l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie


  • Clin de l’ombre

    Je ne me faisais plus d’idée sur le couple, comme ceux que l’on voyait sur les magazines, encore moins sous le sacrement de l’état Le paillasson où tu t’essuyais gentiment les pieds Tout m’amenait à notre rencontre, – Est-ce que tu voyais ma peine, me répondras-tu un jour ? Je comprendrais peut-être le message du manteau que tu m’avais offert

  • Alchimie

    Il y a des jours où il aurait fallu ne pas se lever Et, c’est ramadan, encore Je ne sais rien de la purge, comme d’une aumône J’aurais communié, de l’ouest aux confins Je me surprends à dire au téléphone pour annuler un rendez-vous : Traversée des enfers ! Je vrille et ce dedans, dessous mes paupières, ma gorge, – Douleur… , juste douleur !

    J’écoute Ne sois pas triste de Serge R. J’imagine de la voix de la cantatrice : Si tu me choisis, ne sois pas avare, viens t’allonger avec moi sur l’herbe ou sur ce lit d’hôtel ! Je relis aussi un poème qui évoque des adieux, en 38 vers J’ai inscrit, autrefois, un poème sur ton front, avec un souffle tiède Je t’attends, faisant en sorte de ne pas fendre en deux

  • Une chose est encore possible

    Tu n’as que la moitié du ciel, l’autre est cachée par les arbres J’entre en silence, comme un témoin, du ciel tombe une pluie de laine, – C’est le fils ? Le conducteur rouge Je gèle au bord de mes souvenirs, où s’y colle de l’amertume, aussi Je balaie de mes yeux les alentours, les pierres et les écorces qui s’évaporent Auprès de ta tombe, je pleure

  • En aise

    Il y a des nuages gris au goût du passé et des arbres, sombres comme une allumette Nommons-les la vue, ou peut-être ! Je ne sais quoi faire de cet ordinaire éméché, de mes fêlures… ! Devant la baie vitrée, ma tête posée sur la grande paume, je pense à vous, au pays, sans chercher L’heure tardif pousse à l’inventaire des ruines, celles que je viens de quitter Je crache de la fumée, une ombre bleue file, aiguisée selon la nuit, le sol, – Est-ce un mirage qui danse, un rêve incombé ? Je n’entends jamais rien de ce qui se trame

  • Je rate mes stations

    comme sur une feuille où je me perds

    comme un escargot plus sûr de sa trajectoire

    comme la lune est une amie

    parmi des poètes présents quelque part sur place

    et aujourd’hui

    : l’examen de conscience pas fait, le vent d’ouest pas senti. 

    : le soleil pas vu, la fille aux yeux d’émeraudes pas vue.

    ( elle est toutes les inconnues sur les quais ! ).

    j’ai saisi cependant une tête de Picasso

    tournée de trois quart

    je n’ai par contre qu’une et ce n’est pas la mienne

    je tends mon regard jusqu’à l’étoile proche 

    elle danse, trépignante comme toujours, merveilleusement

    dans ce monde des possibles

    il me faudrait ouvrir les bonnes portes et les mauvaises 

    et sur le seuil de mes contrées sauvages

    une petite ecchymose 

  • Par les épaules fuyantes

    elle n’était plus jeune du tout

    et se tenait devant un comptoir

    ni assise ni debout

    seule, évanescente buvant un mojito

    comme sortie d’un conte du terroir

    autant dire une apache

    elle avait perdu tous ses automnes partout

    je refermais mes yeux pour mieux la voir

    elle flottait comme une vierge tibétaine, hautaine

    inondant mes oreilles du souffle chaud de promesses infécondes

    avec le plus grand calme

    une fourmilière dans sa main droite !

    je détestais cette façon de me voir

    sans me prêter une attention particulière

    de me rappeler la viande pourrissante

    et froide que j’étais

  • Rêves tranchants

    à Hania.

    nous partirons à la campagne

    nous nous réserverons des marguerites

    pour la fuite du temps

    les nuits plaines de douceur

    nous ferons des fêtes cataclysmiques

    il y aura même des anges qui tomberont du ciel

    sur nos têtes nues

    je me coucherai prés de toi

    tout le long du jour des marchandes communions

    nous quitterons les lieux sans crier gare

    sachant pertinemment que chacun de nous

    aura une dette envers son humanité

    nous échangerons rien de cela

    juste la joie de nous voir mutuellement

    dans le blanc des yeux recouverts de suies

  • Un baiser

    embrasse-moi // embrasse mes mots // embrasse-moi encore // embrasse-moi partout // embrasse-moi sur tout // embrasse mon corps // embrasse mon ombre // embrasse moi magiquement // embrasse-moi fort // embrasse-moi sur la joue // embrasse-moi passionnément // embrasse-moi fougueusement // embrasse-moi avant la fin // embrasse ma vie // mords-moi si tu veux

  • Une nuit aux orients

    à Elhadi.

    Ce qui excite

    Chez moi

    Ma tribu… ,

    Ce sont mes pulsions

    De mort

    Sinon ma vie ordinaire

    Renversée

    De vieille loque

    Point

    Et, j’ai peur

    Qu’ils me jugent

    Comme je les toise

    Avec ironie

    cette nuit m’appartient

    où je me coule

    je la vis éloigné

    boulversé par son immensité

    je me sens seul

    je n’avance plus et me reprends

    je n’ai plus peur du désert

    de mes paroles de tous les désastres

    quitte à les payer des années durant

    à travers mes errances

    je vois des étoiles plombées

    et j’ai creusé de mes doigts la terre froide

    je vis éperdu en amour

    et je ne peux aimer différemment

  • Ancestral

    tu fais la différence multiple

    le système te protège 

    et te vexe, sans limite

    plus de confiance en tout

    dire des mots… ,

    sans les mots et plus d’entrave

    il n’y a de rêve possible sans arpenteur

    le soleil bouge le renouveau des chemins de fer

    te scalper serait un rite

    bafoué par tes vanités

    j’ai plus que soif

    : o la terre s’est faite pour des hommes libres !

    dire des mots… ,

    sans les mots et plus d’entrave

    il n’y a de rêve possible sans arpenteur

    le soleil bouge le renouveau des chemins de fer

    je te conterai 

    et quand le jour sera

  • En ton nom et devant toi

    J’ai rêvé

    J’ai tracé ma voie

    Que tu rattrapes 

    Que tu agrippes 

    Je n’ai plus rêvé depuis

    J’ai succombé sous le quotidien

    Du rythme de mes pas

    Aux battements de mon cœur

    Je doute pour rien de tout

    D’ailleurs

    je souhaite en cette nouvelle lune et celle à venir

    perfidement, comme quelque chose qui n’est pas encore

    le cœur d’un soleil qui ruisselle, sourdement

    sur tous les plans et n’impote où

    je souhaite innocemment que la terre

    se liquéfie en eau de jasmin

    comme la mobilité de ma psyché

    enfin, peut-être !

  • Ce n’est pas bien grave et j’apprécie la douceur

    Je me dis comment un pianiste

    Joue avec la main gauche

    Daniil T. Ou Evgeny k. ?

    Le plus virtuose avec une partition

    M’est indéniable pour ma clavicule

    Le vague à l’âme l’un ou l’autre que j’écoute

    Leurs génies précoces

    Il pleut

    Et demain, je vais peindre deux portes

    j’ai suivi, j’ai parlé… , entre les immeubles au clair de l’étoile

    les lumières du soir superbes comme des flocons de neige

    et les voitures qui bruitent sur l’asphalte mouillé

    j’ai traversé comme un seul dans les rues désertées

    j’ai passé mes abîmes par le Triangle

    non plus pour une réconciliation

    avec l’autre, avec sa langue

    mais le compromis

    comme il y a quelque chose

    qui émane de moi, une déchirure… ,

    qui tiraille qui tenaille

    sans souffrance aucune

    de ma profonde nature

    la charité peut-être

    me sauvera

  • Souvenirs

    hommage à Kamel M.

    Couvertes d’une peau transparente

    Et nue

    Elles hantent les espaces

    Et le vaste théâtre

    Laiteuses ou d’ébènes

    Ces mains poussent la terre

    Comme sous un soleil nouveau

    Leurs veines bleues souvent versent

    Le sang qui bat fort

    L’œuvre de la fileuse des destins

    Et du hasard, simultanément 

    Les tressent, les liaisonnent et les portent

    La normale greffe de sueurs 

    Une onde

    aujourd’hui contraste avec le 5 juillet, calme

    au-dessus de mon épaule se tient l’oncle

    on aurait dit un de ces films anciens western spaghetti

    avec de la poussière du chapeau jusqu’aux santiag dans une cabane en bois

    l’assiette sur la table de petits-poits où surnage un asticot blafard

    et à cette table un petit homme qui serre son ventre de faim

    et dit intérieurement : Laissez les asticots en paix, surtout les blafards !

    le petit homme est demeuré scotcher

    la voix intérieur est sa langue habitant un lieu

    où il a un inventaire de ses rêves éveillés

    comme s’ils s’installent insistement et longuement

  • Qu’il suinte sur mes transparences qu’il suinte

    à Lounis.

    Personne n’apprécie qu’on la considère

    Comme elle nous traite

    Ecoute et réponds à ce qu’elle dit

    Avec trois coups du cœur

    Comme pour saluer

    Le poète

    le temps que tu me prends

    tu le rends hors des bonnes limites

    tu es partisan, révolutionnaire… ,

    dans ta poétique, le faire

    quotidien

    est ton héritage, le nôtre

    tu cohabites avec la folie du monde

    et le délire a à te dire

    persuadé de ton souvenir

    tu essaies de l’espace en toute chose

    toi qui m’écoutes, je t’aime

    tu réaliseras peut-être

    que tu m’aimes

    j’ai la nostalgie de ton bonheur

    qui est multiple et au fond

    qu’importe !

  • La canta mécanique

    déjà,

    le mouvement initial

    à advenir

    fluée

    pas plus haut que trois pommes !

    je ne vous cherche plus

    ô stalactite blanche !

    déjà,

    l’anciennement

    de ma vie profonde

    retrouvée

    sur mes lévres vos airs funébres !

    je ne vous cherche plus

    infernale ô tant de saisons !

    les notes sont ouvertes aux envolées

    où il n’y a moyen d’étouffement du sens

  • Quinze années où que j’erre

    d’où vient que cette bête

    traquée à l’agonie

    et quel sacrifice !

    je veux sentir la mélodie de vos cheveux.

    je n’ai pas de sandales

    mon nom hérité de béni soussan

    est Sans nom

    une longue histoire

    d’olympiade

    qui refuse de se nouer de se torde

    j’ai les deux bras cassés

    souahéli

    sans monture non plus

    de part en part du monde se déploient vos rêves.

    avec ma tête revêche

    sur mon cœur 

    un escargot trace des fils blancs, votre ouïe !

    il fait tiède et calme 

    je cherche une consolation dans les dattes

    à peine mûres

  • Je ne m’inquiéte pas

    je n’aime pas ma vie

    lorsqu’elle m’échappe

    je n’aime pas ma vie

    elle part en vrille

    je n’aime pas ma vie

    elle est tristounette avec des dragées en bouche

    je n’aime pas ma vie

    et j’adhére à celle des autres comme au dehors

    je n’aime pas ma vie

    et je cherche l’amour

    je n’aime pas ma vie

    et je descends alors dans les rues

    je n’aime pas ma vie

    et je me sais dans l’erreur comme chaque fou !

    je n’aime pas ma vie

    et je vis dans le brouillard

    je n’aime pas ma vie

    ou peut-être que ma vision se trouble

    je n’aime pas ma vie

    mais je ne m’inquiéte pas

    je n’aime pas ma vie

    et je vais essayer de me purger

  • Dar au mille étoiles

    l’universel

    de deux réalités qui se font

    deux lunes argentées

    sous le ciel et sur la terre

    les ombres et la fête

    une nuit qui ne céde rien au jour.

    une douleureuse

    en lieu divin

    ainsi je l’entends

    enclin,

    aux eaux claires

    je fais un somme.

    arraché de mes horizons

    je suis d’une lignée

    et en colère

    je sais l’agonie

    et le rejet

    de là,

    parmi les bleuets ou les roses

    côté cour

    je murmure dans les nuées

    chante le Béni

  • Je crois y avoir vu souvent

    Bonjour Monsieur, votre dossier est complet

    Reposez-vous dès à présent

    Et goûtez… ,

    Voyez-vous, les granulés sont le futur

    Avec ce froid

    Comme pour votre bouche de perroquet 

    Au suivant… !

    Zéphyr zéphyr des étendues

    au près l’écho 

    j’ai suivi au désert

    ta courbe qui vire au rouge 

    et qui s’obscurcit

    j’adhère goulûment à tes dons  

    comme un air de déjà vu auquel je joute 

    et je rêve sous un voile stellaire

    et je rêve de la nuit

  • J’ai laissé un peu de moi un peu partout

    Il fait nuit

    Ou presquement

    Jamais les étoiles n’ont étaient aussi belles

    Les palmiers me bercent si doux à l’oreille

    Je rentre chez moi

    Il flotte

    j’ai rencontré le désert en une galette

    au passage d’un post-frontalier

    il y avait un soleil bleu et partout de l’eau claire

    et mes yeux au réveil dans des taxis jaunes cabossés

    plus loin une vipère embouteillée par un chasseur-pisteur

  • Si je peux en images animées

    la terre est jolie

    tout le monde est joli

    le monde des jolies choses

    FIP le dimanche matin c’est joli

    partout c’est joli

    même au-delà c’est joli

    les tableaux verts ou noirs sont jolis

    un bar portugais c’est joli

    les quais c’est joli

    les filles en terrasse qui fument et parlent fort sont jolies

    l’écrire de joli c’est joli

  • Peut-être un mort parmi les ombres

    Tu la reconnais follement en ses ultimes adieux

    A leurs brièvetés magiques

    Tu ne sais qui tu es de l’ici de sa bouche

    Sous les dards… , derrière les barreaux

    D’une aube un vendredi !

    tu as vingt-et-une raison de t’en fuir

    et ailleurs autant à l’oubli

    pour te vivre

    malgré qu’il ne demeure quelquefois

    que le dégout

    pour celui qui part

    avec ses nervures

    son cœur

    appris comme une soucoupe

    de pâte blanche

    asséchée

  • L’une est de là

    Va t’en

    Reviens samedi

    Tes mots on n’en veut pas

    Ton coeur pur

    Hurles le sur tes supports

    Ton exit !

    Tes pensées flottent

    Sur les ailes

    D’un papillon de nuit

    Qui sonne jaune

    Comme un téléphone

    Sous l’oreiller

    s’il ne se trouve plus grand monde autour

    si la vie ne vaut presque rien à tes yeux

    tu te désoles et ne te dissolve pas, tiens le coup

    dans une certaine pudeur, une intériorité, il y a le courage

    de chanter, d’effiler tes lambeaux et d’aimer

  • D’un soir l’autre soir

    mes prières mêlées

    aux lointains de la harpe arabe

    nul ne peut me délivrer

    sans promesse de salut

    à l’effarement

    aux troubles est jetée ma vie

    grandir comme les autres

    passer les paliers

    comme des échos et des vents lointains

    sur mes souvenirs en retentissant

    me délient et m’éventrent… ,

    vous vous figez devant le vide de vos pensées

    vous y demeurez in-extirpé

  • Pelé

    il y a parmi nous… , parmi ceux qui s’aiment, un visiteur ! il se déplace dans l’essaim, intéressant que je m’enchaîne… , ce visiteur revient à moi, et rêve, et de quiétude !

    le ciment est leur avenir… , que tu creuses ! il fait presque beau, il fait quoi le il ? dans mon coeur qui ne boit plus le plat. catapultés, de nous deux qui crache le plus loin ?

    je l’observe et me mobilise, le long de sa trajectoire, de mon regard jaune dans l’oeil… , ses yeux violets sont un reflet au coin ! il longe les rues à gauche, sa tête sur les facades

    les crocodiles remuent à l’orient du fleuve, et des frissons ! derrière le bleu, le noir ou l’inverse, une arrière-saison, la moussant ! je ne le contredis niet. lui, moi, sommes blancs

    est-ce que tu danses sur tes mains ? est-ce que tu danses avec moi ? l’esprit revêche, je pense à nous, comme un Renoir. je me sensitive o combien de fois vivrons nous ce jour ?

    si j’avais à choisir

    un autre jour dans une bassine

    une olive magique qui macére

    je la mettrai au feu

    après la miette sous les dents !

  • Parler de tout sur presque rien

    à Chouaib.

    lorsque tu prends un savon neuf

    c’est presque inévitable

    qu’il glisse

    et te tombe des mains

    c’est tellement bête

    il n’adhère pas tout à fait

    de suite

    jamais au gant

    de toilette !

    des chutes imprévisibles

    sur un nombre incalculable de fois

    ce n’est qu’après

    un usage négatif ?

    d’utilisation

    qu’il s’emboite parfaitement

    dû peut-être à la mousse

    et seulement là

    tu prends plaisir

    à une douche

    de propreté

  • Au crépuscule

    à Lionel.

    à sang et à fumée

    sans qu’il n’y est

    un court-circuit

    enlevé

    me sauve

    de mon cou

    de boue

    lapé

    par les saletés

    et les oublier

    le premier

    à m’illusionner

    sur mon état

    foudroyé

    dès le berceau

    ( je doute fort qu’il se réfère à celui des civilisations

    que chacun entend autre ! ).

    même si je ne ressemble à rien de banal

    de reconnaissable

    de gouvernable

    d’apprivoisé

    derrière le miroir

    un foutoir qui fait touche

    une baignoire

    rideau

    l’exil

    : territorial – intérieur – de la langue

    ( rien de tel pour se réjouir ! ).

    est-ce que la peur

    de finir idiot

    me rend

    déjà inquiétant

    bancal ?

  • Comme les blés verts

    sous couvert

    du conte

    on dit aux enfants

    enchâssés

    que le tonnerre et les éclairs

    là-haut – tout là-haut !

    signifient

    le mécontentement de Dieu

    et qu’une fois seuls

    réalisent

    leurs premières angoisses

    métaphasiques

    alors que l’Omniscient

    réside en leurs cœurs

    qui envisagent

    déjà l’issue du tombeau

    – ne pas connaître d’enfants

    est un privilège

    le plaisir d’impuissance

    devant un océan de liberté !

  • Avec plutôt qu’à moi

    j’ai des frayeurs, – où sont mes clés ? je palpe alors de mes doigts les poches

    oh, non, elles ne me font aucunement écrire

    elles se prolongent en une sorte d’entretien, des pucks

    j’ai des frayeurs nocturnes, aussi, – où est-ce que je suis ? où est passée ma tête ? il y a de l’eau partout

    avant que ne survienne un apaisement momentané

    en faire le compte par jour, oh que non, je m’y refuse !

    mais elles doivent approcher le nombre d’un vétéran en état post-traumatique

    j’ai des frayeurs, froides, comme les ténèbres

    et j’y tiens… ,

  • L’un.e, d’eux, moi

    à ce bout du monde… ,

    qui est la méditerranée !

    à ce bout au bout duquel

    je dis que nous ne sommes pas égaux face au deuil

    et que ce monde est hanté par des orphelins !

    à ce bout du monde… ,

    à ce bout qui est un cimetière !

    je dis que je joins à toi mon bout du monde

    et que ma tête ne tient plus… , que les visages s’agglutinent

    au fond de ma mémoire, sous ma ligne de cœur

    à ce bout du monde qui est une tragedie !

    à ce bout du monde qui est un graphe !

    je dis en mon cœur ce que ne mènera pas l’un

    un autre plus loin encore le poursuivra

    et l’évacuera sublimé

  • Inconsciences

    sous une aile // avec une présence // devant un visage

    qu’une personne me tend la main pour moi-même

    et retient la mienne, comme une prière !

    que je palpe à son cœur diffus, j’y songe et elle le sait !

    qu’une vie y soit écrite à l’encre du silence !

    je secoue mes mains // je secoue mes bras // je suis tout eau

    je me sens hors des saisons, de l’espace où que j’erre !

    je me sens pierre qui fuse, rayée

    entre l’immobilité et le ruisseau !

    je me sens comme certains oiseaux qui font du surplace

    et ondulent seulement de bas en haut !

    très intriguant, une fissure

    je me sens moi et sors ce lundi à l’aube

    je me sens parfois moi et entre comme un dimanche !

    le temps linéaire, je m’en éloigne

  • Un calme matin

    de la genèse

    du soufre

    de l’air

    de la buée dans un verre transparent !

    et là,

    le ciel que l’on redoute

    l’aube des braves

    des bonnes gens et l’horreur, évidement

    comme goûter aux mots

    à leur pouvoir

    l’essentiel

    me revient de l’ancienne école

    une estompe

    y jouer

    comme d’une musique

    les mystères de la terre

    entre toi et nous

    loin de tout et si près de toi, je me repens

    1 ) c’est une carrière de pierre qui boit le jour, rangée qu’elle me porte au travers comme un tapis, puis s’endort sur mon cœur. la même carrière qui fend le ciel

    2 ) calme est ce matin ensemble, nous deux dans la baie qui presque penche vers l’ennui, vers l’infini de tes bras… , que je formule, rassemble et réagence tous mes souhaits !

    qu’ont-ils dit depuis notre séparation

    qu’as-tu appris

    quand rentreras-tu, dis

    maintenant que tout me semble loin

    et si près de toi ?

    je te revois me sourire

    et quelquefois tu danses avec les ombres

  • La vie serre ses pas

    à Angelique.

    mes yeux se reposent parmi les arbres

    la marche raffermit ma voix

    … , si frais, si frais qu’un lupin sauvage !

    as-tu déjà vu une bouche souriante qui boite ?

    j’espère qu’un jour tout me sera égale

    j’espère qu’un jour je saurais partir

    au matin, un enfant

    avec un cahier entre ses mains

    descend d’une voiture

    rejoint deux troues au-dessus

    de ses pas, – à jamais je te salue !

    un jour un jour un jour…

  • Inter

    les enfants d’halloween : clown au sourire sanguinaire fois 2 – faucheuse fois 3 ( pas tout à fait propre ). dragon bleu – licorne – prisonnier zombie ( ils étaient frères et sœurs ). jason à la tronçonneuse ( il fessait vraiment peur ! ). pleureuse cernée de lave rouge ( pareil, effrayant une fille si triste ). vampire fois 2 ( comme Rémy, très rechercher ). squelette ( elle avait déjà tout compris ). casa de papel ( c’était je crois la saison une ). tête de mort en costume – chaperon rouge ( je disais toujours : chapeau en rouge ). zombi bègue ( il intériorisait drôlement vite ). blessée au canif – reine de cœur ( j’étais du côté des monstres ). pikachu ( vexé lorsque je le prenais pour une abeille ).

    *

    les premiers me disaient s.t.p des bonbons ou un sort, et encore ! je devrais dire des éponges, parmi tous les autres monstres avec des allergies et pas assez de moyens pour un déguisement

    je ne savais pourquoi les adultes dehors me paraissaient à bout, même à vélo ! tout était à la morosité, sous une impression que l’on ne me pleurait pas longtemps

    je n’avais qu’une envie : raser les murs et marcher mes yeux rivés au sol, ou sur les façades comme des balises de visages, d’images d’avant l’exil, des parfums qui remontaient

    parfois, moi, rien ne me réjouissait – parfois, moi, rien ne m’abattait – parfois, moi, un rien m’ouvrait un horizon

    il n’y avait que sur les quais que j’étais hermétique à tout. je me remémorais à volonté les voyageurs du pont de pierre et les poètes de tous les jours, vocalisant entre mes dents des onomatopées

    soudain, tout me pesait d’un poids qui ne me prenait pas, si décevant à moi-même. je hurlais soleil ! la fête foraine, ce cactus ! je la parcourais de biais. la roue tournait – tournait

    parfois, moi, il m’arrivait de pleurer toute l’eau de mon corps rien que d’une simple impression, une idée inaboutie, un mot lu ou entendu, un regard qui retombe

    parfois, moi, je ne pleurais pas – parfois, moi, je ne voyais plus qui me parlait – parfois, moi, je n’envisageais d’aller nulle part

    *

    combien j’étais idiot : néant.

    combien j’étais aimé : néant.

    il pleuvait comme du sucre

    comme une bouche – je n’avais pas de passoire

    parfois, moi, ce n’était jamais moi, à la limite !

    Aimé C. par ailleurs me faisait taire

    *

    sous un platane, échoué sur un banc, je déclinais une rencontre. on croisait de rares mandarins ! un peu plus loin, des amoureux se donnaient la main, encore plus loin, ma honte rejaillissait au jour

    tiens, une date résiduelle : 1 novembre, comme un pic au coeur… , gloire à nos martyres !

  • Ce n’est pas ton lit

    je me souviens… , je pleure… , je fume… , un paquet de tabac sous mes yeux !

    ( contient plus de 70 substances… ! ).

    c’était l’été

    c’était l’hôpital

    c’était une nuit de soupirs !

    je regardais par la fenêtre, sondant le désordre de mon esprit, allongé sur un lit dans une pièce vide

    un chat traversait un minuscule jardin, traversait ma vie. il tâtait. les quelques dattiers avaient une fière allure

    ( contient plus de 70… ! ).

    … , me souvenir ce soir n’est pas bon !

    et si j’essayais de cumuler une heure de je ne sais quoi de pur dans cette vie, de même la réponse est la mort

    ( contient… , contient plus de 70 substances… ! ).

    pourquoi je relis, il me faudrait une boite, moi dedans ?

    je revoyais des hommes de l’orient, à l’horizon d’immenses glaciers au crépuscule

    une femme gémissait dans ma tête, trois fois

    inconsidéré,

    je cri Écho Écho ! vortex

    mes parents, mes parents pour moi étaient comme les dunes

    pourquoi j’écris en peinture, sans lumière ?

    le cancérigène c’est moi

  • Cogner des clous

    remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier

    et puis, abjurer abjurer abjurer…

  • Esprit, cœur et âme

    j’allume, j’étreins… c’est toujours moi ! la lampe du bureau fatigue mes yeux, une veille artificielle précédé d’un jour comme un ciel d’été, quinteux

    je repense à mes amis qui ne m’ont pas appris à panser mes maux, à faire mon deuil, où sont ceux que j’aimais ? je les tuerai pour m’avoir laissé loin de leur aura

    — un tel, dommage… il avait un énorme potentiel ! dommage ! il me devait des sous, et puis sans être trop regardant, je tournais la tête vers l’horizon de mon cœur

    je renonçais à tous les univers qui s’offraient, s’annulaient, etc. je n’avais peut-être pas assez de hauteur, ni de mérite. je comprenais vite

    je cherchais dans mon enfance un baume, sans m’attarder sur la primeur de ses affects, annonçant l’avènement d’une chaotique histoire, comme un malheureux malentendu, une supercherie

    — je rentrais perdu dans la céleste cité avec mes parchemins, mon baluchon et mes loques. toutes mes lectures et mes poux m’y diriger

    je sais ton cœur en n’espérant plus de tes nouvelles, cet instant d’où ma langue bascule. je te promets qu’une pluvieuse après-midi peut me rapprocher de ce qui fut

    je veux que tu m’entoures dans mon long voyage, par tes prières rompues, pour m’emplir des saveurs de la rosée et revenir vers chez toi, vers la clarté

    — je glissais de mes mots sur le lit qui me fragilisait, que je dépassais, après une assiette de fromage et de saumon fumé ! une malédiction

    *

    te reconnaître bien là, à la renverse

    et le mal qui se joue de toi

    quand pour les âmes ici-bas est de finir

    une langue qui s’exporte, tu rages comme la peste

    en te cachant pour ne pas voir l’horreur

    encore moins qu’un prince, cacher ton chagrin

    *

    Je lisais les poésies de James J. ma tête s’engouffrait dans l’oreiller. le lit me semblait profond. Il se trouvait tout de même une fin à ma descente, une chute ! Les mots sur lesquels je rebondissais. Je me redressais en nage, comme sorti d’un songe inhospitalier. J’étais pris par une froide fièvre et la nuit, une chorale chantait en moi. Je me soulageais cependant qu’il n’y avait pas de pot. Si j’écrivais d’une égale beauté, un vers, une phrase par jour, je serais dans le sillage de la plénitude. Il faisait dehors un plat brouillard qui faisait asseoir une méfiance pour les individus que l’on croise

  • La bonne infortune

    à Tarik.

    quel bol d’air… ,

    et les mouettes percent le ciel

    blanches comme un hôpital !

    un climatiseur tourne

    ronfle fort

    – attention je suis cerné !

    est-ce que j’étais déjà là un jour

    de passage ou ailleurs ?

    je suis d’humeur nocturne, mes yeux s’accrochent

    j’ai lu les poètes que je voulais, … et j’ai laissé comme c’est !

    j’ai eu les aventures que je voulais, … et j’ai laissé comme c’est !

    surtout ne rien toucher !

    l’heure est passé, je serre les dents

    je voyage

    sur des kilomètres d’encre

    il fait soudain noir… , un froid de colle

    de ces angles d’ombres

    de ces rives jumellées qui s’illuminent !

    un bateau traverse, se renverse

    et d’autres mouettes poquent du bec

    la rouille des passerelles

    depuis le parvis

    depuis le tram qui fend l’oreille

    le perdu mord sa langue de pluie

    dis

    : rien ne coulera sous le sens

    et que rien ne sera linière, la bannière balnéaire

    que Vive, même toi, même par tant de cloaques

    Garonne Garonne… , ô chaude Éponge !

  • À minuit le mur s’est effondré

    à oncle Abdelkrim.

    la nuit est à l’orage de sable

    et sommeille sur ses défaites et ses morts

    sur pieds et livré sans nœuds que je suis

    le branle d’un sursaut cartonné

    vendredi, sinon quoi dire ?

    les jours sont promus aux suicidés et aux fuites

    les poings ne tiennent plus tête ni parole

    demeure le devoir

    si frêle est la traversée des heures d’un deuil

    qui donnent : une soif !

    marcher sans y croire parmi les ombres

    la tête haute et insoumis

    les adieux au ciel de l’enfance

    nos retrouvailles seront immaculées, mon oncle !

    vous réclamiez le pardon à la voix des poètes

    ils hurlent : c’est lui – c’est lui – attrapez-le !

    leurs invectives sans entrailles : ils glissent !

    devrons-nous suivre ?

    votre âme visite les maisons et les nues

    votre mémoire retrouve ses éclairs

    les coups sournois ailleurs à répétition

    un dédain à la dernière cigarette, sans s’y voir

    hors de portée sont les morts ?

    leurs mains sentent le camphre, le musc et la rose, vidées

    rêvant d’une erre, de l’ange de la mort… , – pourquoi ?

    ils prennent des trains comme si c’était le dernier

    trois feuilles au réceptionniste, rien qu’un stylo et une main

    il préparait sa nuit, une proie

    la chambre contient deux lits blancs

    je-quitterai-les-lieux-avant-qu’-ils-ne-sentent-mon-odeur

    une bien heureuse mort lorsqu’il faut tuer ses idoles

    l’invariable calcul des rails

    ( Dieu qu’elles sont propres les consciences ! ).

    les toits en guise de murailles, un nid

    une synergie s’éternise aux alentours, sinon nulle part

    la ville se rouille et rien ne promet, aucune sentence

    sans y croire, un peu aussi !

    la lumière des pôles n’est qu’une considération

    une perspective qui échoue  

    les éboueurs passent aux seuils des portes

    relient les anciennes douleurs, grincent des dents comme du fer

    le souffle atteint ou éteint

    une brise d’été parvient jusqu’à la fenêtre

    une époque est passée, l’écriture

    quand est-ce que est le nirvana ?

    le monde mérite la ruse dans le sacré, peut-être !

    en dehors nul n’en a besoin

    vous devriez soulager votre cœur, lâchez vos liens

    le cirque prendra fin, ou jamais

  • Des coins

    sous une main

    trois doigts

    comme sous l’eau

    l’ombre d’un doute

    foisons

    une roue selon ses doigts

    et la loi

    sur le trottoir

    des hors-la-loi

    où l’enfant ne se rappelle plus

    ce presque rien

    où l’on était rien avant

    qu’est-ce que ça apporte

    et si qu’un paradis

    s’avance ?

  • Tiroir

    les autres… ,

    dont tout le monde parle

    vous savez… , à chaque fois qu’un recueil est publié ?

    ils ont l’art de composer

    et l’art d’en parler, –

    qu’est-ce qu’il vous coûte d’employer tant de verbes ?

    gras bavardages

    sinon presse exige

    il n’en demeure pas moins qu’à moi

    : indépendance, sans bannière.

  • Sur tes rives

    elle pèse lourd Garonne

    pèse de sa mouvance

    sur les dos

    sous les lits de personne

    souffle par dessus

    de ses riens qui ne l’a sauveront

    sinon le déluge des poètes

    les purs

    je ne sais rien de leurs mots

    de tes faux

    ton dos

    accompagnatrice

    Iris

  • Un flocon de neige dans la poche

    Assis sur un rocher, profitant d’un bref instant de repos, j’aperçois un cerisier, haut d’à peine trois pieds, avec des fleurs en boutons à moitié écloses. Qu’un cerisier, bien qu’ayant été enseveli sous la neige, n’oublie pas le printemps en fleurissant tardivement, est particulièrement émouvant.

    L’étroit chemin vers le Nord profond. Bashô.

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    il faudrait qu’il reneige, longtemps

    et tout le temps

    – nord nord toute !

  • Blanc manteau

    le monde est artiste

    et n’a rien perdu de sa superbe

    il est en éruption, incessement

    le voir en son innocence est une provocation honnête

    malgré son effondrement inéluctable !

    tourbillons de points noirs qui tombent du ciel

    sur un blanc manteau immaculé

    une présence convoie

  • Asile

    à Mourad.

    je combats des écailles une dague à la main

    sans mes jambes

    sans mes mots, … de belles écailles !

    trouvons un bon deal, la force tranquille

    quelle foutaise de jeter son pied dans une flaque d’eau boueuse et froide

    grave et soucieux sur le chemin de fer

    un souricier !

    aimons nos côtés spectaculaires

    nos hors limites

    c’est un genre que l’on se donne, ce minimalisme à la pierrot le fou !

    comme les personnalités qui se construisent toutes seules

    ( les filles, aussi ! ).

  • Sans crier faillite

    la poésie

    teintée d’un mal

    la diffusion de la religion n’est pas en reste

    sans quoi elles ne seraient pas visibles

    hors moi, je dis pour qui !

    combien même il concourt

    pour le bien

    pareil, d’où vient

    le préjugé du poète infernal ?

    un cran, symbiose

    une part du paradis est en chacun

  • D’où j’apprenais sur les amitiés à venir

    découpe éminente

    découpe corps

    vers creusé

    oraison

    sans rituel

    beurre et poêle sur le feu

    l’image

    sans mots

    modernité.

    réalité.

    scission

    : évite

    celui

    qui

    suscite

    le regret

    1 ) voulez-vous que l’on parle de ma tête, de mes dents et de mes tripes ? je prenais acte de mon cerveau en voyant celle d’un mouton, je prenais de mes livres comme un calque

    2 ) le paysage s’endormait sous nos paupières – on s’endormait dans la voiture – j’aurais dû à chaque réveil l’embrasser… , – même alors à l’extérieur ? je ne vais qu’en me retournant

    multiples voix

    matière

    tonalité

    sacrificiel

    lépreux

    de la nuit et du jour

    traditions

    souvenirs qui démontent

    enfance

    cyclique

    renouement

    métaphore

    strates

    fiche

    adresse

    missives qu’à soi

    trou

    lectures

    passerelle d’un vieux temps

    Marseille

    vers un entre deux

    soi comme des parallèles

  • Le politique

    un poème c’est l’appel d’un cœur

    qui nous refuse rien

    appelle – appelle – appelle

    fou d’elle, de toi

    fou de Lui

    je me contrefiche de moi-même

    je n’œuvre pas pour la culture

    je ne construis rien

    des notions plus qu’intégrées

  • Assouplissement

    à Isylle et à Rémy.

    ceux qui vous souhaitent une belle vie, sachez qu’ils vous ont écarté de la leur, comme de leurs orages !

    mes lèvres noirs soufflent sur le soleil couchant l’origami enfantine

    la traversante pluie cogne le vert émoussé des vitres de nos voisins lentement

    un Je qui n’est pas le Je que je reconnais dans mes délires et mes vagues élucubrations

    j’ai réinventé ma vie jaunie en pleine conversation comme Forest en alabama for ever

    je redécouvre la ville que j’ai quitté et je jure de la parcourir habillé d’une âme de pèlerin

    j’irai au secret de mes pensées et aux noirs tourments de mon cœur comme être là et ailleurs

    je mourrai pauvre et abandonné de tous entre autres balivernes que tout le monde semble l’ignorer

  • Reprises & Cie

    une mésentente déjà si

    jeune et puis… ,

    une mélodieuse s’en va

    qui s’en va je ne sais où

    avec ses opérettes si tragiques !

    comment pourrai-je

    oublier ?

    rire et rire

    avec toi frère, mon

    frère-sourire

    tu es l’unique bien

    qui me laisse comble

    pour lequel je rends grâce à Dieu

    et c’est toi frère

    frère-sourire

    1 ) ce que je dis a déjà été énoncé, par moi-même et les poètes à d’autres époques. comme à présent, ces signes-traîneaux qui se doublent ont déjà été déposés, sans préalable

    2 ) c’est du peut-être à mon strabisme, – comment alors sortir du calque ? malgré tout, ce n’est pas avec ces brèves qu’il faudrait en parler, quoique cela n’a aucune importance

    et puis fonce à t’arrêter 3 min / 24 min

    et te recueillir

    et te vivre

    lorsque tu es cerné d’impossibilités

    avance le doigt

    l’obscurité s’aplanira

    peut-être qu’un jour on se croiera

    d’ici là que la vie te soit douce

    03/2011 – 09/2022.

  • Souffle le sirocco et je demeure

    toi que je devine

    tu me perçois peut-être en retour

    toi vers qui j’approche

    est-ce que tu m’excuses cette harangue ?

    je tiens certaines connaissances sur la vie

    le côté charbonneux des choses

    en moins blanc !

    je ne me justifie en rien

    je te salue

  • Un bâtonnet

    il y a des poèmes qui me ressemblent

    que je sens

    que je ressens

    que je vois

    et tous ceux que j’écris

    que je fomente… ,

    cet objet tient du livre et du recueil

    se parcourt comme une fiction !

    où chaque poème fait

    est un bâtonnet

  • Tous les horizons

    dans l’espoir de trouver

    une super glue

    qui colle

    deux fois

    la même surface

    je regarde les pubs

    de patex

    parmi d’autres produits

    – o combien le monde semble plat

    dans un journal !

  • Lire au parc

    dans La femme qui était un livre ¹

    le poète ne te drague pas

    lorsqu’il est triste

    même si le poème t’envoute

    plus qu’à voir – une ouverture

    pour permuter, de se vivre

    le mot qui me vient est séance

    1 ) Recueil de Marc Losson.

  • Malice

    J’adresse une prière aux Prophètes : Vous donnez et reprenez la vie !

    Vous avez subjugués le monde

    Où la vie sur terre est un oeuf hanté

    Selon les rencontres

    l’un des haïkus de Jean-Baptiste Pélissier aurait pu se glisser là

    : Je m’abstiens.

    cela n’aura servit à rien

    plus jamais o toi l’endormi

    tends l’oreille jusqu’au prisme de ta douleur

    et fais à croitre le silence

    un Loukoum a qui cette sélection isolée fait rire

    et qui poétise de la manière la plus fichtre

    : Pourquoi la terre est la terre et pourquoi le ciel est le ciel ?

    cris de soif

    très haute la concave de Jupiter

    une conversation entre le gravé d’un trios de flûtes

    ad vitam aeternam

  • Manifeste

    un poème

    ce

    à

    quoi

    tout

    homme

    devrait

    prétendre

    la

    fièvre

    dans

    la

    peau

    comme

    un devin

  • Repêchages

    à Rochdi.

    j’élève un domaine

    parmi mes rêves qui me hantent et défilent

    je redoute de finir

    je joue du feu sacré par les dieux étoilés

    et j’en meurs… , et me meus !

    investis du champs de la présence

    comme un vagabond qui pue

    qui n’est pas !

    à propos de mon écriture :                          passion                initiation              exil

    à moi seul, je suis une équipe :

    concepteur

    réalisateur 

    producteur

    je vis en poète.

    lorsque je découvre le fin mot 

    je reste émerveillé avec les yeux qui brillent

    je le fais entendre 

    je le fais savoir 

    je ne veux que continuer… ,

  • Tigzirt

    Le soir tombe sur le jardin.

    Les oiseaux se taisent.

    Le silence du soir est un objet perdu.

    Le silence du soir propre aux animaux, propre aux oiseaux,

    est un objet spontané, naturel, perdu.

    Sur le jadis. Pascal Quignard.

    au commencement il y avait l’oubli

    et toi

    et ton corps

    l’infini du jour

    brûle !

    les jours passent

    les mêmes dédales…

    comme la vie en l’air

    comme les orteils du pied à l’air libre

    où tout est mousseline

    je m’en vais sans vraiment partir

    passent les jours et viennent les aurores

    hélas, je ne reconnais que mon cœur

    je ne me l’explique pas

    très peu savent

    – ils rêvent !

    vivre sans vous

    et mourir

    mourir de vous entendre

    et vivre

    ( ce n’est pas aussi idiot que ça en a l’air ! ).

    comme une âme égarée, comme une seule nuit

    j’achève… ,

    1 ) je perds, oui, je perds la raison dans la moire du chaton. il pleut sur la rive de Tigzirt, – si t’es sociable, ma belle ! il y a ceux qui préfèrent la compagnie des escargots

    2 ) il pleut, il pleut… , la rive de Tigzirt spirale ! il n’y a qu’une orpheline pour guider un aveugle. la nuit qui tombe en trombe, je l’entonne, comme une chanson d’automne

    qu’est-ce qui subsiste

    les mots

    l’espace

    l’espace entre les mots ?

    je dois tout à ma couleur de peau et l’intuition

    il n’y a aucune énigme

  • Bois de coudrier

    à Islem.

    en revoyant le soleil à son crépuscule je

    repense à celui de mon pays sur des

    nuages bleus

    quelques oiseaux planent au-dessus les

    eaux avec des chutes de rien du tout… , il

    est temps pour moi de rentrer

    l’oraison enrobée des feuilles aux arbres

    jubilent mon âme tendrement… , il est temps

    pour moi de rentrer un froid

    est tombé comme meurt le jour un

    froid qui crispe mes doigts sur ma

    glotte… , il est temps pour moi de rentrer

    chaque heure me paraît nouvelle comme

    chaque instant une ayat… , il est temps pour

    moi de rentrer il manque la lettre Y à une

    enseigne à l’aller et au retour comme chacun

    j’imagine essaie de combler ses canaux adieu

    soleil adieu… ,

  • Slam

    entre le dire et le faire voir // entre le dire et le faire entendre

    le réel est donné, – tu sais, le battement de la chose vue ?

    comme qui a un réel mépris du senti

    moi, je dois

    je ressemble à Devoir !

    je ne reviens que pour m’alléger

    simplement étendre ma voix // simplement tracer ma voie

    le parler fort est une parole de sourd

    si ce n’est de la colère sous plusieurs aspects

    il me faudrait de la poésie pour entendre // il me faudrait de la poésie pour survivre

    je respire pour vivre sans heurts // je vis mes mots qui font l’écriture

    je cherche la quiétude dans les infinies miniatures  

    j’ai combattu toute volonté de puissance

    j’aspire à vivre de la poésie

    je suis l’éternel soupirant

    Chimène est certainement une jolie fille

    il y a une expression qui dit avoir les yeux de Chimène !

    le noyau sera la plate désinvolture

    et les baisers de l’aimée où je pends !

  • Reviens, reviens…

    les grincements

    des volets

    réguliers

    se font entendre

    entre un va et les vents !

    me font des points de relais

    qui n’existent pas qui n’existent pas

    l’effet scintille

    brillances

    de vagues modérées

    chaleur diffuse

    musique de vers déraisonnés

    où ma maison s’endort à l’orée de l’hiver

    sur une promesse

  • Les appelles d’un lointain sauvage

    je sors en saluant le transistor

    comme bel et bien un concert de sourires

    où nos vies aux piloris se sont lancées

    et autour tout s’éternise

    parmi des cageots à la claire bougie

    du carton et des crayons

    voici les jeunes du quartier qui rêvent dominos

    avec leurs mains

    chut, que plus personne ne bouge !

    c’est le coup de tonnerre du mousquetaire

    l’éphéméride des répliques

  • Certain que le sens, la morale et l’esthétique m’intéressent pas, parfois !

    comme des sauts de lèvres

    des sauts d’un gisant

    qui drainent

    cet instant

    fixe ton souvenir

    d’où

    béant

    retrouvé

    en l’espace noir

    que passent les vents et les bruits de ma sombre tête

    que passe ce corps inapte

    que je retrouve rien qu’un peu la clarté !

  • J.

    j’habite un pays

    dont je ne reconnais pas sa végétation, ses insectes

    les personnes que je croise dans les rues

    avec qui j’échange

    m’accompagnent longtemps

    sur mon trajet

    sauf que tout m’est étranger

    et lointain… ,  

    et ma douleur est partout la même

    et c’est toi qui m’environne

  • Tout aurait pu aller autre

    je suis mort un matin de juillet

    à Talence

    sous l’ombre froide

    d’un arbre vert ordinaire

    embaumé par la pelouse sèche

    loin du regard des hommes et des bêtes

    il était 11h24, l’an 2007

  • Un ami passe ses nuits à égorger des chats

    tu ne m’aimais plus

    tu aurais pu faire semblant

    un semblant d’humanité que tes yeux avaient perdu

    tu t’en léchais pourtant les babines

    tu ferais une sacré putain de sainte

    comme un chaton peu ragoutant dans mon film de fin d’étude

    : fin d’étude !

  • Zenedine

    des mots que je formulais dans un rêve récurrent

    grâce à la volonté de Dieu

    sans doute au monde des rêves, par Son entremise

    sans conteste !

    me mouvant sur mon lit

    comme presque rien ne mérite un Non

    lorsqu’on aime aussi

    avant que cela ne finisse en verlan !

  • Cuire

    mensonge vert

    un duvet

    or de toutes les couleurs

    de vieux crapauds

    elle danse

    bourdonnement

    scarabée

    à plat

    les étoiles d’une tourte

    et puis, rien

    ils l’emportent

    comme la noire ligne

    le but en blanc !

  • Naïma

    on se verra à une lecture de la bibliothèque municipale

    l’un de ces soirs d’un long froid automnal 

    on s’assoira sur les escaliers de secours en se parlant beaucoup

    – et moi, je m’y verrai !

    on prendra le premier bus tout lumineux

    l’aube bleue surgira derrière les vitres 

    on se prendra la main comme un secret 

    de l’autre main ta droite tu entameras ton petit-pain 

    une fois à Bruges, le cimetière nous semblera familier

    on ne se quittera pas de vue

    tant qu’il y aura de la synergie entre nous

    tu t’appelleras Naïma aux yeux de fresque 

  • Allongement des jours

    souvent entre sept collines

    semblable à une soirée d’été où la lune sera pleine

    le vent fraîchira derrière l’an onze

    il n’y aura pas de vent en cette belle saison !

    ce sera d’une nageuse qui se filera jusqu’à les matines

    le diras-tu, en l’an onze fut ce qui sera à jamais perdu !

    les gazelles ailleurs battront le caveau du Tibre

    l’eau clair chaque jour les boira

  • Je pense à toi, je pense à moi

    à Alice.

    l’heure ! … , et puis deux heures

    et puis, lieder !

    une veilleuse à la chevelure de feu

    – oui, tant que cela inrecommandable ?

    une pensée s’emplit de son cœur-féerie

    elle m’écrit. à la fin… ,

    je fuis… , une aire – dans cette fuite

    pour lui revenir

  • Une touche

    à Diane.

    éprouver de l’attirance pour une personne qui n’est pas réceptive

    cela te noie dans l’informel, sans appuies

    ni vérité

    tu observes ton reflet dans le miroir

    une trajectoire biaisée

    très peu conçoivent le sens de jouer à deux

    d’une valse

    un nuage menaçant au-dessus du lit

    fourmillement aux extrémités

  • Croire comme si

    un soir dans tes vieux jours

    lorsque tu seras assise auprès de ton radiateur

    repensant à tes jeunes et belles années

    tu te diras A. m’a célébré, pense-y bien !

    comme l’avez fait avant toi Hélène De France

    le doux secret de cette maxime se cache dans ledit poème

  • Inconmmensurablement votre

    écorchure de l’âme

    une glissade dans du savon d’été

    qu’est-ce qui permet ? – la noyade.

    j’ai dû en baver

    sous le coup des fatalités

    désordre camouflé

    un bus orange grince

    je suis désorienté en face de Ranima De La Cité

    t’accueillir aux soirs… ,

    t’accueillir entre les interstices de la réalité

  • Sous les cotons

    à Hania.

    sous les cotons du temps

    tombent

    les rideaux métalliques

    les innocents flirts

    s’enrhument

    une cocotte en papier peint dans des amas d’agrumes !

    – est-ce qu’elle m’aime dans ce tout de noir ?

    j’appelle au Sauveur des hommes !

    c’était le crépuscule

    pour l’heure, j’arrose les arbres

    de mon urine

    est-ce que c’est l’annonce d’une nuit sans fond ?

  • Un galet entre les mains

    à Mokrani.

    tu envies l’impassibilité des pierres

    comme la musique de la main des vagues

    comme la douceur d’un galet sous le soleil

    la nature prodigue ses leçons de vie

    l’eau salée mouille tes lèvres

    tu envies l’impassibilité des pierres

    comme leur intranquillité

  • Ça n’aura sinon aucun sens

    je suis ton ange, tiens-moi la main

    je suis innocente, pardonne-moi

    souviens-toi de nous

    souviens-toi que tu es libre

    pars à la rencontre des vierges rivages

    c’est une chance ce départ qui s’offre à toi

    prends-moi dans tes bras une dernière fois

  • S’étend le Bocage

    j’écrase l’herbe

    sur un paisible bocage

    pour bâtir

    un tipi

    sous la pénombre

    avec mon dos d’hérisson à trois pattes

    comme à présent prendre l’air

    est à exclure

  • Selon toi un sourire est parfois un sourire de trop

    Du haut de mes 48 chevaux vapeurs

    Je patauge encore dans la boue et dans la médiocrité

    Les vacances ce n’est plus dans l’ordre du jour

    Et les jeunes filles ne sont plus ce que c’était

    c’est le loup

    qui surgit

    pour manger la fillette

    simplette

    avec des fossettes

    que je trouve

    superbe

    Ibtissama

    c’est bien toi

    personnellement

    que je cherche, éperdument

    et tout simplement, depuis longtemps

  • Semence

    à Ibtissem.

    les agréments secrets d’une vie incendiaire

    et ses dangers et ses tourments… ,

    le noir besoin d’un ventre monstre et humide

    tellement phallique ! tellement fatidique !

    les chemins qui se croisent chez le dieu des carrefours

    la complicité offerte d’un monde juvénile

    j’enveloppe nos soirées de mysticisme, avec toi jusqu’au petit-matin, parfois !

  • Une bouche à l’Est

    Qu’ai-je consommé à ce rendez-vous

    J’ai même soufflé dans mon verre

    Je me souviens de sa colonne, droite

    Et rien d’autre, vraiment, comment ?

    elle

    est bien

    dans son corps

    elle

    est bien

    partout où elle passe

    nous tenons à nous dire

    à contre-jour

    et dans le blanc des yeux

    des choses d’une simplicité cruciale

    le vague à l’âme

    et un indicible silence

    se sont soudains emparés de nous

    laissant des grains de sable

    dans nos bouches

  • L’accueil est double

    à Fazil et à Nahil.

    le marcheur solitaire du désert

    qui se détache à l’horizon

    et qui rêve

    ne se déplace qu’avec son âme

    il est comme un arbre

    il est la branche un soir de tempête

    sa vie

    ses pays sont à tout jamais perdus

    que tu reçois

    permets-toi d’en prendre part

    et si tu veux la gouverner

    la voici devant toi

    elle t’en prie

  • Copieux

    l’homme cherche à se résoudre

    il sonde son âme dans toutes les directions

    depuis la nuit des temps

    comme allonger sur la lune

    tiède et au calme

    il répond à des leurres

    et souffre de la contrition et des hommes

  • À l’aube

    à Taous.

    une aube erronée d’été

    un cœur-folie éclairant et brutale, – les pacifier !

    ( est-ce revenir au monde

    parmi tant d’autres feux, comme me trahir ? ).

    Noor

    il me suffit de répondre par : plus tard !

    café et douce cigarette !

    prières

    une psalmodie de l’aube à mon âme

    un murmure, noms du Coran

    récit, récit oratoire

  • Argentique

    je ne me souviens plus à l’endroit

    ni depuis quand me tiens morcelé

    il fait plutôt beau aujourd’hui

    même dans le cœur de mes voisins

    ce qui n’exclut pas leur violence !

    après la tempête vient l’amour

    après le soi corrosif

    à moi la chaleur

    où j’essaierai de me rendre épave

  • À l’été

    à Isylle et à Rémy.

    les yeux du lézard ne voient plus clair

    la couleur fade sous le citron

    le souvenir de la prime vigueur ronge les os

    les soleils des nuits entravées

    la personne au téléphone ne veut rien entendre

    le regard regagne les girolles d’un panier moisi

    le bringuebalant infini baille derrière les paupières

    l’épervier n’est plus

    on a dit que l’on aimait pas les bébés

    et toutes les choses auxquelles tu n’as pas accès

    parmi ceux dans les rues qui ont vu senti approché les ténèbres !

Bienvenue dans mon atelier !

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Tout signe refusant le savoir doit être marqué par les mots : Ô toi étoile lointaine… ,— Djaroua Allaoua Ouahbi.

L’aliénation la plus grande est aussi ce qui peut conduire, si quelque barrière cède, à la plus extrême poésie… , — Yves Bonnefoy.

Regarder par la fenêtre m’a toujours donné du courage… , mais je vous jure : en réalité, c’est à dire dans ma réalité, j’ai décampé… , — Unica Zürn.