Adolescence

j’habite un quartier résidentiel

une construction de la France Coloniale

le genre Varsovie en noir et blanc

il y a eu encore des émeutes cette nuit

ma ville se soulève comme en région

bouillonnante de revendications

les CRS n’ont pas ce petit quelque chose qui fait ordre et rétabli la tranquillité

les manifestants ne prétendent aucunement à gouverner leur pays

c’est assez comique comme événement

j’ai reçu la consigne de ne plus sortir de l’appartement

je sens comme une odeur de chair brûlée

une odeur qui s’infiltre par les ouvertures de la climatisation

L’oxygéné

: 1

une chose

un être à la dérive

d’une mémoire surannée

parachevé par ses aînés

il était à peine né de ses rêves

ce n’est pas une lourde médecine

ni une conscience d’Intermarché

dans une cadence confuse et folle

ses monts étaient positifs

 : 2

quel piètre poète

est-il empêtré ?

sourd aux vents sourd à la vie !

des fuites et j’oublie

il a énormément perdu

il voit le revers d’une vie trop bruyante

de leur noirceur son caractère s’endurcie

il n’a pas renoncé

il a refusé de vivre

 : 3

seul

désolé de tout

désolé de la vie

de la vie qui ne va plus

des étoiles qui ne brillent plus

il laisse dire et faire

il n’y a pourtant aucune frontière

relégué dans un sous-sol

il voit du plomb tacheté de lumière

: 4

il reste téméraire

comme un vieux reste de goût amer

une espèce d’égout dans la gorge

sans caprice et délusoire

il s’accroche à rien et à des semblants d’une vie

il s’accroche au tout et à l’ennui souhaité

son cœur est un sentier

toute son histoire tient sur ces fils

le mieux c’est qu’il ne sait pas mourir

: 5

il est conté

suspect supposé

il n’est toujours pas

versant d’un cœur détruit

tout s’effrite et fuit

l’asphalte appelle à l’œuvre les palmiers transportés

la tête en dehors des sombres couloirs

il va où vont les poètes

le palais des oubliés

: 6

il se lève

ce n’est pas la forme

il jette un coup d’œil dehors

rien n’a changé depuis la veille

rien ne prédéfini ses actes

il croit qu’il est 10h34

il a encore peur de ses mots

qui s’opposent

il n’y a peut-être aucun chemin pour lui

: 7

sur une sphère hors du monde

il regarde les murs animé

et projette sa colère

il faudrait un grand cœur qui irradie sa mémoire

le sol moite s’ouvre devant lui

il devine le noir des ombres

l’enfant en lui s’éloigne

l’enfant en lui veut mourir

sa mort est inéluctable

: 8

sa vie chante une cantate

un vaisseau fantôme qui vogue

très mécanique et très versatile !

il est le royaume aux portes fermées

sa trentaine se précise

il suffoquait dans les années quatre-vingt-dix

l’avenir est le temps des étrangers

espèce de vieux chaman !

il rit avant de finir

: 9

sa sueur est un nectar

il est le bâtisseur de montagne

il porte ses mains sur un nouveau visage

d’une lenteur… !

il a le sommeil léger des condamnés

il a tout démenti

désormais il ne répond plus de rien

comme les pas à pas d’une corolle

une fleur qui perd son âme

: 10

il n’a souffrance aucune

les tombeaux de sa tête se figent

la part de lumière dans la Ténèbre

la noirceur qui traverse la lumière

tout équivaut à son Dieu

il prie les anges et les prophètes

il se souvient de la crête de son être

il revoit le commencement des jours

la fin du poème

: 11

il vit une lutte incessante

il ne connait que le travail

et rien n’est bâti

combien de temps avant l’achèvement

il n’est jamais en paix

ses mouvements sont irascibles

conscient du peu qui lui reste

il va prendre ses distances

et du repos

: 12

du fer antique

réduit compact martelé

une taule de voiture froissée

tout au long du noir sillage

votre sombre esprit vous quitte

vous le devinez dès les matins bleus

aux lenteurs et aux gestes approximatives

vous vous enlisez dans les confections intérieures

voyez qu’il se trouve des gens bien

Porte Dauphine

enlevez vos chaussures

allongez vous

fermez vos yeux aux alentours

rentrez dans le noir du charbon

écoutez votre propre musique intérieure

respirez calmement et avec délectation

vous êtes sur une herbe artificielle qui pique

surtout ne bougez pas sous l’ombre du sycomore

comme un meuble caché aux regards distraits 

un vieux tableau accroché au mur il y a longtemps

vous vous souvenez du bleu du ciel : l’épidémique !

élucidez le mystère de votre plus grande peur

restez au-delà de la fermeture du parc

Orages

À Isylle. Et à Rémy.

ceux qui te souhaitent une belle vie,

sache qu’ils t’ont écarté de la leur.

mes lèvres noirs soufflent sur le soleil couchant l’origami enfantine

la traversante pluie cogne le vert émoussé des vitres de nos voisins lentement

un Je qui n’est pas le je que je connais dans mes délires et mes vagues élucubrations

j’ai réinventé ma vie jaunie en pleine conversation comme Forest en Alabama for ever

redécouvrir la ville que j’ai quitté et je jure de la parcourir habiller d’une âme de pèlerin

j’irai au secret et aux noirs tourments de mon cœur comme être là et ailleurs

je mourrai pauvre et abandonné de tous entre autres balivernes que tout le monde semble l’ignorer

Périgueux. Été 2014.

Passage

À Sihem.

je suis assis au bord d’une banquette démotique

voisinant des journaux humides et abandonnés

la peuplade d’Afrique tient le cap sur l’Europe

seul je m’écrase sur le grand verre automnal  

le ciel est gris, un enduit gras profond

ils ont des huiles sur le corps pour leur dernière traversée de la saison 

de l’aurore jusqu’au vert matin

tu portes le nom des jolies fleurs

comme une étincelle sous tes yeux

le marathon sacré d’une autre

tu m’apprenais par cœur le mystère des voix de l’homme et la voie des chemins qui mènent, je revois ta grâce de reine à l’horizontal dans une mare aux grenouilles.

L’étoile du Sud

… Sous un portique d’ardoise viennent rêver des bergers sans troupeaux.  » Un soir comme les autres. Jean Claude Pirotte.

comme un sentier dans le ciel  

parsemé de clairs étoiles

le berger suit le sentier 

les clairs étoiles tombent

le berger trébuche et tombe  

il contemple la dernière étoile du sud

les deux mains sur sa tête

la colère gronde dans son cœur   

qu’il va d’épuisement jusqu’à son éprouvette

le ciel change et ne l’atteint pas

je suis semblable à ce berger  

sortie ébouriffé d’un rêve à peine achevé 

sentier des célestes idées

qui nous voilent le paradis pour l’éternité

Jour de vote

toile rajeunie                                                                           salut à nos femmes

du rabougris                                                                           au revoir aux chrysanthèmes

comme tu souhaites                                                              et puis oui

belle silhouette                                                                        verte tige

vestige céleste                                                                        dilem du témoin

                                                                                                    voisins

comme âge

âme d’écolage                                                                        et mesgoule le mulet !

magie d’éthique                                                                      gris merveille

moderne ethnique                                                                 coupures fines sur une lamelle

yeux mousselines                                                                                   

de noir                                                                                       vieille accroche

coléo                                                                                          couleurs

noix de coco                                                                             rien dans les urnes

Penser les mots

j’ai l’âme d’un rossignol dubitatif qui cherche des perles de diamant pour son bec. au lieu de ces épreuves méditatives, je me penche sur les déboires d’un ami esseulé :

les froufrous de la chandelle sont d’un charme à souhait

vos yeux cernés détruisent la lueur du platane d’orient

elles étaient l’expression vibrée de votre propre solitude qui tombe

comme trois mois de courtisanerie tombent à l’eau

ainsi se dérouler tous nos dîners… et puis une autre est venue, elle s’est posée sur mon cœur de toute part, de toute part mon ami …

elles sont bien dans leurs corps // elles sont bien partout ou elles passent  

…nous avions des choses d’une simplicité cruciale à nous dire 

le vague à l’âme s’est emparé de nous  

laissant des grains de sable dans nos bouches

je prends le volant de sa voiture, seul et désœuvré ( comme seul le désœuvrement nous tient lieu de lecture ! ) je balade mon mégot éteint entre mes doigts, j’entends le bruit du moteur de la voiture sur l’asphalte, et le tonnerre …

peut-être que ce soir …

Léon

À Célia.

le bleu du soir est opaque    

les guirlandes en papier déchirent le ciel   

s’expose sur les vitrines la grande armée

les traits obscurs des dieux marins

discrètement brille parmi les ruines et les torches

la magnificence d’une reine au vieux turban

son règne est diaphane sous l’égide des hommes et son ombre est rouge

comme l’aisance d’un corbeau blanc et sa transparence

elle parcourt les dédales d’une toile d’un peintre antique

la masse insidieuse des lumières sombres

après les trois derniers coups de gong

on vilipende sur la place Auden ( nous sommes trois ! )

cette ultime fête s’est ouverte sur les danseuses étoiles en coulisse

nous rêvons d’un être plus intègre qu’une danseuse, soupçons… ces êtres sont dramatiques !

lune linéaire sur les planches courbes et folles

les hérauts nègres sont des funambules à l’œil moite

Cette manivelle, quel automne !

ma main contre la vitre cordée

un long froid à la décharge me saisi

j’épouse l’ampleur de ma douleur

silence d’aviateur à l’encontre des ondes endurées

ceux qui comme moi immortalisent temporairement

en prenant la main des éphémères

ou me manque subtilement le parfum des fleurs

désirs, brièveté et intuition à l’honneur

trois feuilles de tombés dans l’instant, – sexe fertile, c’est vrai ! 

que je savoure mollement…

en cette nuit d’hiver aux nuages très bas

j’affiche la teneur du velours caché de l’hymen

petit rappelle à moi-même : apprendre à maîtriser l’art des fenêtres...

Les guêpes

dans ce fier monde

et nos greniers poussiéreux  

les guêpes trouent le ciel et la toile

de nos vaines araignées

desquelles l’esprit d’un enfant reste captif

les honorant de fourmis dans un long linceul

l’envie qui lui prend de hurler fort

 : CATACOMBES !   

comme prendre son envol plus qu’ici qu’ailleurs  

et matérialiser le ciel

peut-être même se déverser dans l’estuaire

comme se marier à la saison des couleurs             

ces mêmes guêpes touchent de leur dard de feu

le ciel de nos chairs meurtries

ce sont là des pensées d’un docte fou

au milieu des champs d’avoine en flamme 

Un petit conte d’hiver

avec l’œil du cœur j’écoute l’espoir luire et ne me quitte jamais

ils rentrent au port inquiet

une cloche retentit entre les poteaux de fumé 

la lune est pleine et s’est éteinte pour un temps

ils sont ivres de sel, des mers et des vents. leur soute d’hiver est pleine de coton venu de Skikda. de cette ville aux péripéties prophétiques, ils gardent un mauvais souvenir…

je vois les visages des marins sortis tout droit d’un Goya, les contours des corps rivalisent de promesses inachevées. – des olympiens à la plante des mauves ! 

sur le pont du bateau amarré, ils s’affairent et chantent dans une langue étrangère :

A nous, à nous le bel horizon  

Nous sommes des baleiniers

Ma Fatou est chez l’aumônier

Ali Alo voilà le harpon !

A nous, à nous Dublin !  

et cetera.

le tout dans un je ne sais quoi qui revigore leurs survies 

stone sur les quais de bois et dans un froid brouillard, j’espère qu’un jour je connaîtrai cette paix durable intérieure dans la marche.

dois-je expier ?

chaines frêles d’ici et d’ailleurs …

Climats torrides

les démons de la nature assèchent les illusions de ma chair malléable :

mes manquements à la soif, cent fois répétés… ! 

seul cette mémoire me tient captif

le vent souffle sur ce qui reste de mon territoire

… refuges et désœuvrement !    

le changement s’est intensifier

dénommée : ruine

ainsi vont les tourbillons

dans l’âge du cœur

un sablier où le sable ne tombe pas

se lève au milieu de la brume les paroles oubliés :

l’ensemble des vivants : ô sombre forêt, rendez-nous s’il vous plait sa dépouille, nous nous acquitterons devant les morts et les vivants … 

il n’y aura pas de cérémonie funéraire

il n’y aura pas de coups de feu

le point de vue du mort : les guerres intestines font encore des émules

un loup gris se penche pour voir…

Une cascade de pluie

À Ghiles.

au-dessus de la clameur

des noirs sons 

je retrouve mon lit de coton

et la littérature

qui berce mes mauvais sommeils

le sable des siècles africains se frotte

aux parois de l’instrument    

je repasse sur ma folie

et l’époustouflant chemin

des non-retours

les amoureux du pont de pierre

s’embrassent comme deux

à l’abri des étoiles

une fine pluie mélodieuse

s’entend 

une femme élancée

chante un vieux refrain rock’ n’ roll en français

le rythme démentiel

est un sous-titre en chinois

à ma perdition

les amoureux du pont de pierre s’enlacent

dans les vents nus du soir

comme sa délicieuse rengaine

que je lui reprends

des lèvres imbibées de gloss

les deux mains humides

et à plat posé

sur sa longue épine dorsale

une fine pluie mélodieuse

descend 

j’avais loin d’ici les yeux posés

sur une pierre tombale

la boucle est bouclée

comme un sein

et j’aime mes tentatives de résolutions

La scène Tizi-ouzienne déraille

radieux l’abécédaire qui s’est cajolé

de la flûte d’os enchantée

de nos petits miracles quotidiens

les espoirs purs où se dilatent nos rétines

les après-midis d’amours imaginaires 

nos rendez-vous clandestins

la folle tendance qui déferle sur les anniversaires

l’exubérance de nos soirées du ramadan

les jeux de conquête et les chemins d’aventure

la scène Tizi-ouzienne pulse nos cœurs

le plus laid de tous porte un joli parfum

ô les beaux jours ! ( ô les belles têtes de chou ! )

– ô les impénitents ! – ô les petits diablotins ! – ô les vieux crapauds !

nos chiens errants fêtent les orphelins

les fragiles liens qui nous tiennent en halène

ou sont passé les carcans de la coutume ancestrale ?

nous nous souviendrons de la lyre du mémorial Jugurtha

le tigre qui glisse sur nos rêves de saphir

nous suivons les courtes et les espaces hors de nos palais

nos fronts hauts ornés d’étoiles

nous festoyons et nous hurlons notre joie à la face du monde

peu nous importe les lendemains réfractaires et moroses

les cieux envieux du bonheur de nos frères et de nos sœurs    

envieux de cette mosaïque d’âmes flamboyantes de mille feux

n’ayez crainte, restez restez restez !

nous avons une police urbaine qui guettent les incartades

Les aînés de l’automne

qu’est ce qui fait bon vivre

sous le soleil

froid

et la lenteur des jours 

sans pareil

je me promet d’aller

sans faillir

au gré de mes envies 

et faire des vents

pour toujours mes aînés adorés

je voudrais revenir

comme un mouchoir blanc

aux temps anciens 

et humer le parfum des fleurs

du pays incertain

m’en sortir le cœur plein

de petites impôts

et me sentir

grandir

comme un homme éternel ! comme un long fleuve hindou !

quel autre pays

me noie

à l’aune de l’amour

avec ses habitants millénaires

qui insufflent la démesure

ô que mon beau pays me manque

dépouillons-nous…

et tâchons d’apprécier

la beauté de ce bas monde

comme les cormorans

or, entre les continuelles pluies

et mon apanage de brulures

la plèbe se lavent l’âme

sur des reflets poreux

d’une madrigal

La mort de Willem

il y a ceux qui se consument comme des chandelles

à moitié conscient de ce qui crève les yeux

d’autres ne sont que des résidus de la folie

et qui tuent

il y a des jours sans pareil miroir

dévorez vous les uns les autres, je suis innocent

mon cœur douloureusement en peine

de la si pauvre âme

la vie est un coup de couteau

accepté résolument en pleine poitrine  

s’éteindre d’une mort seulette

comme un vendeur à la sauvette

je veux extirper et extraire ses essences

ou me taire

tristesse originelle de Kâbîl

en finir de trop s’achever soi-même

je n’ai plus de visage pour vous mes amis 

tout a la cendre étalée 

sous le bleu du ciel de Tizi-Ouzou 

l’air est toujours bleu

je souhaite seulement être là-bas

de l’autre côté du réel     

Car, j’ai flirté si longtemps

À Thara.

j’étais en deuxième classe science

j’avais mathématique

il faisait encore nuit je crois !   

il régnait une odeur d’étable endormie

une sorte d’ambiance préliminaire à la connaissance

il est rentré comme à son habitude

j’ai avancé vers son grand bureau d’aplomb

je l’ai fixé nette du regard

il restait crédule

j’ai sorti mon glock de sous mon pantalon

mon cœur battait fort

j’ai tiré

le bruit de la détonation a tout anéantie

le silence sanglant a plongé l’oubli dans mes jours

La table

Dans la sylve elle tombe, sans lieu choisi, mais là elle germe, comme un grain d’épeautre montée en scion, puis en plante sylvestre, les harpies qui se nourrissent de ses feuilles, lui font douleur, et la douleur fenêtre…  » L’enfer, Dante Alighieri.

son assiette fluette

s’adonne

à

la frugalité des sens décuplés

dans son parcours du pain noir

celui qui te serre les dents  ( le noir est un accident ! )

il sort son pied du marbre italien

son âme trône dans un palais de saveurs blanches

outrecuidance opaque ( un homme qui s’alimente en regardant le ciel ne peut pas être tout à fait mauvais ! )

il voit de gentilles spectres

en deux temps trois mouvements ses mouvances vite enfuies

il finit avec une crème, un café

il paye l’onéreuse addition

il sort

Conduire une danse

À la ville de Constantine.

du soleil à gogo qui se verse

il pleut dans mon poste radiophonique

les phrases hachés des belles passantes et inconnues

le souvenir d’une aussi belle boursouflure

je démarre en quart de toi 

la carriole flotte dans le contre espace de la rumeur

mes renoncements successives et la reprise des rires francs

comme ceux qui rétrogradent la vie au point mort

ma prochaine halte est le cimetière où reposent mes ancêtres

en apesanteur entre le ciel et la gomme de mes chaussures

Tablier

le ciel est court

dormez bonnes gens, la ville veille sur vous

figure d’enfant déluré

bleutée jusqu’aux deux narines

définitivement parfaite

vous projetez, vous ne faites que ça

la puissance renouvelé des absents

quel est ce refus de vivre  

le poète a des représailles médiévales

finie la récréation chevaline

exaltation des peurs et des états souverains

de l’oxygène dans de l’eau noire

le pli transcendantale des âmes

se consument comme l’orientation des blés

clarté de la ténèbre

mes semelles sont aux quatre vents

prix d’un rêve solitaire

les fonds d’un cœur bateau solitaire

maison du silence des nuits

tu es l’enfant des arbres

chère lèvres fondues et désirés, je te désir …

négatif d’une étoile qui brûle

battu a plate couture

tout semble de noir halluciné

vous étouffez d’interminables cris

vos innombrables vies !

Soliloque

combien seul sur une terre étrangère

et dans le noir de ce jardin

me reviens ton image radieuse que je touche

dans toutes ses aspérités, mon chemin …

à chaque grand virage tu n’as jamais cessée de m’aimer

sur toutes les tours de garde et devant les âges

notre relation aussi bref qu’elle fut été intense, rare et sublime   

c’est de tes gestes, tes lèvres accueillantes…

je peux encore sentir tes bras autour de moi

je te pleure, mon amour perdu

je me laisse descendre dans l’œil du silence

une perle qui coule à jamais

combien il est difficile de construire sur le long terme

je lis sur cette dernière seconde la nature de tes imitations

toi, tu es étonnamment une femme

dont j’admirais plus que tout la conformation astral

te souviens-tu des arbres qu’on a capturé en photo

j’y suis aussi fantasque qu’au cœur des nues, ma source de calme et de régénération

Enfance

durant les années de mon enfance

j’arpentais un cimetière laissé à l’abandon

seul et environné par le silence

j’allais cueillir pour des hommes des plantes sauvages d’été

je ne m’approchais jamais de celle qui était sur les tombes

même si je les lorgnais que d’un œil ! 

je n’oublierais jamais mes amples vêtements

( selon la perspective économe de mes parents ! )

et ma casquette Mickey Mouse qui couronnait ma tète

sous ces cieux idylliques

l’air était pur comme de l’or ou rien ne s’étale

j’avais un cœur ornemental qui me semblait beau

c’était le paradis ! 

l’enfance ne se sait pas

dernière rive d’insouciance avant que mon âme ne s’enténèbre…