l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie


  • Peut être ample

    et sinon tu me perdras sur un cagot

    de fruits ou les fluorescents

    poissonsviscères baignent

    pour des nuits émoussées comme

    un bruit plutôt plus vague un

    frémissement d’air

    comme une pause de la pluie

    entre tes mains on prenait

    une navette hibou sourd sous

    la pesanteur derrière un mur

    d’angle une rue où il y a

    une maison crème quelques individus

    d’arbres il n’y a toujours rien

    de mal à écrire un poème

    serré un lien continu

    la fois où je faisais foinaïve peut-être

    une tenue de moi à toi d’attendre

    pourquoi je ne parlais plus même d’une

    autre époque qu’il fait encore froid

    dans ma sombre cabine

    insensiblement pas méchant

    ainsi en ses feintes

  • Trouver un ton juste

    la voix m’émeut

    sortie de l’ombre brune

    tremblante

    peut-être rêvée

    je crois soulager

    lorsque je chante – sous ou près de mes yeux

    ma voix qui m’émeut chez la boulangère

    exit de l’ombre brune

    comme sortante et dedans

    le timbre tremblant

    soulagé à perpétuité

    lorsque je chante

    ils disent ailleurs une boulange

    attablés pour certains

    si seulement je ne croyais pas à la révolution

    en sa première métamorphose

  • Étoiles, ma rose dépression

    à Amel.

    mon affection tend vers les étoiles les moins scintillantes – ou pas du

    tout – selon les nuits – particulièrement à celles qui me briquent par

    surprise – comme par éclats – d’où une infinité accable

    avant que tout ne retombe…

    *

    je n’entends rien aux planètes – à quoi bon j’ai envie de dire – pourtant

    j’en ai pour votre culs – vous êtes fous – à quand est la prochaine – l’enfilade

    suivante – il ne me faut pas avoir peur lorsque j’invoque Dieu !

    le greffier de la lune lève sa voix

    *

    beaucoup de retraités – d’enseignants : versent dans la poésie plus que

    les dimanches – moi, j’ai pointé à toutes mes défaites – diaboliquement

    magistralement – fichtrement – j’empreinte d’erreur en erreur

    des masques et me mue dedans

    *

    du jamais vue, à ne rien comprendre – qu’est-ce qu’on a à foutre

    que je bois ma semence – ou mon urine, franchement – que je fasse

    d’un voisin mon repas de pierres – que je bouffe nu mon vomis

    sous la table des dieux

    *

    rien que le fait de les regarder – je voyage – comme me sentir en confiance

    celle qu’ont les anciens en la lune païenne – rien n’est à boire et ça me parle

    puisque – en outre je le dis – c’est à dire que je ne parle en rien

    exemple aimer par un livre

    *

    de grignoter de la cire – le fou désir de chier dans Garonne comme

    en Méditerranée durant mon enfance – même sans y parvenir – faire

    mes ablutions avec de la pisse à l’aube un vendredi – que j’encule doublement

    les étoiles et danse avec le quart de lune

    *

    c’est dur de s’ancrer à la terre – à son corps – il faut se nourrir et

    déféquer – et gagner en humilité – il faut pourchasser et tuer – les

    ingrats dans son cœur beaucoup – il faut se branler ou baiser

    à l’inverse non pas pour s’élever

    *

    lorsque je bande – avant de les avoir séduis avec de la musique

    et des figures – qu’est-ce qu’on a à fichtre – j’incarne le sorcier

    et me touche en écoutant du chaâbi – éclairé par la lumière d’une bougie

    depuis mes écrans derrière un draps

    *

    je ne sais comment m’arracher à leur influence – un temps, j’étais

    embarqué dans l’astrologie – je ne suis à présent attentif qu’aux

    éruptions – des perspectives – de la curiosité – les éprouvant, oui

    y en a qui les tatouent sur leurs peaux !

    *

    en vapotant et en buvant un thé -qu’est-ce qu’on a à battre de voir

    mon dæmon – à la façon de Socrate – de lui parler seul – que le diable

    m’emporte selon certains souhaits – que j’hallucine devant le cercle

    de téléchargement d’un mail

    *

    reclus dans la forêt de ma mémoire qui flanche – où jeune écervelé

    en fermant mes yeux – je joue à l’aveugle – me déplaçant en la maison

    noire – curieux – façon d’imitation – la vie de ma psyché – rendue aveugle

    à la réalité de ce monde

    *

    comme ne véhiculant que des pensées – un poison – qui me sont

    étrangers – que je distille dans mes conversations – loin de l’impression

    de me perdre – c’est-à-dire déjà perdu – loin des mots que je rédige

    en dessous de mon gosier

    *

    j’y vois des trous noirs et n’approche pas – il m’arrive de croire que je sois

    connecté à la Nasa – et ne pas hésité de brandir le point face à la Mecque

    pourquoi même les barjots me rejettent – j’ai déféqué dans mon froc dans

    un espace public et un doigt surtout d’honneur vers l’ouest

    *

    parfois si trouble à moi-même – à mon entourage et leurs réticences

    je crois que je fais mal – comment s’y résoudre – quel drôle d’

    isolement – est-il préférable de dire non lorsqu’ils sont autour

    que de rependre oui au tout, seul ?

    *

    j’en ai rien à cirer de porter un casque antibruits de chantier – de brûler

    la moitié de la ligne de vie d’un être cher – le début pour qu’il oubli – de

    souiller mes vêtements – de mordre la poussière de mes meubles – de vivre

    comme un rat un chien un sanglier une vache un âne dirigeant un bestiaire

    *

    comme les vents et les montagnes bougent – l’oiseau de ma poitrine

    a reprit ses chants – incompréhensibles – après une longue traversée

    désert – mirage enchantée – j’y arrive boiteux – métaphysiquement

    l’en finir avec l’amour

    *

    ils s’interchangent – un glissement – c’est-à-dire une fois sur

    deux – cela m’apaise et abolit la distance – j’ai vu durant des soirs

    clairs le visage de l’aimée – des poètes dans le ciel – aux cœurs battants

    déterrés pour la plupart

    *

    j’aurais aimé – sans préférence – que vous me preniez encore par

    la main – sans aller – oui, je vois vos sales pensées – de si loin et

    de travers – au fond, dans ce no man’s land – où vous m’avez

    contraint outre ça !

    *

    mes pays ont ratés leur tournant – universel – personne l’ai cru avec

    l’avalanche lumineuse de morts – dévaler autrui importe peu – qu’il

    m’habite – un monde d’abomination – médiocrité – de qui tenir

    de ce global vendu à prix réduit

    *

    et si je déteste ma vie celle-ci sera un gâchi – n’ayant plus rien à perdre

    surtout de publier – d’être reconnu – toute honte bue – de mes visions

    de voir… ,

    et j’espère rentrer à la maison

    *

    sur les chemins – on appel à l’aide – personne n’y répond tout

    à fait – peut-être, une femme – que l’on viole à moitié et humilie – sans

    savoir vraiment pourquoi – mais si – pour de l’aide – confusément

    ou comment chasser le féminin !

    *

    je dis est-ce vous qui convoquerez mon âme – quel poème répondra à sa

    lumière – j’attends d’avantage de mes lectures – qu’est-ce qu’elles

    se transmettent ? tant pis pour ce qui me restera voilé –

    avant que tout ne retombe…

    *

    ce n’est sans doute plus que les résidus d’un poème – à cette heure, restons

    il me semble que les astres – au-delà de leurs influances – o les astres

    ont les âmes d’un éclat pourpre – habillées – à tout petit prix – sécheresse

    les multitudes d’organes

  • Il fallait bien

    je regardais ma main

    entre mes doigts une roulée

    comme vers sa fin

    refermant mes paupières – sombre tombe

    le noir, trous

    l’opacité blanche autour

    ma tête me paraissait

    énorme

    comme hors de son orbite

    ici, ou là : ça siffle ça bourdonne – à suie

    me vient le mot enfer

    j’ai peur

    peur

    peur

    peur

    surpiquée

    j’oubliais le mot chouette dans une conversation

    j’oubliais le 3 de février ( rien ici-bas n’est éternel, les chiffres ? ).

    je ne voyais personne personne n’est rien

    je parlais très peu

    lorsque cela était permis

    les yeux, tout

    1 ) je demandais mon chemin : bonjour – vous savez où se trouve un distributeur, celui à côté est en panne ? merci. je croyais ne jamais plus me retrouver à cet endroit

    2 ) j’entrais ( très beau le mot entrer ! ). dans un supermarché : bonsoir – pardon – par carte s’il vous plait. – merci et au revoir.

    jusqu’où pouvait-elle s’enraciner

    au désert

    entre les blancs

    dans mes silences ?

    je n’étais jamais nulle part avec la musique

    nulle part était de tous mes instants

  • Longtemps, trop longtemps

    vapeurs

    et demies lunes

    fissure – parlant du lierre

    par où ?

    temps de poux

    de l’enfant

    à la septième marche

    jusqu’au sang

    les genoux

    tête contre tête

    inaccoutumées

    l’étrangeté de sa nuit

    la proximité d’une chaleur

    que l’on tait – taira

    que l’on contourne

    derrière des mots

    les mots d’autrui

    sous des couvertures plissées plissées

  • Comme si

    il y a dans le ciel

    en rupture

    des points rouges

    s’élève une eau mélangée

    mal contée

    rare

    et de l’herbe simple

    parmi les ombres violacées

    qui s’étirent

    le reste peut suivre

    un état que l’on sait

    traversé

    en flottant

    il y a dans le ciel

    des bordures – des canaux

    et des points

    en argents

    les étoiles y descendent

    elles longent ainsi qu’un secours

    la nuit et le jour

    le jour et la nuit – surtout les nuits !

    d’une même entrée

    un panneau de la mairie vient

    on croit y tenir fixe

    le tout autour

    son nom est de poids.

    comme au bout du chemin.

    sous une peau.

  • Invertébrés

    les sourires – une bouche

    l’eau arrose mes pieds nus

    assentiment

    un portail qui se referme

    l’arrière pays d’un été

    *

    fifti – fifti : des sardines

    me focalise sur une poche noire

    préméditation

    long parapet entre toi et moi

    cœur salé du soleil couchant

    *

    à deux ~ le soleil rallonge nos pas

    d’inégale distance

    un arrêt qui prend ~ des roulis

    frottements

    entre les montagnes

    *

    les virages perchés ~ une source

    la portière s’ouvre d’un râle

    un ami pose sa main sur ma nuque

    comme du vomi

    comme le gouffre d’un parfum

    *

    renversé lorsque je pars ~ mêlée sous les parasols

    intentions nubiles

    continûment

    une apeurée graisse les angles

    qu’est-ce qu’il y a plus loin ?

    *

    la beauté du crépuscule ~ un port récent

    me voici d’une appréhension

    à l’horizon un jeune oursin

    dans sa main – une fourche

    pérennement

    *

    un train pour chaque partir ~ vient la saison

    une silhouette sur le quai 3

    me sourit – une dribble

    antérieurement

    trois cris dans la baie et la pinède

    *

    le retour sur l’île ~ un corps parachuté

    atmosphériquement

    une envie d’outre-bleu – plafond

    elle évite mon regard

    depuis le guet

    *

    au pied du miroir un miroir ~ un soleil bossu

    de l’autre le berceau

    rien ne m’aura vieilli autant – d’os ou une lame

    retournement

    indices des corps en maillots

    *

    quart de la vitre ouvert ~ bruyamment

    tous sur la faune brûlées

    cils salés sur mes paumes

    un mot qu’ils échangent – lointains

    l’ombre de l’habitacle et un jour

    *

    thé et chansons ~ bivouac renversé

    chichement

    le vent effleure les peaux – tes bras déliés

    rien qu’autour des silences

    à la cendre grise

    *

    l’ombre houle ~ un chien me suit

    infiniment

    une cabane ensablée – le grain

    tu m’embrasses dès l’à côté

    résistance de l’asphalte

  • Tout ce qu’on ne devrait pas faire

    grands-pères – vous n’étiez pas seulement un territoire

    vous étiez aussi d’autres résiliences 

    grands-mères – vous n’étiez pas seulement une gâterie

    vous étiez aussi d’autres présences

    père – vous n’étiez pas seulement un quiproquo

    vous étiez aussi d’autres contenances

    mère – vous n’étiez pas seulement une nervure

    vous étiez aussi d’autres anses 

    oncles – vous n’étiez pas seulement un phare 

    vous étiez aussi d’autres partances

    tantes – vous n’étiez pas seulement une mimique

    vous étiez aussi d’autres exigences

    frères – vous n’étiez pas seulement un sourire

    vous étiez aussi d’autres permanences

    sœurs – vous n’étiez pas seulement une chance 

    vous étiez aussi d’autres confiances

    cousins – vous n’étiez pas seulement un roseau

    vous étiez aussi d’autres évidences

    cousines – vous n’étiez pas seulement une danse

    vous étiez aussi d’autres influences

    épouses – vous n’étiez pas seulement une traîne

    vous étiez aussi d’autres délivrances

    beaux-pères – vous n’étiez pas seulement un silence

    vous étiez aussi d’autres outrecuidances

    belles-mères – vous n’étiez pas seulement une doublure

    vous étiez aussi d’autres mouvances

    beaux-frères – vous n’étiez pas seulement un tandem

    vous étiez aussi d’autres alliances  

    belles-sœurs – vous n’étiez pas seulement une promesse

    vous étiez aussi d’autres révérences

    neveux – vous n’étiez pas seulement un gage

    vous étiez aussi d’autres abîmes d’où découle la connivence

    nièces – vous n’étiez pas seulement une caution

    vous étiez aussi d’autres chaos d’où jaillit l’urgence

    ( je regrette de ne pas vous avoir connus ! ).

     

  • il se tient debout au carrefour avec une cigarette sur ses lèvres et un téléphone entre ses mains 

    je suis : 👇 je crois : 👈 je pense : 👉 je sol : 👆 point : ✊️

    je suis : 👇 je reste : 👈 je pars : 👉 je trace : 👆 point : ✊️

    je suis : 👇 je bleuis : 👈 je cuis : 👉 je fuis : 👆 point : ✊️

  • Go fast

    à Rochdi.

    Quelque chose est là

    Pas loin, à côté.

    Qui voudra m’ouvrir

    Cette porte ? Qui voudra ?

    L’enfant-jazz. Mohammed Dib.

    des poèmes

    personne ne les veut lire

    que faire ?

    si personne n’en veut

    qui en voudra ?

    des des des

    poèmes

    personne ne les veut

    que faire ?

    quoi faire quoi faire quoi faire quoi faire quoi faire

    pourquoi faire – pourquoi s’en faire – pourquoi pas ? à quoi bon

    des poèmes des poèmes des poè…

    personne n’en veut

    personne personne personne vraiment personne

    quoi ou que ? rien à faire

    des poèmes que personne ne veut

    de la gangrène

    dé dé dé dé dé dé … éme – aime

    personne ne les veut

    rien

    des poèmes que personne ne veut ! – oui.

    quoi faire ?

    personne n’en revient

    ni ne rappel

    des poèmes

    personne ne les veut

    quoi espérer ou que faire ?

  • Sur une feuille d’écolier

    pour Meissa.

    le concept n’était pas, pour qui veut bien y réfléchir, un ennemi du poème, seulement sa porte d’entrée et non, évidemment, son aboutissement. Yves Bonnefoy.

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  • Tout code

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    tiré d’un ancien téléphone le 25/06/2017.

  • Bruitages

    une femme de 70 ans est adressée aux urgences pour un syndrome confusionnel isolé, sans notion de chute ou de traumatisme crânien

    de ses antécédents, on retient : une hypertension artérielle traitée depuis 10 ans par amlodipine (amlor) (10 mg/j) et un syndrome dépressif traité par paroxétine (deroxat) (20 mg/j)

    les constantes sont les suivantes : pa=145/75 mmhg, fc=90/min, fr=20/min, température=37,2°c

    il n’y a pas de signe d’insuffisance cardiaque, d’œdème, de signe de localisation neurologique

    les données biologiques sont : natrémie=120 mmol/l

    kaliémie=4 mmol/l

    protides=62 g/l

    créatinine 102 mmol/l

    hématocrite 45%, glycémie=7 mmol/l

    calcémie=2,34 mmol/l

    reprendre les fables

    aller dans la bib’iothéque

    relire les livres antérieurs

    peut-être…

    tiré de facebook le 21/06/2018.

  • Ticket de commande

    nom prénom : Ilan

    f 146 / vente à emporter 105

    ( 50029 ) employer : thibault

    date transaction : 18/03/2018

    numéro caisse : 14601. temps transaction : 22:20


    qté désignation montant cb en prod


    1 classic 2 p oriental ?? ; ??

    1 hd vanille caramel brownie ?? ; ??

    1 coca cola 1,5 l ?? ; ??


    total ( euro ) : ?? ; ??

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  • Sur un ancien téléphone

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    a : ah / a / à / alors / au / avec / aussi

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    i : idée / illusions / il / incha’allah / ils / ici / informations / intéressant / internet / impossible

    o : on / ok / oui / ouais / ou / oh / ont / œuf

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    q : quand / que / qui / quoi / qu’il / quel / qu’est-ce / quelle / queue

    s : son / si / salut / sinon / suite / sur / salam / super / sans / sang

    d : dernier / de / dans / donc / des / d’accord / dis / depuis / du / dû / dire

    f : fichier / faire / faut / fait / fais / finalement / fois / fin / fou

    g : gros / ghiles / grand / grâce / genre / google / gaz / gestion / geste

    h : hier /hahah / hamdouli’allah / hello / ha / histoire / heureusement / hills

    j : je / j’ai / j’espère / juste / j’aime / j’avais / j’en / j’attends

    k : kif / kif-kif / khoya / kateb / kafka / khir

    l : la / le / les / lasure / lol / lui / lors / losque / lola

    m : merci / moi / mais / mon / ma / me / maintenant / même / m’aime

    w : week-ends / web / windows / william

    x : xi / xml / xylophages / xénon / xperia / xénophobie / xérès / xénophobe

    c : ça / c’est / ce / comme / comment / coucou / celia / cela / cette

    v : voilà / vous / voici / voir / votre / veuillez / vraiment / vu

    b : bien / bonne / bon / bisous / bonsoir / bah / bref / bœuf

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    /// belfort l’évocation oxycoupage de la broderie odorante en béton ///

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  • Colonne latérale d’un site de rencontre

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  • Se rabattre sur la ligne d’urgence

    il ne pleuvait plus

    sur mes blancs tombeaux

    les essuie-glaces étaient en stand bye

    par intermittence

    elle conduisait silencieuse et somnolente

    le jour aussi

    elle n’était qu’à moitié là

    un véhicule d’une trajectoire opposée

    parfois plein phare

    radiographiait l’habitacle poussiéreux

    sur une route ouverte, largement ouverte

    on n’évaluait plus les distances

    seul l’éloignement du point d’escale à soi

  • Rendez-vous du soir

    n’étant pas moins qu’une fleur

    le rite et l’étoffe

    l’étincelle

    fleur sans nom

    fleur d’un autre nom

    l’asile d’un même mouvement

    qu’elle relie

    avec un sourire

    elle répond au nom de fleur

    qui s’élance

    lumineuse par ses greffes

    toujours se brisant

    sur un cœur qui trace et brave

  • De la journée

    je parle à une jeune fille qui joue au bandit et à la police sur une pelouse sillonnée, sillonnée… , préférés aux sirènes de pompiers

    je réouvre une fenêtre, – referme une fenêtre

    de la fenêtre un don

    des prémices

    je repose une assiette, – relave une assiette

    l’assiette est rangée dans le conduit

    des cafouilleurs

    vents d’un soleil – soleils de l’horizon / nuages d’un ciel – cieux … , Kilimandjaro / étoiles de la terre – terre de mes aïeux / fourmis que l’on écrase, – fourmis dans leur jus

    je redescends les stores, – remonte les stores

    sur les stores une araignée écrasée

    une bouillie !

    au plein d’araignées qui tissent des linceuls

    je réponds merci !

    la folie de tes eaux qui font des folies, quand les produira-t-on ?

    allongé sur le lit repensant aux fourmis de la jeune fille

    à qui j’ai encore souri

  • Oud

    appelle de tes vœux l’orient

    sous les palmes

    conjure

    les cornes et les vents

    de tes doigts de sable

    la parole tiendra de la source

    parmi le gravat

    une roche

    au jour tu t’éveilles

    hâlé

  • Un cœur aux repas

    tu es là où tu n’es pas

    tu es ma présence fragile et mon ailleurs

    je ne résolus pas tout

    j’ai vécu très tôt avec toi

    très vite !

    très fort !

    je marche cependant sur tes pas

    pour ne plus marcher

    privé de liens

  • Bruissements

    s’infiltre par la serrure de la porte et des fenêtres

    l’aube aux clartés essentielles

    le chat ne joue jamais seul

    ses yeux étoilés bruissent par un saut

    tout s’invite à ma demeure 

    en cette heure de l’éveil

    l’attention portée à la circulation des oiseaux

    : l’astre, l’instinct du chien qui remue !

    l’odeur de café sur le feu mitonnant

    les intimités d’un cœur étrange et drôle

    l’appel du vendeur ambulant

    du jour et de l’adresse

  • En homme

    je m’attends dans un avenir incertain

    je m’attends dans un endroit indéfini

    je m’attends moi-même

    je ne pars pas et ne reviens pas

    je ne m’endors pas et ne m’éveille pas

    je n’inspire pas et n’insuffle pas

    je me fais peur et ne crains rien

    je m’appelle et ne réponds de rien

    je mens et ne me mens en rien

    je funambule entre les mots

    comme se mouvoir, chercher plus loin, savoir dire au revoir

  • Murs blancs

    il me parvient de la musique qui se noie dans les gosiers

    après tout on n’aimerait pas danser

    je joue avec les murs blancs

    et le cauchemar des morts et des vivants qui se versent

    comme un gouffre colportant un entre deux

    une allumette dans un tas de foin, sous peu le brasier

    je n’ai pas pris le temps des corps apaisés

    négligeant le potentiel d’érotisme de l’univers

    les brefs moments qui découlent dangereusement

    d’où émane une substance l’… le mot s’est détaché !

    on aurait souri avec quelqu’un d’un peu voyou

    quelqu’un qui brûle de regrets

  • Hagard

    le jour s’endort

    un peu moins dans la décrépitude

    j’apaise le flux du sang

    les rives où je me retrouve ne sont pas miennes

    comme ce jour-là : divin !

    je ne l’ai pas observé dans mes souvenirs

    ne croyant plus à l’immuable ici-bas

    je regrette un ciel perdu qui bavait sous la pluie

    je regrette aussi pour Noūh

    et un tas de sièges

    ( je lui dois comme toi qui lis ! ).

    suffit-il de croire, – tu as beau t’affairer ?

    à bordeaux, c’est l’après le déluge qui prédomine

    j’invente des chapiteaux

    où je sacre tous mes repentirs et infidélités

    est-ce que c’est le son d’une cloche

    son astre tinte le fond

    au soir d’une sordide réaffirmation

    je dîne seul au kfc

  • L’homme derrière un rideau

    la nuit que tu entends à peine

    à peine… !

    tu ne dois pas attrister ton cœur

    à tous les niveaux

    j’aime tizi-ouzou.

    Tizi-Ouiza !

    elle a la douce voix du clapotis des eaux

    comme une perle

    la nuit que tu entends à peine

    elle t’attend

  • Oh, la cigarette que l’on fume !

    une cigarette se consume

    entre mes doigts une cigarette

    se fume elle s’appelle Rym

    elle est longue et fine rime

    souvent avec spleen

    comme les vieilles accros

    qui viennent des indes

    je m’en brûle une deuxième

    j’ai besoin de nicotine qui calme

    mes nerfs la braise rouge est

    une musique plus ancienne

    elle a son style les non-initiés 

    lui prodigue des paroles vaines

    les non-initiés la voit d’un œil

    en friche peut-être des rivales… , oh

    la cigarette que l’on fume !

    je succombe sous ses lignes

    blondes à toute heure de la nuit

    et du jour je me lève pour des

    bouffées de tabac blanc rien que

    nous deux sur mes lèvres elle

    dit stop sans vergogne à mes

    colères elle dit stop à mes doutes

    sur l’irrationalité du monde en

    bouse de vache industrielle ou encore

    à rouler je souffle sur ses pas

    clinquants de bourse

    par douzaine ou par paquet souple

    bien rangé c’est toujours un plaisir

    et sans regret que je la fume

    d’ailleurs Rym a une prose… ,

  • Feuillet troué

    à Anne D.

    et si de ce monde autocratique et obtus

    je répondais par un autre rêve

    je reste sans activité spécifique

    l’autarcie me fait bander longtemps

    et si j’éprouve le besoin de comprendre

    seul l’aride parmi toutes les vérités m’est nécessaire

    lorsqu’on est consacré à la vindicte sans secours

    rêve, rêve, rêve… aux lassitudes du mur de brique !

    et si nos illusions renouvellent les découvertes 

    j’ai grandi avec le vin des vignes et je m’appartiens

    je crains fort les glottes de l’idéalisation erronée

    ceux qui lancent : toute tentative est collatérale !

    et si nos échecs soulèvent de futurs espérances

    ce n’est pas innocent que l’anarchique ordre régnera en maitre

    le rêve commun n’est plus sans le concours de l’amitié

    l’horripilant est dans le clos de nos coquilles

  • Comme un au revoir, comme une ombre

    fini l’éternel

    de l’ombre obscure

    sais-tu d’orgueil

    que les astres sont sûrs

    la tristesse est immense

    et tu es petit

    plus le désir de vivre

    d’après ta tête rabougrie

    et certains ébats du soir

    crochètent tes guenilles

    alors au revoir

    à tes senteurs de vanille

  • Frise

    elle entrait dans le poème

    irradiait l’allée

    de ses chevilles ornées

    un matin d’un dimanche

    sous l’orage

    ( elle était jolie celle qui traversait

    crevant les yeux qui inondaient l’allée… ! ).

    elle coursait les brides de son poème

    les blancs rêves d’une mésange

    les trous dans un cœur

    comme une lune emplie

    d’un manque

    ( elle était jolie celle qui traversait

    crevant les yeux qui inondaient l’allée… ! ).

    rien n’est aussi charnier qu’un regard d’une passante

    peut-être, à regret

  • Une collusion

    une collusion

    l’endurer

    juste un après…

    sans bruit

    s’éclaircit

    ciel et doutes

    un temps

    trace / fouille

    le long trait qui dit :

    immédiateté.

    emporte

    oscillante vérité

    c’est toi.

    noir mat

    in-octroyé

    tu rendossais à Palerme ses ailes

    à son image

    vieille

    contagion, aucune rainure

    tel quel :

    elle

    elle ne pouvait te vivre.

  • Poème passé

    par où je fraie un chemin ?

    peut-être par ici…

    ou là-bas

    entre les blancs

    ouatés

    après le point.

    plus près…

    sur le lit d’un poète qui veille

    nulle part…

    il me cherche :

    à la radio

    sur un parking

    baille

    louche

    hoquette

    alors, une murène ?

    Poème :

  • Nœuds avant chaque poème, comme avant un orage

    j’aube à la nage dans les vents

    je crépuscule comme une course

    je soleil comme un jus de citron vert des plaines de mon enfance

    je nuage les moutons un jour d’une légère brise

    je rivière sous la tombe de Rivers

    j’étoile les poètes en filigrane de mes amis des montagnes

    je planète comme Holst au sahara où je retombais malade

    je flaque mes paumes sur les pommettes d’un clown

    je pluie comme je te regrettais Hania, – Rien ne me rebutait autant que les conventions.

    je sable les chaises de poussière pour ne plus m’y assoir

    je singe les étendards au clairon

    j’abeille comme les ruches au printemps de Plath

    je livre pour un douro ce poème de la casse

    je trombe !

    je ruisseau après mes repas de pain et d’orage

    je brume sous les parasols à la plage, – Ne serait il pas un peu zinzin ?

    j’ange ainsi que tu angélisais

    j’aile comme Frida

  • Second usage

    à Camille.

    en avant de la veilleuse

    un filtre

    en avant du filtre

    un cadre

    en avant du cadre

    un verre

    en avant du verre

    deux croquis

    en avant des deux croquis

    un chevalet

    en avant du chevalet

    une scène

    en avant de la scène

    deux modèles

    en avant des deux modèles

    un nu

    tout était plus au moins bancale

    et sous une note !

  • Salut, c’était beau

    elle enfilait un masque méconnaissable à la nuit tombée

    comme une ombre sur de hautes cloisons

    tout ce que nous partagions

    notre foi

    parce que différente

    comme une garde de tous

    il disait aux immensités bleues* : les femmes avaient des yeux perfides !

    il disait à son cœur : les femmes avaient des visages obliques !

    tout ce que nous échangions

    notre amour

    parce que tendre

    comme après la chute de tous

    les mots qu’il faudrait ravaler

    – il y avait des reclus que l’on calomniait de fou à lier.

    tout ce que nous chantions

    notre printemps

    parce que folle

    comme de l’avis de tous

    je me malmenais de toi

    comme des vents contraires et de mon cœur

    * Le bateau ivre. Arthur Rimbaud.

  • Raquette dans un sac de voyage

    la vie était comme on danse

    de nos libertés

    et à l’aveuglette !

    le vide se faisait sentir

    je criais !

    une femme jouait la nuit au solitaire sur son ordinateur, seule ! moi, je me touchais de cette extravagante solitude, même les lampadaires vibraient

    la vie était comme on cauchemarde

    de nos ailleurs

    bien meilleurs qu’ici !

    nous ne pouvions plus voir

    d’un autre cri : nous jouions de la chamade !

    un cordonnier n’avait plus d’outils, lors de l’une de mes visites. il était crépusculaire, affligé comme un quelconque possible. il lui restait sa vue

    j’écrivais, je t’écrivais une lettre muette

    avant même de te revoir

  • Chanson de la rupture

    j’étais imparfaitement un mort – vivant

    pour vous

    pour vous

    je fuyais longtemps la vie d’ici bas

    avec nous

    avec nous

    vous me manquiez, à mon tour d’aimer

    pour vous

    avec nous

    je ne pouvais oublier et non plus effacer

    où est-ce que je foirais avec vous ?

    pourquoi nous ?

    de tout mon cœur

    être deux, comme des sourires

  • Momentos

    l’œil porte

    sur la flamme verte

    de ne plus se souhaiter la mort

    écrire

    région

    mélodie du cœur qui porte

    éclairs et cendres

    en dedans des poumons

    dorsale

    moelle

    torche

    feu de l’action

    lit de personne

    lourde tête

    étincelles

    silence

    j’étais mien avec l’autre au naturel

    pour un laps de temps

  • Vents mauvais

    au cœur des vents

    sur un banc

    de mousse froide

    le battement de ton cœur, … et triste !

    nous deux

    amoureux de nos allées

    et venues

    parmi les arbres

    quintessence

    me fend

    fruits d’été

    bec du typhon

    Tristan distraie

    sang séché

    sens unique

    et le monde en est changé

    quelqu’un vient de me faire une promesse

  • Quand les mots

    quand les mots se dérobent du mot

    quand le port de la mémoire

    quand le suc de l’œil

    quand la respiration se fait halte

    quand l’épave des siècles

    quand la langue pâteuse exulte d’eau

    quand le mais est déjà

    quand la saison des vaches et des mouches

    quand la chanson tourne

    quand le lourd est plus que lourdeur

    quand les classiques revisitent le contemporain

    quand l’intérim des esprits est de mise

    quand le rire s’y met à deux fois

    quand le vouloir se tord

    quand l’épuration blanchit les feuilles

    quand les peaux sont défraichies

    quand l’horizon trône

    quand les anges sont des démons et les démons des anges

    quand les répondeurs n’accrochent plus

    quand les dépens accrochent

    quand la platitude gagne l’enfance

    quand l’adoration se perd

    quand l’œil s’écarquille sur les reflets

    quand la levrette est au pied de son maitre

    quand les trains sont rouillés

    quand les constellations s’alignent

    quand l’arbre s’enracine dans la mort, – alors, je délire !

  • Funèbres refrains

    à Jean-Baptiste P.

    les aveugles sentent les étoiles

    avec l’œil de l’âme

    les aveugles sentent les étoiles

    d’un cœur en flamme

    le poète brûle

    d’un cœur en flamme

    les chiens grondent de peur

    sur la terre de Dieu

    les chiens grondent de peur

    la ville se dévoile aux heures nocturnes

    d’une magie et d’un mystère

    la ville se dévoile aux heures nocturnes

    j’ai peur au plus creux de son flanc

    d’où l’on entend d’en bas les feuilles sur le sol

    j’ai peur au plus creux de son flanc

  • C’est moi et bien plus tard

    barbe noire

    à peine

    fantaisiste

    manie

    fort bien sans

    violettes sauvages plantées dessus

    regards cueillis

    plus de cent

    frères et sœurs

    blanche barbe

    déjà roussie

    déontologique

    fleurie fort bien plus tard

    comme par la fenêtre un satyre

    aux cent fleurs d’anges

    au bout des doigts

    dites nous :

    frères et sœurs

    nous éclipsons les mohamédiens d’ici

    comme leur fausser compagnie

  • Justificatifs de vie commune

    mardi un jour de labeur noir

    mercredi un jour de labeur noir  

    jeudi un jour de fête  

    vendredi un jour Saint

    samedi un jour de labeur noir  

    dimanche un jour du Seigneur de la terre d’accueil 

    lundi un jour d’un arc-en-ciel pour toute la semaine

    le deal était si tu l’aimes ne te maries pas avec elle   

    j’avais un visa moyen séjour

    mardi après-midi dévolu au sofa  

    mercredi après-midi dévolu au sofa  

    jeudi après-midi dévolu au sofa  

    vendredi après-midi dévolu au sofa  

    samedi après-midi dévolu au sofa  

    dimanche après-midi dévolu à la guitare  

    lundi après-midi d’un arc-en-ciel pour tout le mois

    j’étais marié à une femme beaucoup plus intelligente que moi  

    j’étais heureux, mais sec !

    mardi pour le dîner nous avions des pâtes aux jaunes d’œufs et fromage râpé   

    mercredi pour le dîner nous avions de la viande hachée et petits pois-carottes  

    jeudi pour le dîner nous avions de la pizza faite maison  

    vendredi pour le dîner nous avions de la soupe  

    samedi pour le dîner nous avions du riz au beurre et cordons bleus

    dimanche pour le dîner nous avions des pâtes aux saumons à l’italienne   

    lundi pour le dîner nous avions un arc-en-ciel pour toute l’année

    nous avions déménagé chez ses parents  

    j’étais perdu

    mardi soir : néant

    mercredi soir : néant   

    jeudi soir : une gâterie  

    vendredi soir : néant   

    samedi soir : une branlette

    dimanche soir : un coup peinard  

    lundi soir était un arc-en-ciel noir pour toute la vie

    nous avions divorcé un jour d’été   

    j’étais malheureux

  • Un saule est une sérieuse affaire

    par le son des cloches

    ton spleen

    tes auto-stellaires branches

    tes lapidaires heures

    ta maison en carton aux vents ouverte

    hantée par ton nom

    comme un signe, déliriums, ô le cygne blanc !

    bat de l’œil très haut sur l’étant

    vétéran

    incertain

    cœur d’un petit-conte

    sans loups

    sans loups

    lignes déchanges, flottaison, ô les migrations !

    à mi-hauteur de la cime des arbres

    écume de tes mains

    ta peau

    dessous les goutes lactées

    à outrance

    chauve-souris par là

    ailleurs, vœux indiens, ô le veau d’or !

    au jour

    roulade de l’enfant qui s’éprend

    succombe

    des veines de ta bouche

    de soleil

    lorsque ton printemps…

    somnolant, biscornu, ô les jujubiers !

    je clame d’une marche lente et griefs

    jusqu’au saule en face de l’autel

  • L’escale de la matinée

    de coton

    les sept heures

    parachutés

    sur tes yeux opiacés

    comme des raisins verts

    un parfum de poème

    une foudre dans ton cœur

    comme les éclairs sur la toile d’un peintre

    bourdonnement quasi lointain

    vaguement

    à l’ombre

    je m’allonge sur les rêves de ta coccinelle

    de rouge

    l’écharpe de l’écolier en mal de fenêtres

    dessins d’une abbaye

    dessins de ta courbure

    s’éveillent

    tant de mystères

    qui ne valent ta caresse

    morsures d’une étrange bête

    lente d’une douce confession

    effervescent

    comme les chants oubliés

    je m’agrippe à ma bouée de plaisance

    de légers vents sur les roseaux

    tout aussi contre toi

    tes âges étagés

    sève

    peu de zinc !

    désolé de te croire verte

    ton onir

    par lui charmé

    comme insuffler une seconde fin

    à tes matins

    de gris

    je m’essuie par crainte de trop m’y plaire

  • Furies de l’été

    une femme que j’approche

    que je déculotte

    derrière ses prunelles

    parmi les quelques furies de l’été

    mots transversaux

    d’une aussi longue frange

    élans du passé

    insaisissables couleurs

    sur-l’-herbe-folle-dont-l’-herbe-folle-raffole !

    inquiétude légère

    doigts qui butinent

    sautent en d’autres lieux

    frileux… , – saisis-le !

    pointe au corps

    aigue

    sculpté par les fées des ruisseaux

    toile cachée

    amortie

    j’effleure ton bras

    ton parfum me rappelle les saisons

  • Dur de s’y croire autant que de s’arrêter

    c’était presque religieux ce moment du petit bout de chocolat plein de saletés que l’on mangeait, – puisqu’on aurait tout essayé, même la perte !

    toute opaque, toute opaque, toute opaque,

    toute opaque, etc.

    du soir… , comme de la nuit

    une transversale, géométrie de l’objet

    que soufflent les vents !

    que lave la pluie les souillures !

    il y aura toujours la vérité à une vérité, l’orient à un orient, la loi à une loi, l’histoire à une histoire, etc. mes yeux se tournent vers l’ouest, pour la veillée du ramadan

    tchat – tchat, tchat – tchat – tchat – tchat – tchat,

    tchat, etc.

    reconnaitre le poète qu’il fut

    c’est comme avouer son ascendance

    que soufflent les vents !

    que lave la pluie les blessures !

    je quitte mon rêve :

  • La perte

    fourmilière

    ballets du bâton rompu

    nos sourires ou riz au lait

    versés sous nos pas

    étouffés pêlemêles

    tout Traviata

    nos pas !

    mémoire de l’exilé de bout en bout

    relégué par les odeurs et une béance

    recherchant l’ouverture

    diaphane – diaphonique – euh… !

    épuisement d’un temps intercalé

    où rien ne s’assemble et se dédouble

    œufs brouillés de l’enfant

    tout savant

    baromètre des ombres

    fine et finissons-en !

    il n’y a rien pour toi ici ?

    Apollon manqué

    ailes et voiles et temples et carrefours !

    mansuétude

    blanches fissures

    enfuie

    déraciné

    malheurs sous l’abri

    sous nos pas de tambour, en mur

    seule cette perte

    je repêche ton regard à moitié endormi

    puisque du jour on aura oublié

  • La femme aux oiseaux

    à Alice.

    au couvent une femme s’attarde dans un corridor ouvert aux débâcles, sonde son âme et noie ses yeux qui s’agrippent d’attente sur les feuilles d’arbres

    ( lorsque l’automne presse le pas ! ).

    qui êtes-vous ?

    que voulez-vous soustraire ?

    solitaire qui observe l’irréparabilité

    mal dépecé

    acide

    j’aspire à une eau qui s’en est allée, – qui donc crois-tu comprendre ? je la désir depuis ma vulnérabilité, me cache comme un tronc parmi les arbres, cadavre ambulant

    ( lorsque l’hiver englue nos pas ! ).

    thème sur un ancien baiser : judas !

    toc-toc, houst, l’indésirable !

    transparente colère

    fracas palpitants

    flagada des pensées

    je réitère mes adieux à la femme aux oiseaux

    et pleure de joie la paix du soir

  • Fleur de Lys

    départ d’éclairs

    pucelle qui s’envole avant l’heure

    départ d’éclairs

    bleu d’azur intemporel

    départ d’éclairs

    départ de la lecture en éclaireur

    départ d’éclairs

    du sol au firmament

    c’est la pucelle !

    rougeurs au tronc sonore

    départ d’éclairs

    blessure au cœur qui colmate

    départ d’éclairs

    départ comme un ultime éclair

    départ d’éclairs

    nuées jusqu’au sol

    départ d’éclairs

    c’est la fleur de lys !

    bataillon qui encercle les remparts

    chants de victoire et bataillon

    je cherche à me faire en vouloir

    et tends vers le baume

  • Dernière rescousse

    nuit

    et fugues

    coulent quelque part

    lentement

    lamentable de n’y voir rien

    seuls vos petits mots sous la véranda

    vos germes

    demeurent intangibles

    tremplin d’eau et Amour

    tenir

    frissons d’un fossoyeur

    je vous reconnais en chaque mot

    êtes-vous en colère ?

  • Matin d’été

    à Isylle.

    rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

    et sur mon lit

    tout froissé

    tout envouté

    rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

    pour recueillir l’intime silence

    de ses flans de coton

    de ses yeux

    rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

    sous la lumière des stores

    et sa nuque parfumée

    que je quitte

    rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

    j’en meurs

    puisqu’il convient de me lever

    ici

    comme ce qui est le péché aux interdits

    et les ripailles à l’indifférence !

  • Sur une pelouse

    conformation astrale

    objets obliques

    regard oblique

    conformation à la forme astrale

    tes yeux touffus

    des lunes

    belle hâlant

    oblique caprice et tes yeux

    nourris

    sentant ton feu

    même…

    lourd jardin

    feuilles sèches

    ampoules et râteau

    échanges muets

    carrefour

    je me tiens à mi-chemin de la cabane

    bye – bye !

  • Trois saisons

    grippe

    ou la fuite des vents

    mue et morveux

    douceâtre comme les peaux

    boulevards bordelais qui transitent

    quais embrumés

    retardataire et à l’heure

    humeur à la Gabin

    Un singe en hiver

    ainsi qu’un anniversaire de l’anneau

    dessous les tambourineuses étoiles

    le présage d’une noyade

    parce qu’il y a un soleil

    les lendemains d’une noce

    extrapolations d’un intérêt sous les lampadaires

    Richard sa majesté des affaiblis

    s’assoir sur un fauteuil mirobolant

    proverbe et flasques abattis

    tapis recouvrant les sexes

    les blancs

    dogme du piéton

    une histoire à la barre

    plaide encore pour les étoiles

    Aurore file la fin de l’été

    je me pouille sur le chemin des poètes

    comme j’en croise de si vrai

  • Fractures

    à Sophia.

    complainte entendue

    plantes brûlées et drôles de chapeaux

    vaste fémur comme les jours abimés

    où retombaient les générosités d’un adolescent

    révolution des fleurs et des pierres

    sensibilité d’une tête muette avec ses frères… , – pas bien pas bien !

    quelques colombes effleuraient la fenêtre d’un paisible lointain

    nous fallait-il faire face, à tout – à rien – à l’aurore alitée ?

    comme un radeau vermoulu, etc.

    traversant les longs soirs miraculeux, comme les phyllades !

    il quittait le miel et les abeilles de son pays

    pour la rive des estropiés

  • Libérations

    tes nouveaux lustres

    vieux coffrets

    tes ciels bas et obscures

    ode de coton blanc et bleu

    tes yeux horribles et troubles

    baisers qui s’enroulent

    fini l’éternel

    qui sait d’orgueil ?

    tes sornettes

    ailes rouges de sauterelle

    tes accents de flûte

    fleur jolie, jolie… !

    tes sons vermeilles

    sur mon lit, tu sommeilles !

    astre rustre

    ô mon astre Français !

    je beigne dans tes rêves

    comme à rebours

  • Au bord

    à Sabrina.

    soleil irradiant

    sous un arbre

    manichéen

    demies tensions

    itinérance au bord

    moitié d’une clameur

    lasse qu’à moitié de la lecture

    retour à la dicté

    cloche qui retentit

    comme un dimanche des rameaux

    baisers éternels d’une fleur

    ciel qui s’étend de grisaille

    ouverture basse et non plus déchainée

    perspective et portes

    dames qui feintent d’une tête

    observent en dedans

    à la lisière du chant

    au parvis et merveilles que j’honore !

    absente trainée au-delà du mémoriel

    salut toison d’or du bélier

    salut étrangère

    je saute en plein milieu des châteaux de sable

    et me salis les mains

  • Perceptions d’un intérieur

    long tempo

    aux combles

    un homme fictionnel

    vêtu d’une chemise

    brettèles

    ventre d’un poisson

    pieds sur le parquet lourd

    et crétin

    il frisait les étagères

    et fumait des gitanes

    second raccord

    près de la fenêtre

    une femme éprise

    au long cou

    aux doigts rouges

    et les seins d’écolière

    parée d’une robe

    à fleurs jaunes verts et noires

    elle oscillait devant le téléphone

    et échangeait un baiser comme frère et sœur

    je n’ai pas de voiles blanches et de brumes

    la grêle m’appelle et s’y retrouve

  • Cristaux

    grince

    orgueil du cœur

    blizzards

    lumières d’une ville

    feux

    flamboyant

    nuées d’une grange

    sans ésotérisme

    et joie

    foule mausolée

    tapi

    rien que là

    toit à mille lieux

    à mille têtes

    sereins rêves

    flûte

    soupirant

    oies

    promesse

    peut-être une dernière

    à lui

    à l’écho de son parfum

    coquelicots

    bras rouges de froid

    enlacement

    grippe

    arômes

    homériques

    berceau

    ouvert à toi

    aux messagères de la nuit

    brouhaha

    dingueries d’un ruminant

    insistance

    vaillance

    assistance à la tonalité…

    est parti

    Charlie Parker

    corbeau

    détenue bravée

    puits ou buis

    lourdeurs

    balancement

    jours perchés

    assaillant

    sous une table

    percé par les cristaux

    je brûle de l’encens au plus sombre de la nuit

    si souvent

  • Exhumé

    dent havement rebelle

    et croque !

    arctique

    amorce serpentine

    voix percluses

    s’abandonnent à échéance

    grecs qui se jettent

    cote suspendue

    l’-amour-que-l’-on-me-verse-déverse-le-daemon

    paraphe vasé

    pendant d’un collier

    de course et saccades

    eaux de mes Converse

    trouées

    trouées

    je peine à poursuivre le poète

    comme singer le bruit

  • Les adieux

    seul

    comme deux

    Polonaise

    vents sub sahel

    et de l’huile incertaine

    fleurs de sel

    poison

    suspendre l’étreinte

    sous les ombres d’un jardin

    larmes sous un baiser

    secret des adieux

    lait qui tiédi sur la table

    limpide cœur

    transparent CD

    je scelle l’incompréhensible du non-dire

    par mes douleurs

  • De brume

    surface de brume 

    matin consensuel 

    ciel dévorant 

    rien qui n’autorise l’accès 

    parmi les anonymes

    et le jour s’imbrique de secondes ! 

    d

    i

    v

    i

    n

    e  

    percée par un fouilleur d’envolés 

    clopine des sphères 

    enfant qui tournoi comme un derviche 

    et regarde, regarde s’obscurcir l’œil 

    et le sait

    déci delà une romance  

    la poussière des villes où l’on réécrit

    les allées qui trucident 

    les pavés comme de la boue 

    j’entrevois parmi mes débris une planche

    comme un sphinx

  • Flocons d’hiver

    à Ibtissem.

    vous étiez une femme aux yeux de chouette, femme de la longitude, femme de l’épopée, etc. je vous pleure car me trahie l’aurore ! une descendante in-établie et j’enfouis

    nous étions amoureux de ceux qui s’aiment

    nous restions heureux

    nous reversions du vin là tout contre nos cœurs

    nous miroitions devant nos soudainetés

    carrousels  

    bouffon

    badour 

    nous faisions le tour de nos désespoirs de nos royaumes 

    les coudées franches comme un rajout

    nous en voulions aux autres de leur indifférence  

    nous étions deux flocons d’hiver, deux maux roses

    votre écho retentit à l’intérieur de moi comme un puits, et n’en est que plus cruel, sans une promesse de retrouvailles, ni d’une délivrance

  • Tant que l’on t’écrit

    à Fanny.

    les arrières pays in-approchés 

    traversés en surface 

    défilent fort l’hymne

    du chagrin avant l’exil

    plus de là-haut – Laos ? 

    rien d’imperceptible

    délicatesse qui dénote 

    comme un centaure qui descend

    une plume qui s’étale pile 

    au cœur de l’éblouissante disparate 

    hôte qui la pleure 

    et plane 

    léger 

    insondable comme l’air

    les vents d’automne se contrebalancent

    des volantes feuilles noircies 

    d’épais nuages 

    sur un arbre qui croît

    comme tant de désirs irréalisés

    entre les rires

    d’amis 

    j’ouvre mes yeux qui s’en retournent navrés

    et je frémis

  • D’une main verte

    une plante verte

    pas tout à fait verte

    un pot fissuré

    pas tout à fait de terre

    elle atmosphère

    il s’érode

    ils font quatre cents vingt grammes

    lorsqu’ils se croisent

    une fois l’an

    sur deux

  • Jamais survolé

    perdu

    de ne plus se croire

    le fils

    pas de torts

    que du ressentiment

    me frappe

    et puis l’horreur

    la nuit qui assaille

    solitudes

    je pars…

    sous le signe de l’adieu

  • Le sang est indélébile

    la poésie n’est pas au service d’une idéologie, d’un parti, d’obscures passions, etc.

    : écœuré, vraiment !

    je pensais ne jamais jeter un recueil faussement nommé

    : écœuré, vraiment !

    le mal de dedans est un pléonasme Les concernant

    écœuré, vraiment !

    cette menace nous nargue ! j’aime lorsque la poésie est menaçante, dangereuse, etc.

    : écœuré, vraiment !

    je pensais à mal la poésie, celui-ci est un torchon, – lis-le !

    : écœuré, vraiment !

    je ne trouve pas de qualificatif Les concernant

    : écœuré, vraiment !

    il y a des combats qui se font pour la vie

    le droit à la liberté

  • Jamais pour en découdre

    ce que vous pensez de moi, ne me regarde en rien. ce que vous confiez à une autre personne sur moi, ne me regarde en rien. je m’éloigne de vos territoires

    ce que je pense de vous, ne vous regarde en rien. ce que je confie à une autre personne sur vous, ne vous regarde en rien. je rêve de la nostalgie et de la vitesse

    mais est-ce qu’un jour, vous m’avez accepté

    mais est-ce qu’un jour, vous avez eu foi en moi

    mais est-ce qu’un jour, je ne vous ai pas aimé

    mais est-ce qu’un jour, je ne vous ai pas respecté

    mais est-ce qu’un jour, vous m’avez cherché

    mais est-ce qu’un jour, vous m’avez rencontré

    je lance sur vous toutes les malédictions ! je vous maudis par tous les saints et les diables ! mais si vous n’avez rien à vous reprocher, vous ne risquez rien. – vous pérorez, pérorez !

    j’empoigne l’épée Damoclès au-dessus de ma tête, quitte qu’elle me transperce… ,

  • Automne des barbus

    je me figure le style des barbus chirurgiens, en parallèle des barbus en basket nike ! ils pourraient s’appeler Hamid ou Stéphane, jamais ils n’auront une large sympathie

    ceci est proscrit et cela est le salut !

    personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

    j’ai l’impression que la misère fait des dégâts ! mon cher ami me dit qu’il juge l’arbre à ses fruits. au-delà de tout discernement, je peux lui répondre dès à présent qu’ils sont pourries

    ceci est proscrit et cela est le salut !

    personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

    je devine les bouches, les teignes, surtout les piteux ! l’oiseau se souvient de ses après, son automne toujours s’impatiente de la feuille rouge, à l’odeur féline et rare de révolte

    ceci est proscrit et cela est le salut !

    personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

    c’est presque une caricature de moi-même

    il me faut vous comprendre !

  • Printemps des oiseaux

    toi

    sous enveloppe

    seul

    à outrance

    silence et les vents

    le monde d’hier chantait deux

    verticalité

    index

    parlé

    j’écoute les oiseaux sur un banc

    il me revient ce court poème

  • Figures

     : 1

    il était une chose

    il était un être à la dérive

    il était d’une mémoire surannée

    il était à peine né de ses rêves

    il n’était pas une lourde médecine

    il n’était pas une conscience d’intermarché

    il était parachevé par ses aînés

    il était une cadence confuse et folle

    il était un mont positif

     : 2

    il était un piètre poète

    il était empêtré ?

    il était sourd aux vents sourd à la vie !

    il était ses fuites et j’oublie

    il était la perte sans se retourner

    il était le revers d’une histoire trop bruyante

    il était leur noirceur où son caractère s’endurcissait

    il était de la défaite

    il était le refus de vivre

     : 3

    il était seul

    il était désolé de tout

    il était désolé de la vie

    il était désolé de la vie qui n’allait plus

    il était désolé des étoiles qui ne brillaient plus

    il était le dire le faire le passer

    il était sans frontière

    il était du plomb tacheté de son sang

    il était relégué dans une caverne

    : 4

    il était un clown blanc

    il était un vieux reste de son aura

    il était une espèce d’égout dans la gorge

    il était sans caprices et délusoire

    il était l’accroche à rien et à des semblants

    il était une accroche à un tout et à l’ennui souhaité

    il était son cœur en sentier

    il était une histoire qui tient sur ces cordes

    il était vierge de la mort

    : 5

    il était conté

    il était un suspect à réduire au silence

    il s’était éteint au hasard   

    il était le versant d’un cœur détruit

    il était son corps qui s’effritait

    il était l’asphalte qui appelait à l’œuvre les palmiers

    il était une tête en dehors des sombres couloirs

    il était là où vont les poètes

    il était le royaume d’un oublié

    : 6

    il s’était levé gauche

    il n’était pas d’une forme de lion

    il n’était pas la jetée qui miroitait

    il était le Do de la veille

    il était ses indéfinissables actes

    il était toujours à 10h24

    il était sa froide peur des mots

    il était leur opposition

    il était sans chemin

    : 7

    il était une double sphère

    il était son regard sur des murs animés

    il était sa colère projetée

    il était le souffle qui irradiait sa mémoire

    il était le sol moite qui s’ouvrait devant lui

    il était la devine du noir des ombres

    il était un enfant qui s’éloignait

    il était un enfant qui voulait mourir

    il était pétrifié

    : 8

    il était une cantate

    il était un vaisseau qui voguait

    il était très mécanique et très versatile !

    il était les portes cloisonnées

    il était sa trentaine qui se précisait

    il était le terrible dans les années quatre-vingt-dix

    il était un avenir et l’espace clos des étrangers

    il était une incarnation de l’esprit des chamans

    il était leurs rires avant de finir

    : 9

    il était un nectar de leurs sueurs

    il était leur bâtisseur de montagnes

    il était une portée de mains sur un nouveau visage

    il était d’une lenteur…

    il était du sommeil léger des condamnés

    il était le démenti

    il était la réponse à rien

    il était comme les pas à pas d’une corolle

    il était une fleur qui perdait son âme

    : 10

    il était sans souffrance aucune

    il était les tombeaux de sa tête qui se figeaient

    il était une part de lumière dans la Ténèbre

    il était l’engloutissement de leurs lumières

    il était l’équivoque lorsque Dieu… !

    il était une prière des anges et des prophètes

    il était un rappel de la crête

    il était le recommencement des jours

    il était la fin du poème

    : 11

    il était lourd de ses luttes 

    il était travaillé

    il n’était pas bâti pour l’étude

    il n’était jamais en paix

    il était son désarroi avant l’achèvement

    il était un souhait avant de prendre ses distances

    il était une aire de repos pour les voyageurs

    il était les mouvements irascibles

    il était conscient du peu qui lui restait

    : 12

    il était du fer antique

    il était un réduit compact martelé

    il était une taule de son âme froissée

    il était tout le long du noir sillage

    il était son esprit qui le quittait

    il était son humeur et ses gestes approximatifs

    il était dès les matins bleus

    vous vous enlisez dans les confections intérieures

    voyez qu’il se trouve autour des personnes biens

  • Tournesols ou la symbolique des chiffres

    le premier du jour d’Issa et les présocratiques premier cri premier mai premier homme premier Moura Ham premier Novembre et la compagne de victimisation

    le deux janvier du décès de mon oncle deux battements du cœur deux pays deux comptes sur Facebook et mon double s’en suit trois cinq onze etc. de la tradition

    le trois février de mon mariage trois places d’un podium trois œils dont un de la conscience trois cuillères de mon café soluble trois religions monothéistes

    les quatre feuilles d’un trèfle quatre saisons de Vivaldi qui se bousculent et la pluie quatre points cardinaux quatre membres quatre ouvertures d’un teeshirt

    les cinq doigts de Fatma cinq prières par jour cinq sens cinq des confréries secrètes et ésotériques vient le septième siècle de Mohamed et la peste justinienne

    les sept cieux sept arts sept vents sept pas de marche avant que le paysage ne change sept nains et blanche neige sept déesses de la pléiade sept fois tourner sa langue

    les neuf mois d’une grossesse neuf Ayat de Moussa neuf mois de gestation d’un neutron neuf portes d’un corps arrive les dix doigts des deux mains dix commandements

    le onze de mon anniversaire onze planètes onze milles verges d’Apollinaire onze sections de Hâter ma convalescence et des lignes de fuite et onze chutes

    les douze mois de la terreur douze apôtres douze sources d’eau et tribus douze ébats par mois douze chants de l’Illiade douze euros douze de deux tickets de caisse

    les dix-sept ans de ma première fois dix-sept ans d’un poète pas sérieux dix-sept le jour de mon divorce dix-sept maisons et appartements habités dix-sept ans ah

    les vingt-quatre heures de la fête vingt-quatre heures de l’écriture vingt-quatre clopes par jour vingt-quatre mensonges par jour et une seule vérité

    les vingt-sept ans d’un ratage vingt-sept l’âge de ma fracture vingt-sept morts de migrants hier dans la Manche vingt-sept titres de l’album Donda

    les trente euros à ce jour sur mon compte trente jours de ramadan trente bâtons d’allumettes sans oublier le trente-et-un décembre et l’anniversaire de F.

    les quarante jours d’un deuil quarante ans d’exode des juifs quarante voleurs et Ali Baba quarante grammes de tabac bien sûr les quarante-huit pensées suicidaires

    les cinquante et une semaines de l’oubli les soixante-cinq kilos de mon poids soixante-quinze de Paris soixante-quinze derniers numéros de ma ligne téléphonique

    les cent vierges du paradis cent yeux d’Argos cent kilomètre à pieds ça use quelque chose comme les cent-quarante-cinq poèmes de Cinq heures après l’orage

    les mille étoiles d’un touareg mille chevaux d’une Ferrari mille livres de ma bibliothéque mille pas par jour mille raisons de ne pas pleurer mille et une nuit

    les mille-quatre-cents-quarante-trois de l’hégire et le tableau vert de mon école primaire c’est vrai aussi pour les six milles ans avant notre ère et Ibrahim

    les deux-milles-vingt-et-un du calendrier grégorien et le Saint patron des artistes les deux-milles-neuf-cents-soixante-dix du calendrier berbère et Massinissa

  • De zéro à douze

    à Bachir.

    Le meurtre du douanier fut splendide avec le cerne bleu des yeux et l’accent rauque des canards près de la marre. Les ténèbres 1927. Robert Desnos.

    : 0

    —— –, — – –, —– — –, –

    –, —-, ——-, —— —- —- —– !

    —- — – — – – – – -, – – -, – – – ,

    ——————————————————— ?

    — — , —–

    – – — – – – —, – – – , —

    — —, — -, — —

    : 1

    je n’ai jamais trouvé un lien entre une chenille, les étoiles et nous

    qui témoignions de cela, un peu ahuris

    j’aime te parler encore un peu de notre présence au monde

    du don de la vie, de nos premiers cris…

    il aurait fallu que tu me quittes pour accepter mon étrangeté

    mes hors limites, etc. un pardon se niche là

    tu es l’autre continent, tu es le verre de lait

    : 2

    accroche toi, rajuste tes ailes, cible le jour, endure

    tes nuits, etc. les pôles s’entrecroisent

    une histoire au flanc des dunes, une oasis, joue avec les vents

    réinvente des tempêtes, etc. on aurait dit un climat tropical

    vol au-dessus des lignes, ne trébuche pas : une paire de basket

    blanche, une paire sans lacets imbibée de sang

    un départ, une pause, un revers

    : 3

    je rêve de sahara et de la lune d’argent plus brûlants que le métal, parfois

    un clairon s’entend, parfois les bois… , – c’est d’une faille que j’arrive !

    je sors de la tourmente, ignoré par la mort, comme passer

    par la faim. les plus illustres sont passés en versant leur sang noir

    trois cartes, j’espère une quinte d’os sur les braises

    en amont de mon amour, au creux de ma main

    une rature, une frondaison, un délit

    : 4

    les bancs publics définissent ton rang social, parlent de tes états

    d’âme, etc. les hobos même ne s’y assoient plus

    ton corps s’est tellement reposé sur leurs sièges que cela te rend

    inquiétant, plus que la course à l’hécatombe

    tu ne sais d’où te vient le besoin de les fréquenter, de laisser couler

    absent de toi-même à l’écoute du vent et les arbres

    un banc, une conversation, une fenêtre

    : 5

    je range mes photos comme de l’artillerie, une chape des

    choses véhiculés. je me les figure jaunies, une colle

    mes proches s’efforcent à m’éloigner de la poésie, comme au

    début de mes tentatives. ils me tiennent dans l’ignorance

    les justifier peut m’apparenter à un leurre, si c’est pour me

    préserver. parce que cela au fond produit l’inverse

    un visage, une absence, un podium

    : 6

    dur de passer à travers Nedjma, un roman écrit à deux

    mains, cela me calme comme un glaçon

    il faut reconsidérer cet ovni et les contributions des ses auteurs

    que l’on reparle encore et toujours ! les postérités sont pour qui ?

    Kateb Y. prenait des notes sur des cahiers avant sa

    disparition. je souhaite jeter un coup d’œil et réécrire avec le barde

    un lecteur, un manque, un appel

    : 7

    je trébuche à chaque palier de mes errances, interdit au toucher

    de ma mémoire. oh, quel malaise !

    je transpose mon cœur sur la réalité, rien ne me permet

    d’explorer mes horizons, une réserve

    je revois l’adolescent au visage triste et qui sourit

    vilain, désireux de s’endormir sur son foyer de la mélancolie

    l’amour m’aurait fait grandir, la mort m’aurait fait guérir

    : 8

    je touchais un peu à mon mektoub au sahara, mes yeux

    exprimaient le feu, insoutenable. une voracité

    je bougeais avec mes mots les lignes de mes interlocuteurs

    cyclique cellule, déloyale. je m’éloignais troublé

    c’était une main très vague, quelques feuilles sur les dunes

    comme un éclair. écrire dès lors était un ancrage

    une anomalie s’était révélée, une décharge s’était échappée

    : 9

    selon ta représentation du fruit de la connaissance, pomme ou

    poire, etc. à un détail près, cela parle de ton courant poétique

    les fruits à part les manger, les sexualiser, les laisser pourrir sur un

    plateau, etc. tu peux les peindre et rentrer dedans, bien dedans

    comme le fruit au goût de miel pour l’amant, l’amante

    jusqu’à ce que la terre te fend

    un mystère, un précipice, une planche

    : 10

    je commence à me sentir en phase avec mes propositions

    comme la poigne d’un fleuret, qu’il me faut déjà creuser davantage

    je transcris une poésie qui me travaille, – pourquoi donc est-ce

    ainsi ? revivre peut-être une seconde fois, une gratitude

    les nœuds, flottements, sont communément les plus authentiques

    à transmettre. je verse d’une incrédible douceur

    un capharnaüm, un catafalque, un salut

    : 11

    je voyais parfois des formes avant de m’endormir, peu bruyantes et

    imperméables au temps, mais surtout éveillées

    je ne les rattachais à aucune vérité. elles tombaient, impactantes

    immédiates. elles avaient une tonalité dramatique, leurs propres couleurs

    je les considérais selon mon état d’esprit, l’intensité du moment qui

    me prédisposait à les recevoir. elles cousaient dans les parages

    une nuit, une attention, une interstice

    : 12

    fin et retour d’un jour de récréation, la ville s’illumine

    bientôt l’aube. sur le buffet une enveloppe, une banane isolée

    et un briquet. je sais de mes ruines le retour à l’ordinaire

    j’ai soif d’eau du puits, 1 litre, 2 litres, 5 litres… , – sinon séché ! une nuit

    est passée sans ailes, encore une nuit sans toi

    je n’ai pas tes doigts de fée, tout colle dans les tromperies, gommées

    pour quel praf je me suis fourvoyé ? pour quel tableau je me suis enroulé ?

  • Nous sommes fatigués

    1/3

    nous sommes fatigués de somnoler,- de courir à perdre pied,- de marcher,- de se lever avec nos fragilités,- de s’habiller de nos voix de ténor,- de remettre ça,- de descendre pour ensuite remonter,- de se tenir,- de tenir les murs,- de chausser nos chaussures neuves,- de se barber,- de redormir pour l’éternité,- de brider nos voix,- de discourir en fou,- de se voiler la face,- de fleurer en duel,- d’injurier sans crachas,- de subir nos désarrois,- de se taire et d’oublier

    je crois à la magie des verbes

    les échelons qui m’amènent à cet instant

    nous sommes fatigués de suivre nos chances,- de se rehausser de vivre,- de vivre de vous,- de départir vos exploits,- de feindre que l’on vous a compris,- de procrastiner nos démons,- de se réinventer à l’infini,- de nous lire aveuglement,- de poétiser l’arc-en-ciel,- de travailler nos destins,- de piailler sans écho,- de performer le sang,- de rationaliser nos pertes,- d’intellectualiser nos enfants,- de produire l’inactuel,- de corriger et repasser de nouveau,- de s’allonger sur vos divans,- de commercer les rapines

    j’entends perdre à tous les rendez-vous

    les verbes comptent double dans une défaite

    nous sommes fatigués de creuser nos tombes,- de se brosser et de plaire,- de déguiser nos vérités,- de se masquer,- de sourire à nos vanités,- de calligraphier nos peurs,- d’empiler les lendemains,- de déchanter,- de zipper un lot commun,- de ne plus se reconnaître,- de ne plus rien vouloir,- d’erroner le juste posé,- d’harmoniser nos désordres,- de se détacher de tout,- de souiller nos lieux et coutumes,- de changer d’avis sur les êtres,- de nommer lorsqu’il s’agit que d’un regard

    je vague pour ne pas céder à l’amertume

    les verbes voguent d’une mémoire à une autre

    2/3

    nous sommes fatigués de s’aimer,- de toucher des bouts des doigts,- d’embrasser à pleine bouche,- d’embraser nos mots,- de humer vos parfums saturés,- de lécher,- de jouir à couvert,- de rentrer et de sortir,- de se réchauffer et de se refroidir,- d’affranchir nos âmes frileuses,- de contempler l’azur de nos corps,- d’érotiser nos conversations,- de procréer les ingratitudes,- de juger sans marteau,- de reprocher se qu’on essuie chez nous,- de parler et tout dire

    je m’abandonne aux forces qui irriguent

    les verbes englobent le silence sans promiscuité

    nous sommes fatigués de bifurquer en dehors,- de pleurer des ruisseaux,- de chuchoter nos ébats,- de couler sans le souffle,- nous sommes fatigués de faire l’amour,- de sourire de nos disettes,- de déjeuner,- de déféquer puisque l’homme l’a choisi,- de boire que de l’eau de javel,- d’écouter et ne rien entendre,- de vous vomir,- de tousser du miel de revanche,- de se gratter même si c’est une bénédiction,- de ronfler sous vos draps,- de fouiner dans tous les recoins,- de jouir une dernière fois

    je noie les frustrations de la chair étouffée

    elles ont du plomb dans l’estomac

    nous sommes fatigués de partir et ne plus revenir,- de promettre sur nos détériorations,- d’appeler en masqué,- d’échapper à nos conflits,- de s’empiffrer de vos cosmétiques,- de se connecter à qui vampirisera l’autre,- de se virtualiser avec des histoires souhaitées,- de chatter avec les idiotes,- de faxer les avalanches de sons,- de décrocher fâché,- de raccrocher sans réponse,- de bredouiller sur rien,- de photographier nos sexes,- de twitter sauf si on est intéressé,- de se ramifier

    j’entrechoque les mots qui sont ma boule à facettes

    comme la perle Amour

    3/3

    nous sommes fatigués des hauts et des bas dans la foi,- de ne jamais voir la nudité,- de patienter sans être un patient,- d’acter nos intuitions,- de pécher par timidité,- de reprendre lorsque rien n’est donné,- d’aumôner au plus fort,- de réinitialiser,- de sentimentaliser,- de mentir par excès,- de porter des fruits prêtés,- de parier nos âmes sans rachat,- de juxtaposer nos réalités,- de lancer une sentence : rien ni personne ne pardonne l’aisance.

    je reste le jongleur sans torches de feu

    le poète joue des verbes glanés

    nous sommes fatigués de bénir,- de croire et de ne pas croire,- de prier les gens que l’on ne connaît pas,- de se purifier,- de guérir de la bonne santé,- de chuter sans parachute,- de se convaincre d’un pardon,- de s’ailler,- de vénérer sans prix,- d’amourer nos incapacités,- d’invoquer pour nos morts,- de conjuguer entre les paroisses,- de jeûner les jours de plaine lune,- d’ajourner nos délibérations, – de mourir à nos croyances,- d’admirer les prophéties

    Dieu l’a voulu ainsi

    Lui seul m’en est témoin

    nous sommes fatigués d’orchestrer nos ablutions,- d’attendre nos enfers et nos paradis,- de se savoir à l’abri,- de ne pas se sentir à la hauteur,- de cheminer vers un but incertain,- de recenser le bien et le mal,- de se noyer dans le bleu,- de se proclamer autodafé,- de dévisager les ciels étoilés,- de fourmilier,- d’épingler nos idoles,- nous somme fatigués à la fin de se décomposer,- de se putrifier,- de caresser la matière,- de traverser,- de soumissionner nos vies en totale perte

    nous savons toujours allées

    est-ce que nous incarnons le verbe ?

  • Sous la mouvance des planètes où les couleurs sont ailleurs Fr/Arab

    hommage à Antonin Artaud.

    j’aime la couleur rouge dans le rouge ! parlons de la sensation du rouge même si elle n’est pas tout à fait rouge sans générer un conflit sinon la fête

    j’aime la couleur orange dans l’orange ! parlons de la sensation de l’orange même si elle n’est pas tout à fait orange sans générer un conflit sinon la fête

    j’aime la couleur jaune dans le jaune ! parlons de la sensation du jaune même si elle n’est pas tout à fait jaune sans générer un conflit sinon la fête

    j’aime la couleur vert dans le vert ! parlons de la sensation du vert même si elle n’est pas tout à fait verts ans générer un conflit sinon la fête

    j’aime la couleur bleu dans le bleu ! parlons de la sensation du bleu même si elle n’est pas tout à fait bleu sans générer un conflit sinon la fête

    j’aime la couleur indigo dans l’indigo ! parlons de la sensation de l’indigo même si elle n’est pas tout à fait indigo sans générer un conflit sinon la fête

    j’aime la couleur violet dans le violet ! parlons de la sensation du violet même si elle n’est pas tout à fait violet sans générer un conflit sinon la fête

    j’aime la couleur noir dans le noir ! parlons de la sensation du noir même si elle n’est pas tout à fait noir sans générer un conflit sinon la fête

    les couleurs vous possèdent

    prenez vos pinceaux

    Lire la traduction
  • La dualité Fr/Arab

    à Fanny.

    mais du corps de l’adverbe même

    l’amant s’évade

    vers l’envers des choses

    ombre d’une rade seconde

    il tombe

    Le chant de la carpe. Ghérasim Luca.

    providentiel

    ce temps où l’on accepte

    l’histoire de nos héros déchus

    la femme des autres que l’on revoit jamais

    sur les graduations de nos trahisons

    une fissure par l’intermédiaire

    des terminaisons

    les chiens qui le meuglent

    ce n’est qu’un enfant s’exclama le turc

    comme embraser les fleurs

    la partie des mots ardus

    la barbarie oubliée

    une amulette qui couvre le flanc d’un cœur endormi

    je pense à l’empire de Russie, météo : 9 °C, vent NO à 13 km/h, 25 % d’humidité.  

    il pleut de la neige

    de la pluie

    il lorgne le soleil sur les terres adultes

    et le désigne sur les peaux

    les sept vents chahutent les oreilles de l’équipage

    le navire vogue à l’automne des déchirures

    s’amarre à une aube nouvelle  

    ( je dessine un soleil sur ta peau ! ).

    il rêve de l’oiseau royale qui pulsait

    un sphinx sur les lèvres

    cruellement…

    les bateaux transportent du blé sous la grêle jusqu’à Saint Hélène

    le perdu écrase les coquelicots de ses pieds fermes

    Lire la traduction
  • Il est pour vous ! Fr/Arab

    Vous ne serez jamais sage.

    Source inconnue.

    une étreinte comme un rêve qui dure jusqu’au soir

    ce n’est pas la veille d’un jour de fête

    je m’habille

    je fais mes valises

    je fricote

    je ne suis pas triste

    au revoir ma ville, tu es mon obélisque

    j’ai croisé de farouches reptiliennes, des formes et des couleurs jamais approchées, de franches âmes aux longs cheveux. ils avaient des têtes qu’ils tenaient hautes et bizarres… au revoir gueule d’ange ! au revoir !

    tu m’as accueillie

    et je crois que tu m’aimes !

    je n’ai pas pris de plaisir à te voir en deuil  

    un soir de tempête où j’étais seul  

    je reste un petit péroire hermétique à la vie

    au revoir le bleu du bord de l’eau

    j’ai croisé des loups sous la pluie de mazout sur les quais, c’était ok pour ma vie, mon ange ! des grenouilles dans le brouillard épais et sec, toujours sur les mêmes quais… au revoir chat de gouttière ! au revoir !

    je t’aime

    et je m’en vais

    je vais vers la porte

    je reviens sur mes pas

    je tournicote

    ( comment ne pas perdre pied ! ).  

    j’ai beaucoup menti

    j’ai rêvé   

    je ne lis plus de la poésie intra-muros

    il y a de cela longtemps 

    Lire la traduction
  • Les silhouettes de la scène Fr/Arab

    le mot khayel me fait penser à du lin blanc ondoyant au vent, alors que silhouette me fait penser à une allumette.

    il se trouve des gens bien

    qui descendent en ville jusqu’à la fin des temps

    elle est une passante

    elle est en robe de soirée    

    elle porte un secret

    elle dégage une aura  

    elle a le pas aérien      

    elle lui sourit

    ( la douleur ne se pardonne pas, elle purifie ! ).

    elle parle à son désir de feu comme un éclair

    elle aime en éclair et ses yeux sont en feu

    je rêve de mots que les dieux jalousent   

    il te suffit d’être un enfant qui formule des souhaits

    il s’arrête de jouer

    il descend de la scène

    il est sur la piste enfumée

    il rejoint l’anonyme

    il la trouve moins belle

    il le sait

    ( j’ai cru entendre le mot citoyen ! ).

    les couloirs mènent vers les coulisses sous les néons bleus

    sur le mur est accroché un tableau, un western

    je me tiens debout sur un parking cimenté

    je suis le parking démantelé

    Lire la traduction
  • Mardi, jour d’une fête noire Fr/Arab

    les moyens du bord : les tables retournées, les balles en plastique, les mitrailleuses en fer rouillé, les grenades en bois, les pierres de chantier, l’eau chaude des tuyaux d’arrosage, etc.

    c’est les jeux d’enfants qui aiment l’incontournable guéguerre  

    c’est bien que je ne m’en souvienne plus

    une fille a vu ce que j’avais de meilleur en moi

    je n’ai pas tenté de l’embrasser

    un jour maigre, sinon pas des moindres

    l’air du solide les croates l’ont emportés

    je ne rêve plus, mon amour

    je ne rêve plus tous les jours*

    les moyens du bord : le sublime de l’univers, l’encre rouge de magiques bulles, le sol qui se décompose ( on le voit le sol, alors plonge ! ). les premières impressions, etc.

    c’est un lieu de jouissance

    c’est bien que je ne m’en souvienne plus

    au revoir comme bonjour

    bonjour comme au revoir le monde

    je voyage avec mon mal

    comme un camarade que je porte dans une brouette

    je ne rêve plus, mon amour

    je ne rêve plus tous les jours*

    je rêvasse lorsqu’il faut bousiller un titan de sang-froid

    même s’il fait froid

    * Clandestinos, Manu Chao.

    Lire la traduction
  • Charivari Fr/Arab

    je me lève tôt et dors de-même

    le rythme dans la peau

    les tocs

    des tocs en toc

    par Beethoven l’héroïque

    je ne suis pas beau

    – pourquoi l’enclume et le marteau ?

    entre quatre murs et deux plumes

    et des gens qui l’aiment

    de-même

    la route est coupée

    comme pour le Kilimandjaro

    je me rends aux ritournelles

    – comme j’étais amoureux et bien !

    la poésie et les copains perdus

    tout cela se noue

    bien que la solitude…

    mes ballerines, pardonnez-moi !

    la chanson des éphémérides

    – je reprends le fil du souvenir

    je vis un rêve d’un étranger lointain

    qui n’aime plus le funèbre costume de vos salutations

    Lire la traduction
  • Ne dites à personne qu’il l’aime Fr/Arab

    un chien qui se terre

    crabote

    imaginairement

    s’enfuit sur sa table d’écolier

    sur les airs de la ballade chétive

    dans la ville des lumières

    tizi-ouzou capitale de la vida

    et de la grève en saccades

    un bassin bleu entre ses yeux

    elle l’a pris par la main

    il pense à elle

    à l’autre

    chanter Si Mohand Ou Mhand

    tonner comme les oiseaux

    et se voiler le dos courbé

    de l’or du matin

    autour de la montagne

    comme un habit de l’absente

    une voix qui l’implore

    rien n’est éphémère

    il t’aime

    tu es un ange  

    et la plupart de ce qui ne doit pas être dit ?

    comme de ne faire plus grand-chose

    comme de frayer

    Lire la traduction
  • Vers le Mediator Fr/Arab

    à Véronique.

    comme les ondes qui rongent son corps  

    le cœur serre son rêve des tropiques, hypothétiquement

    les membres électriques !

    les membres électriques !

    les membres électriques !

    ( l’oraison des cosmiques ! ).

    le sans douleur n’existe pas

    il est de bleu le peignoir qui l’habille, effacé

    la chemise éventrée !

    la chemise éventrée !

    la chemise éventrée !

    ( l’air des tropiques ! ).

    il n’aime pas ses mains et désemparé

    il est de bleu le peignoir qui l’habille, confidences :

    elle prend les voiles que la circonstance exige

    et ils nous disent de ce côté-ci qu’il y a de l’espérance !  

    il marche dans l’appartement lourd qui engendre un désordre

    il déambule sur ses pieds nus dans le couloir baigné de lumière

    les doigts ensanglantés !

    les doigts ensanglantés !

    les doigts ensanglantés !

    ( l’aria des démiurgiques ! ).

    je médite la vie d’un homme en sursis

    sur un canapé blanc

    Lire la traduction
  • Les fibres

    à Naelle.

    son front pale éclaire le ciel

    ses yeux rouges se posent comme la neige

    c’est un lièvre qui dort dans les bois

    une crème dans l’espace entrouvert

    il aime la danse

    il aime tourner en aval

    il aime les vents de sa tête

    les caresses sur son visage fiévreux

    et elle boit de l’eau à la coupe des arbres pleurants !

    la mystérieuse ode des arbres que l’on reprend

    il descend et suit l’ondulation des vagues

    les pensées inavouées

    les jardins d’amoureux

    les fleurs qu’il ne reconnait plus

    les larmes d’une enfant exhalent un parfum de lavande

    comme une rose en pierre sculptée par les vents  

    la peau mièvre se torturent à ne plus s’offrir

    comme une maille mutique et de l’amour

    elle ne rit pas avec les écrans

    elle court sur les champs d’avoine

    elle ne reverra jamais ses parents

    je clore comme le jour qui susurre

    les feuilles tremblent à l’automne de nos solitudes

    Lire la traduction
  • Une souris Fr/Arab

    un champ

    dans le trou

    une souris sourit  

    en dessous de tout

    flou

    étrange

    aux alentours de la gnôle

    l’odeur de nourriture

    incompréhensible détresse

    elle est bête

    elle n’est pas verte

    les gens la déteste

    elle fait des choses insensés

    écriture décharnée  

    dedans ou à la lisière

    un refuge isolé

    tumulte

    la vie inarticulée

    au bout de son nez  

    son souffle hoquette court 

    chute et fracas

    les temps sont durs

    artificiels

    avec ses voisins souris

    son suprême

    occupe

    l’air qui n’a pas d’espace

    une fiancée l’éconduit  

    quelque chose de détacher

    plus qu’un retour

    nous n’espérons même pas le jour

    la pluie ne nous rassemble plus

    Lire la traduction
  • Chanson redondante Fr/Arab

    les vers impures

    un verre dû

    des vers qui sonnent faux

    le bruit des bottes qui rythme ses nuits

    le pas d’une fille

    une chenille, – elle rejoint qui ?

    le poète dans son habitat

    obtient le droit de s’esclaffer

    celui qui lâche l’interrupteur

    il ne s’endort pas

    les vers impures

    un verre dû

    Lire la traduction

Bienvenue dans mon atelier !

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Tout signe refusant le savoir doit être marqué par les mots : Ô toi étoile lointaine… ,— Djaroua Allaoua Ouahbi.

L’aliénation la plus grande est aussi ce qui peut conduire, si quelque barrière cède, à la plus extrême poésie… , — Yves Bonnefoy.

Regarder par la fenêtre m’a toujours donné du courage… , mais je vous jure : en réalité, c’est à dire dans ma réalité, j’ai décampé… , — Unica Zürn.