l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie


  • Au bord de la fenêtre

    privation de ses libertés

    quelques fractions

    le minimum sur les cloisons de l’esprit

    une grotte approchait

    les douleurs creusées creusées

    la peur de tout raser en désert

    de raser les murs

    antérieur silence

    les infinies impossibilités autour le bruit

    introuvable était la phrastique sur le bourdonnement

    de qui était cette perle

    reviendras-tu, dis… ,

  • Tout le long d’un mirage

    ensorcelé… , – j’étais comme

    à l’adolescence 

    ne m’en sortant plus

    de l’effroi 

    sans cesser de la réguler

    l’air devenait lourd – pesant

    comme mêlé à l’enfer

    oh, quel triste sort !

    – oh, revenir à un peu d’oxygène sir l’ingénieur !

  • Une lourde porte avant le désert

    l’horizon de mon cœur s’est obscurci

    l’espace de ma vie s’est rétracté

    l’au-delà résiduel des essences

    que je quête

    d’ici même et sur les chemins

    dans une boîte à huit coins velus

    où vais-je ainsi, marqué

    qui ne sert en soi comme sésame qu’à se délier

  • En quoi es-tu

    de nos baisers confus1

    de nos langues entremêlées

    de nos méandres et de la poussière

    par mon âme et les coquillages

    une danseuse avec qui je partage

    le même félin désir ! le même déshabillé !

    les ivresses qui susurrent tout bas

    les corps exaltés et d’éclats

    les corps comme un halo

    cela te rappelle les sarcophages

    ta peau qui invite à l’outrance

    se parcourt comme les aubes blanches

    comme le retour d’une érection

    sous les draps

    de colère et de larmes

    qui t’arrachent à ta torpeur

    à ton orbite

    ton feu

    si solaire et limbes

    avec tes quelques airs de comédienne !

    je croque dans le jus d’une tomate et fraîche

    cueilli par ton sel

  • On dansait

    à Véronique.

    cela commençait avec le quart de lune

    qui me semblait mystérieuse et arquée

    la sérénade des crapauds

    une fraicheur retombait si douce

    je voyais par chez toi

    au-delà de la baie vitrée

    les oiseaux dans la lumière de l’ouest

    les crépuscules du soir si beaux

  • Une fleur de citronnier

    à Fanny.

    en dépit de ton silence qui m’écorche le sang

    l’odeur du jasmin qui me blesse

    blesse de mille morsures de serpents

    la lune est une amie

    le soleil est comme une fête

    le jour décline morose

    comme les mots que l’on ne peut rattraper

    sur mes pays et loin de toi

    je suis l’étranger

    l’exilé du cœur

    je revois par la fenêtre qui apaise mon esprit

    le citronnier de l’enfance triste

    les lourds portails qui te seront à jamais ouverts

    comme me souvenant qu’il n’y a pas si longtemps… ,

  • Chaland

    au magic pub… 54, 56, 58

    comme dans la nef d’une église gothique 

    une sombre niche au lait froid et de froment

    la rue se nomme maréchal joffre 

    vous y rencontrerez peut-être son apache  

    à qui manquent une hache et un divin sourire

    les habitués s’anesthésient jusqu’à la moelle, verdict :

    cette enclave est un tamis qui cache

    un arrière fond qui grouille

    Lola, Fanfan, Bio… une bande dessinée à eux seuls !

    et la content à eux seuls !

    entre eux seuls !

  • Chaâbi qu’à toi

    à Mounia.

    l’ é d u c a t i o n d’ u n e j e u n e f i l l e p o u r l e s t e m p s d’ u n e b e l l e f e m m e

    t o n c o e u r p r ê t é c o m m e p o u r s e d é c o u v r i r à s o i – m ê m e

    l a d é c h é a n c e d’ u n j e u n e g a r ç o n p o u r l e s t e m p s d’ u n v i e i l l e h o m m e

    m o n c o e u r o f f e r t e n p e r l e d’ é m e r a u d e s q u e p e r s o n n e n’ e m p l i t

    un cœur qui bat pour toi

    et qui brûle

    respire

    une promesse d’éternité

    à présent, je me sens

     : expiré.

    il ne reste presque rien de ton parfum d’entropie

    mon vide intérieur entame ton souvenir

    … bien que celui-ci soit consommé

    pas de chute, après

    indéniablement

    il est constamment renouvelé dans son amour !

  • D’une autre rive un passage

    à Sihem.

    je m’assois au bord

    d’une banquette démotique

    avoisinant des journaux abandonnés et humides

    seul, je m’écrase

    sur le grand verre automnal

    la peuplade d’Afrique tient le cap sur l’Europe

    un ciel gris au-delà

    de mes lunettes bleues

    enduites d’un gras profond qui s’embue

    – ils ont des huiles sur le corps

    pour leur dernière traversée

    de la saison

    portée par le nom des jolies fleurs

    de l’aurore jusqu’au vert matin

    comme une étincelle sous tes yeux

    le marathon sacré d’une autre

  • Panser les mots

    à Ghiles.

    les froufrous de la chandelle sont d’un charme à souhait

    vos yeux cernés détruisent la lueur du platane d’orient

    ils étaient l’expression vibrée de votre propre solitude qui tombe

    comme trois mois de courtisanerie tombent à l’eau

  • Sur une table

    à Chouibe.

    elle a fait un sacrifice d’elle-même

    pour renaître de nouveau nouvelle

    ainsi que cendre qui ne fume pas !

    je suis artificiellement le 14 juillet depuis qu’elle m’a quitté

    j’étais encore avec cette femme

    sous le signe du fennec

    de quelle entité est-il question

    parlez-moi aussi de vous, parlez parlez… ,

    Bordeaux, Juillet 2014.

  • Sclérose

    je t’aimais dès lors

    comme une nuée ardente

    après tout ce temps

    perdu

    je partais loin

    lancé par ton idéalisation

    entre tes garde-fous

    : rêvant.

    je te voulais avec violence

    d’un lien indéfectible

    ne sachant pas te voir

    autrement !

    maux

    gorgé

    boiteux

    filament

    sourire

    heurté

    souvenirs

    défunts

    2 ) j’arrivais encore à sourire de mes amours défunts, de mes souvenirs parés comme une torsade de cheveux. je ne laissais rien advenir à l’horizon, n’étant désireux que de toi

    1 ) une autre vague à l’eau : je ne m’ouvrais jamais à tes volutes sereines de la vie à deux, comme des passagères rencontres qui jouaient des métamorphoses et du morse

    derrière nos derniers soirs de bonheur conjugale

    qui m’inondaient 

    je souhaitais me blottir contre toi

    je pulvérisais à la place ton parfum sur ma peau

    tels étaient les sublimations du poète interdit

    et ses renoncements que j’étais !

  • Et en vrai

    les montagnes 

    et 

    les paysages de ma contrée

    me manquent

    les arbres

    et

    les odeurs de mon quartier

    me manquent

    les maisons et

    les visages de mon enfance… ,

    mais on ne pleure qu’une personne

    à la fois !

  • Je vous laisse

    huit appels émis // deux conversations en ligne directe // deux appels en absence sur le mobile // deux messages vocaux // deux rendez-vous annulés // dix-neuf minutes de musique d’attente // une lettre reçue

    des jours et des heures d’intervalles et d’attente

    et aucune autre issue entrevue

    qu’avec la mort !

  • Dans un monde sideré et sidérant

    une arrière-grand-mère est partie // une grand-mère est partie // une mère est partie // une grand-tante est partie // une tante est partie // une enfant est partie // une arrière-petit-enfant est partie // une sœur est partie // une cousine est partie // une nièce est partie // une petite-nièce est partie // une arrière-petite-nièce est partie

    : ne reste qu’une orpheline !

    un arrière-grand-père est parti // un grand-père est parti // un père est parti // un grand-oncle est parti // un oncle est parti // un enfant est parti // un arrière-petit-enfant est parti // un frère est parti // un cousin est parti // un neveu est parti // un petit-neveu est parti // un arrière-petit-neveu est parti

    : ne reste qu’un orphelin !

  • Est-ce que ça chante ?

    c’est,

    c’est promettre !

    c’est,

    c’est une voix

    le moisie

    c’est,

    c’est peut-être promettre !

    c’est,

    c’est peut-être une promesse !

    c’est,

    est une promesse !

    c’est,

    peut être une promesse !

    c’est,

    ce n’est pas une voix

    le moisie

    c’est,

    rien avoir avec s’est ces ses sait sais

    quoiqu’un quiproquo… ,

  • Itinérance

    je ne sais si c’est l’entrée de la résidence // je ne sais si c’est l’entrée de l’immeuble // je ne sais si c’est l’entrée de l’ascenseur // je ne sais si c’est l’entrée de l’appartement // pour franchir le palier 3 // tous les boucliers sont désactivés // tout confort et portes ouvertes

  • Memories

    cependant,

    tout mon corps répond non

    cependant,

    tout éteindre d’une colère

    cependant,

    tout étouffer d’une montagne de feu

    cependant,

    tout atteindre des digues

    cependant,

    tout laisser des plombs… ,

    cependant n’est plus mon problème

  • Balance

    gueule de chien de traîneau pestiféré comme de la fièvre tête de bidon dans les nuages docte-branleur borgne comme un phallus baveux de limaces veuf de l’amour défectueux à l’emploi bicot de la montagne moisie d’une coque de bateau crottin parfumé à l’ail tordu comme du lierre parasite mort sous la pluie fichu pour un bon papier haïs des orgues et des fées

    ( qui l’aurait cru ! ).

  • Les joues très pâles

    je me baigne et tu me baises

    : salope.

    je nettoie et tu rachètes

    : salope.

    je décape et tu peins

    : salope.

    je loue et tu me chasses

    : salope.

    je te protège et tu me blesses

    : salope.

  • J’écoute Mozart

    corbeau, combo, les hortensias du Congo ont peur !

    corbeau – corbeau – corbeau – corbeau

    tellement dur de revenir en surface

    presto, pesto, pester contre les concertos trop cuits !

    presto – presto – presto – presto

    l’algérianité ne peut se mouvoir sans les mots

    ne pas sombrer – ne pas sombrer – ne pas sombrer – ne pas sombrer

    et puis, fichtre !

    hémisphère Caïn : sud-caïman !

  • Scoubidou

    à Djawhar.

    comme les jours qui coulaient

    et la nuit fendait

    je soufflais le chaud et le froid

    comme un courant d’air ! comme un courant stellaire !

    la terre était le ciel

    et le ciel était de terre

    les points cardinaux étaient incommensurables

    le sang de ma poitrine nourrissait mille fleurs

    et je n’avais rien au-dessus de ma tête

    je renouvelais mes engagements envers la vie

    il était plus que vital de demeurer pour mes proches

    je ne portais rien sur mon cœur

    tout était vain et d’ailleurs

    je rencontrais Dieu dans un pot de danette

  • J’oublie

    quelque chose passe

    quelque chose se passe

    je ne sais plus ce que ça dit

    je ne sais plus de quoi ça parle

    quelque chose sort 

    quelque chose se sort

    je ne sais plus ce que ça veut dire

    je ne sais plus si ça veut parler

    quelque chose taie

    quelque chose se taie

    je ne sais plus rien de ça du tout

    j’oublie !

  • Destinataire inconnu*

    Saturé, et ce mot

    me tenait compagnie

    puisque sur ces pages

    Seul… , comme un Vendredi

    n’était jamais seul

    … , d’ailleurs pourquoi ?

    * Inspiré par Les Lettres ordinaires, Adrianna Wallis

  • Une étrange impression

    j’ai une étrange impression que le présent s’est plié sur mon passé

    j’ai une étrange impression que tout va me revenir en pleine figure

    j’ai une étrange impression que les déceptions des arts plastiques sont immédiates

    j’ai une étrange impression que mes souffrances me rapprochent des tiennes et te font fuir

    j’ai une étrange impression de traverser une éternité à ficeler mon cœur

    j’ai une étrange impression de me ressortir constamment

    j’ai une étrange impression de palper de mes yeux les contours de chaque objet qui m’entoure

    j’ai une étrange impression de me contourner toujours de profil

    j’ai une étrange impression de ne cesser de grommeler dans mon ombre et que la lumière n’est plus

    j’ai une étrange impression de me voir en relief à côté de mon chagrin

    j’ai une étrange impression sur l’exactitude de mes comptes depuis qu’elle s’est proposée à compter

    j’ai une étrange impression d’une marre au dos du poème qui n’avance pas ni ne recule

    j’ai une étrange impression d’avoir une cave sous les palmes

    j’ai une étrange impression de me démembrer de me dilater de gonfler !

    j’ai une étrange impression que je ne retournerais jamais au pays et m’asseoir au quartier ou sur les toits des maisons

    j’ai une étrange impression que je ne me marierais pas avec un burnous blanc sur les épaules

    j’ai une étrange impression que je ne sacrifierais plus un mouton le dernier est passé sur ma gorge comme la lame d’un rêve

    j’ai une étrange impression de ne pas me voir comme tel et d’évoluer dans un rêve

    j’ai une étrange impression que l’envie de récolte des fruits n’est que la caution pour s’acharner et redoubler d’effort

    j’ai une étrange impression que je n’arrêterais pas de me mutiler pour des choses insaisissables et impossibles à posséder

    j’ai une étrange impression que rien ne m’attend au long-court ce qui me semble ahurissant

  • On ira à la cueillette des champignons

    à Isylle.

    Après-midi d’automne. Après-midi

    Sous tes cieux. Sous tes cieux les étoiles ne sont pas moins

    brillantes, scintillantes

    Brave soul. Une brave Soul, une âme

    Après-midi d’été ? Qu’une

    On ira cueillir les champignons. On ira à la cueillette des champignons !

    viens que l’on se voit

    reviens me voir quand tu peux

    bien avant que l’on s’oublie

    avant que l’on ne se perde de vue

    souviens-t’en que l’on s’est

    beaucoup aimer

    dur de se dire adieu en ce cas

    lorsqu’on se sait plus désirer !

    et je voudrais dépasser tout ça

    et je voudrais autant me rêver en toi

  • Zombie Panda

    et ce manque en saison infernale

    du zombie panda qui creuse des cratères

    sur la rétine entière est comme la

    surface et moi déborde en dedans je

    bêche peut-être qu’il est mort un coup

    lorsque la lumière de la pile

    s’éteindra un coup et rien de plus

    sous la pluie une ombre file un clape

    de dents la chaussée est le temps

    qui colle aux fêlures de mes pensées

    des feuilles je me refuse refuse le néant

    de ma négation certains pays savent

    servir les morts ou les fêtent

    et je les préfère à ma manière

    la goutte pour moi le sorcier est

    sons d’alcools suinte ailleurs

    qu’en des rivières prolongées

    les bacs à sable l’odeur de

    charogne rats ou chiens crevés

    comme dans l’enfance gâtée

    et le caca des chats qui remontent

    entre mes doigts je pense à chacun

    de vous derrière et devant

    et n’ai rien compris vraiment

    rien qui ne fasse acquisition comme

    banque rien qui ne veille où le regard

    s’éteint ? ce qui compte est qu’un

    poème m’arrache et le jeu des osselets

    par la bouche les ligaments qui grincent

    sont aussi un coup un coup de gravats

    sur le dos d’une bête me revoici

    bête et drôle de bête

  • A B C, … et D à Z !*

    hommage à Boussarak Fatma.

    * Titre inspiré d’un poème de Federico Garcia Lorca.

  • Salade du jour

    je rase ma barbe

    et mâchouille de la poésie

    galante

    que je ne saurais écrire

    et repasse… ,

    moi comme le soir étale

    comme l’acquéreur de l’unique sachet

    qui fait du bruit

    de cacahuètes sans sel

    déjà bien entamé

    entamé

    comme ma tête

    j’ai dû me plaire hier

    et reviens… ,

    je me demande d’où arrivent

    celles de Madjid

    servies chaudes dans des cônes

    en papier blanc

    et me rêve en coupes japonaises

    et je rêve d’une coupe !

  • Pouf !

    à Jean-Baptiste P.

    peut on parler d’autres choses

    comme lorsqu’on va

    vers quelqu’un, un possible miroir

    on amarre avec tout

    surtout, sa finitude

    la mort

    je veux voir son ventre

    plus rien ne me dit

    tu ne peux rien pour moi

    personne ne peut rien

    que je meurs !

    je la flaire

    y danse avec

    avec rien

    elle pique le bout

    de mon nez

    je suis au bout de ma vie

    en revanche, ne veux plus

    Non

    de ces plis

    un poème pour moi

    pour ces ronces

    qu’à la vie on choit

  • Trois petites impasses

    à Rafika.

    1/3

    sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- il y a des nationales et il y a des routes,- je roule derrière les camions… les 6 les 12 les 36 tonnes,- je prends de la fumée,- je suis au téléphone,- c’est la route,- une déroute,- je ne conduis jamais avec des pantoufles,- ce qu’on appelle se déplacer à l’envie,- l’envie de se décharger,- et si les routes ressemblaient à nos vaines,- fluides et mystérieuses,- on ne tombe jamais sur une autoroute,- les pompiers ramassent nos cervelles

    j’essaie un autre mode de temps

    je me remets à la patience

    sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- je reste alerte aux accidents,- je pense que rien ne peut m’arriver,- tellement alerte que rien ne peut m’arriver,- je vois les arbres poussiéreux qui délimitent la folie des pâturages,- les gens qui attendent le bus,- je prête aux volatiles mes divinations,- un colimaçon,- c’est la route qui nous quitte,- on échappe d’un trou pour se précipiter dans un autre,- je suis ficelé comme une truite,- plutôt une tortue,- je roule comme une radio

    je remonte qu’une seule fois

    le tarmac qui se déroule sous mes gommes de caoutchoucs

    sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- il y a des routes il y a des impasses,- juste essayer lorsqu’on ne peut pas,- je tends les bras à ma déréliction,- un sourire aux lèvres d’un fuyard,- je lui octroie toutes les raisons,- on ne se fie pas à un conducteur,- est-ce que je suis pris dans le filer des panneaux ?,- je suis transporté pour ne rien porter,- une crème verte,- il pleut souvent sur les autoroutes,- j’enclenche l’essuie-glace,- hypnotique,- captivant

    le cendrier est plein à craquer

    j’ouvre la vitre

    2/3

    sur la vierge rive avec mon chien,- j’investis le domaine du non-soi,- au diable les fils et les attaches,- momentanément effacé,- j’aurai ma démence ou rien,- je suis absent de moi-même,- interdit de souvenir,- j’aimerais et puis non,- je m’altère sur le sable,- mes narines guettent le drame,- doit-on refaire l’insoutenable ?,- j’arrive à ne plus dominer,- de prendre moins de place que mon domaine,- tout s’émiette pour ne rien laisser,- je perds le miroir des hommes et cela tient

    je suis l’autre qui glisse au creux de la vague

    forte et belle à recommencer

    sur la vierge rive avec mon chien,- je construis une cabane d’allumettes humides,- l’œil furtif et scrute,- présence contaminée,- il ne reste que des pourquoi vagues,- le noir soleil est une couleur,- un sans visage,- l’indien sous prozac,- longue est la traversée avant les signes,- les vents caressent mon visage,- un chien n’obéit qu’à son besoin poitrinaire,- s’il pouvait se laper le crâne,- je m’affadis comme la roche qui garde,- la couronne iodée,- je n’ai pas de cane

    j’apprécie les pointes démesurées

    comme sa compagnie

    sur la vierge rive avec mon chien,- il n’y a plus de chien,- j’ai tout consentie et du laiteux,- cela ne sort pas ou ne dort,- mon cœur est sous cloche,- détérioré et en partance,- j’ai les pieds nus plantés dans le sable,- il y aura toujours de l’eau,- cela dit de mon capharnaüm,- combien d’initiés compte Saint Michel Chef Chef ?,- on a tout recenser dans les livres,- le peuple maudit,- une histoire courte de l’expéditeur,- un cul-de-sac,- les ressacs,- un dessein ne ment jamais,- garderas-tu une trace ?

    ( toi ma bien-aimée, je reviens au deuil ).

    un passage aux toilettes du bar alligator

    je recharge le téléphone

    3/3

    je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- son cœur à la petite cuillère,- je me finis de me recueillir,- je caresse les rêves du vent,- son sommeil léger,- j’ai un petit peu froid,- toute à l’heure j’ai pleuré,- le rêve continu,- son néant parfois me tente,- je n’oublie rien ou presque,- immensément ailleurs,- je soupèse selon le chemin et non les actes,- vertiges inconsommés,- je peux ne pas être drôle,- le renvoie d’images biaisées,- du plein baiser le doute

    je me fais de la misère de la rouille

    je réitère pour ne plus pêcher

    je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- je souhaite m’étendre et modeler mon âme,- son âme occasionnelle,- je parle seul et si seulement je trouvais preneur,- je l’ai laissée pour morte sur la rive miteuse et les bateaux vont au loin,- son cœur pourtant si débordant,- je m’accroche à son air de déjouer les portes,- trancher c’est trancher l’existante,- clairvoyance des mots qui disent peu,- je me détache,- tant de solitaires espèrent de leur solitude,- la radiation

    ce n’est pas aimer que d’avoir bon dos

    il me suffit de déplaire

    je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- vertèbres s’éloignant du port mythique,- la nuit comme le jour je te salue,- je te mets un doigt dans le cul,- je m’évanouis devant les climats,- son corps se régénère fuyant fuyant,- je stationne dans l’impasse des clématites,- je mets le contacte,- l’œil du mal rase mes parois,- j’incarne les peurs d’un poète,- délire de se reconnaître comme tel,- une musique quand il n’est plus question de notes,- mélomane de la fluidité,- comme le sang,- suspect

    je me défais sous mes yeux

    les souhaits se précisent en amont du flux

  • Une sauvegarde

    balbutiements 

    loin des mots 

    au loin en moi

    et ressort !

    je rends grâce

    à Dieu

    pour ce mystère

    toujours aussi loin !

    je souris

    les yeux clos

    à ton visage

    tu me manques

    tellement

    tellement

    ce manque est un présent 

    heureux 

    avec les personnes

    tout est étroitement drôle

    et étrange

    j’appelle aux loups 

    la prochaine fois

    que l’une d’elle me pisse dessus

    alors je hurle : 

    Ouuuh !

  • Il pleut comme la pluie

    à Abdelmoula.

    le globe est une lune

    sœur des nations

    derrière son casimir percé

    il ébranle

    cette lune est en sang

    qui se joue

    entre

    des connivences

    une madeleine

    la bravache des sept vents

    est avec un napperon

    blanc !

    l’esquisse d’un poète

    qui roule

    comme ses matins jaunis

    comme une empreinte sur le sable de l’eau !

    la toux redondante

    clôture ce poème

    en God

    d’une marche silencieuse

    je vais sans crainte avec mes mots

    incertains !

  • Réseau d’absences

    à Sofiane et à Adlene.

    et si je n’étais qu’un désespéré

    l’homme brisé au cœur

    je ferais des nuits

    une rage

    mes nuits sont un habille

    d’errance

    je n’ai aucun maléfice

    sur le front

    ni sur mes lèvres

    et la bonne fortune

    je l’espérais

    qui ne m’avait dès lors sourit

    le monde me retourne

    comme une toupie

    éméchée

    au bout d’une ficelle

    éméchée

    je redescends

    1 ) je retrouve une connaissance, elle vit le grand amour, jeune mariée ! le bonheur des uns me désespère. des autres, à vrai dire, je m’en fiche. un autre, que dire de plus

    2 ) on pense nos blessures de récits juxtaposés, on rit de la même distance, d’elle à il ! j’en conclus que l’autre fille aux cheveux noirs est une pute. je reprends ma bicyclette

    et vois cet animal

    complétement atomique

    dans le froid

    affamé

    au bout d’une corde

    et qui m’interpelle

    du fond sans fond de nos abîmes

    j’imagine que la corde peut être

    celle d’une guitare

    de flamenco

    avec ses airs oubliés

    le vivant infuse un peu chaque jour

    et tous les jours à venir

  • Ou brève percée

    à Ziad.

    dans un taxi

    soir de la Saint-Sylvestre

    et me retrouve seul

    me sens infiniment seul

    et je pleure

    je pleure nos liens fragiles

    mes héros évanouis

    l’absurdité de ma vie d’exilé

    j’ai dîné à peine à bout de force 

    entouré 

    des bouées de sauvetage 

    une nuit d’été

    en visite aux jasmins

    et me retrouve sur le dossier d’un banc

    à peine quatorze saignées

    je regarde les voitures et les passants

    qui passent en eux-mêmes

    j’éprouve une déchirure

    et me retourne comme un assassin 

    j’attends quelqu’un qui me fera

    peut-être rêver

    Hydra, comme hier

    évènements parallèles que je traverse

    et un sentiment mêlé

  • Avant d’être, comme un éveil

    à une lettre

    postée

    sous les plis de mes yeux

    et que j’invoque

    dans les rues

    où j’hésite

    et vois le ciel

    dans une flaque d’eau

    un arbre sous la pluie

    un oiseau sous l’arbre

    de l’herbe sous la nuque

    de l’oiseau qui dort

    j’emplis

    j’emplis

    mon oreiller de cailloux

    comme un étang

  • L’entrée et la sortie sont par là-bas

    solitaire

    vais

    crevé

    nuages

    que tout en dedans

    des enfants et

    l’horizon

    je

    passe sa

    hauteur

    le pointe

    dans la tête

    des danses

    passe

    la ville

    une voie

    directe

    je ne sais

    avant

    les lumières

    la nuit

    sans nuances

    un grain

    qu’ils disent et

    j’oublie

    me fend

    ça sauve

    deux nymphettes même

    si je

    j’entends

    leurs âmes les

    annonces

    correspondances

    au revoir

    pontife est

    magnifique

    limpide

    une eau pour

    rentrer

    pendent

    les toiles

    d’araignées

    s’allument

    suivies

    d’eux

  • Des lisérés sur un fond bleu

    à Wassim.

    on avait une vue depuis mon collège

    du haut des cinq étages de notre bâtiment

    que l’on montaient en éléments sauvages

    souvent pour se rendre en classe

    d’où on contemplait le changement de la lumière

    et des saisons sur la tête des arbres

    pendant les heures silencieuses de réécriture

    retentissaient parfois des sirènes au loin

    on se voyait presque dans une grande capitale

    ou l’un des films jaunis de Martin S.

    la classe était blanche de crasse avec de larges baies vitrées

    assis à la dernière table de la dernière rangée

    là, je rêvais peut-être d’une place

  • Un second couplet s’élabore

    ton nombril

    est loin

    l’eau jaillit des coteaux

    circonférence

    limbique

    ( une langue que tu ne partages pas, réessayes ! ).

    ton nombril

    est loin

    de tes seins

    l’eau jaillit des coteaux

    circonférence limbique

    ( oh, que tu respires ! ).

    qu’est-ce un poète,

    n’est il pas un homme

    presque comme n’importe qui

    ou pas tout à fait le même

    sinon presquement

    maladroitement ?

    ( tu l’inscris sur ton passeport, santé ! ).

    tes seins

    de ton nombril

    sont éloignés

    comme par un champs de coton

    où de ton ventre curve jaillit

    l’eau des coteaux

    circonférence limbique

    toujours aussi caverneux et si loin de toi

    et en sueurs !

  • Tout ne peut pas entrer

    à Bruno.

    un homme est censé porter des vêtements qui font environ 50g et plus

    on n’a pas le droit de se dévêtir dans la rue

    il est capable cependant de soulever une charge de 492kg

    on est déjà ailleurs

    la norme NF X35-109, poids maximum à porter pour un manutentionnaire est de 3kg à 30kg

    le poids de mon cadi vide est d’environ 4kg, et rempli, je ne sais pas !

    on devrait signaler le poids des livres sur les livres

    pour les liseuses numériques ils le font

    une rame de papier fait environ 3kg pour 500 feuilles

    je n’ai jamais pesé mon livre préféré

  • Les chemins d’aventures sont à jamais actuels

    à Samira N.

    solitaire il est certain que je vais

    crevé lorsque rien ne tient nuages

    que tout cascade tout séquence en dedans

    des enfants autour des innocents et

    l’horizon en est pollué et sont beaux je

    passe je vois un poteau sa forme sa

    hauteur sa couleur pour finir le pointe

    dans la tête des corps et des

    danses inconnus je passe

    la ville a ses coïncidences une voie

    directe en état un état dans l’état je ne

    sais jamais mais c’est vrai j’ai habité là

    avant si belles soient elles les lumières

    la nuit sont courbes sans nuances

    un grain qu’ils disent un pont qu’ils

    disent la vie réelle d’autrefois qu’ils disent et

    j’oublie et je ravale ce qui me fend

    ça sauve peut-être un homme !

    deux nymphettes à l’arrière du bus même

    si je crois que tout est dit j’entends

    leurs âmes chuchoter entre les

    annonces des arrêts : correspondances

    directions déviations, etc. merci au revoir

    pontife que je descends le ciel est

    magnifique d’un éclat bouleversant limpide

    une eau sous laquelle je chemine pour

    rentrer au milieu des allées où

    pendent fraichement les toiles

    d’araignées les lampadaires s’allument

    suivies des oiseaux c’est bien pour eux

  • Entre en délicatesse

    à Samira N.

    pourquoi ? statique

    en essayant d’élargir le vide

    non moins violent

    la vie rend parfois obscur

    comme la vie peut être sublime

    je n’ai pas peur du vide 

    où le mal de tout est à la dérive

    sur le sang lactescent

    d’un amour intense et de feu

    il revient l’espoir fou d’une rive

    et vierge de présence

    comme une barque mire au loin

    dans ce plus qu’un rêve

    un jardin où l’univers se consume

    de la même peur

    au doute sans expression

    et chanté : tu t’en vas, même si de travers ?

    que j’exaspère

    l’-amie-s’-éloigne-au-ralenti-me-laissant-là-les-bras-ballants

    l’-amie-s’-éloigne-au-ralenti-me-laissant-là-les-bras-ballants

  • La suivre

    à Thinhinane.

    le rêve d’une île que je n’aurais peut-être jamais

    un havre de paix à moi seul pour y évoluer

    où poussent des plantes rares et vertes

    et où l’eau coule comme d’un système d’arrosage

    où des blanches colombes volent par instants

    au-dessus du sol craquelé

    le paysage qui fourmille de bruits et d’étincelles

    qui happe jusqu’au bout de sons pulsés

    et là des formes et je caresserais…

  • Raccourcis

    à Achour.

    peu à peu… ,

    je décroche, me dédommage

    est-ce là le réel

    bagatelle

    ici

    et à jamais ouaté

    la peur d’aboutir au cloaque

    s’obscurcie

    « … que tu as froid,

    face à moi-même !  »

    je veille sur mon inconditionnel

    le frappe tête

    ici

    je reprends un éternel

    parmi les cahiers

    une carte bleue de la terre sur le ciel

    transfigurée

    te souviens tu des soldats de plomb sur les étagères ?

    tu en as trahi plus d’un

    sans doute tous

    sous la poussière engloutis

    à petit feu léger

    je décroche, me distille

    il appartient à qui ce pouvoir

    ce buvoir aux oiseaux, enchanteur

    que je danse

    1 ) derrière les murs de mon collège, il y avait un champ, en pente douce. je faisais mon karaté de rue, de la bêtise. c’était là-bas que je perdais mes repères sociaux

    2 ) j’allais à la relecture de mes souvenirs, et partais… , – une voix dans le poste radio : le besoin de partir, donne l’envie de rester. ceci est plus ancré que jamais

    elle s’est fermée

    quoi donc ? la porte sans rideaux

    d’où le passage du daemon

    et des anges

    en ce jour peut-être une conquête

    et partir en présence

  • Se jette dans un autre

    il y a ces maisons d’ardoises sous le pluie

    et des lilas qui longent les abords de ton quartier

    il y a tes félines oreilles attentives à la chanson

    et tes petits doigts rouges et humides

    qui démêlent les écouteurs

    avant que nos corps chauds bougent

    que l’on partage nos larmes

    de brume et de silence

    sous le ciel de nos joies et de nos peines

    il y a la froideur de nos baisers d’adieu

    et je vois tes bras maigres s’évanouir

    comme un enfant qui apprend à mentir

    je hume tes cheveux une dernière fois

    qui me sortent d’un sous-sol comme de la pervenche

    au fond d’abîme au fond de noir

  • Je t’aime Frère

    à Amine.

    pour le fils

    et par les rues

    il y a naître

    en peu de jours

    et revivre

    avec l’inconsolable

    éternité

    des anges

    douleur qui s’éloigne

    je passe par les atroces écritures

    et redécouvre !

  • Étoile blues

    comme un quelconque tenancier de bordel

    bel et bien dans l’aventure

    tu es belle à n’en plus s’y tenir, brune me dis-je ! sans donner corps à tous tes signaux, je me penche pour t’embrasser, comme dans les séries télévisés du 14 juillet

    nous vivrons heureux

    dans le manoir

    noir, ô ma totale !

    je te laisse mon numéro, celui de ma mutuelle : 01 … , tu as sur quoi écrire ? à cet instant, tu tiens ma vie sur une feuille de papier hygiénique. c’est là, comme une promesse

    nous vivrons en dessous

    de la nervure

    du monde, ô mon idéal !

    étourdi sur le perron des vierges, je m’en suis allé avec ma plus belle des révérences pour saluer cette séfarade. les sirènes de l’orchestre de Bordeaux me suivaient de près

    nous vivrons ma foi

    sur le perchoir

    froid, ô ma folie d’amour !

    je me sens canonisé

    heureux comme

  • Le fuchsia

    écran tropical

    sur les méandres brûlés

    de longues pirogues

    moiteur… ,

    j’appelle à l’onde d’une pirogue

    bleuit d’exotisme

    sur le fleuve

    un pagailleur dans les zones

    de la part d’ombre

    Le chant général

    comme une aurore à venir

    à l’âge idéal

    le haïku engage une brèche

    *

    dans le bus

    deux mains au chapelet fuyant

    une pissoir à l’arrêt

    dimanche aprém

    où se posent les silencieuses

    de la poussière

    l’ici pour un ailleurs

    recouvert de draps blancs

    vandalisme ! *

    demi lune

    là où apparaît un clou

    j’enfonce le clou

    haïkus d’une âme à une âme, cardinaux… ,

    * inspiré de Peuples de pierre, de Denis Monfleur

    *

    l’enfant s’interroge

    ses yeux rivés sur la mosquée

    une balle en main

    swift de la main

    le long de la chaise blanche

    jet sur la pelouse

    doux soir d’automne

    entre les branches de bouleaux

    la lune bien sûr

    devant une porte

    raccordée au ciel étoilé

    le Bourg s’anime

    Renga, poésie en collaboration

    *

    Bashô, goûte s’y une !

    en fermant les yeux

    sur ton jardin de brume

    par la vitre

    un chat derrière la fenêtre

    le même délire

    fin de la saison

    sur la peau sept points de suture

    au Croissant Rouge

    par les chemins

    une révolution

    sur la ville cloisonnée

    concerné, sans engagement : marteau, clou, aïe – aïe !

    *

    fragrance

    un filet cotonneux

    me perce

    me promener

    et sourire au jardin

    des fleurs

    le receveur

    se remet en état hideux

    sur des golfes*

    la haute-ville

    un virage dont les pigeons

    n’avancent pas

    * inspiré du Bateau ivre

    *

    tu t’endors

    sur du papier déroulé

    apprenant le bois

    une piqûre

    avec ma langue

    s’il le fallait

    jusqu’à demain

    que je meurs pour ce soir

    lundi !

    .

    .

    .

  • Tritures

    à Mustapha.

    lorsque je parle

    du temps qu’il fait

    ou d’un rêve… ,

    je ne me sens jamais

    au grand jamais en boucle

    le ciel sur la terre

    parmi les possibles

    il y est déjà

    en ouvrant grand

    mes doigts

    tant de choses à réorganiser

    tant d’autres à prévoir

    et la certitude

    que je ne verrai

    le tour

    il est vrai… ,

    que c’est dur

    de m’arracher un mot

    mes soit disant délires

    sont hachés dans ma tête

    est-ce que j’arrive au bout

    de mon voyage

    effrayé que je suis par

    ce que je fais

    de la version finale

    au fond… ,

    j’ai glissé, un accident

    simplement

    : destructeur – régulateur – nettoyeur !

    dans mes poésies

    1 ) sur la façade de la gare, il y a bien une Gare, et une horloge, et une affiche ! une circonférence avec 4 couleurs : noir et rouge au-dessus, blanc et bleu en dessous.

    2 ) dans les rues, au centre où tout converge, aucun n’a de l’attrait pour les uns et les autres, tous sont braqués, nul ne me parle, je parle à tous. je suis là, je passe.

    trop tard

    trop tard

    trop tard

    trop tard

    trop tard

    je me pâme ailleurs de certaines proses

    aussi longues qu’un long vers éclaté !

  • Au corps un temps strié

    le temps d’une nuit sur le fleuve

    un banc de mouettes

    rejouent les constellations

    de l’enfant qui ment

    obstinément

    à l’intérieur de son gilet

    il tâte sur son chemin

    une marre noire

    qui reflète une chasse

    ailée

    les générateurs au loin

    électrisent l’été

    et son chœur poème

    qui renaît de ses cendres

    entre ses dents

  • On y va !

    à Anne D.

    ma main sur ton épaule

    et marcher et parler et rêver haut 

    dès l’aube… ,

    c’est peut-être toi c’est peut-être moi

    comme des moulins arc-en-ciel

    pour enfants

    je ne sais avec toi

    toi mon creux

    de quel côté se trouve la vie

    de quel bord on se lance

    par dessus ce pont, ça serait lugubre, non ?

    peut-être… ,

    par dessous l’été sous l’été 

    sous les arbres

    douce sera ta salive

    sur mon visage

    doux seront tes mots

    à mes oreilles qui grattent

    ça se passe ailleurs

    sous nos yeux

    ce gong

    à toi

    et

    à moi aussi : bonjour !

    ah, Dieu qu’hier est déjà un rêve

    cela n’arrive aussi qu’avec toi que je te remercie

  • Des palliatifs à ce machin-chose ?

    demandez à mon frère s’il se rappelle de la fable des œufs de poule et d’un divorce ? et dites-lui que c’est fini, il n’y aura plus d’œufs. cependant, … et où sont ses intérêts ?

    dites-lui que s’il ne peut rien ici-bas, qu’il ne s’aventure en rien, qu’il tue son ego et ses désirs, qu’il met ceci sur le compte de la culture, que c’est générationnel, mystique

    mon frère noir de notre époque, comme moi, est un homme, quelques restes de miasmes concernant nos noirs pères, encore que des préjugés, sous la crible du temps

    dites-lui qu’il ne boit pas de tous les puits, même épuisé, combien même sans d’autres choix, – Nous faisons la culture de demain : fichtre diantre ! qu’ils disent

    c’est au moment du retour au pays abandonné et ravagé par son ignorance, que le frère, le noir, l’homme qui ne se voit pas comme tel, s’aperçoit qu’il aime, non pas qu’il a aimé

    dites-lui que je crois qu’il trouvera une issue, pour le bien de tous ! comme je l’espère pour lui. à ce frère à la tête noire, je parle en moi : Faite qu’il n’y ait plus de fourberies

    mon frère, cet enfant, ce déserteur perdu sur la terre sainte ! pour qui, ils ont brouillé tout horizon d’une vie à part, fixé ses rêves à une réalité qui n’est pas la sienne

    dites-lui que le poète fait commerce de ses dons, qu’il est sans couleur, qu’il goûte à une eau sucrée où qu’il atterrie et ne ressent jamais la hantise des cloisons de l’esprit

  • Je me souvenais

    à Narimane.

    il y avait à l’aube un appel à la prière

    et un pressentiment de la corde

    tous les fidèles remontaient leurs djellabas

    de leurs deux mains trempées

    cette fois-ci pour qu’il pleuve

    je me baladais au sein des sons primitifs

    ma gorge dénouée comme tous les vendredis

    parmi les fous rires bénis de Dieu

    sous mes doigts du ciel se répétait

    le noir des cliquetis du téléphone

    et j’attendais la tonalité ou j’aurai eu à marcher !

    quelques nuages rouges au-dessus s’agglutinaient

    elle n’avait pas répondu à mes silences

    et ne m’avait plus jamais répondu

    sur quoique ce soit

  • Est-ce ainsi ?

    à Marie.

    elle arrache des cornes blanches

    pendues à ses cheveux

    elle s’assoit sur un banc en bois

    pour confectionner un pont

    aussi long… ,

    et long que le Nil !

    cela arrive peut-être trop tard !

    elle semble sensible à la caresse du vent

    minime soit-il

    elle a les manières d’une étrangère

    qui ne se fréquente pas

    aussi sèche… ,

    et sèche qu’un fruit sec !

    le déshonneur la magnifie en son cœur qui la surplombe !

  • C. m’a demandée de rire

    ça date

    de la semaine

    écoulée

    peut-être

    le début de celle-ci

    ça me revient

    je n’ai pas aimé

    la drôle de façon

    avec laquelle j’ai pris

    du fromage

    d’un rayon

    de supermarché

    à ce niveau déjà 12 vers

    une micro – iliade

    il ne manque plus qu’un dieu

    une aura

    et une guerre

    sinon tout ça se termine

    autour des assiettes

    où l’on peut

    à loisir rire

    sinon de quoi

    au juste ?

  • Les signes

    Tu reproduis des gestes 

    que tu remarquais à peine

    sur les mains dociles 

    tu reproduis des silences 

    remplis de présences 

    que les gestes 

    n’emplissent pas 

    tu reproduis 

    ce qui ne se fixe pas

    ALBA ROSA. Samira Negrouche.

    Traduit par Marilyne Hacker. 

    tends la main au bouquet

    lancinant

    la lune est d’ailleurs

    et sans bruit

    accrochée à la chair

    de l’escalier 

    une future aube

    sur le cœur

    le couloir de la vieillesse

    s’arpente

    à pas de géants !

    une soirée de l’aïd el-fitr

    te voit partir

    les pluies lavent la terre

    parfumée

    comme dans le Coran

    jusqu’à la nuit des temps

    te rejoint

    l’intraçable terminaison

    de l’oncle

    qui à jamais offre

    le noir soleil

    te tient un faune

    en lieu

    la migraine d’une carpe

    l’ombre d’un nuage au-dessus d’un prophète

    une stèle sur une terre

    à part

    un nuage

    un nuage, un nuage… , – dominus vobiscum !

  • C’est sous-estimer la fièvre

    à Lounis.

    j’arrive devant le Consulat de Bordeaux, huit heures et quart, y dépose ma demande avant d’aller m’assoir tremblant en face des fenêtres qui sont ouvertes

    le premier cependant à être entrer et les espaces, les ressortissants qui affluent, me semble comme des arènes. le rythme des guichets en verre est particulier

    d’où parvient un vortex

    j’y rêve dedans à Slimane A. à ses chansons que l’envie de cloper remonte !

    j’y rêve dedans à Yacine K. à ses écrits comme un goût, du roc, de l’archivage !

    j’y rêve dedans à l’exil, subi ou selon qu’un rien me retourne le ventre !

    il me faut croire encore qu’il reste un peu de moi, socialement appréciable, pas un homme complétement ravagé. je crois que je couve quelque chose… , le roussi ?

    je fais les cent pas et des enfants observent et se chamaillent, ils consentent à cette atmosphère si particulière qu’est la bureaucratie algérienne, et dehors

    il pleut et fait frais

  • À l’orée de son regard au premier août

    il suffit parfois qu’une maison des voi –

    sins ou qu’une personne replonge dans le noir

    pour que je les salue certain des o –

    deurs et je regrette toujours mes silences

    avec les inconnus croisés au ha –

    sard mes rondes qu’il me revient cette tê –

    te étrange retenir mes reins rete –

    nir le frein relus d’un arbre à ja –

    mais ne feuillent sur de la terre en mal

    du pays si mal pour si peu qui dure

    ravage les oiseaux ont compris ce bref

    coup d’œil de hache ce voile ainsi qu’un

    silence ils me l’ont un peu écrasé

    sur laissé et s’observent ces sacrés

    oiseaux de feu et volent et se donnent ils

    m’ont laissé là entre mes blancs et le

    noir le ciel gris préféré de là-bas

    point de rupture prolongé et mes a –

    ssèchement de glandes qu’ils neigent en

    de récents souvenirs au large par –

    tout et tant que ça archaïque pourquoi ?

  • Un pas dans une gare

    à Fanny.

    à l’aube ta bouche à l’est

    je te désire de tout mon soûl

    tu atterries derrière les vitres bleues du TGV

    j’octroie un don d’amour à l’univers

    imprégné de toi

    je brûle et me noie sur le sol

    comme on tend vers des amours en carrousel !

    seule la solitude offre un concours

    au paysage intérieur et son double

    que mes masques rient

    je sors avec une roulée de tabac sur mes lèvres

    qui brûlent autant que ton dernier baiser d’adieu

    devant le distributeur de films

    toujours avec un petit pincement au cœur

    hier est l’éternelle note

  • Puzzle ou sons

    frag/                       /ou reve/                                               êtr – e                                     /de

    /ments   /nir                                          /en                                                          /la

    iso/                                         /à                                           /cou                                        fenê

    /lés                         /mes                                       tout – en – cou                                                                                    /tre

    /les         lec/                                                                        /et                           /j – e

    trans/                                                                     /tur – es                  /une têt – e                            /ne relè

    /cender                  /un homm – e                        /ve

    /dans                                                     pen/                                       /au                          /qu – e

    /ma réa/                 /ché        bor/                        /la lum

    /lité                                                        tour/                       /de l’                       /ière

    j – e         /né                                                         /eau                                       /hie – r

    /ne                                                                                                                                        tour/        /rie – n                    /si c’/

    /vai – s                   /nant       /qu’                         /est hie – r

    /plus o – ù                                                                             /ver – s                   /un                          /passai

    /j – e sui/                                                /la           /meur/                    /ent

    /s            /pros – e                                                                /tr – e                                     /les

    app/                                                        vira/                                                        assi/                       /nou

    /elé                                                                        /ge                          /milé                                                      /velles

    /r – a – t – é                          /un enfan – t                         /e – t                       /le                           /ven – t

    /bor – du

    /re

    lisi – è

    /res… ,

    /ne

    /revien

    /t

    /pas

    même si tu disais le jour, la méditerranée et la poussière,

    et te souvenir d’une langue que tu parlais autrefois ?

    Aylan aurait joué aux puzzles !

  • L’arrachement est en moi et en dehors, je tâte plus que je n’arrache

    ;

    .

    .

    .

    .

    ;

    vous avez un crédit, remplissez les espaces vides laissés à cet effet…

  • Oiseau

    sans guide

    pèlerin

    esclandre

    te tète

    te rejoint lacéré

    cran

    cran

    cran

    cran

    en dessous

    où se cachent tes yeux

    sur l’écran

    de la matière fictive

    au cœur

    des des sonorités

    désarçonné

    de gauche à droite

    t’es là

    et entre

    comme une ombre

    défilée

    une saleté

    pêlemêle

    index

    d’un haut

    annexé

    se pose un jardin

    d’essai

    t’y promener

    avec ou sans

    ton sang

    survolté

    électrique

    cela te redonne

    te rend un sourire

    léger

  • Groove

    à Raouf.

    Etions-nous nés pour la gangue ?

    Etions-nous nés, doigts cassés, pour donner

    toute une vie à un mauvais problème

    à je ne sais quoi pour je ne sais qui

    à un je ne sais qui pour un je ne sais quoi

    toujours vers plus de froid ?

    Suffit ! Ici on ne chante pas

    Tu n’auras pas ma voix, grande voix

    Tu n’auras pas ma voix, grande voix

    Tu t’en passeras grande voix

    Toi aussi tu passeras

    Tu passeras, grande voix.

    Epreuves, Exorcismes. Henri Michaux.

    il envisage de s’installer en hauteur dans une cabane comme un loup / il envisage de s’installer en hauteur dans une cabane comme un loup

    il se baigne comble

    vissé

    conte-moi l’encore vivre

    de congruité

    vivre est

    comme un espoir de vivre

    vivre

    sur la sellette

    drôle de vivre

    que de vivre en migrateur

    au seuil

    … , et ses imperfections

    qu’il haït

    de ne frôler le sol

    là est son unique directive

    un homme endormi est une grave erreur

    à moitié sur le lit

    avec ses rêves

    et ses cauchemars emmêlés

    les toits sont quelque part dans le bleu

    les paysages : on s’engraisse les yeux du familier !

    une mélodie du terme

    chaque grain chaque son

    claque une lettre

    une invite

    vivre est

    comme un aller en toute allure

    où est son daemon il a lui parler

    où est son daemon il a lui parler

    il estrade avec ses peaux

    tant bien que mal les mortes

    et les régénérées

    dans l’étrange

    noir

    de l’extra univers

    ôtez le capuchon !

    l’adresse

    il n’a pas grandi

    et n’entend rien, à l’inverse de ceux qui veulent

    il veut prendre du bon temps avec des femmes pas très jolies, pas très futées non plus / il veut prendre du bon temps avec des femmes pas très jolies, pas très futées non plus

    il a consommé l’amour

    il a trouvé

    vivre

    beau comme se faire saisir la queue

    vivre

    comme de surplus

    il revit

    après plusieurs vies

    pulsées

    sans s’en soucier

    où le tour

    … , et étrange

    étranger du vivre

    de vivre

    fini, fin d’un scénario

    on n’a pas fini

    de se recoudre

    le cœur

    malgré tous

    les départs dans de longs trains

    les langues : on débarque sur de longues nuits !

    le nous, la boue

    accoutumance : brièvetés !

    ainsi ne plus se soumettre aux grandes personnes

    ou se courber

    vivre

    ou finir, c’est selon le dire

    même s’il pense que la fin l’apprivoise

    même s’il pense que la fin l’apprivoise

    la fin

    une fin, une page qui se tourne

    un trappeur-peur !

    si ce n’est une bête féroce

    un organe de fumée

    notre

    drôle de fin

    la fin comme pour les imbéciles et les renégats

    il vivra

    mille ans, son sperme

    je ne me rappellerais jamais de ce groove

    tu peux le traduire et le chanter quand et où te plaira !

  • Mon Dieu, tout ce qu’il faut convoquer pour finir un plat de pâte 

    à Christelle B.

    certains poètes contemporains m’ont tout simplement décapsulé.

    Bon appétit

    Enjoy your meal

    Bonne lecture

    Buon appetito

    Bon visionnage

    Guten Appetit

    Bonne écoute

    Bom apetite

    Bonne pêche

    Buen provecho

    Al Hamdoulillah

    Eet smakelijk

    Bonne et prospére année !

    Tiré d’une poche.

  • Poème vertical

    comme des répliques

    une autre apparue

    moi-même à la merci d’une autre

    comme une rudesse sereine

    sous un certain regard

    une voix de mes dires

    comme le commun des mortels

    ainsi vont les vieux loups et les fous !

    rien qu’une femme toute à l’heure

    une grimace

    ( la beauté de tes fières seins sous les lueurs d’un feu ! ).

    angoisse

    fumant

    flâneur

    je jette mon vibrant amour au milieu des vents

    ainsi qu’un habille, simplement s’effeuiller !

  • Mimi – relâche

    à Rabah.

    ô baleine

    qui s’endort à l’aune

    de ses os d’eau

    n’ouvre pas tes yeux 

    tu verras la mort 

    qui t’avalera

    pour toujours pour toujours

    nous nous souviendrons de la baie 

    de ta nature 

    qui est

    comme tout finira pour tout

    ou recommencera comme un ailleurs stellaire 

    un éclair t’illuminera

    te percera de part en part

    et surtout prends 

    avec toi tes palmes bleues 

  • Deux voisins se saluent jusqu’à l’un des deux meurt

    à Joël.

    voix qui tombe

    voix multiple

    être qui ? … , s’endormira

    avec qu’une

    et restera à jamais incomplet

    voix chaude

    voix anéantissant

    ( quoique nasillarde ! ).

    voix qui barbouille

    voix clapotant

    être quoi ? … , se réalisera

    où les demeures arides seront une promesse

    ainsi ira partiellement la vie sur terre

    voix pleine

    voix de surface

    je suis de l’orage

    au point de tous mes départs

  • Aller caput

    elle ne s’est pas présentée

    je l’ai suivie jusqu’à son petit lit

    ivre

    un vaisseau ivre

    ( ballant dans un kfc… ! ).

    il ne s’est rien passé

    sinon, la nuit

    au matin, drôle de chapeau à poils

    quoique encore ivre !

    je ne l’ai pas aimé

    belle, j’ai passé trois soirs chez ses parents

    je me bats en ce moment contre l’oublie

    seulement en ce moment ?

  • Avril

    alors que sur cette terre

    qui m’est tendre

    aux saveurs de miel

    avec des revers et des pics

    et ses scintillements

    mes difficultés ont une couleur de miel

    me frôlent de toutes parts

    changent

    et pèsent sur la balance

    de l’oubli

    si je devais comme poser une pierre

    ou les suivre les compter

    à chaque envie d’en finir

    qui se ravalent sous l’innommé

    de mes souvenirs

    non plus d’historique

    ni de ligne

    en m’envoyant promener

    m’envoyant percher percher !

    comme sous un arbre qui ne feuille jamais

    j’aime m’y voir au crépuscule

    en quelques façons filé

    et que je raccorde

    raccordé

    aux amers douceurs passées avec celles à venir !

    je crois jeûner

    qu’en est-il de la Sœur-branche ?

  • Haleine

    partir

    martyr

    art

    si ça ne tient qu’à la lettre O

    comme mort

    et s’y engouffrer

    s’y reposer les yeux reposés

    souris

    crochets

    murées murées

    longtemps fou-endormi

    pour se rappeler

    du frisson

    d’un poitrinaire

    repris par une main

    le robinet fuit

    suivant les carreaux

    comme rien sous la dent

    qui ne justifie le passé

    ni le pardon

    je traine sans nom

    n’ayant plus confiance en mes mots

  • Vents contraires

    tu invoques… ,

    par ta présence, déjà senti

    la caresse, – l’intuition d’un vent nouveau

    tourbillons de particules

    qui retombent !

    tu tâtes l’air, la haie

    hormis celle qui tombe, – celle qui te tâte ?

    derrière la vitre

    lorsque tu sombres

    tes yeux, dernières douceurs

    tu en oublies

    hors ton frein, ton cloître

    va, tes poignés

    non sans odeur

    … , va !

  • Pourquoi je dis parfois ?

    il m’est parfois difficile de me souvenir d’un visage comme du jour et de la date comme d’un anniversaire comme d’un rendez-vous quelconque comme d’un itinéraire comme d’un air en marchant

    il m’est parfois difficile de reconnaitre mes erreurs mes tares mes lâchetés comme la voix d’un poète ou celle d’un traducteur comme un arbre en automne comme de me reconnaitre

    il m’est parfois difficile de me fixer une heure de réveil comme en eunuque sur une chaise en osier comme sur un travail à exécuter sans délai comme sur un programme de lecture que trop restreint

    il m’est parfois difficile de continuer à me survivre à me triturer à mourir à moi-même comme d’errer à perpétuité comme de prier la qibla de la page comme de m’abstenir du jeu obstinément

    il m’est parfois difficile de digérer les horreurs et la misère jusqu’à l’os comme mon insatiabilité des images aucunement dans le but d’une accumulation mes repas étants frugales ronronnés

    il m’est parfois difficile de rester lorsqu’il n’y a plus personne comme dans l’attente d’un signe comme sans nouvelles de l’aimée comme sans entrevoir la sortie du labyrinthe comme à l’étranger

    il m’est parfois difficile de respirer tout court comme de l’encens un parfum un mensonge comme de souffler sur les braises ou sur les fleurs de pissenlit peu avalées comme lorsque je balance

    il m’est parfois difficile de retenir quelqu’un qui part comme une méditation un rêve une envie de ma vessie comme le titre d’un roman mal lu comme de me contenir à foncer le trait

    il m’est parfois difficile de prendre les évènements comme tel comme ce qui résulte de la marge comme mes souhaits pour accomplis jamais convaincu de mes moments de lucidité de fuite

    il m’est parfois difficile de lever le voile un pli un sceau comme de me lever en m’apercevant que le ciel sera filé ou terrifiant comme hier il y a dix ans comme de me rehausser à hauteur des mots

  • Jusqu’au foin

    Epigraphe de Il y aura toujours des oiseaux

    Marchand d’absolu

    Tu ne prêches pas dans le désert

    Tu es, toi-même, le désert.

    ( Contre les dévots ).

    Emmanuel Moses

    la poésie

    c’est lorsqu’on a faim

    de mots

    de corps

    de vivre

    si le poète pouvait quelque chose

    il n’écrirait que les œuvres des autres

    *

    il n’y a pas de route pour le non-doute !

    il n’y a pas de route sans aucun doute !

    *

    comme quand j’étais enfant

    je toc parfois ma tête

    pour m’assurer

    qu’elle est encore

    vide et

    invraisemblablement : elle est fêlée

    *

    on ne sait pas si c’est un remède comme une magie noire

    on ne sait pas si c’est une nécessité comme des lépreux

    *

    je suis un ange et me voilà en démon – démon tout frais

    je suis un démon et me revoilà en ange tout chaud

    *

    je vois le ciel. petit, je suis !

    je vois le ciel. croyant, je suis !

    je vous le ciel. poète, je suis !

    *

    le temps de la révélation est comme des spasmes

    les temps d’écriture sont comme une dilatation du temps

    *

    moi, je voudrais prendre des bateaux

    moi, je voudrais monter aux arbres

    moi, je voudrais la revoir dans ce petit cœur

    *

    on aura tout contrefait

    on aura tout falsifier

    *

     ruisselle vite la neige qui n’est pas saisonnière

    la patience des feuilles d’arbre qui s’effacent du sol

    prends garde à ces instants fatidiques de tous les départs

    *

    j’ai espéré mon retour plus fort que tout

    j’ai maudit mon retour la raison de tout

    *

    l’ombre des mots

    le grain d’ombre qui siffle la raison

    comme on colmate les imperfections

    *

    la poésie

    c’est lorsqu’on est ailleurs

    pour les amoureux

    pour les fous

    pour les promeneurs

    sur ces entrefaites : le poète

    est le non-être absolu

  • Le point du blanc aux murs

    je ne sais depuis quelle occasion on prend des nouvelles de quelqu’un au passage, – que tu passes ! je ne t’y invite pas, ici et nulle part ailleurs. au fond, qui t’en voudrait ?

    longtemps j’étais disponible

    longtemps j’étais joignable, – allez au diable !

    que l’on me laisse descendre à ras

    que l’on m’oublie

    je ne parle à présent qu’au Seigneur, – c’est vrai, il y a aussi l’artisanat ! je prends le temps de démêler, même si de travers. la poussière comme de son silence sont un baume

    je ne veux plus entendre personne

    je ne veux plus attendre quiconque, – les sornettes ça suffit !

    que l’on dise un fou

    que l’on dise un terni

    je m’aperçois qu’un mot est un membre, un interlocuteur, un grain enseveli sous les vagues d’ombre, – j’accepte ! je ne crains que l’adresse à celui-ci, furtif à moi-même, célestement

    c’est de la tombe que surgit ma colère

    la tombe est mon havre

  • Éclair filé

    j’adorais les expressions de ton visage comme un petit soleil agréable ses traits exprimaient la Bretagne me rappelaient les fleuves et les rivières que je ne visiterais sans doute jamais

    j’adorais glaner avec toi les après-midi relâches tu étais mon tout mon ailleurs tu étais ma maison où reposait la poussière de l’oubli l’amitié que tu me témoignais était si forte

    j’adorais ton côté spectaculaire semblable aux héroïnes de Wagner et ton penchant pour la désobéissance une qualité qui s’accomplissait souvent chez toi par les feux du cœur

    j’adorais fumer une cigarette avec toi et sentir le goût au beurre de karité sur mes lèvres comme quand on partageait les quarts de pommes au petit-matin où tu étais avenante câline

    j’adorais les moments de joies partagées et ta bonne humeur j’adorais t’aimer j’adorais avoir froid à tes côtés et trembler je te retrouvais tout le temps même sur le rouge des coquelicots

    j’adorais lorsque tu secouais les draps pour la nuit et qu’un parfum se diffusait dans la pièce je te regardais longuement silencieux tu incarnais la vie à la française et son humour

    j’adorais ton caractère tes mouvements de louve intraduisibles j’aimerais revoir le soleil du midi en ta présence et ton corps fiévreux une toundra et son herbe aurait pu se peindre en bleu

    j’adorais recevoir tes chaudes lèvres partout sur moi et me perdre dans tes yeux en toi en tes rêves me redorer la peau avec comme un lézard sous ton ciel clair et calme

    j’adorais serrer tes petits seins rouges et tes fesses d’ardoises cela me renvoyait si loin si loin aux bancs de l’école et surtout entendre tes insondables soupirs tes mots de tous les jours

    j’adorais les nuits constellées de solitude tu revenais dans mes plus profondes pensées tu ne faisais jamais rien que les traverser comme on traverserait des terres chaudes et désolées !

  • Le jour où je parlais oiseau

    le jour où je parlais oiseau rien n’annonçait les crépuscules les visites de connaissances les étoiles et le sacrifice de l’immonde bête qui se douchait au jasmin qui se douchait

    le jour où je parlais oiseau tout était à refaire et beau ! et mort ! sans la faim comme ils disaient de ma nécessité à assouvir les choses et des disparus auxquels je faisais des œufs

    le jour où je parlais oiseau… , en fait je répondais en oiseau c’était l’autre versant jamais compris ou entendu auparavant ce n’était pas un jour ordinaire providentiel c’était comme un gour

    le jour où je parlais oiseau je régulais la circulation des corps des courants jusqu’à celle de mes veines de mes deux royaumes d’exil qui chutaient chuchotaient leurs saccades

    le jour où je parlais oiseau vaquant je bivouaquais ! c’était l’été – c’était le ramadan – c’était la fête – c’était parfois le banquet ! je redescendais de tant d’imperfections d’érotisme

    le jour où je parlais oiseau je marchais je me voyais marcher comme voir partager la solitude du Prophète et ses versets comme dur d’interpréter un songe lorsqu’il présageait le pire

    le jour où je parlais oiseau je prosotais… , Piou – Piou ! j’étais en riant de la nudité même de l’idiot de l’extravagant les journaux traduisaient le petit moineau dans mon cœur

    le jour où je parlais oiseau je portais des ailes d’un dieu qu’ils disaient alors d’un ange ? peut-être d’hermès ? l’une s’était cassée en trouant les plafonds avec l’appel d’un muezzine

    le jour où je parlais oiseau je basculais de mon radeau en tractant des continents avec la magie du ciel des mines de forages et l’électrique monde changeait de banc

    le jour où je parlais oiseau comme un anneau ou un indien je dansais autour des planètes de plantes sans la honte de l’homme debout et étranger à tout autre musique

    le jour où je parlais oiseau en pleine clarté de midi je goûtais de biscuits et de capsules de café violet je me retrouvais au pied de mon arbre un abricotier ibn al-baytar

    j’étais hors des radars

    lorsque je parlais oiseau

  • Coulée

    ça monte

    ça monte – classe – range – dépoussière

    la coulée de signes

    ça s’affaire – ça affiche – s’acclimate

    joue de la crevaison

    ça feinte

    palpe le culminant – la note

    retouche – sous-pèse le trop

    fonce – force – avance à l’arrière !

    ondule autours

    ça revient – tourne – corrige

    danse d’un cran de sureté

    danse pour une danse

    ça lance – ça projette – ça passe

    en tableaux inentamés

    tape des doigts à l’usure – tape contre

    s’arque

    ça monte – colorie

    ça enfle – jubile

    ça rit une fois à l’été

    ça s’allonge les bras – ça noircit

    récits tranchés en leur milieu

    en leur endurance

    ça fossilise – cartographie – numérise – ça répertorie

    paupières lourdes – paupières lourdes

    il faudrait en tombant

    que tu tombes

  • La voix du colporteur redescend

    à Billal.

    les nuages comme de la cendre

    comme des moulures

    d’une main embouchée

    de peintre

    un refuge au soir

    les montagnes de kabylie qui dévalent

    les bleus oliviers et le jasmin

    parmi les maisons au loin éparpillées

    de terre cuite

    ocres

    et de plumes d’oies !

    comme se promener sur une légère mollesse

    sur la nuit et ses vibrations

    dans une brise fileuse

    la mort dans les parages – une rature

    un gisement de pierres

    et talismans

    les rivières coulent sous les phalanges

    sous les tombes retrouvées

    je perds la route du chercheur d’or moulé dans le grave de l’aurore

    tout n’est qu’un jeu avec la sphère

  • Crocs d’un loup

    à Rafik.

    j’assemblais de mes doigts quelque part

    comme tendre vers l’ensemble

    l’ailleurs d’un commandement : vert.

    mon cœur lasse m’accablait

    je me recentrais

    sous l’ombre d’un muret

    soyons pour nous

    soyons insaisissables comme les vents

    comme les longs hurlements !

    ne reconnaissant qu’une version de l’enfer sur terre

    la peur de plaire

    je connaissais de par le sang

  • Rien qu’un arbre !

    j’espérais m’approcher d’un arbre dans l’autre monde

    un arbre peut-être ondoyant ou de feu

    qui serait inconsommable et ne se consumerait jamais

    je n’aurais pas le désir d’eaux limpides ou de Styx

    ni m’enraciner dans de la terre

    les vents seulement me berceraient et me suffiraient

    je serais à l’écart des animaux de toutes espèces

    même les volatiles et les insectes

    parce qu’ils chieraient trop !

    tu les aimais et ton imaginaire figurait des Saules

    un arbre puisque je m’effeuillerais dans celui-ci

    comme ce long automne sans toi

  • Une ballade au parc


    Je le sais bien… ,

    La pire des choses serais que je sois amoureux
    La pire des choses est que je veux attendre un peu

    La pire des choses… ,
    Juste la fin du monde. Jean Luc Lagarce

    tes cheveux sur ton épaule

    sous les derniers rayons de soleil

    parmi quelques oiseaux…

    c’était si beau

    c’était si beau

    un après-midi d’été

    toi et moi sur une pelouse

    oui, parfumée, bien verte !

    comme

    une pelote de laine

    inoubliables étaient tes rires

    où j’en étais :

    quand

    est-ce qu’est

    prévu

    ton retour, dis-tu ?

    et rien n’est aussi beau pour toi

    que je ne peux t’offrir

    je te chantais encore pour moi

    je te chantais en mon cœur

  • Poème de l’attente

    si bref – si bref – si bref

    une annonce

    et moi

    les vents caressent les branches nues

    tendre à l’endroit – puis le vent

    par là la musique

    par là les portes battantes

    de si loin à l’envie

    nous traversions cuits

    sauts d’obstacles sans obstacles !

    il viendra – il viendra

    avec une clé

    ses paupières en bois

    c’est dimanche et il y a de la vie dehors

    comme pour ceux qui font leur promenade

  • Articulations

    on aura

    on aurait on aurait pas

    fini une page

    un poème pour poème

    avant avant que – ni quoi ni qu’est-ce

    finir une page

    sans que l’autre main

    ne la tourne ne la retourne

    comme pour moi-même de même

    faites vite – à outrance

    bien que tout passera bien que tout passe

    par les canaux

    de l’esprit

    qui ne saurait pas

    tirer après – tirer hors les tombes !

  • Flip

    j’envisage ce commentaire

    une intrusion

    plutôt je réfléchis

    à un envoi

    à son comment

    quoique je ne vais

    pas et

    pas

    le rédiger ni le mener à son achèvement

    en matière de cancre

    en suspens

    comme un appât ou …

    un mot sur l’inconvénient de se faire élire

    de l’impasse de s’é – lire

    pour l’instant d’après

    m’en mordre

    les doigts

    tant presque rien

    n’est dit

    : ça ne vous ressemble pas ! vous le faite, pourtant ! je ne comprends pas, et ce texte ! je pense donc vous comprendre, qu’il en est autre, sûrement… ,

  • Verve

    je tiens au mot

    : verve.

    je me plains en mon cœur

    aux trois horizons

    insoupçonnés

    dès lors

    étonnant, il ne se passe presque rien. je continue de rincer la vaisselle, avec

    cette eau que j’espère retrouver un jour

    c’était un repas sans musique

    de la fumée sans feu, – là, je salive

    comme chercher le creux

    sur une page

    un Page

    pareil, pas si longtemps

    salir c’est évoluer avec

    refusant de m’aventurer au centre, je me suis vue debout. sur une baie

    derrière mon dos derrière mon dos… , un Coupépoème

    effritement

    où de la chaleur

    condensée

    inexorable

    cendres

    de gris

    ciels

    tropique

    inféré

    nous ne reverrons plus, mon tendre amour

    plus jamais le jour plus jamais le jour

  • Os : Fais-moi un cartilage

    Debout. De. Nous deux. Un arret

    Impossible d’en faire le tour

    Je ne sais pas comment l’appeler. Un visage

    Vaut mieux ne pas y entrer

    La beauté. Ton grain. Tonalités grises

    Un plat. Pont De La Maye. Midi et 15 min

    Personne ne me siphone, ne me… ,

    le ciel

    une aile

    l’étreinte d’un ange

    un ciel

    une griffe

    l’emprise d’un démon

    du ciel

    une dent

    la danse du corbeau et de la colombe

    j’évite les prières enfiévrées

    lorsque le tréfonds démembre

Bienvenue dans mon atelier !

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Tout signe refusant le savoir doit être marqué par les mots : Ô toi étoile lointaine… ,— Djaroua Allaoua Ouahbi.

L’aliénation la plus grande est aussi ce qui peut conduire, si quelque barrière cède, à la plus extrême poésie… , — Yves Bonnefoy.

Regarder par la fenêtre m’a toujours donné du courage… , mais je vous jure : en réalité, c’est à dire dans ma réalité, j’ai décampé… , — Unica Zürn.