Je ne me faisais plus d’idée sur le couple, comme ceux que l’on voyait sur les magazines, encore moins sous le sacrement de l’état Le paillasson où tu t’essuyais gentiment les pieds Tout m’amenait à notre rencontre, – Est-ce que tu voyais ma peine, me répondras-tu un jour ? Je comprendrais peut-être le message du manteau que tu m’avais offert
-
Alchimie
Il y a des jours où il aurait fallu ne pas se lever Et, c’est ramadan, encore Je ne sais rien de la purge, comme d’une aumône J’aurais communié, de l’ouest aux confins Je me surprends à dire au téléphone pour annuler un rendez-vous : Traversée des enfers ! Je vrille et ce dedans, dessous mes paupières, ma gorge, – Douleur… , juste douleur !
J’écoute Ne sois pas triste de Serge R. J’imagine de la voix de la cantatrice : Si tu me choisis, ne sois pas avare, viens t’allonger avec moi sur l’herbe ou sur ce lit d’hôtel ! Je relis aussi un poème qui évoque des adieux, en 38 vers J’ai inscrit, autrefois, un poème sur ton front, avec un souffle tiède Je t’attends, faisant en sorte de ne pas fendre en deux
-
Une chose est encore possible
Tu n’as que la moitié du ciel, l’autre est cachée par les arbres J’entre en silence, comme un témoin, du ciel tombe une pluie de laine, – C’est le fils ? Le conducteur rouge Je gèle au bord de mes souvenirs, où s’y colle de l’amertume, aussi Je balaie de mes yeux les alentours, les pierres et les écorces qui s’évaporent Auprès de ta tombe, je pleure
-
En aise
Il y a des nuages gris au goût du passé et des arbres, sombres comme une allumette Nommons-les la vue, ou peut-être ! Je ne sais quoi faire de cet ordinaire éméché, de mes fêlures… ! Devant la baie vitrée, ma tête posée sur la grande paume, je pense à vous, au pays, sans chercher L’heure tardif pousse à l’inventaire des ruines, celles que je viens de quitter Je crache de la fumée, une ombre bleue file, aiguisée selon la nuit, le sol, – Est-ce un mirage qui danse, un rêve incombé ? Je n’entends jamais rien de ce qui se trame
-
Je rate mes stations
comme sur une feuille où je me perds
comme un escargot plus sûr de sa trajectoire
comme la lune est une amie
parmi des poètes présents quelque part sur placeet aujourd’hui
: l’examen de conscience pas fait, le vent d’ouest pas senti.
: le soleil pas vu, la fille aux yeux d’émeraudes pas vue.
( elle est toutes les inconnues sur les quais ! ).
j’ai saisi cependant une tête de Picasso
tournée de trois quart
je n’ai par contre qu’une et ce n’est pas la mienne
je tends mon regard jusqu’à l’étoile proche
elle danse, trépignante comme toujours, merveilleusement
dans ce monde des possibles
il me faudrait ouvrir les bonnes portes et les mauvaises
et sur le seuil de mes contrées sauvages
une petite ecchymose

-
Par les épaules fuyantes
elle n’était plus jeune du tout
et se tenait devant un comptoir
ni assise ni debout
seule, évanescente buvant un mojito
comme sortie d’un conte du terroir
autant dire une apache
elle avait perdu tous ses automnes partout
je refermais mes yeux pour mieux la voir
elle flottait comme une vierge tibétaine, hautaine
inondant mes oreilles du souffle chaud de promesses infécondes
avec le plus grand calme
une fourmilière dans sa main droite !
je détestais cette façon de me voir
sans me prêter une attention particulière
de me rappeler la viande pourrissante
et froide que j’étais

-
Rêves tranchants
à Hania.
nous partirons à la campagne
nous nous réserverons des marguerites
pour la fuite du temps
les nuits plaines de douceur
nous ferons des fêtes cataclysmiques
il y aura même des anges qui tomberont du ciel
sur nos têtes nues
je me coucherai prés de toi
tout le long du jour des marchandes communions
nous quitterons les lieux sans crier gare
sachant pertinemment que chacun de nous
aura une dette envers son humanité
nous échangerons rien de cela
juste la joie de nous voir mutuellement
dans le blanc des yeux recouverts de suies

-
Un baiser
embrasse-moi // embrasse mes mots // embrasse-moi encore // embrasse-moi partout // embrasse-moi sur tout // embrasse mon corps // embrasse mon ombre // embrasse moi magiquement // embrasse-moi fort // embrasse-moi sur la joue // embrasse-moi passionnément // embrasse-moi fougueusement // embrasse-moi avant la fin // embrasse ma vie // mords-moi si tu veux
-
Une nuit aux orients
à Elhadi.
Ce qui excite
Chez moi
Ma tribu… ,
Ce sont mes pulsions
De mort
Sinon ma vie ordinaire
Renversée
De vieille loque
Point
Et, j’ai peur
Qu’ils me jugent
Comme je les toise
Avec ironie
cette nuit m’appartient
où je me coule
je la vis éloigné
boulversé par son immensité
je me sens seul
je n’avance plus et me reprends
je n’ai plus peur du désert
de mes paroles de tous les désastres
quitte à les payer des années durant
à travers mes errances
je vois des étoiles plombées
et j’ai creusé de mes doigts la terre froide
je vis éperdu en amour
et je ne peux aimer différemment
-
Ancestral
tu fais la différence multiple
le système te protège
et te vexe, sans limite
plus de confiance en tout
dire des mots… ,
sans les mots et plus d’entrave
il n’y a de rêve possible sans arpenteur
le soleil bouge le renouveau des chemins de fer
te scalper serait un rite
bafoué par tes vanités
j’ai plus que soif
: o la terre s’est faite pour des hommes libres !
dire des mots… ,
sans les mots et plus d’entrave
il n’y a de rêve possible sans arpenteur
le soleil bouge le renouveau des chemins de fer
je te conterai
et quand le jour sera

-
En ton nom et devant toi
J’ai rêvé
J’ai tracé ma voie
Que tu rattrapes
Que tu agrippes
Je n’ai plus rêvé depuis
J’ai succombé sous le quotidien
Du rythme de mes pas
Aux battements de mon cœur
Je doute pour rien de tout
D’ailleurs
je souhaite en cette nouvelle lune et celle à venir
perfidement, comme quelque chose qui n’est pas encore
le cœur d’un soleil qui ruisselle, sourdement
sur tous les plans et n’impote où
je souhaite innocemment que la terre
se liquéfie en eau de jasmin
comme la mobilité de ma psyché
enfin, peut-être !
-
Ce n’est pas bien grave et j’apprécie la douceur
Je me dis comment un pianiste
Joue avec la main gauche
Daniil T. Ou Evgeny k. ?
Le plus virtuose avec une partition
M’est indéniable pour ma clavicule
Le vague à l’âme l’un ou l’autre que j’écoute
Leurs génies précoces
Il pleut
Et demain, je vais peindre deux portes
j’ai suivi, j’ai parlé… , entre les immeubles au clair de l’étoile
les lumières du soir superbes comme des flocons de neige
et les voitures qui bruitent sur l’asphalte mouillé
j’ai traversé comme un seul dans les rues désertées
j’ai passé mes abîmes par le Triangle
non plus pour une réconciliation
avec l’autre, avec sa langue
mais le compromis
comme il y a quelque chose
qui émane de moi, une déchirure… ,
qui tiraille qui tenaille
sans souffrance aucune
de ma profonde nature
la charité peut-être
me sauvera
-
Souvenirs
hommage à Kamel M.
Couvertes d’une peau transparente
Et nue
Elles hantent les espaces
Et le vaste théâtre
Laiteuses ou d’ébènes
Ces mains poussent la terre
Comme sous un soleil nouveau
Leurs veines bleues souvent versent
Le sang qui bat fort
L’œuvre de la fileuse des destins
Et du hasard, simultanément
Les tressent, les liaisonnent et les portent
La normale greffe de sueurs
Une onde
aujourd’hui contraste avec le 5 juillet, calme
au-dessus de mon épaule se tient l’oncle
on aurait dit un de ces films anciens western spaghetti
avec de la poussière du chapeau jusqu’aux santiag dans une cabane en bois
l’assiette sur la table de petits-poits où surnage un asticot blafard
et à cette table un petit homme qui serre son ventre de faim
et dit intérieurement : Laissez les asticots en paix, surtout les blafards !
le petit homme est demeuré scotcher
la voix intérieur est sa langue habitant un lieu
où il a un inventaire de ses rêves éveillés
comme s’ils s’installent insistement et longuement
-
Qu’il suinte sur mes transparences qu’il suinte
à Lounis.
Personne n’apprécie qu’on la considère
Comme elle nous traite
Ecoute et réponds à ce qu’elle dit
Avec trois coups du cœur
Comme pour saluer
Le poète
le temps que tu me prends
tu le rends hors des bonnes limites
tu es partisan, révolutionnaire… ,
dans ta poétique, le faire
quotidien
est ton héritage, le nôtre
tu cohabites avec la folie du monde
et le délire a à te dire
persuadé de ton souvenir
tu essaies de l’espace en toute chose
toi qui m’écoutes, je t’aime
tu réaliseras peut-être
que tu m’aimes
j’ai la nostalgie de ton bonheur
qui est multiple et au fond
qu’importe !
-
La canta mécanique
déjà,
le mouvement initial
à advenir
fluée
pas plus haut que trois pommes !
je ne vous cherche plus
ô stalactite blanche !
déjà,
l’anciennement
de ma vie profonde
retrouvée
sur mes lévres vos airs funébres !
je ne vous cherche plus
infernale ô tant de saisons !
les notes sont ouvertes aux envolées
où il n’y a moyen d’étouffement du sens

-
Quinze années où que j’erre
d’où vient que cette bête
traquée à l’agonie
et quel sacrifice !
je veux sentir la mélodie de vos cheveux.
je n’ai pas de sandales
mon nom hérité de béni soussan
est Sans nom
une longue histoire
d’olympiade
qui refuse de se nouer de se torde
j’ai les deux bras cassés
souahéli
sans monture non plus
de part en part du monde se déploient vos rêves.
avec ma tête revêche
sur mon cœur
un escargot trace des fils blancs, votre ouïe !
il fait tiède et calme
je cherche une consolation dans les dattes
à peine mûres

-
Je ne m’inquiéte pas
je n’aime pas ma vie
lorsqu’elle m’échappe
je n’aime pas ma vie
elle part en vrille
je n’aime pas ma vie
elle est tristounette avec des dragées en bouche
je n’aime pas ma vie
et j’adhére à celle des autres comme au dehors
je n’aime pas ma vie
et je cherche l’amour
je n’aime pas ma vie
et je descends alors dans les rues
je n’aime pas ma vie
et je me sais dans l’erreur comme chaque fou !
je n’aime pas ma vie
et je vis dans le brouillard
je n’aime pas ma vie
ou peut-être que ma vision se trouble
je n’aime pas ma vie
mais je ne m’inquiéte pas
je n’aime pas ma vie
et je vais essayer de me purger

-
Dar au mille étoiles
l’universel
de deux réalités qui se font
deux lunes argentées
sous le ciel et sur la terre
les ombres et la fête
une nuit qui ne céde rien au jour.
une douleureuse
en lieu divin
ainsi je l’entends
enclin,
aux eaux claires
je fais un somme.
arraché de mes horizons
je suis d’une lignée
et en colère
je sais l’agonie
et le rejet
de là,
parmi les bleuets ou les roses
côté cour
je murmure dans les nuées
chante le Béni

-
Je crois y avoir vu souvent
Bonjour Monsieur, votre dossier est complet
Reposez-vous dès à présent
Et goûtez… ,
Voyez-vous, les granulés sont le futur
Avec ce froid
Comme pour votre bouche de perroquet
Au suivant… !
Zéphyr zéphyr des étendues
au près l’écho
j’ai suivi au désert
ta courbe qui vire au rouge
et qui s’obscurcit
j’adhère goulûment à tes dons
comme un air de déjà vu auquel je joute
et je rêve sous un voile stellaire
et je rêve de la nuit
-
J’ai laissé un peu de moi un peu partout
Il fait nuit
Ou presquement
Jamais les étoiles n’ont étaient aussi belles
Les palmiers me bercent si doux à l’oreille
Je rentre chez moi
Il flotte
j’ai rencontré le désert en une galette
au passage d’un post-frontalier
il y avait un soleil bleu et partout de l’eau claire
et mes yeux au réveil dans des taxis jaunes cabossés
plus loin une vipère embouteillée par un chasseur-pisteur
-
Si je peux en images animées
la terre est jolie
tout le monde est joli
le monde des jolies choses
FIP le dimanche matin c’est joli
partout c’est joli
même au-delà c’est joli
les tableaux verts ou noirs sont jolis
un bar portugais c’est joli
les quais c’est joli
les filles en terrasse qui fument et parlent fort sont jolies
l’écrire de joli c’est joli
-
Peut-être un mort parmi les ombres
Tu la reconnais follement en ses ultimes adieux
A leurs brièvetés magiques
Tu ne sais qui tu es de l’ici de sa bouche
Sous les dards… , derrière les barreaux
D’une aube un vendredi !
tu as vingt-et-une raison de t’en fuir
et ailleurs autant à l’oubli
pour te vivre
malgré qu’il ne demeure quelquefois
que le dégout
pour celui qui part
avec ses nervures
son cœur
appris comme une soucoupe
de pâte blanche
asséchée
-
L’une est de là
Va t’en
Reviens samedi
Tes mots on n’en veut pas
Ton coeur pur
Hurles le sur tes supports
Ton exit !
Tes pensées flottent
Sur les ailes
D’un papillon de nuit
Qui sonne jaune
Comme un téléphone
Sous l’oreiller
s’il ne se trouve plus grand monde autour
si la vie ne vaut presque rien à tes yeux
tu te désoles et ne te dissolve pas, tiens le coup
dans une certaine pudeur, une intériorité, il y a le courage
de chanter, d’effiler tes lambeaux et d’aimer
-
D’un soir l’autre soir
mes prières mêlées
aux lointains de la harpe arabe
nul ne peut me délivrer
sans promesse de salut
à l’effarement
aux troubles est jetée ma vie
grandir comme les autres
passer les paliers
comme des échos et des vents lointains
sur mes souvenirs en retentissant
me délient et m’éventrent… ,
vous vous figez devant le vide de vos pensées
vous y demeurez in-extirpé

-
Pelé
il y a parmi nous… , parmi ceux qui s’aiment, un visiteur ! il se déplace dans l’essaim, intéressant que je m’enchaîne… , ce visiteur revient à moi, et rêve, et de quiétude !
le ciment est leur avenir… , que tu creuses ! il fait presque beau, il fait quoi le il ? dans mon coeur qui ne boit plus le plat. catapultés, de nous deux qui crache le plus loin ?
je l’observe et me mobilise, le long de sa trajectoire, de mon regard jaune dans l’oeil… , ses yeux violets sont un reflet au coin ! il longe les rues à gauche, sa tête sur les facades
les crocodiles remuent à l’orient du fleuve, et des frissons ! derrière le bleu, le noir ou l’inverse, une arrière-saison, la moussant ! je ne le contredis niet. lui, moi, sommes blancs
est-ce que tu danses sur tes mains ? est-ce que tu danses avec moi ? l’esprit revêche, je pense à nous, comme un Renoir. je me sensitive o combien de fois vivrons nous ce jour ?
si j’avais à choisir
un autre jour dans une bassine
une olive magique qui macére
je la mettrai au feu
après la miette sous les dents !
-
Parler de tout sur presque rien
à Chouaib.
lorsque tu prends un savon neuf
c’est presque inévitable
qu’il glisse
et te tombe des mains
c’est tellement bête
il n’adhère pas tout à fait
de suite
jamais au gant
de toilette !
des chutes imprévisibles
sur un nombre incalculable de fois
ce n’est qu’après
un usage négatif ?
d’utilisation
qu’il s’emboite parfaitement
dû peut-être à la mousse
et seulement là
tu prends plaisir
à une douche
de propreté
-
Au crépuscule
à Lionel.
à sang et à fumée
sans qu’il n’y est
un court-circuit
enlevé
me sauve
de mon cou
de boue
lapé
par les saletés
et les oublier
le premier
à m’illusionner
sur mon état
foudroyé
dès le berceau
( je doute fort qu’il se réfère à celui des civilisations
que chacun entend autre ! ).
même si je ne ressemble à rien de banal
de reconnaissable
de gouvernable
d’apprivoisé
derrière le miroir
un foutoir qui fait touche
une baignoire
rideau
l’exil
: territorial – intérieur – de la langue
( rien de tel pour se réjouir ! ).
est-ce que la peur
de finir idiot
me rend
déjà inquiétant
bancal ?
-
Comme les blés verts
sous couvert
du conte
on dit aux enfants
enchâssés
que le tonnerre et les éclairs
là-haut – tout là-haut !
signifient
le mécontentement de Dieu
et qu’une fois seuls
réalisent
leurs premières angoisses
métaphasiques
alors que l’Omniscient
réside en leurs cœurs
qui envisagent
déjà l’issue du tombeau
– ne pas connaître d’enfants
est un privilège
le plaisir d’impuissance
devant un océan de liberté !
-
Avec plutôt qu’à moi
j’ai des frayeurs, – où sont mes clés ? je palpe alors de mes doigts les poches
oh, non, elles ne me font aucunement écrire
elles se prolongent en une sorte d’entretien, des pucks
j’ai des frayeurs nocturnes, aussi, – où est-ce que je suis ? où est passée ma tête ? il y a de l’eau partout
avant que ne survienne un apaisement momentané
en faire le compte par jour, oh que non, je m’y refuse !
mais elles doivent approcher le nombre d’un vétéran en état post-traumatique
j’ai des frayeurs, froides, comme les ténèbres
et j’y tiens… ,
-
L’un.e, d’eux, moi
à ce bout du monde… ,
qui est la méditerranée !
à ce bout au bout duquel
je dis que nous ne sommes pas égaux face au deuil
et que ce monde est hanté par des orphelins !
à ce bout du monde… ,
à ce bout qui est un cimetière !
je dis que je joins à toi mon bout du monde
et que ma tête ne tient plus… , que les visages s’agglutinent
au fond de ma mémoire, sous ma ligne de cœur
à ce bout du monde qui est une tragedie !
à ce bout du monde qui est un graphe !
je dis en mon cœur ce que ne mènera pas l’un
un autre plus loin encore le poursuivra
et l’évacuera sublimé
-
Inconsciences
sous une aile // avec une présence // devant un visage
qu’une personne me tend la main pour moi-même
et retient la mienne, comme une prière !
que je palpe à son cœur diffus, j’y songe et elle le sait !
qu’une vie y soit écrite à l’encre du silence !
je secoue mes mains // je secoue mes bras // je suis tout eau
je me sens hors des saisons, de l’espace où que j’erre !
je me sens pierre qui fuse, rayée
entre l’immobilité et le ruisseau !
je me sens comme certains oiseaux qui font du surplace
et ondulent seulement de bas en haut !
très intriguant, une fissure
je me sens moi et sors ce lundi à l’aube
je me sens parfois moi et entre comme un dimanche !
le temps linéaire, je m’en éloigne
-
Un calme matin
de la genèse
du soufre
de l’air
de la buée dans un verre transparent !
et là,
le ciel que l’on redoute
l’aube des braves
des bonnes gens et l’horreur, évidement
comme goûter aux mots
à leur pouvoir
l’essentiel
me revient de l’ancienne école
une estompe
y jouer
comme d’une musique
les mystères de la terre
entre toi et nous
loin de tout et si près de toi, je me repens
1 ) c’est une carrière de pierre qui boit le jour, rangée qu’elle me porte au travers comme un tapis, puis s’endort sur mon cœur. la même carrière qui fend le ciel
2 ) calme est ce matin ensemble, nous deux dans la baie qui presque penche vers l’ennui, vers l’infini de tes bras… , que je formule, rassemble et réagence tous mes souhaits !
qu’ont-ils dit depuis notre séparation
qu’as-tu appris
quand rentreras-tu, dis
maintenant que tout me semble loin
et si près de toi ?
je te revois me sourire
et quelquefois tu danses avec les ombres
-
La vie serre ses pas
à Angelique.
mes yeux se reposent parmi les arbres
la marche raffermit ma voix
… , si frais, si frais qu’un lupin sauvage !
as-tu déjà vu une bouche souriante qui boite ?
j’espère qu’un jour tout me sera égale
j’espère qu’un jour je saurais partir
au matin, un enfant
avec un cahier entre ses mains
descend d’une voiture
rejoint deux troues au-dessus
de ses pas, – à jamais je te salue !
un jour un jour un jour…

-
Inter
les enfants d’halloween : clown au sourire sanguinaire fois 2 – faucheuse fois 3 ( pas tout à fait propre ). dragon bleu – licorne – prisonnier zombie ( ils étaient frères et sœurs ). jason à la tronçonneuse ( il fessait vraiment peur ! ). pleureuse cernée de lave rouge ( pareil, effrayant une fille si triste ). vampire fois 2 ( comme Rémy, très rechercher ). squelette ( elle avait déjà tout compris ). casa de papel ( c’était je crois la saison une ). tête de mort en costume – chaperon rouge ( je disais toujours : chapeau en rouge ). zombi bègue ( il intériorisait drôlement vite ). blessée au canif – reine de cœur ( j’étais du côté des monstres ). pikachu ( vexé lorsque je le prenais pour une abeille ).
*
les premiers me disaient s.t.p des bonbons ou un sort, et encore ! je devrais dire des éponges, parmi tous les autres monstres avec des allergies et pas assez de moyens pour un déguisement
je ne savais pourquoi les adultes dehors me paraissaient à bout, même à vélo ! tout était à la morosité, sous une impression que l’on ne me pleurait pas longtemps
je n’avais qu’une envie : raser les murs et marcher mes yeux rivés au sol, ou sur les façades comme des balises de visages, d’images d’avant l’exil, des parfums qui remontaient
parfois, moi, rien ne me réjouissait – parfois, moi, rien ne m’abattait – parfois, moi, un rien m’ouvrait un horizon
il n’y avait que sur les quais que j’étais hermétique à tout. je me remémorais à volonté les voyageurs du pont de pierre et les poètes de tous les jours, vocalisant entre mes dents des onomatopées
soudain, tout me pesait d’un poids qui ne me prenait pas, si décevant à moi-même. je hurlais soleil ! la fête foraine, ce cactus ! je la parcourais de biais. la roue tournait – tournait
parfois, moi, il m’arrivait de pleurer toute l’eau de mon corps rien que d’une simple impression, une idée inaboutie, un mot lu ou entendu, un regard qui retombe
parfois, moi, je ne pleurais pas – parfois, moi, je ne voyais plus qui me parlait – parfois, moi, je n’envisageais d’aller nulle part
*
combien j’étais idiot : néant.
combien j’étais aimé : néant.
il pleuvait comme du sucre
comme une bouche – je n’avais pas de passoire
parfois, moi, ce n’était jamais moi, à la limite !
Aimé C. par ailleurs me faisait taire
*
sous un platane, échoué sur un banc, je déclinais une rencontre. on croisait de rares mandarins ! un peu plus loin, des amoureux se donnaient la main, encore plus loin, ma honte rejaillissait au jour
tiens, une date résiduelle : 1 novembre, comme un pic au coeur… , gloire à nos martyres !

-
Ce n’est pas ton lit
je me souviens… , je pleure… , je fume… , un paquet de tabac sous mes yeux !
( contient plus de 70 substances… ! ).
c’était l’été
c’était l’hôpital
c’était une nuit de soupirs !
je regardais par la fenêtre, sondant le désordre de mon esprit, allongé sur un lit dans une pièce vide
un chat traversait un minuscule jardin, traversait ma vie. il tâtait. les quelques dattiers avaient une fière allure
( contient plus de 70… ! ).
… , me souvenir ce soir n’est pas bon !
et si j’essayais de cumuler une heure de je ne sais quoi de pur dans cette vie, de même la réponse est la mort
( contient… , contient plus de 70 substances… ! ).
pourquoi je relis, il me faudrait une boite, moi dedans ?
je revoyais des hommes de l’orient, à l’horizon d’immenses glaciers au crépuscule
une femme gémissait dans ma tête, trois fois
inconsidéré,
je cri Écho Écho ! vortex
mes parents, mes parents pour moi étaient comme les dunes
pourquoi j’écris en peinture, sans lumière ?
le cancérigène c’est moi
-
Cogner des clous
remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier
et puis, abjurer abjurer abjurer…
-
Esprit, cœur et âme
j’allume, j’étreins… c’est toujours moi ! la lampe du bureau fatigue mes yeux, une veille artificielle précédé d’un jour comme un ciel d’été, quinteux
je repense à mes amis qui ne m’ont pas appris à panser mes maux, à faire mon deuil, où sont ceux que j’aimais ? je les tuerai pour m’avoir laissé loin de leur aura
— un tel, dommage… il avait un énorme potentiel ! dommage ! il me devait des sous, et puis sans être trop regardant, je tournais la tête vers l’horizon de mon cœur
je renonçais à tous les univers qui s’offraient, s’annulaient, etc. je n’avais peut-être pas assez de hauteur, ni de mérite. je comprenais vite
je cherchais dans mon enfance un baume, sans m’attarder sur la primeur de ses affects, annonçant l’avènement d’une chaotique histoire, comme un malheureux malentendu, une supercherie
— je rentrais perdu dans la céleste cité avec mes parchemins, mon baluchon et mes loques. toutes mes lectures et mes poux m’y diriger
je sais ton cœur en n’espérant plus de tes nouvelles, cet instant d’où ma langue bascule. je te promets qu’une pluvieuse après-midi peut me rapprocher de ce qui fut
je veux que tu m’entoures dans mon long voyage, par tes prières rompues, pour m’emplir des saveurs de la rosée et revenir vers chez toi, vers la clarté
— je glissais de mes mots sur le lit qui me fragilisait, que je dépassais, après une assiette de fromage et de saumon fumé ! une malédiction
*
te reconnaître bien là, à la renverse
et le mal qui se joue de toi
quand pour les âmes ici-bas est de finir
une langue qui s’exporte, tu rages comme la peste
en te cachant pour ne pas voir l’horreur
encore moins qu’un prince, cacher ton chagrin
*
Je lisais les poésies de James J. ma tête s’engouffrait dans l’oreiller. le lit me semblait profond. Il se trouvait tout de même une fin à ma descente, une chute ! Les mots sur lesquels je rebondissais. Je me redressais en nage, comme sorti d’un songe inhospitalier. J’étais pris par une froide fièvre et la nuit, une chorale chantait en moi. Je me soulageais cependant qu’il n’y avait pas de pot. Si j’écrivais d’une égale beauté, un vers, une phrase par jour, je serais dans le sillage de la plénitude. Il faisait dehors un plat brouillard qui faisait asseoir une méfiance pour les individus que l’on croise
-
La bonne infortune
à Tarik.
quel bol d’air… ,
et les mouettes percent le ciel
blanches comme un hôpital !
un climatiseur tourne
ronfle fort
– attention je suis cerné !
est-ce que j’étais déjà là un jour
de passage ou ailleurs ?
je suis d’humeur nocturne, mes yeux s’accrochent
j’ai lu les poètes que je voulais, … et j’ai laissé comme c’est !
j’ai eu les aventures que je voulais, … et j’ai laissé comme c’est !
surtout ne rien toucher !
l’heure est passé, je serre les dents
je voyage
sur des kilomètres d’encre
il fait soudain noir… , un froid de colle
de ces angles d’ombres
de ces rives jumellées qui s’illuminent !
un bateau traverse, se renverse
et d’autres mouettes poquent du bec
la rouille des passerelles
depuis le parvis
depuis le tram qui fend l’oreille
le perdu mord sa langue de pluie
dis
: rien ne coulera sous le sens
et que rien ne sera linière, la bannière balnéaire
que Vive, même toi, même par tant de cloaques
Garonne Garonne… , ô chaude Éponge !
-
À minuit le mur s’est effondré
à oncle Abdelkrim.
la nuit est à l’orage de sable
et sommeille sur ses défaites et ses morts
sur pieds et livré sans nœuds que je suis
le branle d’un sursaut cartonné
vendredi, sinon quoi dire ?
les jours sont promus aux suicidés et aux fuites
les poings ne tiennent plus tête ni parole
demeure le devoir
si frêle est la traversée des heures d’un deuil
qui donnent : une soif !
marcher sans y croire parmi les ombres
la tête haute et insoumis
les adieux au ciel de l’enfance
nos retrouvailles seront immaculées, mon oncle !
vous réclamiez le pardon à la voix des poètes
ils hurlent : c’est lui – c’est lui – attrapez-le !
leurs invectives sans entrailles : ils glissent !
devrons-nous suivre ?
votre âme visite les maisons et les nues
votre mémoire retrouve ses éclairs
les coups sournois ailleurs à répétition
un dédain à la dernière cigarette, sans s’y voir
hors de portée sont les morts ?
leurs mains sentent le camphre, le musc et la rose, vidées
rêvant d’une erre, de l’ange de la mort… , – pourquoi ?
ils prennent des trains comme si c’était le dernier
trois feuilles au réceptionniste, rien qu’un stylo et une main
il préparait sa nuit, une proie
la chambre contient deux lits blancs
je-quitterai-les-lieux-avant-qu’-ils-ne-sentent-mon-odeur
une bien heureuse mort lorsqu’il faut tuer ses idoles
l’invariable calcul des rails
( Dieu qu’elles sont propres les consciences ! ).
les toits en guise de murailles, un nid
une synergie s’éternise aux alentours, sinon nulle part
la ville se rouille et rien ne promet, aucune sentence
sans y croire, un peu aussi !
la lumière des pôles n’est qu’une considération
une perspective qui échoue
les éboueurs passent aux seuils des portes
relient les anciennes douleurs, grincent des dents comme du fer
le souffle atteint ou éteint
une brise d’été parvient jusqu’à la fenêtre
une époque est passée, l’écriture
quand est-ce que est le nirvana ?
le monde mérite la ruse dans le sacré, peut-être !
en dehors nul n’en a besoin
vous devriez soulager votre cœur, lâchez vos liens
le cirque prendra fin, ou jamais

-
Des coins
sous une main
trois doigts
comme sous l’eau
l’ombre d’un doute
foisons
une roue selon ses doigts
et la loi
sur le trottoir
des hors-la-loi
où l’enfant ne se rappelle plus
ce presque rien
où l’on était rien avant
qu’est-ce que ça apporte
et si qu’un paradis
s’avance ?

-
Tiroir
les autres… ,
dont tout le monde parle
vous savez… , à chaque fois qu’un recueil est publié ?
ils ont l’art de composer
et l’art d’en parler, –
qu’est-ce qu’il vous coûte d’employer tant de verbes ?
gras bavardages
sinon presse exige
il n’en demeure pas moins qu’à moi
: indépendance, sans bannière.

-
Sur tes rives
elle pèse lourd Garonne
pèse de sa mouvance
sur les dos
sous les lits de personne
souffle par dessus
de ses riens qui ne l’a sauveront
sinon le déluge des poètes
les purs
je ne sais rien de leurs mots
de tes faux
ton dos
accompagnatrice
Iris

-
Un flocon de neige dans la poche
Assis sur un rocher, profitant d’un bref instant de repos, j’aperçois un cerisier, haut d’à peine trois pieds, avec des fleurs en boutons à moitié écloses. Qu’un cerisier, bien qu’ayant été enseveli sous la neige, n’oublie pas le printemps en fleurissant tardivement, est particulièrement émouvant.
L’étroit chemin vers le Nord profond. Bashô.
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il faudrait qu’il reneige, longtemps
et tout le temps
– nord nord toute !
-
Blanc manteau
le monde est artiste
et n’a rien perdu de sa superbe
il est en éruption, incessement
le voir en son innocence est une provocation honnête
malgré son effondrement inéluctable !
tourbillons de points noirs qui tombent du ciel
sur un blanc manteau immaculé
une présence convoie
-
Asile
à Mourad.
je combats des écailles une dague à la main
sans mes jambes
sans mes mots, … de belles écailles !
trouvons un bon deal, la force tranquille
quelle foutaise de jeter son pied dans une flaque d’eau boueuse et froide
grave et soucieux sur le chemin de fer
un souricier !
aimons nos côtés spectaculaires
nos hors limites
c’est un genre que l’on se donne, ce minimalisme à la pierrot le fou !
comme les personnalités qui se construisent toutes seules
( les filles, aussi ! ).
-
Sans crier faillite
la poésie
teintée d’un mal
la diffusion de la religion n’est pas en reste
sans quoi elles ne seraient pas visibles
hors moi, je dis pour qui !
combien même il concourt
pour le bien
pareil, d’où vient
le préjugé du poète infernal ?
un cran, symbiose
une part du paradis est en chacun
-
D’où j’apprenais sur les amitiés à venir
découpe éminente
découpe corps
vers creusé
oraison
sans rituel
beurre et poêle sur le feu
l’image
sans mots
modernité.
réalité.
scission
: évite
celui
qui
suscite
le regret
1 ) voulez-vous que l’on parle de ma tête, de mes dents et de mes tripes ? je prenais acte de mon cerveau en voyant celle d’un mouton, je prenais de mes livres comme un calque
2 ) le paysage s’endormait sous nos paupières – on s’endormait dans la voiture – j’aurais dû à chaque réveil l’embrasser… , – même alors à l’extérieur ? je ne vais qu’en me retournant
multiples voix
matière
tonalité
sacrificiel
lépreux
de la nuit et du jour
traditions
souvenirs qui démontent
enfance
cyclique
renouement
métaphore
strates
fiche
adresse
missives qu’à soi
trou
lectures
passerelle d’un vieux temps
Marseille
vers un entre deux
soi comme des parallèles
-
Le politique
un poème c’est l’appel d’un cœur
qui nous refuse rien
appelle – appelle – appelle
fou d’elle, de toi
fou de Lui
je me contrefiche de moi-même
je n’œuvre pas pour la culture
je ne construis rien
des notions plus qu’intégrées
-
Assouplissement
à Isylle et à Rémy.
ceux qui vous souhaitent une belle vie, sachez qu’ils vous ont écarté de la leur, comme de leurs orages !
mes lèvres noirs soufflent sur le soleil couchant l’origami enfantine
la traversante pluie cogne le vert émoussé des vitres de nos voisins lentement
un Je qui n’est pas le Je que je reconnais dans mes délires et mes vagues élucubrations
j’ai réinventé ma vie jaunie en pleine conversation comme Forest en alabama for ever
je redécouvre la ville que j’ai quitté et je jure de la parcourir habillé d’une âme de pèlerin
j’irai au secret de mes pensées et aux noirs tourments de mon cœur comme être là et ailleurs
je mourrai pauvre et abandonné de tous entre autres balivernes que tout le monde semble l’ignorer
-
Reprises & Cie
une mésentente déjà si
jeune et puis… ,
une mélodieuse s’en va
qui s’en va je ne sais où
avec ses opérettes si tragiques !
comment pourrai-je
oublier ?
rire et rire
avec toi frère, mon
frère-sourire
tu es l’unique bien
qui me laisse comble
pour lequel je rends grâce à Dieu
et c’est toi frère
frère-sourire
1 ) ce que je dis a déjà été énoncé, par moi-même et les poètes à d’autres époques. comme à présent, ces signes-traîneaux qui se doublent ont déjà été déposés, sans préalable
2 ) c’est du peut-être à mon strabisme, – comment alors sortir du calque ? malgré tout, ce n’est pas avec ces brèves qu’il faudrait en parler, quoique cela n’a aucune importance
et puis fonce à t’arrêter 3 min / 24 min
et te recueillir
et te vivre
lorsque tu es cerné d’impossibilités
avance le doigt
l’obscurité s’aplanira
peut-être qu’un jour on se croiera
d’ici là que la vie te soit douce
03/2011 – 09/2022.
-
Souffle le sirocco et je demeure
toi que je devine
tu me perçois peut-être en retour
toi vers qui j’approche
est-ce que tu m’excuses cette harangue ?
je tiens certaines connaissances sur la vie
le côté charbonneux des choses
en moins blanc !
je ne me justifie en rien
je te salue
-
Un bâtonnet
il y a des poèmes qui me ressemblent
que je sens
que je ressens
que je vois
et tous ceux que j’écris
que je fomente… ,
cet objet tient du livre et du recueil
se parcourt comme une fiction !
où chaque poème fait
est un bâtonnet
-
Tous les horizons
dans l’espoir de trouver
une super glue
qui colle
deux fois
la même surface
je regarde les pubs
de patex
parmi d’autres produits
– o combien le monde semble plat
dans un journal !
-
Lire au parc
dans La femme qui était un livre ¹
le poète ne te drague pas
lorsqu’il est triste
même si le poème t’envoute
plus qu’à voir – une ouverture
pour permuter, de se vivre
le mot qui me vient est séance
1 ) Recueil de Marc Losson.
-
Malice
J’adresse une prière aux Prophètes : Vous donnez et reprenez la vie !
Vous avez subjugués le monde
Où la vie sur terre est un oeuf hanté
Selon les rencontres
l’un des haïkus de Jean-Baptiste Pélissier aurait pu se glisser là
: Je m’abstiens.
cela n’aura servit à rien
plus jamais o toi l’endormi
tends l’oreille jusqu’au prisme de ta douleur
et fais à croitre le silence
un Loukoum a qui cette sélection isolée fait rire
et qui poétise de la manière la plus fichtre
: Pourquoi la terre est la terre et pourquoi le ciel est le ciel ?
cris de soif
très haute la concave de Jupiter
une conversation entre le gravé d’un trios de flûtes
ad vitam aeternam
-
Manifeste
un poème
ce
à
quoi
tout
homme
devrait
prétendre
la
fièvre
dans
la
peau
comme
un devin
-
Repêchages
à Rochdi.
j’élève un domaine
parmi mes rêves qui me hantent et défilent
je redoute de finir
je joue du feu sacré par les dieux étoilés
et j’en meurs… , et me meus !
investis du champs de la présence
comme un vagabond qui pue
qui n’est pas !
à propos de mon écriture : passion initiation exil
à moi seul, je suis une équipe :
concepteur
réalisateur
producteur
je vis en poète.
lorsque je découvre le fin mot
je reste émerveillé avec les yeux qui brillent
je le fais entendre
je le fais savoir
je ne veux que continuer… ,
-
Tigzirt
Le soir tombe sur le jardin.
Les oiseaux se taisent.
Le silence du soir est un objet perdu.
Le silence du soir propre aux animaux, propre aux oiseaux,
est un objet spontané, naturel, perdu.
Sur le jadis. Pascal Quignard.
au commencement il y avait l’oubli
et toi
et ton corps
l’infini du jour
brûle !
les jours passent
les mêmes dédales…
comme la vie en l’air
comme les orteils du pied à l’air libre
où tout est mousseline
je m’en vais sans vraiment partir
passent les jours et viennent les aurores
hélas, je ne reconnais que mon cœur
je ne me l’explique pas
très peu savent
– ils rêvent !
vivre sans vous
et mourir
mourir de vous entendre
et vivre
( ce n’est pas aussi idiot que ça en a l’air ! ).
comme une âme égarée, comme une seule nuit
j’achève… ,
1 ) je perds, oui, je perds la raison dans la moire du chaton. il pleut sur la rive de Tigzirt, – si t’es sociable, ma belle ! il y a ceux qui préfèrent la compagnie des escargots
2 ) il pleut, il pleut… , la rive de Tigzirt spirale ! il n’y a qu’une orpheline pour guider un aveugle. la nuit qui tombe en trombe, je l’entonne, comme une chanson d’automne
qu’est-ce qui subsiste
les mots
l’espace
l’espace entre les mots ?
je dois tout à ma couleur de peau et l’intuition
il n’y a aucune énigme
-
Bois de coudrier
à Islem.
en revoyant le soleil à son crépuscule je
repense à celui de mon pays sur des
nuages bleus
quelques oiseaux planent au-dessus les
eaux avec des chutes de rien du tout… , il
est temps pour moi de rentrer
l’oraison enrobée des feuilles aux arbres
jubilent mon âme tendrement… , il est temps
pour moi de rentrer un froid
est tombé comme meurt le jour un
froid qui crispe mes doigts sur ma
glotte… , il est temps pour moi de rentrer
chaque heure me paraît nouvelle comme
chaque instant une ayat… , il est temps pour
moi de rentrer il manque la lettre Y à une
enseigne à l’aller et au retour comme chacun
j’imagine essaie de combler ses canaux adieu
soleil adieu… ,

-
Slam
entre le dire et le faire voir // entre le dire et le faire entendre
le réel est donné, – tu sais, le battement de la chose vue ?
comme qui a un réel mépris du senti
moi, je dois
je ressemble à Devoir !
je ne reviens que pour m’alléger
simplement étendre ma voix // simplement tracer ma voie
le parler fort est une parole de sourd
si ce n’est de la colère sous plusieurs aspects
il me faudrait de la poésie pour entendre // il me faudrait de la poésie pour survivre
je respire pour vivre sans heurts // je vis mes mots qui font l’écriture
je cherche la quiétude dans les infinies miniatures
j’ai combattu toute volonté de puissance
j’aspire à vivre de la poésie
je suis l’éternel soupirant
Chimène est certainement une jolie fille
il y a une expression qui dit avoir les yeux de Chimène !
le noyau sera la plate désinvolture
et les baisers de l’aimée où je pends !
-
Reviens, reviens…
les grincements
des volets
réguliers
se font entendre
entre un va et les vents !
me font des points de relais
qui n’existent pas qui n’existent pas
l’effet scintille
brillances
de vagues modérées
chaleur diffuse
musique de vers déraisonnés
où ma maison s’endort à l’orée de l’hiver
sur une promesse

-
Les appelles d’un lointain sauvage
je sors en saluant le transistor
comme bel et bien un concert de sourires
où nos vies aux piloris se sont lancées
et autour tout s’éternise
parmi des cageots à la claire bougie
du carton et des crayons
voici les jeunes du quartier qui rêvent dominos
avec leurs mains
chut, que plus personne ne bouge !
c’est le coup de tonnerre du mousquetaire
l’éphéméride des répliques
-
Certain que le sens, la morale et l’esthétique m’intéressent pas, parfois !
comme des sauts de lèvres
des sauts d’un gisant
qui drainent
cet instant
fixe ton souvenir
d’où
béant
retrouvé
en l’espace noir
que passent les vents et les bruits de ma sombre tête
que passe ce corps inapte
que je retrouve rien qu’un peu la clarté !
-
J.
j’habite un pays
dont je ne reconnais pas sa végétation, ses insectes
les personnes que je croise dans les rues
avec qui j’échange
m’accompagnent longtemps
sur mon trajet
sauf que tout m’est étranger
et lointain… ,
et ma douleur est partout la même
et c’est toi qui m’environne
-
Tout aurait pu aller autre
je suis mort un matin de juillet
à Talence
sous l’ombre froide
d’un arbre vert ordinaire
embaumé par la pelouse sèche
loin du regard des hommes et des bêtes
il était 11h24, l’an 2007
-
Un ami passe ses nuits à égorger des chats
tu ne m’aimais plus
tu aurais pu faire semblant
un semblant d’humanité que tes yeux avaient perdu
tu t’en léchais pourtant les babines
tu ferais une sacré putain de sainte
comme un chaton peu ragoutant dans mon film de fin d’étude
: fin d’étude !
-
Zenedine
des mots que je formulais dans un rêve récurrent
grâce à la volonté de Dieu
sans doute au monde des rêves, par Son entremise
sans conteste !
me mouvant sur mon lit
comme presque rien ne mérite un Non
lorsqu’on aime aussi
avant que cela ne finisse en verlan !
-
Cuire
mensonge vert
un duvet
or de toutes les couleurs
de vieux crapauds
elle danse
bourdonnement
scarabée
à plat
les étoiles d’une tourte
et puis, rien
ils l’emportent
comme la noire ligne
le but en blanc !
-
Naïma
on se verra à une lecture de la bibliothèque municipale
l’un de ces soirs d’un long froid automnal
on s’assoira sur les escaliers de secours en se parlant beaucoup
– et moi, je m’y verrai !
on prendra le premier bus tout lumineux
l’aube bleue surgira derrière les vitres
on se prendra la main comme un secret
de l’autre main ta droite tu entameras ton petit-pain
une fois à Bruges, le cimetière nous semblera familier
on ne se quittera pas de vue
tant qu’il y aura de la synergie entre nous
tu t’appelleras Naïma aux yeux de fresque
-
Allongement des jours
souvent entre sept collines
semblable à une soirée d’été où la lune sera pleine
le vent fraîchira derrière l’an onze
il n’y aura pas de vent en cette belle saison !
ce sera d’une nageuse qui se filera jusqu’à les matines
le diras-tu, en l’an onze fut ce qui sera à jamais perdu !
les gazelles ailleurs battront le caveau du Tibre
l’eau clair chaque jour les boira
-
Je pense à toi, je pense à moi
à Alice.
l’heure ! … , et puis deux heures
et puis, lieder !
une veilleuse à la chevelure de feu
– oui, tant que cela inrecommandable ?
une pensée s’emplit de son cœur-féerie
elle m’écrit. à la fin… ,
je fuis… , une aire – dans cette fuite
pour lui revenir
-
Une touche
à Diane.
éprouver de l’attirance pour une personne qui n’est pas réceptive
cela te noie dans l’informel, sans appuies
ni vérité
tu observes ton reflet dans le miroir
une trajectoire biaisée
très peu conçoivent le sens de jouer à deux
d’une valse
un nuage menaçant au-dessus du lit
fourmillement aux extrémités
-
Croire comme si
un soir dans tes vieux jours
lorsque tu seras assise auprès de ton radiateur
repensant à tes jeunes et belles années
tu te diras A. m’a célébré, pense-y bien !
comme l’avez fait avant toi Hélène De France
le doux secret de cette maxime se cache dans ledit poème
-
Inconmmensurablement votre
écorchure de l’âme
une glissade dans du savon d’été
qu’est-ce qui permet ? – la noyade.
j’ai dû en baver
sous le coup des fatalités
désordre camouflé
un bus orange grince
je suis désorienté en face de Ranima De La Cité
t’accueillir aux soirs… ,
t’accueillir entre les interstices de la réalité
-
Sous les cotons
à Hania.
sous les cotons du temps
tombent
les rideaux métalliques
les innocents flirts
s’enrhument
une cocotte en papier peint dans des amas d’agrumes !
– est-ce qu’elle m’aime dans ce tout de noir ?
j’appelle au Sauveur des hommes !
c’était le crépuscule
pour l’heure, j’arrose les arbres
de mon urine
est-ce que c’est l’annonce d’une nuit sans fond ?
-
Un galet entre les mains
à Mokrani.
tu envies l’impassibilité des pierres
comme la musique de la main des vagues
comme la douceur d’un galet sous le soleil
la nature prodigue ses leçons de vie
l’eau salée mouille tes lèvres
tu envies l’impassibilité des pierres
comme leur intranquillité

-
Ça n’aura sinon aucun sens
je suis ton ange, tiens-moi la main
je suis innocente, pardonne-moi
souviens-toi de nous
souviens-toi que tu es libre
pars à la rencontre des vierges rivages
c’est une chance ce départ qui s’offre à toi
prends-moi dans tes bras une dernière fois
-
S’étend le Bocage
j’écrase l’herbe
sur un paisible bocage
pour bâtir
un tipi
sous la pénombre
avec mon dos d’hérisson à trois pattes
comme à présent prendre l’air
est à exclure
-
Selon toi un sourire est parfois un sourire de trop
Du haut de mes 48 chevaux vapeurs
Je patauge encore dans la boue et dans la médiocrité
Les vacances ce n’est plus dans l’ordre du jour
Et les jeunes filles ne sont plus ce que c’était
c’est le loup
qui surgit
pour manger la fillette
simplette
avec des fossettes
que je trouve
superbe
Ibtissama
c’est bien toi
personnellement
que je cherche, éperdument
et tout simplement, depuis longtemps
-
Semence
à Ibtissem.
les agréments secrets d’une vie incendiaire
et ses dangers et ses tourments… ,
le noir besoin d’un ventre monstre et humide
tellement phallique ! tellement fatidique !
les chemins qui se croisent chez le dieu des carrefours
la complicité offerte d’un monde juvénile
j’enveloppe nos soirées de mysticisme, avec toi jusqu’au petit-matin, parfois !
-
Une bouche à l’Est
Qu’ai-je consommé à ce rendez-vous
J’ai même soufflé dans mon verre
Je me souviens de sa colonne, droite
Et rien d’autre, vraiment, comment ?
elle
est bien
dans son corps
elle
est bien
partout où elle passe
nous tenons à nous dire
à contre-jour
et dans le blanc des yeux
des choses d’une simplicité cruciale
le vague à l’âme
et un indicible silence
se sont soudains emparés de nous
laissant des grains de sable
dans nos bouches
-
L’accueil est double
à Fazil et à Nahil.
le marcheur solitaire du désert
qui se détache à l’horizon
et qui rêve
ne se déplace qu’avec son âme
il est comme un arbre
il est la branche un soir de tempête
sa vie
ses pays sont à tout jamais perdus
que tu reçois
permets-toi d’en prendre part
et si tu veux la gouverner
la voici devant toi
elle t’en prie
-
Copieux
l’homme cherche à se résoudre
il sonde son âme dans toutes les directions
depuis la nuit des temps
comme allonger sur la lune
tiède et au calme
il répond à des leurres
et souffre de la contrition et des hommes
-
À l’aube
à Taous.
une aube erronée d’été
un cœur-folie éclairant et brutale, – les pacifier !
( est-ce revenir au monde
parmi tant d’autres feux, comme me trahir ? ).
Noor
il me suffit de répondre par : plus tard !
café et douce cigarette !
prières
une psalmodie de l’aube à mon âme
un murmure, noms du Coran
récit, récit oratoire
-
Argentique
je ne me souviens plus à l’endroit
ni depuis quand me tiens morcelé
il fait plutôt beau aujourd’hui
même dans le cœur de mes voisins
ce qui n’exclut pas leur violence !
après la tempête vient l’amour
après le soi corrosif
à moi la chaleur
où j’essaierai de me rendre épave
-
À l’été
à Isylle et à Rémy.
les yeux du lézard ne voient plus clair
la couleur fade sous le citron
le souvenir de la prime vigueur ronge les os
les soleils des nuits entravées
la personne au téléphone ne veut rien entendre
le regard regagne les girolles d’un panier moisi
le bringuebalant infini baille derrière les paupières
l’épervier n’est plus
on a dit que l’on aimait pas les bébés
et toutes les choses auxquelles tu n’as pas accès
parmi ceux dans les rues qui ont vu senti approché les ténèbres !
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Tout signe refusant le savoir doit être marqué par les mots : Ô toi étoile lointaine… ,— Djaroua Allaoua Ouahbi.
L’aliénation la plus grande est aussi ce qui peut conduire, si quelque barrière cède, à la plus extrême poésie… , — Yves Bonnefoy.
Regarder par la fenêtre m’a toujours donné du courage… , mais je vous jure : en réalité, c’est à dire dans ma réalité, j’ai décampé… , — Unica Zürn.
