La blanche Ophélie

orpheline de tous

toute seule et contre personne ( dis-moi à quoi tu penses seule abandonnée de tous ? )

s’en est fini, elle m’a quitté

la traîtresse !

ordinairement

j’ai vécu un été de folie en orient

elle s’en est allée

l’âme, sans doute à jamais

les chevilles légères

comme une plume verte au crépuscule des anges ( mes idoles pour mes insomnies ! )

sept jours

sept week-ends qu’à durée mon calvaires

sa psyché

il te faut reconstruire son identitée

elle s’en est allée

l’âme, sans doute à jamais

s’en est fini, elle a emporté mes larmes

de vagabond

je me souviens qu’avec elle, j’ai enjambé le serpent de feu

et seulement là dans l’éclat de nos jours, j’ai vue des ombres télescopiques

le temps comme une fusée

comme lui j’ai rusé

je ne voulais pas foncé

elle s’en est allée

l’âme ( une grappe de raisin rouge dans la bouche ! )

l’aujourd’hui de toute éternité

je n’ai plus peur

sur une branche humide

le songe du rossignol est le fond d’un ciel gris

pour sûr, elle s’en est allée

la blanche Ophélie !

Amphore

je prends une figue séche à l’huile

le soir j’improvise

je mélange excréments et urine

morve et croûtes des yeux

je me rafraîchie à l’eau de cologne

je rétablie les connexions

avec la saleté

avec la moisissure sur les murs et son odeur   

je me développe

je pue

de la transpiration sur la peau

du charbon entre les doigts de pied

j’ai deux temples  

j’ai un nez

de l’alcools

des cigarettes

une endive dans le frigidaire

j’ai une lettre à écrire

je mélange spermatozoïdes et salive

j’avale mes crottes de nez

je rote

je dilettante dans mon pet

le glauque à la commande

l’abjection du morbide

je ne me lave pas ( plus d’eau ou trop cher ! )

j’aime mon odeur de friandise

sous le seuil de la pauvreté

l’honneur des braves gens

je vais vers une fin olfactive

j’atteindrai les sommets bleus, peut-être  

Chuinter

dans l’alcôve il y a un lit double et de la poussière d’étoile

je veux des sons

comme ceux que les corps animés produisent 

je veux des airs d’automne

le craquèlement des feuilles mortes sur le sol

les lunes défilent militairement

je suis nul part et partout à la fois

des insectes rôdent autour d’une lampe du quartier 

je suis à l’autre extrémité du fil téléphonique

tout-est-épreuve-dans-la-vie-pour-être-un-homme-un-vrai-d’une-personnalité-de-fer-tout-à-son-honneur-se-dévouer…  

ma main tremble calmement

comme pour tenir le rythme d’une chanson imaginaire

hier tu es partie

tu es partie

Adolescence

j’habite un quartier résidentiel

une construction de la France Coloniale

le genre Varsovie en noir et blanc

il y a eu encore des émeutes cette nuit

ma ville se soulève comme en région

bouillonnante de revendications

les CRS n’ont pas ce petit quelque chose qui fait ordre et rétabli la tranquillité

les manifestants ne prétendent aucunement à gouverner leur pays

c’est assez comique comme événement

j’ai reçu la consigne de ne plus sortir de l’appartement

je sens comme une odeur de chair brûlée

cette odeur s’infiltre par les ouvertures de la climatisation

Porte Dauphine

enlevez vos chaussures

allongez vous

fermez vos yeux aux alentours

rentrez dans le noir du charbon

écoutez votre propre musique intérieure

respirez calmement et avec délectation

vous êtes sur une herbe artificielle qui pique

surtout ne bougez pas sous l’ombre du sycomore

comme un meuble caché aux regards distraits 

un vieux tableau accroché au mur il y a longtemps

vous vous souvenez du bleu du ciel : l’épidémique !

élucidez le mystère de votre plus grande peur

restez au-delà de la fermeture du parc

Orages

A Isylle. Et à Rémy.

en pleine conversation j’ai réinventé ma vie jaunie comme Forest en Alabama for ever

mes lèvres noirs soufflent sur le soleil couchant l’origami enfantine

la traversante pluie cogne le vert émoussé des vitres de nos voisins lentement

un Je qui n’est pas le je que je connais dans mes délires et mes vagues élucubrations

redécouvrir la ville que j’ai quitté et je jure de la parcourir habiller d’une âme de pèlerin

j’irai au secret et aux noirs tourments de mon cœur comme être là, et ailleurs

entre autres balivernes je mourrai pauvre et abandonné de tous, et ça, tout le monde semble l’ignorer

Périgueux. Été 2014.

Passage

A Sihem.

je suis assis au bord d’une banquette démotique

voisinant des journaux humides et abandonnés

la peuplade d’Afrique tient le cap sur l’Europe

seul je m’écrase sur le grand verre automnal  

le ciel est gris, un enduit gras profond

ils ont des huiles sur le corps pour leur dernière traversée de la saison 

de l’aurore jusqu’au vert matin

tu portes le nom des jolies fleurs

comme une étincelle sous tes yeux

le marathon sacré d’une autre

tu m’apprenais par cœur le mystère des voix de l’homme et la voie des chemins qui mènent, je revois ta grâce de reine à l’horizontal dans une mare aux grenouilles.

L’étoile du Sud

… Sous un portique d’ardoise viennent rêver des bergers sans troupeaux.  » Un soir comme les autres. Jean Claude Pirotte.

comme un sentier dans le ciel  

parsemé de clairs étoiles

le berger suit le sentier 

les clairs étoiles tombent

le berger trébuche et tombe  

il contemple la dernière étoile du sud

les deux mains sur sa tête

la colère gronde dans son cœur   

qu’il va d’épuisement jusqu’à son éprouvette

le ciel change et ne l’atteint pas

je suis semblable à ce berger  

sortie ébouriffé d’un rêve à peine achevé 

sentier des célestes idées

qui nous voilent le paradis pour l’éternité

Penser les mots

j’ai l’âme d’un rossignol dubitatif qui cherche des perles de diamant pour son bec. au lieu de ces épreuves méditatives, je me penche sur les déboires d’un ami esseulé :

les froufrous de la chandelle sont d’un charme à souhait

vos yeux cernés détruisent la lueur du platane d’orient

elles étaient l’expression vibrée de votre propre solitude qui tombe

comme trois mois de courtisanerie tombent à l’eau

ainsi se dérouler tous nos dîners… et puis une autre est venue, elle s’est posée sur mon cœur de toute part, de toute part mon ami …

elles sont bien dans leurs corps // elles sont bien partout ou elles passent  

…nous avions des choses d’une simplicité cruciale à nous dire 

le vague à l’âme s’est emparé de nous  

laissant des grains de sable dans nos bouches

je prends le volant de sa voiture, seul et désœuvré ( comme seul le désœuvrement nous tient lieu de lecture ! ) je balade mon mégot éteint entre mes doigts, j’entends le bruit du moteur de la voiture sur l’asphalte, et le tonnerre …

peut-être que ce soir …

Le hac de Leila

les fenêtres sont grandes ouvertes, c’est l’été …

je porte une cape transparente et chiffonnée, mon bermuda est humide

ma voisine cuit du riz dans la cuisine familiale 

elle n’a plus le temps de me cultivée de ses soins affectés 

le vent fait gonflé sa djellaba à petits motifs amusants

comme un drapeau aux couleurs indéterminés

je suis perdu dans l’âge des premiers émerveillements   

ce mal identifiable entre tout : nous allons plus revivre cette belle histoire d’amour

l’une des raisons est que pour elle je me détraque le kaléidoscope

si par malheur la chance me tourne le dos …  

mes anges de la prédication me susurrent

des solutions prêtes à l’emploi entre les mains de la providence

que je ne révélerais pas ici …

Léon

A Célia.

le bleu du soir est opaque    

les guirlandes en papier déchirent le ciel   

s’expose sur les vitrines la grande armée

les traits obscurs des dieux marins

discrètement brille parmi les ruines et les torches

la magnificence d’une reine au vieux turban

son règne est diaphane sous l’égide des hommes et son ombre est rouge

comme l’aisance d’un corbeau blanc et sa transparence

elle parcourt les dédales d’une toile d’un peintre antique

la masse insidieuse des lumières sombres

après les trois derniers coups de gong

on vilipende sur la place Auden ( nous sommes trois ! )

cette ultime fête s’est ouverte sur les danseuses étoiles en coulisse

nous rêvons d’un être plus intègre qu’une danseuse, soupçons… ces êtres sont dramatiques !

lune linéaire sur les planches courbes et folles

les hérauts nègres sont des funambules à l’œil moite

Cette manivelle, quel automne !

ma main contre la vitre cordée

un long froid à la décharge me saisi

j’épouse l’ampleur de ma douleur

silence d’aviateur à l’encontre des ondes endurées

ceux qui comme moi immortalisent temporairement

en prenant la main des éphémères

ou me manque subtilement le parfum des fleurs

désirs, brièveté et intuition à l’honneur

trois feuilles de tombés dans l’instant, – sexe fertile, c’est vrai ! 

que je savoure mollement…

en cette nuit d’hiver aux nuages très bas

j’affiche la teneur du velours caché de l’hymen

petit rappelle à moi-même : apprendre à maîtriser l’art des fenêtres...

Les guêpes

dans ce fier monde

et nos greniers poussiéreux  

les guêpes trouent le ciel et la toile

de nos vaines araignées

desquelles l’esprit d’un enfant reste captif

les honorant de fourmis dans un long linceul

l’envie qui lui prend de hurler fort

 : CATACOMBES !   

comme prendre son envol plus qu’ici qu’ailleurs  

et matérialiser le ciel

peut-être même se déverser dans l’estuaire

comme se marier à la saison des couleurs             

ces mêmes guêpes touchent de leur dard de feu

le ciel de nos chairs meurtries

ce sont là des pensées d’un docte fou

au milieu des champs d’avoine en flamme 

Degré zéro

les belles fleurs des genêts  

passent les saisons et les grands froids

c’est l’âme des immeubles ou s’échappe l’odeur du lait

mêlé a ma douce voix

mon genêt est une couveuse de vies à qui je fais l’amour nerveusement !

mon genêt est une arme courtoise et un murmure des fonds marins !

mon genêt est une traînée de poudre de la plus méchante des ogresses !

mon genêt est l’ornement d’une fille à qui je parle aux heures de la nuit ferme !

mon genêt est un passage des âmes vers le monde des rêves brisés !

mon genêt est le point de ralliement du dernier chameau de kabylie !

s’affranchir, c’est saisir les kilomètres de vie en noir et en rose

c’est des segments qui emplissent les yeux de la couronne lunaire

l’horizon d’infinis genêts est au verrou d’à côté

il nous faut gravir l’utopie

Poinçon

c’est un peuple phage aux puissants élixirs d’amour

c’est comme une vieille histoire raconté depuis les fonds des âges 

c’est comme un lavabo vieilli de faïence local

les émigrés sont comme au seuil d’un printemps de paix universel

                j’étais rendu à des visages aux tribulations de lichen

          des chœurs chorals fondus de sourire en chapeau de paille

  j’étais rendu à des passages au quartier Western sans âme familière qui vive

                                                               sans secours

                                                               sans secours

                                                               sans secours

si vous ne saisissez pas que l’on peut remodeler son passé à l’infini !  

que l’âme humaine est trop grande pour une fourmi même pour s’y loger !

vous n’être qu’ici pour moins que rien et rien au-delà suivez votre veine !

Un petit conte d’hiver

avec l’œil du cœur j’écoute l’espoir luire et ne me quitte jamais

ils rentrent au port inquiet

une cloche retentit entre les poteaux de fumé 

la lune est pleine et s’est éteinte pour un temps

ils sont ivres de sel, des mers et des vents. leur soute d’hiver est pleine de coton venu de Skikda. de cette ville aux péripéties prophétiques, ils gardent un mauvais souvenir…

je vois les visages des marins sortis tout droit d’un Goya, les contours des corps rivalisent de promesses inachevées. – des olympiens à la plante des mauves ! 

sur le pont du bateau amarré, ils s’affairent et chantent dans une langue étrangère :

A nous, à nous le bel horizon  

Nous sommes des baleiniers

Ma Fatou est chez l’aumônier

Ali Alo voilà le harpon !

A nous, à nous Dublin !  

et cetera.

le tout dans un je ne sais quoi qui revigore leurs survies 

stone sur les quais de bois et dans un froid brouillard, j’espère qu’un jour je connaîtrai cette paix durable intérieure dans la marche.

dois-je expier ?

chaines frêles d’ici et d’ailleurs …

Climats torrides

les démons de la nature assèchent les illusions de ma chair malléable :

mes manquements à la soif, cent fois… ! 

– seul cette mémoire me tient captif

le vent souffle sur ce qui reste de mon territoire

… refuges et désœuvrement !    

le changement s’est intensifier

                                                               dénommée, ruine …

                                                                                                              ainsi vont les tourbillons

                                                                              dans l’âge du cœur

un sablier où le sable ne tombe pas

se lève au milieu de la brume les paroles oubliés :

l’ensemble des vivants : o sombre forêt, rendez nous s’il vous plait sa dépouille, nous nous acquitterons devant les morts et les vivants … 

il n’y aura pas de cérémonie funéraire

il n’y aura pas de coups de feu »

                                                                                  le point de vue du mort :

les guerres intestines font encore des émules

                                                                                              un loup gris se penche pour voir …

Une cascade de pluie

A Ghiles.

au-dessus de la clameur des noirs sons 

je retrouve la littérature qui berce mes mauvais sommeils

les amoureux du pont de pierre s’embrassent a l’abri des étoile

une fine pluie mélodieuse s’entend 

le sable des siècles africains se frotte aux parois de l’instrument    

je repasse sur l’époustouflant chemin des non-retours

une femme élancée chante un vieux refrain rock’ n’ roll en français

son rythme démentiel est un sous-titre à ma perdition

j’ai la main à plat posé sur sa longue épine dorsale

une mordillante pluie mélodieuse descend 

loin d’ici j’avais les mains posées sur une pierre tombale

la boucle est bouclée et j’aime mes tentatives de résolutions

les amoureux du pont de pierre s’enlacent dans les vents du soir

comme reprendre sa délicieuse rengaine de ses lèvres imbibées de gloss

La scène Tizi-ouzienne déraille

radieux l’abécédaire qui s’est cajolé

de la flûte d’os enchantée

de nos petits miracles quotidiens

les espoirs purs où se dilatent nos rétines

les après-midis d’amours imaginaires 

nos rendez-vous clandestins

la folle tendance qui déferle sur les anniversaires

l’exubérance de nos soirées du ramadan

les jeux de conquête et les chemins d’aventure

la scène Tizi-ouzienne pulse nos cœurs

le plus laid de tous porte un joli parfum

ô les beaux jours ! ( ô les belles têtes de chou ! )

– ô les impénitents ! – ô les petits diablotins ! – ô les vieux crapauds !

nos chiens errants fêtent les orphelins

les fragiles liens qui nous tiennent en halène

ou sont passé les carcans de la coutume ancestrale ?

nous nous souviendrons de la lyre du mémorial Jugurtha

le tigre qui glisse sur nos rêves de saphir

nous suivons les courtes et les espaces hors de nos palais

nos fronts hauts ornés d’étoiles

nous festoyons et nous hurlons notre joie à la face du monde

peu nous importe les lendemains réfractaires et moroses

les cieux envieux du bonheur de nos frères et de nos sœurs    

envieux de cette mosaïque d’âmes flamboyantes de mille feux

n’ayez crainte, restez restez restez !

nous avons une police urbaine qui guettent les incartades

( Les 12 ruses )

je fonde un nouveau monde

… avec la querelle des anciens

je suis un homme sauvage et libre

… un homme qui aime la beauté

je me suis exposé à la haine

… m’évertuant de la circonférence de ma solitude

je crois aux phénomènes inexpliqués

… l’un des dommages de l’irrationnel savoureux

je ne suis pas né pour l’argent

…  comme ne tenant pas figure à la prudence

je suis un chercheur du précieux métal

… un généreux donateur d’artefacts

je me refuse les privilèges de la parole

… le silence de la carpe est méridien

je ne vis pas dans le temps présent

… une double stance pour ma madeleine

je suis un renégat des siècles humains

… où tout est déjà sous contrôle

Les aînés de l’automne

qu’est ce qui fait bon vivre

sous le soleil

froid

et la lenteur des jours 

sans pareil

je me promet d’aller toujours au gré

de mes envies et faire des vent mes aînés adorés

je voudrais revenir aux temps anciens 

et humer le parfum des fleurs du pays incertain

m’en sortir le cœur plein de petites impôts

et se sentir grandir comme un homme éternel ! comme un long fleuve hindou !

or, entre les continuelles pluies et ma démesure

la plèbe se noie sur des reflets lisses

quel autre pays me noie avec ses habitants millénaires qui insufflent

mon beau pays me manque ! tâchons d’apprécier la beauté de ce monde

La mort de Willem

il y a ceux qui se consument comme des chandelles

à moitié conscient de ce qui crève les yeux

d’autres ne sont que des résidus de la folie

et qui tuent

il y a des jours sans pareil miroir

dévorez vous les uns les autres, je suis innocent

mon cœur douloureusement en peine

de la si pauvre âme

la vie est un coup de couteau

accepté résolument en pleine poitrine  

s’éteindre d’une mort seulette

comme un vendeur à la sauvette

je veux extirper et extraire ses essences

ou me taire

tristesse originelle de Kâbîl

en finir de trop s’achever soi-même

je n’ai plus de visage pour vous mes amis 

tout a la cendre étalée 

sous le bleu du ciel de Tizi-Ouzou 

l’air est toujours bleu

je souhaite seulement être là-bas

de l’autre côté du réel     

La robe d’un songe

je suis assis à l’arrière d’un autobus en mouvement, je tiens entre mes mains rouges et engourdies, un vieux

livre de poésie

je ne distingue pas encore le nom de l’auteur

je tante sourdement de formuler quelques mots

il pleut dehors sans vergogne comme pendant les mois d’hiver

je referme le recueil et le tient serré contre mon flanc pour descendre à destination

je cherche en vain le panneau Exit en lettre de feu au-dessus de l’issue de sortie

j’émerge à moitié de mon songe sans toutefois ouvrir mes yeux, le sang de mes veines se mêle à la musique des vers

que je n’ai pas lus

Car, j’ai flirté si longtemps

A Thara.

j’étais en deuxième classe science

j’avais mathématique

il faisait encore nuit je crois !   

il régnait une odeur d’étable endormie

une sorte d’ambiance préliminaire à la connaissance

il est rentré comme à son habitude

j’ai avancé vers son grand bureau d’aplomb

je l’ai fixé nette du regard

il restait crédule

j’ai sorti mon glock de sous mon pantalon

mon cœur battait fort

j’ai tiré

le bruit de la détonation a tout anéantie

le silence sanglant a plongé l’oubli dans mes jours

La table

Dans la sylve elle tombe, sans lieu choisi, mais là elle germe, comme un grain d’épeautre montée en scion, puis en plante sylvestre, les harpies qui se nourrissent de ses feuilles, lui font douleur, et la douleur fenêtre…  » L’enfer, Dante Alighieri.

son assiette fluette

s’adonne

à

la frugalité des sens décuplés

dans son parcours du pain noir

celui qui te serre les dents  ( le noir est un accident ! )

il sort son pied du marbre italien

son âme trône dans un palais de saveurs blanches

outrecuidance opaque ( un homme qui s’alimente en regardant le ciel ne peut pas être tout à fait mauvais ! )

il voit de gentilles spectres

en deux temps trois mouvements ses mouvances vite enfuies

il finit avec une crème, un café

il paye l’onéreuse addition

il sort

Conduire une danse

A la ville de Constantine.

du soleil à gogo qui se verse

il pleut dans mon poste radiophonique

les phrases hachés des belles passantes et inconnues

le souvenir d’une aussi belle boursouflure

je démarre en quart de toi 

la carriole flotte dans le contre espace de la rumeur

mes renoncements successives et la reprise des rires francs

comme ceux qui rétrogradent la vie au point mort

ma prochaine halte est le cimetière où reposent mes ancêtres

en apesanteur entre le ciel et la gomme de mes chaussures

Tablier

le ciel est court

dormez bonnes gens, la ville veille sur vous

figure d’enfant déluré

bleutée jusqu’aux deux narines

définitivement parfaite

vous projetez, vous ne faites que ça

la puissance renouvelé des absents

quel est ce refus de vivre  

le poète a des représailles médiévales

finie la récréation chevaline

exaltation des peurs et des états souverains

de l’oxygène dans de l’eau noire

le pli transcendantale des âmes

se consument comme l’orientation des blés

clarté de la ténèbre

mes semelles sont aux quatre vents

prix d’un rêve solitaire

les fonds d’un cœur bateau solitaire

maison du silence des nuits

tu es l’enfant des arbres

chère lèvres fondues et désirés, je te désir …

négatif d’une étoile qui brûle

battu a plate couture

tout semble de noir halluciné

vous étouffez d’interminables cris

vos innombrables vies !

Soliloque

combien seul sur une terre étrangère

et dans le noir de ce jardin

me reviens ton image radieuse que je touche

dans toutes ses aspérités, mon chemin …

à chaque grand virage tu n’as jamais cessée de m’aimer

sur toutes les tours de garde et devant les âges

notre relation aussi bref qu’elle fut été intense, rare et sublime   

c’est de tes gestes, tes lèvres accueillantes…

je peux encore sentir tes bras autour de moi

je te pleure, mon amour perdu

je me laisse descendre dans l’œil du silence

une perle qui coule à jamais

combien il est difficile de construire sur le long terme

je lis sur cette dernière seconde la nature de tes imitations

toi, tu es étonnamment une femme

dont j’admirais plus que tout la conformation astral

te souviens-tu des arbres qu’on a capturé en photo

j’y suis aussi fantasque qu’au cœur des nues, ma source de calme et de régénération

Enfance

durant les années de mon enfance

j’arpentais un cimetière laissé à l’abandon

seul et environné par le silence

j’allais cueillir pour des hommes des plantes sauvages d’été

je ne m’approchais jamais de celle qui était sur les tombes

même si je les lorgnais que d’un œil ! 

je n’oublierais jamais mes amples vêtements

( selon la perspective économe de mes parents ! )

et ma casquette Mickey Mouse qui couronnait ma tète

sous ces cieux idylliques

l’air était pur comme de l’or ou rien ne s’étale

j’avais un cœur ornemental qui me semblait beau

c’était le paradis ! 

l’enfance ne se sait pas

dernière rive d’insouciance avant que mon âme ne s’enténèbre…

Les façades

A Ramzi.

il marchait en plein milieu de la rue

il tenait une petite baguette en bois dans sa main gauche

il était enveloppé d’un drap, de braise et d’un front où perlait la sueur !   

il avait des yeux blancs semblables à ceux de Jacob le devin

un ciel au-dessus qui l’ornait de son fluide mystérieux 

le sol d’asphalte n’opprimait pas son ombre

il éprouvait une terrible perte  

et il prophétisait une énième fin du monde

un Rai circulait dans l’habitacle des jeunes algérois  

les plus anonymes étaient autour d’une statue noyée dans un bocal d’algues vertes

lui comme moi, on rêvait de croiser une sœur

une graine pleine d’une vilaine histoire à nous raconter 

et vibrante d’amers soleils

les capitales de la frénésie sont toutes ainsi devenues

un spectacle ouvert pour le spectre des moutons noirs

Citadelle

j’écoute de la musique

je lis un peu

l’heure s’attarde sur mes paupières

je mange un bout d’un vieux sandwich

je sors sous une pluie fine et mes poumons s’ouvrent

je discute avec Pierre, Paule et Jacques dans un bar associatif

04 :24 la serveuse mamelue décide de nous foutre dehors

je poursuis seul pour me balader

je regarde l’aube clair avec ces mots en bouche : une femme qui me ressemble.

je referme mon calepin

je rentre

une femme qui te ressemble

une femme qui te ressent

une femme qui te sente

est-elle une cité, ou invraisemblablement une jeune pousse ?