    • sur la messagerie :

    a : ah / a / à / alors / au / avec / aussi

    z : zone / za / zal / zèro / zoom / zen / zones / zoè

    e : euro / et / en / elle / est / est-ce / encore / enfin / ensuite

    r : recherche / rue / re / rien / rk5061167990fr / rabi / retour / réponse / ré

    t : toujours / tu / tout / très / tiens / tous / toi / ton

    y : yeux / ya / yeselmek / yakhi / yahia / yaourt / yves / yahoo

    u : une / un / utiliser / uniquement / utilisation / utilisez / utile / utilisé

    i : idée / illusions / il / incha’allah / ils / ici / informations / intéressant / internet / impossible

    o : on / ok / oui / ouais / ou / oh / ont / œuf

    p : prends / pour / pas / par / plus / pourquoi / pouvez / peut / peux

    q : quand / que / qui / quoi / qu’il / quel / qu’est-ce / quelle / queue

    s : son / si / salut / sinon / suite / sur / salam / super / sans / sang

    d : dernier / de / dans / donc / des / d’accord / dis / depuis / du / dû / dire

    f : fichier / faire / faut / fait / fais / finalement / fois / fin / fou

    g : gros / ghiles / grand / grâce / genre / google / gaz / gestion / geste

    h : hier /hahah / hamdouli’allah / hello / ha / histoire / heureusement / hills

    j : je / j’ai / j’espère / juste / j’aime / j’avais / j’en / j’attends

    k : kif / kif-kif / khoya / kateb / kafka / khir

    l : la / le / les / lasure / lol / lui / lors / losque / lola

    m : merci / moi / mais / mon / ma / me / maintenant / même / m’aime

    w : week-ends / web / windows / william

    x : xi / xml / xylophages / xénon / xperia / xénophobie / xérès / xénophobe

    c : ça / c’est / ce / comme / comment / coucou / celia / cela / cette

    v : voilà / vous / voici / voir / votre / veuillez / vraiment / vu

    b : bien / bonne / bon / bisous / bonsoir / bah / bref / bœuf

    n : nous / non / ne / n’hésitez / n’est / normalement / notre / n’ai / nez

    /// belfort l’évocation oxycoupage de la broderie odorante en béton ///

    • sur la barre de recherche google :

    a : amazone / arbre tremble / airbnb

    z : zalando / zara begles

    e : erilia / edf / eccp. poste dz / euro de football féminin

    r : restaurant couscous saint michel / restaurant couscous begles / rosée des roches / ryanair

    t : tabac villenave d’ornon / traduction

    y : youtube / yahoo ! / yahou mail / yves rocher

    u : ups / un grand droit / une demi lune / ubb / ukraine / ugc talence / umbrella academy / uber / uber eats / undiz

    i : impot. gouv / itérer / infuse def / ikea

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    d : dois-je répondre / date de l’aid en kebir / date de l’aid el kebir algèrie / doctolib

    f : fnac bordeaux / facebook / fedex suivi /

    g : guichet automatique / garde fou définition en français / glotte def / google traduction

    h : heure de prière à bordeaux / hôpital pellegrin / hôpital villenave d’ornon / hotmail

    j : jcex suivi colis / jeux méditerranées de 2020 / jean sénac / jardiland / johnny depp / jurassic world : le monde d’après / joseph quinn / jean-jacques goldman / james caan / jennyfer

    k : kiabi / deno / nick kyrgios / kfc / kahoot / kayak / kebab / sakina karchaoui / koh-lanta / kim kardashian

    l : liane 11 / livre groupe de jazz 2014 / le bon coin

    m : météo bordeaux / magasin fourniture d’art bordeaux / météo tizi-ouzou

    w : wilaya tizi-ouzou contact / tournoi de wimbledon / wejdene / wimbeldon

    x : xiaomi / xbox séries x / xavier depont de ligonnès / xxl album / xbox / xanax / xiaomi redmi note 10 / équipe de france de rugby à xv / xavier domerque

    c : cas covid fr / cas covid alg / cdiscount

    v : villenave d’ornon / victoire de la musique / vélo tachyon 2.0 / vinted / volotea / viasmichelin / vacances scolaires / vertbaudet / veepee / variole

    b : ballotage / badoo / bémol def / boulanger

    n : nathalie azoulai / nœud définition / numéros anep éditeur / nike

  • Colonne latérale d’un site de rencontre

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  • Se rabattre sur la ligne d’urgence

    il ne pleuvait plus

    sur mes blancs tombeaux

    les essuie-glaces étaient en stand bye

    par intermittence

    elle conduisait silencieuse et somnolente

    le jour aussi

    elle n’était qu’à moitié là

    un véhicule d’une trajectoire opposée

    parfois plein phare

    radiographiait l’habitacle poussiéreux

    sur une route ouverte, largement ouverte

    on n’évaluait plus les distances

    seul l’éloignement du point d’escale à soi

  • Rendez-vous du soir

    n’étant pas moins qu’une fleur

    le rite et l’étoffe

    l’étincelle

    fleur sans nom

    fleur d’un autre nom

    l’asile d’un même mouvement

    qu’elle relie

    avec un sourire

    elle répond au nom de fleur

    qui s’élance

    lumineuse par ses greffes

    toujours se brisant

    sur un cœur qui trace et brave

  • De la journée

    je parle à une jeune fille qui joue au bandit et à la police sur une pelouse sillonnée, sillonnée… , préférés aux sirènes de pompiers

    je réouvre une fenêtre, – referme une fenêtre

    de la fenêtre un don

    des prémices

    je repose une assiette, – relave une assiette

    l’assiette est rangée dans le conduit

    des cafouilleurs

    vents d’un soleil – soleils de l’horizon / nuages d’un ciel – cieux … , Kilimandjaro / étoiles de la terre – terre de mes aïeux / fourmis que l’on écrase, – fourmis dans leur jus

    je redescends les stores, – remonte les stores

    sur les stores une araignée écrasée

    une bouillie !

    au plein d’araignées qui tissent des linceuls

    je réponds merci !

    la folie de tes eaux qui font des folies, quand les produira-t-on ?

    allongé sur le lit repensant aux fourmis de la jeune fille

    à qui j’ai encore souri

  • Oud

    appelle de tes vœux l’orient

    sous les palmes

    conjure

    les cornes et les vents

    de tes doigts de sable

    la parole tiendra de la source

    parmi le gravat

    une roche

    au jour tu t’éveilles

    hâlé

  • Un cœur aux repas

    tu es là où tu n’es pas

    tu es ma présence fragile et mon ailleurs

    je ne résolus pas tout

    j’ai vécu très tôt avec toi

    très vite !

    très fort !

    je marche cependant sur tes pas

    pour ne plus marcher

    privé de liens

  • Bruissements

    s’infiltre par la serrure de la porte et des fenêtres

    l’aube aux clartés essentielles

    le chat ne joue jamais seul

    ses yeux étoilés bruissent par un saut

    tout s’invite à ma demeure 

    en cette heure de l’éveil

    l’attention portée à la circulation des oiseaux

    : l’astre, l’instinct du chien qui remue !

    l’odeur de café sur le feu mitonnant

    les intimités d’un cœur étrange et drôle

    l’appel du vendeur ambulant

    du jour et de l’adresse

  • En homme

    je m’attends dans un avenir incertain

    je m’attends dans un endroit indéfini

    je m’attends moi-même

    je ne pars pas et ne reviens pas

    je ne m’endors pas et ne m’éveille pas

    je n’inspire pas et n’insuffle pas

    je me fais peur et ne crains rien

    je m’appelle et ne réponds de rien

    je mens et ne me mens en rien

    je funambule entre les mots

    comme se mouvoir, chercher plus loin, savoir dire au revoir

  • Murs blancs

    il me parvient de la musique qui se noie dans les gosiers

    après tout on n’aimerait pas danser

    je joue avec les murs blancs

    et le cauchemar des morts et des vivants qui se versent

    comme un gouffre colportant un entre deux

    une allumette dans un tas de foin, sous peu le brasier

    je n’ai pas pris le temps des corps apaisés

    négligeant le potentiel d’érotisme de l’univers

    les brefs moments qui découlent dangereusement

    d’où émane une substance l’… le mot s’est détaché !

    on aurait souri avec quelqu’un d’un peu voyou

    quelqu’un qui brûle de regrets

  • Hagard

    le jour s’endort

    un peu moins dans la décrépitude

    j’apaise le flux du sang

    les rives où je me retrouve ne sont pas miennes

    comme ce jour-là : divin !

    je ne l’ai pas observé dans mes souvenirs

    ne croyant plus à l’immuable ici-bas

    je regrette un ciel perdu qui bavait sous la pluie

    je regrette aussi pour Noūh

    et un tas de sièges

    ( je lui dois comme toi qui lis ! ).

    suffit-il de croire, – tu as beau t’affairer ?

    à bordeaux, c’est l’après le déluge qui prédomine

    j’invente des chapiteaux

    où je sacre tous mes repentirs et infidélités

    est-ce que c’est le son d’une cloche

    son astre tinte le fond

    au soir d’une sordide réaffirmation

    je dîne seul au kfc

  • L’homme derrière un rideau

    la nuit que tu entends à peine

    à peine… !

    tu ne dois pas attrister ton cœur

    à tous les niveaux

    j’aime tizi-ouzou.

    Tizi-Ouiza !

    elle a la douce voix du clapotis des eaux

    comme une perle

    la nuit que tu entends à peine

    elle t’attend

  • Oh, la cigarette que l’on fume !

    une cigarette se consume

    entre mes doigts une cigarette

    se fume elle s’appelle Rym

    elle est longue et fine rime

    souvent avec spleen

    comme les vieilles accros

    qui viennent des indes

    je m’en brûle une deuxième

    j’ai besoin de nicotine qui calme

    mes nerfs la braise rouge est

    une musique plus ancienne

    elle a son style les non-initiés 

    lui prodigue des paroles vaines

    les non-initiés la voit d’un œil

    en friche peut-être des rivales… , oh

    la cigarette que l’on fume !

    je succombe sous ses lignes

    blondes à toute heure de la nuit

    et du jour je me lève pour des

    bouffées de tabac blanc rien que

    nous deux sur mes lèvres elle

    dit stop sans vergogne à mes

    colères elle dit stop à mes doutes

    sur l’irrationalité du monde en

    bouse de vache industrielle ou encore

    à rouler je souffle sur ses pas

    clinquants de bourse

    par douzaine ou par paquet souple

    bien rangé c’est toujours un plaisir

    et sans regret que je la fume

    d’ailleurs Rym a une prose… ,

  • Feuillet troué

    à Anne D.

    et si de ce monde autocratique et obtus

    je répondais par un autre rêve

    je reste sans activité spécifique

    l’autarcie me fait bander longtemps

    et si j’éprouve le besoin de comprendre

    seul l’aride parmi toutes les vérités m’est nécessaire

    lorsqu’on est consacré à la vindicte sans secours

    rêve, rêve, rêve… aux lassitudes du mur de brique !

    et si nos illusions renouvellent les découvertes 

    j’ai grandi avec le vin des vignes et je m’appartiens

    je crains fort les glottes de l’idéalisation erronée

    ceux qui lancent : toute tentative est collatérale !

    et si nos échecs soulèvent de futurs espérances

    ce n’est pas innocent que l’anarchique ordre régnera en maitre

    le rêve commun n’est plus sans le concours de l’amitié

    l’horripilant est dans le clos de nos coquilles

  • Comme un au revoir, comme une ombre

    fini l’éternel

    de l’ombre obscure

    sais-tu d’orgueil

    que les astres sont sûrs

    la tristesse est immense

    et tu es petit

    plus le désir de vivre

    d’après ta tête rabougrie

    et certains ébats du soir

    crochètent tes guenilles

    alors au revoir

    à tes senteurs de vanille

  • Frise

    elle entrait dans le poème

    irradiait l’allée

    de ses chevilles ornées

    un matin d’un dimanche

    sous l’orage

    ( elle était jolie celle qui traversait

    crevant les yeux qui inondaient l’allée… ! ).

    elle coursait les brides de son poème

    les blancs rêves d’une mésange

    les trous dans un cœur

    comme une lune emplie

    d’un manque

    ( elle était jolie celle qui traversait

    crevant les yeux qui inondaient l’allée… ! ).

    rien n’est aussi charnier qu’un regard d’une passante

    peut-être, à regret

  • Une collusion

    une collusion

    l’endurer

    juste un après…

    sans bruit

    s’éclaircit

    ciel et doutes

    un temps

    trace / fouille

    le long trait qui dit :

    immédiateté.

    emporte

    oscillante vérité

    c’est toi.

    noir mat

    in-octroyé

    tu rendossais à Palerme ses ailes

    à son image

    vieille

    contagion, aucune rainure

    tel quel :

    elle

    elle ne pouvait te vivre.

  • Poème passé

    par où je fraie un chemin ?

    peut-être par ici…

    ou là-bas

    entre les blancs

    ouatés

    après le point.

    plus près…

    sur le lit d’un poète qui veille

    nulle part…

    il me cherche :

    à la radio

    sur un parking

    baille

    louche

    hoquette

    alors, une murène ?

    Poème :

  • Nœuds avant chaque poème, comme avant un orage

    j’aube à la nage dans les vents

    je crépuscule comme une course

    je soleil comme un jus de citron vert des plaines de mon enfance

    je nuage les moutons un jour d’une légère brise

    je rivière sous la tombe de Rivers

    j’étoile les poètes en filigrane de mes amis des montagnes

    je planète comme Holst au sahara où je retombais malade

    je flaque mes paumes sur les pommettes d’un clown

    je pluie comme je te regrettais Hania, – Rien ne me rebutait autant que les conventions.

    je sable les chaises de poussière pour ne plus m’y assoir

    je singe les étendards au clairon

    j’abeille comme les ruches au printemps de Plath

    je livre pour un douro ce poème de la casse

    je trombe !

    je ruisseau après mes repas de pain et d’orage

    je brume sous les parasols à la plage, – Ne serait il pas un peu zinzin ?

    j’ange ainsi que tu angélisais

    j’aile comme Frida

  • Second usage

    à Camille.

    en avant de la veilleuse

    un filtre

    en avant du filtre

    un cadre

    en avant du cadre

    un verre

    en avant du verre

    deux croquis

    en avant des deux croquis

    un chevalet

    en avant du chevalet

    une scène

    en avant de la scène

    deux modèles

    en avant des deux modèles

    un nu

    tout était plus au moins bancale

    et sous une note !

  • Salut, c’était beau

    elle enfilait un masque méconnaissable à la nuit tombée

    comme une ombre sur de hautes cloisons

    tout ce que nous partagions

    notre foi

    parce que différente

    comme une garde de tous

    il disait aux immensités bleues* : les femmes avaient des yeux perfides !

    il disait à son cœur : les femmes avaient des visages obliques !

    tout ce que nous échangions

    notre amour

    parce que tendre

    comme après la chute de tous

    les mots qu’il faudrait ravaler

    – il y avait des reclus que l’on calomniait de fou à lier.

    tout ce que nous chantions

    notre printemps

    parce que folle

    comme de l’avis de tous

    je me malmenais de toi

    comme des vents contraires et de mon cœur

    * Le bateau ivre. Arthur Rimbaud.

  • Raquette dans un sac de voyage

    la vie était comme on danse

    de nos libertés

    et à l’aveuglette !

    le vide se faisait sentir

    je criais !

    une femme jouait la nuit au solitaire sur son ordinateur, seule ! moi, je me touchais de cette extravagante solitude, même les lampadaires vibraient

    la vie était comme on cauchemarde

    de nos ailleurs

    bien meilleurs qu’ici !

    nous ne pouvions plus voir

    d’un autre cri : nous jouions de la chamade !

    un cordonnier n’avait plus d’outils, lors de l’une de mes visites. il était crépusculaire, affligé comme un quelconque possible. il lui restait sa vue

    j’écrivais, je t’écrivais une lettre muette

    avant même de te revoir

  • Chanson de la rupture

    j’étais imparfaitement un mort – vivant

    pour vous

    pour vous

    je fuyais longtemps la vie d’ici bas

    avec nous

    avec nous

    vous me manquiez, à mon tour d’aimer

    pour vous

    avec nous

    je ne pouvais oublier et non plus effacer

    où est-ce que je foirais avec vous ?

    pourquoi nous ?

    de tout mon cœur

    être deux, comme des sourires

  • Momentos

    l’œil porte

    sur la flamme verte

    de ne plus se souhaiter la mort

    écrire

    région

    mélodie du cœur qui porte

    éclairs et cendres

    en dedans des poumons

    dorsale

    moelle

    torche

    feu de l’action

    lit de personne

    lourde tête

    étincelles

    silence

    j’étais mien avec l’autre au naturel

    pour un laps de temps

  • Vents mauvais

    au cœur des vents

    sur un banc

    de mousse froide

    le battement de ton cœur, … et triste !

    nous deux

    amoureux de nos allées

    et venues

    parmi les arbres

    quintessence

    me fend

    fruits d’été

    bec du typhon

    Tristan distraie

    sang séché

    sens unique

    et le monde en est changé

    quelqu’un vient de me faire une promesse

  • Quand les mots

    quand les mots se dérobent du mot

    quand le port de la mémoire

    quand le suc de l’œil

    quand la respiration se fait halte

    quand l’épave des siècles

    quand la langue pâteuse exulte d’eau

    quand le mais est déjà

    quand la saison des vaches et des mouches

    quand la chanson tourne

    quand le lourd est plus que lourdeur

    quand les classiques revisitent le contemporain

    quand l’intérim des esprits est de mise

    quand le rire s’y met à deux fois

    quand le vouloir se tord

    quand l’épuration blanchit les feuilles

    quand les peaux sont défraichies

    quand l’horizon trône

    quand les anges sont des démons et les démons des anges

    quand les répondeurs n’accrochent plus

    quand les dépens accrochent

    quand la platitude gagne l’enfance

    quand l’adoration se perd

    quand l’œil s’écarquille sur les reflets

    quand la levrette est au pied de son maitre

    quand les trains sont rouillés

    quand les constellations s’alignent

    quand l’arbre s’enracine dans la mort, – alors, je délire !

  • Funèbres refrains

    à Jean-Baptiste P.

    les aveugles sentent les étoiles

    avec l’œil de l’âme

    les aveugles sentent les étoiles

    d’un cœur en flamme

    le poète brûle

    d’un cœur en flamme

    les chiens grondent de peur

    sur la terre de Dieu

    les chiens grondent de peur

    la ville se dévoile aux heures nocturnes

    d’une magie et d’un mystère

    la ville se dévoile aux heures nocturnes

    j’ai peur au plus creux de son flanc

    d’où l’on entend d’en bas les feuilles sur le sol

    j’ai peur au plus creux de son flanc

  • C’est moi et bien plus tard

    barbe noire

    à peine

    fantaisiste

    manie

    fort bien sans

    violettes sauvages plantées dessus

    regards cueillis

    plus de cent

    frères et sœurs

    blanche barbe

    déjà roussie

    déontologique

    fleurie fort bien plus tard

    comme par la fenêtre un satyre

    aux cent fleurs d’anges

    au bout des doigts

    dites nous :

    frères et sœurs

    nous éclipsons les mohamédiens d’ici

    comme leur fausser compagnie

  • Justificatifs de vie commune

    mardi un jour de labeur noir

    mercredi un jour de labeur noir  

    jeudi un jour de fête  

    vendredi un jour Saint

    samedi un jour de labeur noir  

    dimanche un jour du Seigneur de la terre d’accueil 

    lundi un jour d’un arc-en-ciel pour toute la semaine

    le deal était si tu l’aimes ne te maries pas avec elle   

    j’avais un visa moyen séjour

    mardi après-midi dévolu au sofa  

    mercredi après-midi dévolu au sofa  

    jeudi après-midi dévolu au sofa  

    vendredi après-midi dévolu au sofa  

    samedi après-midi dévolu au sofa  

    dimanche après-midi dévolu à la guitare  

    lundi après-midi d’un arc-en-ciel pour tout le mois

    j’étais marié à une femme beaucoup plus intelligente que moi  

    j’étais heureux, mais sec !

    mardi pour le dîner nous avions des pâtes aux jaunes d’œufs et fromage râpé   

    mercredi pour le dîner nous avions de la viande hachée et petits pois-carottes  

    jeudi pour le dîner nous avions de la pizza faite maison  

    vendredi pour le dîner nous avions de la soupe  

    samedi pour le dîner nous avions du riz au beurre et cordons bleus

    dimanche pour le dîner nous avions des pâtes aux saumons à l’italienne   

    lundi pour le dîner nous avions un arc-en-ciel pour toute l’année

    nous avions déménagé chez ses parents  

    j’étais perdu

    mardi soir : néant

    mercredi soir : néant   

    jeudi soir : une gâterie  

    vendredi soir : néant   

    samedi soir : une branlette

    dimanche soir : un coup peinard  

    lundi soir était un arc-en-ciel noir pour toute la vie

    nous avions divorcé un jour d’été   

    j’étais malheureux

  • Un saule est une sérieuse affaire

    par le son des cloches

    ton spleen

    tes auto-stellaires branches

    tes lapidaires heures

    ta maison en carton aux vents ouverte

    hantée par ton nom

    comme un signe, déliriums, ô le cygne blanc !

    bat de l’œil très haut sur l’étant

    vétéran

    incertain

    cœur d’un petit-conte

    sans loups

    sans loups

    lignes déchanges, flottaison, ô les migrations !

    à mi-hauteur de la cime des arbres

    écume de tes mains

    ta peau

    dessous les goutes lactées

    à outrance

    chauve-souris par là

    ailleurs, vœux indiens, ô le veau d’or !

    au jour

    roulade de l’enfant qui s’éprend

    succombe

    des veines de ta bouche

    de soleil

    lorsque ton printemps…

    somnolant, biscornu, ô les jujubiers !

    je clame d’une marche lente et griefs

    jusqu’au saule en face de l’autel

  • L’escale de la matinée

    de coton

    les sept heures

    parachutés

    sur tes yeux opiacés

    comme des raisins verts

    un parfum de poème

    une foudre dans ton cœur

    comme les éclairs sur la toile d’un peintre

    bourdonnement quasi lointain

    vaguement

    à l’ombre

    je m’allonge sur les rêves de ta coccinelle

    de rouge

    l’écharpe de l’écolier en mal de fenêtres

    dessins d’une abbaye

    dessins de ta courbure

    s’éveillent

    tant de mystères

    qui ne valent ta caresse

    morsures d’une étrange bête

    lente d’une douce confession

    effervescent

    comme les chants oubliés

    je m’agrippe à ma bouée de plaisance

    de légers vents sur les roseaux

    tout aussi contre toi

    tes âges étagés

    sève

    peu de zinc !

    désolé de te croire verte

    ton onir

    par lui charmé

    comme insuffler une seconde fin

    à tes matins

    de gris

    je m’essuie par crainte de trop m’y plaire

  • Furies de l’été

    une femme que j’approche

    que je déculotte

    derrière ses prunelles

    parmi les quelques furies de l’été

    mots transversaux

    d’une aussi longue frange

    élans du passé

    insaisissables couleurs

    sur-l’-herbe-folle-dont-l’-herbe-folle-raffole !

    inquiétude légère

    doigts qui butinent

    sautent en d’autres lieux

    frileux… , – saisis-le !

    pointe au corps

    aigue

    sculpté par les fées des ruisseaux

    toile cachée

    amortie

    j’effleure ton bras

    ton parfum me rappelle les saisons

  • Dur de s’y croire autant que de s’arrêter

    c’était presque religieux ce moment du petit bout de chocolat plein de saletés que l’on mangeait, – puisqu’on aurait tout essayé, même la perte !

    toute opaque, toute opaque, toute opaque,

    toute opaque, etc.

    du soir… , comme de la nuit

    une transversale, géométrie de l’objet

    que soufflent les vents !

    que lave la pluie les souillures !

    il y aura toujours la vérité à une vérité, l’orient à un orient, la loi à une loi, l’histoire à une histoire, etc. mes yeux se tournent vers l’ouest, pour la veillée du ramadan

    tchat – tchat, tchat – tchat – tchat – tchat – tchat,

    tchat, etc.

    reconnaitre le poète qu’il fut

    c’est comme avouer son ascendance

    que soufflent les vents !

    que lave la pluie les blessures !

    je quitte mon rêve :

  • La perte

    fourmilière

    ballets du bâton rompu

    nos sourires ou riz au lait

    versés sous nos pas

    étouffés pêlemêles

    tout Traviata

    nos pas !

    mémoire de l’exilé de bout en bout

    relégué par les odeurs et une béance

    recherchant l’ouverture

    diaphane – diaphonique – euh… !

    épuisement d’un temps intercalé

    où rien ne s’assemble et se dédouble

    œufs brouillés de l’enfant

    tout savant

    baromètre des ombres

    fine et finissons-en !

    il n’y a rien pour toi ici ?

    Apollon manqué

    ailes et voiles et temples et carrefours !

    mansuétude

    blanches fissures

    enfuie

    déraciné

    malheurs sous l’abri

    sous nos pas de tambour, en mur

    seule cette perte

    je repêche ton regard à moitié endormi

    puisque du jour on aura oublié

  • La femme aux oiseaux

    à Alice.

    au couvent une femme s’attarde dans un corridor ouvert aux débâcles, sonde son âme et noie ses yeux qui s’agrippent d’attente sur les feuilles d’arbres

    ( lorsque l’automne presse le pas ! ).

    qui êtes-vous ?

    que voulez-vous soustraire ?

    solitaire qui observe l’irréparabilité

    mal dépecé

    acide

    j’aspire à une eau qui s’en est allée, – qui donc crois-tu comprendre ? je la désir depuis ma vulnérabilité, me cache comme un tronc parmi les arbres, cadavre ambulant

    ( lorsque l’hiver englue nos pas ! ).

    thème sur un ancien baiser : judas !

    toc-toc, houst, l’indésirable !

    transparente colère

    fracas palpitants

    flagada des pensées

    je réitère mes adieux à la femme aux oiseaux

    et pleure de joie la paix du soir

  • Fleur de Lys

    départ d’éclairs

    pucelle qui s’envole avant l’heure

    départ d’éclairs

    bleu d’azur intemporel

    départ d’éclairs

    départ de la lecture en éclaireur

    départ d’éclairs

    du sol au firmament

    c’est la pucelle !

    rougeurs au tronc sonore

    départ d’éclairs

    blessure au cœur qui colmate

    départ d’éclairs

    départ comme un ultime éclair

    départ d’éclairs

    nuées jusqu’au sol

    départ d’éclairs

    c’est la fleur de lys !

    bataillon qui encercle les remparts

    chants de victoire et bataillon

    je cherche à me faire en vouloir

    et tends vers le baume

  • Dernière rescousse

    nuit

    et fugues

    coulent quelque part

    lentement

    lamentable de n’y voir rien

    seuls vos petits mots sous la véranda

    vos germes

    demeurent intangibles

    tremplin d’eau et Amour

    tenir

    frissons d’un fossoyeur

    je vous reconnais en chaque mot

    êtes-vous en colère ?

  • Matin d’été

    à Isylle.

    rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

    et sur mon lit

    tout froissé

    tout envouté

    rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

    pour recueillir l’intime silence

    de ses flans de coton

    de ses yeux

    rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

    sous la lumière des stores

    et sa nuque parfumée

    que je quitte

    rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

    j’en meurs

    puisqu’il convient de me lever

    ici

    comme ce qui est le péché aux interdits

    et les ripailles à l’indifférence !

  • Sur une pelouse

    conformation astrale

    objets obliques

    regard oblique

    conformation à la forme astrale

    tes yeux touffus

    des lunes

    belle hâlant

    oblique caprice et tes yeux

    nourris

    sentant ton feu

    même…

    lourd jardin

    feuilles sèches

    ampoules et râteau

    échanges muets

    carrefour

    je me tiens à mi-chemin de la cabane

    bye – bye !

  • Trois saisons

    grippe

    ou la fuite des vents

    mue et morveux

    douceâtre comme les peaux

    boulevards bordelais qui transitent

    quais embrumés

    retardataire et à l’heure

    humeur à la Gabin

    Un singe en hiver

    ainsi qu’un anniversaire de l’anneau

    dessous les tambourineuses étoiles

    le présage d’une noyade

    parce qu’il y a un soleil

    les lendemains d’une noce

    extrapolations d’un intérêt sous les lampadaires

    Richard sa majesté des affaiblis

    s’assoir sur un fauteuil mirobolant

    proverbe et flasques abattis

    tapis recouvrant les sexes

    les blancs

    dogme du piéton

    une histoire à la barre

    plaide encore pour les étoiles

    Aurore file la fin de l’été

    je me pouille sur le chemin des poètes

    comme j’en croise de si vrai

  • Fractures

    à Sophia.

    complainte entendue

    plantes brûlées et drôles de chapeaux

    vaste fémur comme les jours abimés

    où retombaient les générosités d’un adolescent

    révolution des fleurs et des pierres

    sensibilité d’une tête muette avec ses frères… , – pas bien pas bien !

    quelques colombes effleuraient la fenêtre d’un paisible lointain

    nous fallait-il faire face, à tout – à rien – à l’aurore alitée ?

    comme un radeau vermoulu, etc.

    traversant les longs soirs miraculeux, comme les phyllades !

    il quittait le miel et les abeilles de son pays

    pour la rive des estropiés

  • Libérations

    tes nouveaux lustres

    vieux coffrets

    tes ciels bas et obscures

    ode de coton blanc et bleu

    tes yeux horribles et troubles

    baisers qui s’enroulent

    fini l’éternel

    qui sait d’orgueil ?

    tes sornettes

    ailes rouges de sauterelle

    tes accents de flûte

    fleur jolie, jolie… !

    tes sons vermeilles

    sur mon lit, tu sommeilles !

    astre rustre

    ô mon astre Français !

    je beigne dans tes rêves

    comme à rebours

  • Au bord

    à Sabrina.

    soleil irradiant

    sous un arbre

    manichéen

    demies tensions

    itinérance au bord

    moitié d’une clameur

    lasse qu’à moitié de la lecture

    retour à la dicté

    cloche qui retentit

    comme un dimanche des rameaux

    baisers éternels d’une fleur

    ciel qui s’étend de grisaille

    ouverture basse et non plus déchainée

    perspective et portes

    dames qui feintent d’une tête

    observent en dedans

    à la lisière du chant

    au parvis et merveilles que j’honore !

    absente trainée au-delà du mémoriel

    salut toison d’or du bélier

    salut étrangère

    je saute en plein milieu des châteaux de sable

    et me salis les mains

  • Perceptions d’un intérieur

    long tempo

    aux combles

    un homme fictionnel

    vêtu d’une chemise

    brettèles

    ventre d’un poisson

    pieds sur le parquet lourd

    et crétin

    il frisait les étagères

    et fumait des gitanes

    second raccord

    près de la fenêtre

    une femme éprise

    au long cou

    aux doigts rouges

    et les seins d’écolière

    parée d’une robe

    à fleurs jaunes verts et noires

    elle oscillait devant le téléphone

    et échangeait un baiser comme frère et sœur

    je n’ai pas de voiles blanches et de brumes

    la grêle m’appelle et s’y retrouve

  • Cristaux

    grince

    orgueil du cœur

    blizzards

    lumières d’une ville

    feux

    flamboyant

    nuées d’une grange

    sans ésotérisme

    et joie

    foule mausolée

    tapi

    rien que là

    toit à mille lieux

    à mille têtes

    sereins rêves

    flûte

    soupirant

    oies

    promesse

    peut-être une dernière

    à lui

    à l’écho de son parfum

    coquelicots

    bras rouges de froid

    enlacement

    grippe

    arômes

    homériques

    berceau

    ouvert à toi

    aux messagères de la nuit

    brouhaha

    dingueries d’un ruminant

    insistance

    vaillance

    assistance à la tonalité…

    est parti

    Charlie Parker

    corbeau

    détenue bravée

    puits ou buis

    lourdeurs

    balancement

    jours perchés

    assaillant

    sous une table

    percé par les cristaux

    je brûle de l’encens au plus sombre de la nuit

    si souvent

  • Exhumé

    dent havement rebelle

    et croque !

    arctique

    amorce serpentine

    voix percluses

    s’abandonnent à échéance

    grecs qui se jettent

    cote suspendue

    l’-amour-que-l’-on-me-verse-déverse-le-daemon

    paraphe vasé

    pendant d’un collier

    de course et saccades

    eaux de mes Converse

    trouées

    trouées

    je peine à poursuivre le poète

    comme singer le bruit

  • Les adieux

    seul

    comme deux

    Polonaise

    vents sub sahel

    et de l’huile incertaine

    fleurs de sel

    poison

    suspendre l’étreinte

    sous les ombres d’un jardin

    larmes sous un baiser

    secret des adieux

    lait qui tiédi sur la table

    limpide cœur

    transparent CD

    je scelle l’incompréhensible du non-dire

    par mes douleurs

  • De brume

    surface de brume 

    matin consensuel 

    ciel dévorant 

    rien qui n’autorise l’accès 

    parmi les anonymes

    et le jour s’imbrique de secondes ! 

    d

    i

    v

    i

    n

    e  

    percée par un fouilleur d’envolés 

    clopine des sphères 

    enfant qui tournoi comme un derviche 

    et regarde, regarde s’obscurcir l’œil 

    et le sait

    déci delà une romance  

    la poussière des villes où l’on réécrit

    les allées qui trucident 

    les pavés comme de la boue 

    j’entrevois parmi mes débris une planche

    comme un sphinx

  • Flocons d’hiver

    à Ibtissem.

    vous étiez une femme aux yeux de chouette, femme de la longitude, femme de l’épopée, etc. je vous pleure car me trahie l’aurore ! une descendante in-établie et j’enfouis

    nous étions amoureux de ceux qui s’aiment

    nous restions heureux

    nous reversions du vin là tout contre nos cœurs

    nous miroitions devant nos soudainetés

    carrousels  

    bouffon

    badour 

    nous faisions le tour de nos désespoirs de nos royaumes 

    les coudées franches comme un rajout

    nous en voulions aux autres de leur indifférence  

    nous étions deux flocons d’hiver, deux maux roses

    votre écho retentit à l’intérieur de moi comme un puits, et n’en est que plus cruel, sans une promesse de retrouvailles, ni d’une délivrance

  • Tant que l’on t’écrit

    à Fanny.

    les arrières pays in-approchés 

    traversés en surface 

    défilent fort l’hymne

    du chagrin avant l’exil

    plus de là-haut – Laos ? 

    rien d’imperceptible

    délicatesse qui dénote 

    comme un centaure qui descend

    une plume qui s’étale pile 

    au cœur de l’éblouissante disparate 

    hôte qui la pleure 

    et plane 

    léger 

    insondable comme l’air

    les vents d’automne se contrebalancent

    des volantes feuilles noircies 

    d’épais nuages 

    sur un arbre qui croît

    comme tant de désirs irréalisés

    entre les rires

    d’amis 

    j’ouvre mes yeux qui s’en retournent navrés

    et je frémis

  • D’une main verte

    une plante verte

    pas tout à fait verte

    un pot fissuré

    pas tout à fait de terre

    elle atmosphère

    il s’érode

    ils font quatre cents vingt grammes

    lorsqu’ils se croisent

    une fois l’an

    sur deux

  • Jamais survolé

    perdu

    de ne plus se croire

    le fils

    pas de torts

    que du ressentiment

    me frappe

    et puis l’horreur

    la nuit qui assaille

    solitudes

    je pars…

    sous le signe de l’adieu