l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie


  • Une rencontre sans faute

    un hommage à la manière de Brautigan.

    lorsque le premier feu s’éteint

    – dis-moi ce que tu aimes dans la vie ?

    les parfums

    les robes

    les voyages

    – je préfère être franche avec toi

    me dit-elle.

    je sens le bouc

    je m’habille de loques  

    je préfère voyager seul

    je passe ailleurs pour ne pas nous souffrir

    la fille est ma contemporaine

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  • Une longueur de désavantage

    à Ghiles.

    un poète rentre seul à la maison le soir

    il se baigne de crépuscule extasié

    une communication affreusement bleuette

    un poète rentre seul à la maison le soir

    une cloche qui oscille sa corde

    Marie est une abeille aux mille visages de femmes

    le poète rentre souvent seul ou en mauvaise compagnie

    puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

    on se déguise pour finir

    on joue l’histoire contemporaine du Je

    puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

    un doigt caresse les breloques

    le diadème d’argent qui nous honore

    puisqu’il faut vraiment écrire un poème

    13/14 février 2019, à Bordeaux.

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  • Elle, ma cohérence (Fr/Arab)

    à Nassima.

    de tous les charmes confondus

    je bravais mon cœur corrompu

    sentant la bref musique

    un signe d’aucun recours

    comme faire une nique

    aux fidèles m’amours

    le temps de mes premiers amours

    je cachais une passion de toujours

    c’est l’étreinte d’un commis voyageur

    c’est les sandales de l’orphelin choyé

    c’est l’imaginaire d’une fille que l’on regrette

    c’est une pièce où il ne se trouve aucun spectateur

    je me fiche de vos exploits !

    par un ailleurs…

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  • Un premier couplet s’élabore Fr/Arab

    à Anne.

    je suis un garçon bien

    et bon

    qui fait le bien et le savoure

    quand je peux

    ( ce n’est pas ça ! ).

    je suis un garçon bon

    comme il faut

    qui fait le bien et le savoure

    quand je peux

    un ange

    ( pas tout à fait ça non plus ! ).

    je suis un garçon

    tout comme il faut

    et bon

    qui fait le bien et le savoure

    quand je peux

    le mal, je le repousse moyennement

    comme un ange médiocre

    ( trop de je ne sais quoi de surfait, tu y es presque ! ).

    je suis un garçon

    comme il faut

    et de bien

    qui le fait et le savoure

    quand je peux

    je repousse le mal moyennement

    une sorte d’ange médiocre

    je souhaite retourné dans ma triste caverne

    il y a un petit feu, une ombrelle, etc.

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  • Cap ou pas cap sous nos yeux

    comme une pluie aux couleurs de pétrole

    comme un fruit gorgé de soleil

    morsures

    goyave

    vents de papaye

    ils me transpercent en équilibre

    ils me fêtent chancelant

    je voyage et que je me taise

    qu’aurions-nous pu rêver de mieux après Arthur De La Sierra ?

    comme un dépourvu d’explicite

    comme une mystique du voyeur

    archipels

    Cancún

    au fait des muses

    avec les fuites urinaires il y a un dieu

    il y a les fluides

    je voyage et que je me taise

    qu’aurions-nous pu rêver de mieux après l’Amour Du Dissolvant ?

    comme écrire son intériorité

    comme se lever d’un trop plein de désirs

    Sabah

    turquoise

    juste des émois

    depuis combien de temps n’avons-nous pas été bouleversés ?

    nous ne prenons que les coups

    je voyage et que je me taise

    qu’aurions-nous pu rêver de mieux après la Mort Des Bienheureux ?

    je rejoins le calme des frênes

    je rejoins le rêve d’une salamandre coquette

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  • Les muses me parlent parfois

    les muses me parlent parfois des petits riens de nos quotidiens

    les muses me parlent parfois de la nourriture de nos esprits

    les muses me parlent parfois de nos valeurs sûres

    les muses me parlent parfois de l’invraisemblable de nos erreurs

    les muses me parlent parfois de la beauté de nos âmes       

    les muses me parlent parfois de l’endroit et de l’envers    

    les muses me parlent parfois du commerce de nos corps       

    les muses me parlent parfois de la justesse de nos choix

    les muses me parlent parfois de la musique de nos cœurs

    les muses me parlent parfois de l’improbable de nos vies  

    les muses me parlent parfois du désir et du feu

    les muses me parlent parfois du manque à nos principes

    les muses me parlent parfois du délire sans échos   

    les muses me parlent parfois de la raison de nos êtres      

    les muses me parlent parfois du souffle de nos créations  

    les muses me parlent parfois des états de grâce dans nos poésies

    les muses me parlent parfois de l’anonymat dans nos villes

    les muses me parlent parfois de la liberté de nos paroles et même à mal

    les muses me parlent parfois de la danse de nos mots

    les muses me parlent parfois de la sexualité dans nos rapports    

    les muses me parlent parfois du rêve de nos amours

    les muses me parlent parfois du mensonge de nos réalités

    les muses me parlent parfois de la mort de nos proches

    les muses me parlent parfois du doute dans nos vérités

    les muses me parlent parfois de littérature et de nos miroirs

    les muses me parlent parfois d’humour dans nos meilleurs et pires moments

    les muses me parlent parfois de l’aventure de nos idées

    les muses me parlent parfois de la souffrance dans nos solitudes

    les muses me parlent parfois d’elles       

    les muses me parlent parfois de la Taouba

    ( plus souvent que l’on ne croit ! ).

  • Il était une fois Face-Livre

    il était une fois lorsque j’aimais la poésie qui me faisait de l’ombre une fois lorsque j’aimais les Antilles même si je ne connaitrais jamais une fois lorsque j’aimais ma vie

    il était une fois lorsque j’aimais la vie des autres et rien de ce qu’ils pourraient faire ou dire ne me ferait admettre que nous étions différents que nous étions éloignés

    il était une fois lorsque j’aimais les acrobates du cirque est-ce que j’allais à un cirque ? une fois lorsque j’aimais ta peau, etc. le sort était cruel pour nous deux et rien n’était aussi beau

    il était une fois lorsque j’aimais le ciel et les nuages les trains de nuit et mes trottinettes en fait elles n’étaient pas à moi une fois lorsque j’aimais la nouvelle vague qui traversait tous les siècles

    il était une fois lorsque j’aimais le noir et le blanc je faisais toujours semblant devant un objectif semblant d’aller mieux une fois lorsque j’aimais les mystères sacrés et qu’ils résistaient

    il était une fois lorsque j’aimais l’eau et le feu des remparts je buvais beaucoup d’eau et je ne craignais pas l’enfer puisqu’il n’existait que chez les croyants et les bigots qui m’importaient

    il était une fois lorsque j’aimais les gravas dans les jardins qui finissaient prisonniers de mes chaussures affamés et les lacets se tordaient de rires comme un sandwich empestant le thon

    il était une fois lorsque j’aimais le jazz je feuilletais un livre qui relatait toute son histoire sinon comment saisir quelque chose d’aussi libre ? une fois lorsque j’aimais les chatouilles

    il était une fois lorsque j’aimais les accords dans le désaccord qu’il ne restait au fond que moi qui bleuisait il était une fois un laps il était une fois lorsque j’aimais le Livre les petits chics

    il était une fois lorsque j’aimais le temps consacré aux amours et puis le silence coinçait comme le chien d’un revolver une fois lorsque j’aimais les divinations par tous les vecteurs

    il était une fois lorsque j’aimais une grenadine glacé les après-midi d’été où le sucre ne m’inspirait pas confiance une fois lorsque j’aimais le tabac brun comme l’ours brun je devrais dire : choix

    il était une fois lorsque j’aimais la mousse des vagues dans la peinture comment franchir le palier d’une galerie un atelier, etc. surtout pour un flâneur ? une fois lorsque j’aimais les plantes

    il était une fois lorsque j’aimais les ombres chinoises je fermais les yeux sur le parfum des fleurs en me faisant un théâtre une fois lorsque j’aimais les ouvrir sur le rouge de l’aurore tellement inscrit

    il était une fois lorsque j’aimais les Biker même s’ils puaient la bière et la pisse même leurs livres une fois lorsque j’aimais les âmes grises toutes écorchées sans manœuvre à vif combien étions-nous ?

    il était une fois lorsque j’aimais les miracles je me baignais dans un verre de lait et il n’y avait pas autour les mouches que j’asphyxiais sinon j’aimais les animaux sans leurs baves

    il était une fois lorsque j’aimais les tuniques et les sabres autant que le sexe et le sang l’explicite ne m’intéressait pas une fois lorsque j’aimais les appareilles connectés et rien n’était synchronisé

    il était une fois lorsque j’aimais les galantes de Verlaine en m’y introduisant en homme qui n’aimait pas laver à l’eau chaude une fois lorsque j’aimais les filles pas celles qui refusaient une offrande

    il était une fois lorsque j’aimais la prière et n’en sachant rien jusqu’à réaliser que personne ne savait une fois lorsque j’aimais les mots Miséricorde Divine et Blasphémateur Ostentatoire

    il était une fois lorsque j’aimais les battements de mon cœur qui ne m’angoissait jamais est-ce que je sentirais le tien ? une fois lorsque j’aimais les bicyclettes je solutionnais plutôt avec la marche

    il était une fois lorsque j’aimais les contes pour enfant ils raillaient mon entrée dans le bleu ils continueront puisque j’y campe ! une fois lorsque j’aimais ce qui fondait sous ma dent aimant mordre

    il était une fois lorsque j’aimais comme sur une aile singulière lire et dormir bien après une fois lorsque j’aimais faire l’amour et écrire juste après comme je préférais ne jamais en parler

  • Sacrément épique

    tu existes

    je crois connaitre

    tu habites

    j’habite ton cœur

    ( … me baladant dans les rues d’une Tokyo imaginaire ! ).

    Dieu, Dieu, Dieu, Dieu

    il y a du vent  

    tu penses à ce jour dans le vague de ton esprit

    c’est déjà penser l’avenir

    il suffit d’aller de l’avant !

    tu as

    parce que je dis

    tu dis

    parce que j’ai

    ( … me grisant autour de la lune ! ).

    Prophète, Prophète, Prophète, Prophète

    il pleut

    tu penses à cette nuit et ses vastes espaces inexplorés

    c’est déjà penser la mort et ses pulsations

    il suffit d’aller en amont !

    la folle croisière est drapée   

    la fin de son onde n’est qu’un recommencement

  • Épiphanie

    oscar les vents et épiphanie

    marcher

    vermines

    laine effilochée

    porteuse

    secret

    encens

    doigts fins

    grisette

    histoire

    fraude

    suspendre l’étreinte

    une déesse des buissons et des rivages salés

    amoureux fou

    cavalière

    affreusement

    flanc ossivore

    éphéméride

    il aime le mot éphémère

    coûteux pour l’enfant

    m’abreuver

    ciel

    argent armorique

    couver

    âme esseulée

    les eaux troubles sont peu profondes

    images

    féerie

    satellite

    converger

    couple

    filet d’horizon

    maison des vacances

    poisson

    querelles

    hiver

    bois chaud

    s’éternise

    la nuit retombe sur l’étoile des loups

    je grave dans le marbre son invraisemblance

    au plus vite, un visage !

  • Du jour comme de la nuit

    à Yasmine. et à Camille.

    demi-sœurs de cœur.

    Tristan : Qu’avais-je donc rêvé, de l’honneur de Tristan ?

    Isolde : Qu’avais-je donc rêvé, de la honte d’Isolde ?

    Tristan et Isolde. Richard Wagner.

    Traduit par Dominique Sila.

    : 1

    toi avec moi // moi avec toi

    le jour avec la nuit // la nuit avec le jour

    la nuit cédant au jour // le jour cédant à la nuit

    moi sur toi // toi sur moi

    entre toi et moi // entre moi et toi

    le soleil célébrant une lune // la lune célébrant un soleil

    un peu de toi // un peu de moi

    le jour dans la nuit // la nuit dans le jour

    la lune pleurant un soleil // le soleil pleurant une lune

    de tes mensonges sur moi // de mes mensonges sur toi

    toi ou moi // moi ou toi

    été comme automne // automne comme été

    le jour glisse sur la nuit // la nuit glisse sur le jour

    toi en moi // moi en toi

    toi malgré moi // moi malgré toi

    toi sans moi // moi sans toi

    là, le jour gît // là, la nuit gît

    désirant de toi // désirante de moi

    croire en toi // croire en moi

    l’eau et le vin // le vin et l’eau

    vénus pour mars // mars pour vénus

    toi et moi // moi et toi

    chienne d’un loup // chien d’une louve

    nous

    : 2

    une fille // un garçon

    le monde pour lui // le monde pour elle

    un univers avec elle // un univers avec lui

    ils s’aiment // ils s’éloignent

    il lui manque // elle lui manque

    autour d’un diner // au milieu d’un déjeuner

    elle l’habille d’un sourire // il l’habille d’une caresse

    un rêve de lune // un rêve de soleil

    elle le reconnaît // il la reconnaît

    un amour de fleur // un amour de miel

    elle remonte d’un souvenir // il redescend d’une réminiscence

    son étoile capte les fables // son étoile capte les contes

    elle porte le dramatique // il porte le tragique

    claudia et arman // arman et claudia

    elle l’accompagne dans sa traversée // il l’accompagne dans son voyage

    pour goûter les joies de la volupté // pour savourer les délices de la félicité

    un lac sur un ciel // un ciel sur un lac

    c’est tellement elle // c’est tellement il

    elle tâtonne pour marcher // il tâtonne pour s’asseoir

    un regard de celui qui la guérit // un regard de celle qui le sauve

    la tristesse l’oblige // la tristesse le condamne

    elle dort à bâbord // il dort à tribord

    elle n’a rien d’une poétesse // il n’a rien d’un poète

    pourtant

    : 3

    une sagesse transitoire // une folie ambulatoire

    elle pardonne sans un reproche // il pardonne sans un effort

    une comédienne // un comédien

    lorsqu’il la baise // lorsqu’elle le baise

    elle joue des interdits // il joue des anathèmes

    les comètes déménagent // les comètes euphorisent

    toi comme la fin d’un début // moi comme le début d’une fin

    à l’orée du jour // à l’orée de la nuit

    elle le cultive // il la labour

    leur terre est plate // leur terre est ronde

    les lunes se compilent // les soleils se faufilent

    une allée émotionnelle // une allée sensorielle

    elle s’invite dans son assiette // il s’invite dans son terroir

    toi en deçà de moi // moi en deçà de toi

    son aura est rouge // son aura est mauve

    magma et cristal // cristal et magma

    elle ironise sur la vie // il ironise sur la mort

    les anges neutralisent // les démons désunissent

    l’exception d’un amandier // la singularité d’un olivier

    une éclipse solaire s’attarde // une éclipse lunaire s’accroche

    elle lui fredonne ses nuits // il lui murmure ses jours

    la terre se dérobe // le ciel se dissipe

    elle n’a plus confiance // il n’a plus foi

    vice-versa

    : 4

    bonsoir soleil // bonjour lune

    elle est d’un futur // il est d’un passé

    elle fortifie un filtre // il emplâtre une potion

    d’ombre et de lumière // de lumière et d’ombre

    aux aurores // aux crépuscules

    brève des infidélités // brève des trahisons

    à jamais son âme blessée // à jamais son cœur entaché

    sable et marbre // granite et poussière

    elle vient de loin // il arrive de loin

    au-delà de la longueur des continents // au-delà de la hauteur des nuages

    t’adonner à moi // m’adonner à toi

    te rappeler de mes réponses // me rappeler de tes signes

    rien de toi n’est vain // rien de moi n’est vain

    rien n’est perdu de nos errances // rien n’est gagner de nos quêtes

    nous nous sommes aimer // nous nous sommes détester

    comme d’un autre centre // comme d’un autre appel

    un souhait de nacre // un souhait de corail

    que ton âme luise // que ton cœur vibre

    se hisser pour t’atteindre // se baisser pour m’atteindre

    trop beau un tantinet laid // trop laid un tantinet beau

    elle voit en lui une autre // il voit en elle un autre

    de la vie à la mort // de la mort à la vie

    de toi // de moi

    poème

    : 5

    l’un sur l’autre // l’un sous l’autre

    la vie nous aura séparés // la mort nous aura rattrapés

    une mouette au bec crochu // un bouc à la queue rompue

    de l’urgence // de l’inattendu

    au flanc de la montagne qui m’attire // au creuset de la ville qui t’attire

    comme d’une ouverture // comme d’une augure

    un téléphone sonne chez toi // une lettre arrive chez moi

    ta voix est une nuée // ma voix est un nuage

    une drôle de taquine et un joueur // un drôle de farceur et une féline

    ton abricot sous mes dents // mon roseau sur tes lèvres

    toi devant // moi devant

    te sentir de moi // me sentir de toi

    ton bras autour de ma hanche // mon bras autour de ton cou

    arpentant les boulevards // franchissant les carrefours

    me veiller la nuit // te veiller le jour

    extraits d’un printemps en hiver // extraits d’un automne en été

    frêle avec toi le jour // frêle avec moi le soir

    sur une paillasse de hasard // sur un lit de fortune

    de ta fêlure // de ma fracture

    comme de mon esprit lunaire // comme de ton âme solaire

    ce qui tombe de toi // ce qui tombe de moi

    est balayé par les flots // est emporté par les vents

    me pardonneras-tu un jour // te pardonnerais-je un jour

    mea culpa

    : 6

    trop tôt pour répondre // trop tard pour amorcer

    un air parcourt les rues // un vers arpente les chemins

    voilà l’hiver // voici l’été

    de tes ensembles // de mes éléments

    tu me veux // je me donne

    comme un long baiser // comme une courte étreinte

  • Catalyseurs

    royaume du sud

    écouter

    radio

    voix pétillantes

    interférences chaudes

    de la pise à boire

    insoluble

    âges

    rareté

    organisation

    cascades

    idées

    grève

    gouffre fécondé

    réceptacle

    se ressemblent

    flâner de l’ouïe

    friandises

    étude

    boucles

    le monde est féminin

    accueillir

    étrangers

    passeport

    noirs

    désert

    plusieurs sud

    âmes en peine

    immense silence

    sable

    gammes

    danser avec les vents

    les antennes sur du béton

    tout comme

    têtes enrubannées

    fraîcheur

    à l’affût

    proches

    le faire généralisé

    la présentatrice est une fée

    philosophie

    banaliser

    catalyseurs

    le monde est tellement plus encore

    je débarrasse la table

    en observant une vieille psychologie du chameau

  • La Blanche Ophélie

    orpheline de tous

    toute frêle et aimante, – dis-moi à quoi tu penses ?

    elle s’en est allée, l’âme de mon amoureux !

    aimée à jamais

    les chevilles légères comme la bise

    qu’elle m’a quittée

    ( un phare pour nos insomnies ! ).

    sept jours

    sept week-ends qu’a duré mon calvaire

    il me faut reconstruire mon identité

    d’esseulée

    elle s’en est allée, la Blanche Ophélie !

    comme une verte pluie au crépuscule des anges

    ( une grappe de raisin rouge dans sa bouche ! ).

    orphelin de tous

    tout drôle et contre personne, – dis-moi à quoi tu penses ?

    elle s’en est allée, si loin de moi !

    continuellement

    le temps perfore à une allure de fusée

    comme lui, je ruse

    je vois dans l’éclat des jours les ombres haleuses

    en enjambant le serpent de feu

    il me faut reconstruire mon identité

    de semeur

    elle s’en est allée, la traitresse !

    comme une verte pluie au crépuscule des anges

    ( les songes d’un rossignol sont le fond d’un ciel gris ! ).

    j’ai vécu ordinairement un été de démesure en orient

    sans le besoin de foncer

  • L’aïde d’un revenant

    avalanche d’eaux

    circuit court

    été

    sublimations

    visible

    astre

    corne de gazelle

    Afrique

    lait

    exil ou exit

    au fin fond

    les maîtres sont bavards

    incarnation

    chants

    enchanteurs

    terrorisme de la joie

    courroucer

    baleines

    lance aux pieds

    vents emportés

    accolades

    baisers

    la musique de fond qui comble les Assis

    de petites balles, des ballades tremblantes sur mes lèvres

  • Une toux

    la toux d’un druide

    les hagards

    fluides

    aussi vite !

    il y a des regards

    des amarres

    soulève

    soulève les torrents

    passe le temps qui cloque

    mégère

    prendre l’air

    rapide et légère

    est-ce que tu me vois ?

    choque

    face à la beauté

    fauve

    suspendu

    se prend le pavé

    songeurs qui errent

    adresse

    mais où suis-je ?

    états d’âme

    du corps

    personne ne regarde

    ni n’approche

    nul

    n’accroche !

    je balade mes mots sur les feuilles mortes et les marres

    tenant conseil de mon cœur

  • Consignes pour un pastiche

    conteneur jaune :

    aiguilles

    bistouris

    intranules

    épicrâniennes

    brocards

    tout objet tranchant ou piquant

    activité cérébral

    les fougères en plastique, l’odeur d’un hôpital devient familière

    sachet noir ( daom) :

    emballages

    papiers

    ordures

    ancien vertige ( si la justice divine existe, à moi elle me fait peur ! )

    j’aurais pu écrire mes idées de ce matin

    sachet jaune ( dasrl) :

    compresses

    seringues et gants

    sparadrap

    coton

    perfuseurs

    transfuseurs

    ampoules

    tout objet souillé

    il y a un théâtre de bêtise qui résonne

    comme presque tout qui tombe dans la mémoire

  • L’élégante

    à Véronique.

    l’extase réinventée

    le maudit

    nuages

    forme

    yeux d’ivresses

    acide

    étrange

    lenteur bleutée

    carma

    courbes

    s’incline

    arc fibrille

    elle avait des boucles de cuivre

    l’esprit des conteurs

    les sons nocturnes

    merveille

    découvertes

    au porte d’une ville

    enfant = marron

    noir papillon

    nos héros immobiles

    pieds de pierre

    mystère

    s’offre un dissous

    captive

    mille baisers complices

    vous ne regrettez jamais les fêtes

    lorsque vous attendez le lever du soleil

  • Qui se lève ?

    hexagone

    pubs

    inconnue

    kilomètres

    science

    penses-tu ?

    malade

    diagonale

    expertise

    grammatical

    de la nuit sur le jour

    théâtre  

    meurtre

    soleil

    15 : 24

    une rue qui se terre   

    un semblant

    d’entente

    avec les énergies

    de l’univers

    vous s’y trouverez votre compte pour sûre

    et quelque peu bander !

  • Merci

    les chemins du cœur… merci pour votre bénédiction !

    les pluies noirs providentielles… merci pour votre bénédiction !

    les saules pleureurs… merci pour votre bénédiction !

    les offrandes… merci pour votre bénédiction !

    la danse euclidienne des fourmis… merci pour votre bénédiction !

    les écritures… merci pour votre bénédiction !

    les femmes voilés à l’ignorance… merci pour votre bénédiction !

    les soleils les lunes les étoiles… merci pour votre bénédiction !

    l’amour des quêtes… merci pour votre bénédiction !

    les dépouilles sur nos genoux… merci pour votre bénédiction !

    les grillons d’été… merci pour votre bénédiction !

    les rêves inachevés… merci pour votre bénédiction !

    la voix des neiges… merci pour votre bénédiction !

    les yeux des poissons d’or… merci pour votre bénédiction !

    les scarifications… merci pour votre bénédiction !

    les deux mains affairées… merci pour votre bénédiction !

    la transparence des deux mondes… merci pour votre bénédiction !

    les téléphones portables… merci pour votre bénédiction !

    les autoroutes du ciel… merci pour votre bénédiction !

    les solitudes… merci pour votre bénédiction !

    les visages de la créature… merci pour votre bénédiction !

    les maladies les rémissions… merci pour votre bénédiction !

    les arcs-en-ciel de l’automne… merci pour votre bénédiction !

    la connexion des esprits… merci pour votre bénédiction !

    le bleu côte à côte des nuits… merci pour votre bénédiction !

    le libre arbitre… merci pour votre bénédiction !

    les montagnes bleues… merci pour votre bénédiction !

    les chutes successives les rebonds… merci pour votre bénédiction !

    la faim qui tenaille l’euphorie du jeûne… merci pour votre bénédiction !

    les baumes sur les déceptions amoureuses… merci pour votre bénédiction !

    l’eau du robinet… merci pour votre bénédiction !

    les aubes vertes… merci pour votre bénédiction !

    j’espère la lumière de l’Eternel

    le cœur éclipse les vicissitudes de ce bas monde

  • Expériences, sinon à l’envie !

    écrans

    se sentir utile

    dernier écran

    une passion

    les deux mains dans les poches

    clés

    devant les portes

    dernière clé

    une passion

    les amis sifflent les loups

    fruits

    lune de miel

    dernier fruit

    une passion

    plusieurs vies dans une vie

    pierres

    s’en sortir

    dernière pierre

    une passion

    déjeuner sur l’herbe nue

    cartes

    porte à porte

    dernière carte

    une passion

    voir venir la fin des haricots

    costumes

    fêtes savantes

    dernier costume

    une passion

    un chien sent mauvais

    sandwichs

    trottoirs

    dernier sandwich

    une passion

    il faut gâter le gros

    feux

    chocolateries

    dernier feu

    une passion

    rentrer à cinq heures du matin

    voyages

    un souhait d’enfant

    dernier voyage

    une passion

    sous-vêtements de petite fille

    toiles d’araignées

    un châle entre les mains

    dernière toile

    une passion

    un peu plus en confiance

    plateaux

    de l’altruisme aveugle  

    dernier plateau

    une passion

    une histoire dans une valise

    relationnels

    découverte du ciel immense  

    dernier contact

    une passion

    un air de bêtise gratuite

    pneus

    pousse pousse

    dernier pneu

    une passion

    les étoiles relient les routes

    une plume

    survivre

    dernière plume

    une passion

    la poésie est une expérience

    je ne sais à quel saint me vouer

    par où que tout cela commence ?

  • Débutant tardif

    à Oussama.

    Je regrette maintenant d’avoir été un débutant si tardif. Il semble que j’ai été un débutant tardif en tout. Je pense que j’étais en quelque sorte retardé. Francis Bacon.

    : a

    lors de l’un de mes voyages // lors de l’un de mes romans

    j’ai appris

    il n’y a pas que la bourse dans la vie

    il n’y a pas que les bons ou les mauvais, le bien et le mal

    demeure mes joies // demeure mes peines

    j’aligne ces lignes à l’encre de mon sang

    comme de tout temps

    le dit de ce chant est un adieu

    de par la condamnation // de par la contemplation

    je me ballade dans les rues d’une irréelle ville

    son âme m’agrippe // son bat m’incorpore

    les soirs de solitude : j’alimente mon cœur

    : z

    tu es l’esseulé // tu es le tahen

    désespérément

    le bureau des réclamations est sourd // le bureau des lamentations est aveugle

    ils sont nombreux ceux qui prennent la mauvaise tangente

    tu te meurs chaque soir // tu te relèves chaque matin

    il n’y a du reste plus d’espoir

    tu t’endors sous l’eau // tu t’éveilles sous le feu

    tu sais qu’il y a une lueur

    tu tournes à gauche // tu tournes à droite

    tu plonges ton regard en toi-même

    tu envisages le centre // tu envisages le bord

    tu te dégages pour être multiple

    : a

    rien qu’une sortie // rien qu’une entrée

    la voix se trouble dans les foires aux manèges

    elle exhume de l’ombre // elle exhume du tabac

    je manifeste de la gêne // je transpire de la poésie

    ( sans mousqueton ! ).

    le Cœur Intemporel frappe fort dans ma bouche

    qu’il ne peut s’exprimer convenablement // qu’il ne peut clamer consensuellement

    c’est l’automne avec ses attentes

    qu’est-ce qu’on serait sans une tasse de café !

    sifflotant au près d’un ruisseau // chantant au près d’une fontaine

    nu comme les oiseaux !

    je respire encore grâce à l’art // je respire encore grâce à l’amour

    je ne suis bon que dans le malheur

    : z

    quelqu’un qui te serre // quelqu’un qui te soulève

    tu es en difficulté

    inadapté à la vie en société

    tu as vu le jour pour tout voir // tu as vu le jour pour tout entendre

    elle te fuit proche de m’amour

    que rien ne se nœuds // que rien ne se défait

    tu approches parfois à travers les miroirs

    le fond des ses faits // le don de ses gestes

    tu prends une feuille // tu vois un compas

    tu vois un effaceur// tu prends une règle

    si seulement tu avais une assise …

    : a

    j’écris : Je bois. // j’écris : Sanguine.

    comme l’eau rouge qui coule dans les estaminets

    j’écris: Je suis béni à l’infini. // j’écris: Je suis perdu à l’inconditionnel.

    j’écris les lettres dans le vide des mots

    j’écris : Craie // j’écris : Je mens.

    sur ses parjures // sur ses déshonneurs

    est-elle seulement présente derrière mes filtres ?

    ô douceur !

    à quel moment nos actes prennent leur sens ?

    non-être // supra-être

    nous en tirons des satisfactions

    j’ai raté sur mon poème // j’ai gagné sur mon être

    : z

    tu es fatigué de vivre // tu es fatigué de mourir

    à l’air libre par Sa faute // à l’air libre pour les autres

    tu claques les portes du grand hôpital

    l’horreur des enfers remonte à terre

    tu es rarement du côté du renoncement // tu es rarement du côté du ressentiment

    à la nuit tombée

    tant qu’il y a à faire ta présence est de ce rafiot

    tout en étant libre // tout en étant libre

    tes crins ondoyants // tes plumes soyeuses

    tu incarnes les noces du paradis et du ciel

    peut-être fou par invention // peut-être poète par vocation

    comme des os dans le vase // comme des clos dans la vase

    : a

    j’ai fait l’amour à un rocher // j’ai fait l’amour à une fleur

    à qui viendrait l’idée de s’envoler ?

    comme les promesses d’orage de l’été dernier

    ô qu’est-ce que je tais ! // ô qu’est-ce que je déterre !

    raconter les fées // conter les ogresses

    les sorciers ont plus d’un tour dans leur sac

    si je veux m’imploser // si je veux m’incriminer

    je ne suis mauvais que dans le travail

    pour fondre vos oreilles endormis // pour briser vos cœurs en éclats

    je perce vos profondes angoisses // je creuse vos peureuses argiles

    il adviendra des rires fleuris // il adviendra des rêves fleuris

    j’écris :

    quand les mots se dérobent du mot – quand le port de la mémoire – quand le sucre de l’œil – quand tout revient au même – quand la fièvre de l’amour – quand la respiration fait halte

    : z

    tu esquisses // tu ébauches

    souillé par tes discours // altéré par tes vers

    comme de la fièvre / comme de la grimace

    à te voir si fasciné // à te sentir si blasé

    tu inspectes sans carte // tu prospectes sans boussole

    tes doigts aussi raides qu’un froid // tes yeux aussi noirs qu’un blanc

    tu fouilles les moindres recoins

    seules les chants te tiennent lieu d’effusion

    tu es de la structure // tu es de la secousse

    les toubibs prodiguent des soins molo-molo // les imams abondent des soins tohu-tohu 

    ton obstination // ton obsession

    sont ton héritage des siècles de marginalisation

    : a

    j’écris le murmure du cœur // j’écris l’analphabète du trait

    non plus à solutions // non pas à problèmes

    je ride au fin fond de l’Europe // je drive au fin fond de l’Afrique

    heurtant mes désirs / cabrant mes pulsions

    je parle aux ombres et les mots // je parle aux machines et les esprits

    d’éventuels postites // d’improbables feuillets

    comme une levée d’un envers

    une hallucination simple de mes synapses

    je pense à Pina Bausch // je pense à Kamel Ouali

    de quoi reboiser le château

    qu’aurait été ma dette à l’endroit de la danse 

    je sais de l’épreuve la chute // je sais de l’échec le rebond

    : z

    tu ouvres les voies de ton amitié // tu ouvres les portes de ton toit

    tu n’as rien su sauver

    sinon la vulnérabilité // sinon la misérabilité

    de tes macabres idées

    tu partages le sel et l’eau // tu partages le pain et le vin

    délestés des boniments et des fardeaux

    parfois dans l’impasse // parfois dans l’aisance

    tes viaducs proportionnels à la table

    tu ris et tu soupirs // tu pleurs et tu spasmes

    de la destiné, du libre arbitre et de l’exil

    aussi drôle que cela t’excite // aussi mal que cela t’impacte

    comme aller d’un flottement droit devant

    : a

    je brûle en aimant // je rif en haïssant

    scindé comme les hirondelles d’Ibrahim

    le vent de l’aube vint

    comme d’un lazaret et son tremblement

    je retourne à la kalima harassé // je reviens à la langue éreinté

    anormalement

    je me dispatche // je me recroqueville

    entre une interligne à un point // entre un espace à une virgule

    voici que : Tu bois un verre d’eau. // voici que : Il s’allonge sur le lit.

    une expérience réitérée jusqu’à l’épuisement

    une fois lorsque l’acte survient // une fois lorsque l’acte parvient

    sur le support de la lie mémorielle

    : z

    tu t’éveilles d’un lourd sommeil

    tu longeras un jour le nil // tu franchiras un jour le seuil

    caressant avec tes yeux matiques // piaffant avec tes jambes zutiques

    quand est-ce qu’alors tu reviens ?

    une résurrection inconfirmée // une consumation inentamée

    le passé est si bien interprété en musique

    tu t’en ébranleras // tu t’en extasieras

    laisse les rager, leur parole est aussi bancale que tes mots !

    tu essaies en dehors et en dedans

    de vivre avec moins de vacarme // de mourir avec moins de bruit

    un présent : quelle tenue ? // une aptitude : quel dû ?

    comme un rendez-vous sur ton chemin

    cela ne dira jamais la fin – cela ne dira jamais tout – cela n’ira jamais bien – cela ne prendra jamais rien – cela ne s’accommodera jamais – cela ne pliera jamais – cela ne verra jamais

  • Douleur

    vertige et vents

    sonores

    villes et poussière

    opposer

    réversible et subversive

    tribulations

    bordures et au-delà

    avalanche

    transitoire et ballons

    scotomiser

    collation ou corrélation

    les dessous des mots perdus

    un pas de côté

    marquer

    il n’y a pas d’énigme

    pour qui sait voir dans les reflets

  • Amphore

    je prends une figue sèche à l’huile

    le soir j’improvise

    je mélange mes excréments et mon urine

    j’essuies mes morves et mes croûtes des yeux

    je me rafraîchie à l’eau de cologne

    je rétablie les connexions

    avec la saleté de mes vêtements

    avec la moisissure sur les murs et son odeur   

    je me développe

    je pue

    je ne me lave plus

    j’aime mon odeur de friandise

    ( plus d’eau ou trop chère ! ).

    je mélange mon sperme et ma salive

    j’avale mes crottes de nez

    de la transpiration sur ma peau

    du charbon entre les doigts de mes pieds

    le glauque à la commande par téléphone

    j’adhère à l’abjection du morbide

    je me trouve au ras du seuil de la pauvreté

    l’honneur des braves gens se vend

    je rote

    je dilettante dans mon pet

    j’ai deux temples  

    j’ai un nez

    de l’alcools à gogo

    des cigarettes

    une endive dans le frigidaire

    j’ai une lettre à écrire

    je vais vers une fin olfactive

    j’atteindrai les sommets bleus, peut-être !  

  • Chuinter

    il y a un lit double dans l’alcôve et de la poussière d’étoiles

    je veux des sons

    comme ceux que les corps animés produisent 

    je-suis-nulle-part-et-partout-à-la-fois-les-lunes-défilent-militairement-et-je-me-tiens-à-l’-autre-extrémité-de-l’-appel-téléphonique

    ma main tremble calmement

    comme pour tenir le rythme d’une chanson imaginaire

    il y a une voiture parqué et je suis son homme

    je veux des airs d’automne

    comme le craquèlement des feuilles mortes sur le sol

    je-sais-que-tout-est-épreuve-dans-la-vie-pour-être-un-homme-un-vrai-d’une-personnalité-de-fer-tout-à-son-honneur-se-dévouer  

    hier tu es partie

    tu es partie

    je reste absent de moi-même

    comme sous sortilège

  • Adolescence

    à Mustapha.

    j’habite un quartier résidentiel

    une construction de la france coloniale

    le genre varsovie en noir et blanc

    il y a eu encore des émeutes cette nuit

    la ville se soulève comme en région

    bouillonnante de revendications

    les c. r. s. n’ont pas ce petit quelque chose qui fait ordre et rétabli la tranquillité

    les manifestants ne prétendent aucunement à gouverner leur pays

    c’est assez comique comme événement

    j’ai reçu la consigne de ne plus sortir de l’appartement

    je sens comme une odeur de chair brûlée

    une odeur qui s’infiltre par les ouvertures de la climatisation

  • L’oxygéné

    à mes Cousins.

    Taqṣiṭ n-ddunit-iw

    Yecfa yasd m-kul lawan

    Yefsa yeǧǧuǧeg lḥif-iw

    Deg-ul-iw yefka iẓẓuṛan

    Matoub Lounès. Tisirt Ne-ndama.

    : I

    une chose

    un être à la dérive

    parachevé par ses aînés

    à peine sorti de ses rêves

    arpentant des monts positifs

    ce n’est pas une lourde médecine

    ni une conscience d’intermarché

    sinon d’une écriture escarpée et folle

    et ses pics diffus

    : II

    quel piètre poète

    est-il empêtré ?

    sourd aux vents – sourd à la vie !

    au bord des précipices et j’oublie

    il a énormément perdu

    et revoit le revers d’une vie bruyante

    de sa noirceur son caractère s’endurcie

    il n’a pas renoncé

    il a refusé de vivre 

    : III

    seul

    désolé de tout

    désolé de la vie

    de la vie qui ne va plus

    des étoiles qui ne brillent plus

    comme il n’y a aucune frontière

    il laisse dire et aller

    il voit du plomb tacheté de lumière

    relégué au sous-sol

    : IV

    un clown blanc

    comme une vieille aura

    une espèce d’égout dans la gorge

    sans caprice et délusoire

    il s’accroche à rien et à des semblants

    il s’abandonne à l’envie – il s’adonne à l’ennui !

    son corps est un sentier

    il n’a pas appris à en jouir

    toute son histoire défile sur ces fils

    : V

    il est conté

    suspect à réduire au silence

    il ne s’est toujours pas réalisé

    versant d’un cœur détruit

    tout s’effrite et fuit

    l’asphalte appelle à l’œuvre les palmiers transportés

    il tient en dehors des sombres couloirs

    et va où vont les poètes

    le registre des oubliés

    : VI

    il se lève

    ce n’est pas la forme

    il jette un coup d’œil dehors

    rien n’a changé depuis la veille

    rien ne prédéfini ses actes

    il croit qu’il est 10 : 24

    il a encore peur de ses mots

    qui n’ouvrent peut-être aucun chemin pour lui

    et qui s’opposent

    : VII

    d’une sphère hors du monde

    lorsqu’il regarde les murs animés

    et projette sa colère

    il faudrait un Nom qui irradie sa mémoire

    le sol moite s’ouvre devant lui

    il devine la vraisemblance des ombres

    l’enfant en lui s’évade

    l’enfant en lui s’éloigne

    l’enfant en lui veut s’anéantir

    : VIII

    comme un vaisseau fantôme qui vogue

    ses tics sont une cantate

    très mécaniques – très versatiles !

    il suffoque à l’orée de ce nouveau siècle

    sa trentaine se précise

    un royaume aux portes fermées

    l’avenir est l’espace des étrangers

    ô espèce de chaman !

    il rit avant de finir

    : IX

    il porte ses mains sur un nouveau visage

    d’une lenteur…

    il est le bâtisseur d’images

    sa sueur est un nectar

    il a le sommeil léger des condamnés

    et ne répond désormais que de ses horizons

    car tout le démenti

    comme les pas à pas d’une corolle

    une fleur qui perd son âme

    : X

    il n’a souffrance aucune

    de ses tombeaux qui se figent

    la part de lumière dans la Ténèbre

    l’engloutissement de leurs lumières

    qui équivalent à Dieu

    il prie les anges et les prophètes

    et se souvient de la crête

    il voit le recommencement des jours

    la fin du poème

    : XI

    il ne connait que le travail

    et rien n’est sur un socle

    combien de temps avant l’achèvement

    de mettre un terme à la lutte

    il n’est jamais en paix

    et ses mouvements sont irascibles

    conscient du peu qui lui reste

    il va prendre ses distances

    et du repos

    : XII

    tout au long du bleu sillage

    son sombre esprit le quitte

    il le pressent dès les lendemains des célébrations

    les blancs plus que les noirs qui se précisent

    à la longueur et aux gestes approximatifs, etc.

    comme de la pierre antique

    comme un compact réduit martelé

    comme sous la poussière une tremblante main

    vous vous enlisez dans vos confections intérieures

    voyez qu’il se trouve autour une présence

  • Hurluberlus

    J’implore la pitié d’un toit qui s’écroule

    quand je mets le premier pas, la terre bouge…

    qui peut me délivrer de cette frayeur ?

    Djaroua Allaoua Ouahbi.

    l’étoile de mon cœur et moi, on construit un fantasque royaume pour autrui et on change la face du monde depuis le berceau jusqu’à notre vie d’adulte et de l’au-delà

    l’étoile de mon cœur et moi, on visite l’âme des choses comme vont les vagabonds qui puent hors des rails de la rue que la faucheuse leur tient une ardoise jamais assez longue

    l’étoile de mon cœur et moi, on croit aux monologues intérieures et aux blanches boites en bois ! on rêve d’un dieu parfait dans les toilettes et on dit : habité par un djinn. 

    l’étoile de mon cœur et moi, on reste myope devant les cœurs des bons poètes qui tolèrent le vol et le crime dans leurs quotidiens avec une bière sans alcools et devant des films

    l’étoile de mon cœur et moi, on laisse quelques-uns sur la route et d’autres que nous ne reverront plus jamais et on a des jours de cristal où l’orient est notre terre dilection

    l’étoile de mon cœur et moi, on n’est pas ce caustique refuge où il fait bon de se taire, ô nos vieilles misères ! j’ai plongé au fond de nos yeux en n’ayant qu’à moitié peur

    l’étoile de mon cœur et moi, on dilapide le bleu du feu et le sacré de Dieu l’innommé dans les solitudes des soirs de mai que l’étoile-cœur en sort indemne pleine d’inventivité

    l’étoile de mon cœur et moi, on croit qu’il n’y a pas de dessein prédéterminé à l’envers du gant de la rumeur comme une légère tachycardie et nos visages ont une teneur de sel

    l’étoile de mon cœur et moi, on dévisage les présages retrouvées sous le ciel de nos appartements et on souffre la prière des rats en ce bas monde nié

  • Sonnet fétiche Fr/Arab

    Alors qu’eux étaient pour une poésie du crépuscule. Pour une poésie de la nuit. Nous autres nous défendons une poésie de l’aurore. Manifeste 1963. Nicanor Parra.

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

    je n’ai rien d’autre à ajouter…

    Lire la traduction
  • Porte Dauphine

    à mes nièces Naelle et Shikha.

    vous saurez être des femmes rayonnantes pour aimer.

    Même toi, Nedjma, ma belle étoile !

    Tu m’as laissé seul dans les déserts nocturnes

    Avec le cœur qui frémissait de peur

    Dans la cour du grand édifice

    Embrasse-moi

    C’est le souhait de la corde

    Et moi mon étoile

    Quand les souvenirs se dérobent à l’hiver. Djaroua Allaoua Ouahbi.

    Traduit de l’arabe par Abdecelem Ikhlef.

    enlevez vos chaussures

    allongez vous

    fermez vos yeux aux alentours

    rentrez dans le noir du charbon

    écoutez votre musique intérieure

    respirez calmement et avec délectation

    vous êtes sur une herbe artificielle qui pique

    ne bougez surtout pas sous l’ombre du sycomore

    comme un meuble caché aux regards distraits

    un vieux tableau accroché au mur il y a longtemps

    vous vous souvenez du bleu du ciel : l’épidémique !

    élucidez le mystère de votre plus grande peur

    restez au-delà de la fermeture du parc

    vous regardez à présent la lune géante

    vous vous s’y remettez comme à vos habitudes

    un voile nouveau sur votre épiderme

    vous ne réouvrez pas vos yeux aux sanglots

    vous parlementez en vous-même

  • El Hafiya

    enfance

    déchue  

    des dents blanches

    deux nerfs

    ton sourire sur le mien

    un chat

    les jours passent

    vient l’été

    tes yeux et des ailes

    or et aurore se couchent

    ( je pense à la sexualité d’un chat ! ).

    un coup s’entend

    un autre coup de poudre

    bouquet de fleurs

    boisson

    une rose ou une violette

    de l’arbre monte

    où aller ?

    une eau et du lait  

    panorama

    les corps flottent inertes

    l’herbe est un masque d’eau

    ainsi commence et finie la lettre d’un Prophète  

  • Passer les jours

    à Chouaib.

    je rêve d’un long voyage au-delà des dunes et choir sur place que par affliction je commanderais aux fleuves hors des lits tout en étant pur et cruel je ferais de mon cœur une roche de granite

    je rêve de recevoir un verset comme une goutte d’eau dans les profondeurs de l’Etna que l’habitant de mes cottes me quitterait pour mieux me revenir et les geôles cautériseraient à jamais

    je rêve de ressembler au Père Noël avec des lutins en gélatine verte au service des orphelins du monde entier je retournerais en enfance dans l’idée de courir dans tous les sens

    je rêve de contempler le ciel rougeoyant comme une confiture de fraise et pour moi les nuages légers s’entrouvraient comme les petits sachets de caramel au beurre salé

    je rêve de tomber dans un rêve et de ne plus jamais m’éveiller je parlerais de Napoléon et de Marie Antoinette sans me moucher une seule fois je me jetterais parmi leurs ombres

    je rêve d’une excursion sans attache comme un bon homme devant son café crème, – dring dring… , et l’excursion arrive ! je participerais à un colloque dans le désert d’Éthiopie

    je rêve qu’un jour un être me parle de la poésie et me dirait ce n’est pas mon meilleur recueil comparé à n’importe lequel où je consentirais de l’anéantir rien qu’à Geronimo

    je rêve d’une troupe oxygénée aux victoires saillantes ivre de leur gloire passée et je chanterais oui je chanterais de tout cœur avec eux sur les routes du ciel des bleus

    je rêve de voir deux lunes argentées entre des colonnes antiques comme un double templier avec ma crinière de lion et me laisser chatouiller par Linda jusqu’aux rougeurs

    je rêve de faire partie d’un groupe de free jazz sur scène et je serais à la trompette même si j’hésiterais encore entre Miles Devis et Erik Truffaz ou Ibrahim Maalouf et Chet Baker

    je ne fais que rêver à l’heure du petit-déjeuner

    comme manquer à la fourberie ambiante 

    Les Revenantes © anitaa 2015
  • La Croix du Sud

    à Abdellah.

    Sous un portique d’ardoise viennent rêver des bergers sans troupeaux.

    Un soir comme les autres. Jean Claude Pirotte.

    comme un sentier dans le ciel

    parsemé de clairs étoiles

    le berger suit le sentier

    les étoiles tombent

    le berger trébuche et tombe

    il contemple la nuit du sud

    les deux mains sur sa tête

    une saine colère gronde dans son cœur

    il va d’épuisement jusqu’à son éprouvette

    le ciel change et ne l’atteint pas

    pareil à moi est ce berger

    sorti ébouriffé d’un rêve à peine achevé

    longtemps nous sera voilé le paradis

    le sentier des célestes voyages

    ( quelqu’un qui revient de loin a parlé ! ).

  • Jour de vote

    toile rajeunie                                                                          salut à nos femmes

    du rabougris                                                                           au revoir aux chrysanthèmes

    comme tu souhaites                                                              et puis oui

    belle silhouette                                                                        verte tige

    vestige céleste                                                                        dilem du témoin

                                                                                                        voisins

    comme âge

    âme d’écolage                                                                        et mesgoule, le mulet !

    magie d’éthique                                                                      gris merveille

    moderne ethnique                                                                 coupures fines sur une lamelle

    yeux mousselines                                                                                   

    de noir                                                                                      vieille accroche

    coléo                                                                                          couleurs

    noix de coco                                                                            rien dans les urnes

  • Attendre pour attendre

    j’attends le jour sans mémoire

    j’attends le jour pour m’ouvrir au monde

    j’attends le jour pour sentir l’orage

    j’attends le jour pour sortir de l’ombrage

    j’attends le jour pour creuser mon trou

    j’attends le jour pour aimer mon bourreau

    j’attends le jour pour m’ausculter

    j’attends le jour pour démystifier 

    j’attends le jour pour un accident

    j’attends le jour pour faire un don

    j’attends le jour pour être à l’écume

    j’attends le jour pour finir en légume

    j’attends le jour pour oublier la mort

    j’attends le jour pour consumer aurore

    j’attends le jour pour jouir

    j’attends le jour pour vous vomir

    j’attends le jour pour croire en Dieu

    j’attends le jour pour mentir mieux qu’eux

    j’attends le jour pour fuir

    j’attends le jour et je le sais advenir

    c’est la part d’illusions en chaque chose

    qui me fait patienter

  • Léon

    à Célia. et à Chafik.

    nous rêvons

    d’une entité

    plus intègre qu’une danseuse

    soupçons… , – les fichus sont dramatiques !

    l’ultime fête s’est ouverte

    en coulisses

    sur les danseuses étoiles

    le bleu du soir

    est

    opaque

    les guirlandes en papier déchirent le ciel

    les vitrines exposent

    la grande armée

    les traits obscurs des marins

    scintille discrètement

    parmi

    les ruines et les torches

    la reine au vieux turban, une magnificence !

    son règne est diaphane

    sous l’égide des hommes

    comme un corbeau blanc… , et la transparence !

    ( son ombre est rouge ! ).

    un parcourt des dédales

    sur une toile

    d’un peintre antique

    la masse insidieuse des lumières sombres

    les trois derniers coups du gong

    ondulent, très vagues !

    on vilipende dans le quartier Auden

    ( nous sommes trois ! ).

    les lunes linéaires

    courbes et folles

    drainent le bois des planches

    les hérauts nègres sont les funambules à l’œil moite

  • Cette manivelle, quel automne !

    trois feuilles d’un arbre

    sont tombées à l’instant

    sexe fertile, c’est vrai !

    que je savoure mollement, etc.

    les invisibles qui immortalisent

    temporairement

    tout en prenant la voie

    des éphémères

    où me manque subtilement

    le parfum des fleurs

    désirs, brièveté et intuition

    à l’honneur

    puis, d’une main

    déposée

    sur la vitre cordée

    un long froid à la décharge me saisi

    j’épouse l’ampleur de ma douleur

    comme un aviateur

    entre en silence

    à l’encontre des ondes endurées

    durant cette nuit d’automne

    aux nuages très bas

    je m’expose à la teneur

    du velours caché de l’hymen

    ( petit rappelle à moi-même : apprendre à maîtriser l’art des fenêtres ! ).

  • Les guêpes

    dans ce fier monde

    et les greniers

    les guêpes trouent les toiles

    des vaines araignées

    l’esprit d’un enfant reste captif

    et n’y manque jamais

    les honorant de fourmis

    clivées d’un linceul !

    une envie lui prend de hurler fort

    : CATACOMBES !

    résolu de rêver son envol plus qu’ici qu’ailleurs

    et matérialiser le ciel

    ainsi se déverser

    ainsi que l’estuaire

    ainsi choir

    ainsi de la saison des couleurs

    les mêmes guêpes

    touchent de leur dard de feu

    le tendre de nos chairs, etc.

    là sont les pensées d’un docte fou

    sous-jacent

    un mur

    de brique

    en flammes

  • Degré zéro

    à Hania.

    il faut nous tirer parfois les fleurs du nez !

    les rares fleurs des genêts

    passent les saisons et les grands froids

    c’est l’âme des immeubles d’où s’échappe l’odeur du lait

    mêlé à ma douce voix

    mon genêt est une couveuse de vies à qui je fais l’amour nerveusement !

    mon genêt est le roi des brigands qui fait la tournée des magasins suffocants !

    mon genêt est une arme courtoise et un murmure lointain des fonds marins !

    mon genêt est l’ornement d’une fille à qui je parle aux heures de la nuit ferme !

    mon genêt est une traînée de grains de la plus méchante des ogresses !

    mon genêt est le passage des camions poubelles qui ne ramassent rien !

    mon genêt est la montée d’une chanson vers le monde des rêves striés !

    mon genêt est la flaque de sang sur le sol des chiens errants !

    mon genêt est le point de ralliement du dernier chameau de kabylie !

    mon genêt est une bourrasque d’été qui mouille même les dents !

    mon genêt est une vieille fille qui palpite et n’arrive pas à remplir son carnet !

    s’affranchir, c’est d’abord saisir

    les kilomètres des vies en noir et en jaune

    c’est des segments qui emplissent les yeux

    de la couronne lunaire

    l’horizon d’infinis genêts est au verrou d’à côté

    il nous faut gravir l’utopie

  • Poinçons sur une ceinture

    est-ce que vous comprenez que l’on peut remodeler son passé à l’infini ?  

    comme un peuple phage aux puissants élixirs d’amour

    comme une vieille histoire racontée depuis le fond des âges 

    comme un lavabo vieilli de faïence local

    les émigrés sont comme au seuil d’un printemps universel

    saisissez !

    saisissez !

    saisissez !

    est-ce que vous comprenez que l’âme est trop grande pour une fourmi même pour s’y loger ?

    j’étais rendu à des visages aux tribulations de lichen

    j’étais rendu à des chœurs chorals fondus de sourires en chapeau de paille

    j’étais rendu à des passages au quartier western sans âme familière qui vive

    les émigrés sont ici pour moins que rien et rien au-delà

    sans secours.

    sans secours.

    sans secours.

    les moindres passions finissent en échardes

    suivez votre veine !

  • Climats d’un deuil

    quelques intimes démons assèchent les illusions de ma chair malléable :

    les manquements à la soif

    cent fois répétés… !

    seule cette mémoire me tient captif

    le vent souffle sur les résédas

    de mon territoire

    semblable au refuge et au désœuvrement

    le changement s’est intensifié

    d’un cran

    dénommée : ruine.

    ainsi vont les tourbillons

    dans l’âge de mon cœur

    un sablier où le sable ne tombe pas

    elles se lèvent les paroles oubliés au milieu de la brume :

    l’ensemble des restants : ô sombre forêt, rendez-nous s’il vous plait sa dépouille, nous nous acquitterons devant les morts et les vivants ! 

    il n’y aura pas de cérémonie funéraire

    il n’y aura pas de coups de feu

    elle tombe la voix trouble sur une assemblée de veilleuses :

    le point de vue du mort : les guerres intestines font encore des émules !

    ( un loup gris se penche pour voir ! ).

  • Une cascade de pluie

    à Ghiles.

    au-dessus de la clameur

    des noirs sons

    je retrouve mon lit de coton

    et la littérature

    qui berce mes mauvais sommeils

    le sable des siècles africains se frotte

    aux parois de l’instrument

    je repasse sur ma mélancolie

    et l’époustouflant chemin

    des non-retours

    les amoureux du pont de pierre

    s’embrassent comme deux

    à l’abri des étoiles

    une fine pluie mélodieuse

    s’entend

    une femme élancée

    chante un vieux refrain rock’ n’ roll en français

    son rythme démentiel

    est un sous-titre en chinois

    à ma perdition

    les amoureux du pont de pierre s’enlacent

    dans les vents nus du soir

    comme sa délicieuse rengaine

    que je lui reprends

    de ses lèvres imbibées de gloss

    les deux mains humides

    et à plat posées

    sur sa longue épine dorsale

    une fine pluie mélodieuse

    descend

    ses vertes prunelles voilent mes yeux

    figés sur une pierre tombale

    la boucle est bouclée

    comme un sein

    et j’aime mes tentatives de résolutions

  • La scène déraille

    radieux l’abécédaire qui s’est cajolé

    de la flûte de nos os enchantés

    et des petits miracles quotidiens

    les purs espoirs où se dilatent nos rétines

    les après-midis de nos amours imaginaires et fantasmés

    les rendez-vous clandestins

    la tendance qui déferle sur nos anniversaires

    l’exubérance des soirées du ramadan

    les jeux de nos conquêtes et nos chemins d’aventure

    la scène tizi-ouzienne pulse nos cœurs

    le plus laid de tous porte un joli parfum

    ô les beaux jours !

    ( ô les belles têtes de choux ! ).

    – ô les impénitents ! – ô les petits diablotins ! – ô les vieux crapauds !

    les chiens errants fêtent nos orphelins

    les liens qui tiennent nos âmes en halène

    où sont passés les carcans de la coutume ancestrale ?

    le souvenir de la lyre du mémorial Jugurtha

    notre tigre qui glisse sur tous nos rêves des saphirs !

    le merveilleux au coin de nos foyers hors des âges

    les étoiles sur nos fronts qui scintillent

    le cri de nos joies lancées à l’univers entier

    peu nous importe les lendemains réfractaires et moroses

    les cieux envieux de nos frères et de nos sœurs

    envieux de cette mosaïque flamboyante de mille feux

    n’ayez crainte, restez restez restez !

    la police urbaine guettent les incartades

  • Les 12 ruses

    je fonde un monde nouveau

    … avec la querelle des anciens

    je m’en sors poète

    … une pleine mesure de la chance

    je me vois en homme sauvage et libre

    … un homme amant de la beauté

    je me suis avorté à moi-même

    … une incarnation dans le seum

    je crois aux phénomènes inexpliqués

    … l’un des dommages de l’irrationnel savoureux

    je me suis exposé à la haine

    … m’évertuant de la circonférence de ma solitude

    je ne suis pas pour l’argent

    …  comme ne tenant pas figure à la prudence

    je me guéris en provoquant la folie

    … mon cœur éclate et mes yeux sont remplis

    je suis un chercheur du précieux métal

    … un généreux donateur d’artefacts

    j’appelle encore à l’aide d’une main tendue

    … et souvent le besoin de verser le surplus

    je me refuse les privilèges de la parole

    … le silence de la carpe est méridien

    je hasarde ma vie pour des amours

    … pourquoi alors les clameurs ?

    je ne vis pas dans le temps présent

    … de multiple stances dans ma nivelle

    j’envisage un rêve d’airain

    … tant mieux qu’il n’en est rien

    je suis un renégat des siècles humains

    … où tout est déjà sous contrôle

    je sais l’eau fraîche par ta bouche

    … le ciel se pose sur ton sein gauche

  • Les aînés de l’automne

    qu’est ce qui fait bon vivre

    sous le soleil

    froid

    et la lenteur des jours

    sans pareils

    je me promet d’aller

    au gré de mes envies

    sans faillir

    et faire des vents

    à jamais mes aînés adorés

    je voudrais tant revenir

    aux temps anciens

    semblable à un mouchoir blanc

    et humer le parfum des fleurs

    du pays incertain

    m’en sortir le cœur plein

    de petites impôts

    et me sentir

    vieillir

    comme un homme éternel ! comme un long fleuve hindou !

    quel autre pays

    à l’aune de mon amour

    me chavire

    avec ses habitants millénaires

    qui insufflent la démesure

    ô que mon pays me manque !

    vite – vite… , dépouillons-nous !

    tâchons d’apprécier

    la beauté de ce bas monde

    comme les cormorans

    or, entre les continuelles pluies

    et mon apanage de brulures

    la plèbe se lavent l’âme

    sur les reflets poreux

    d’une madrigal

  • La robe d’un songe

    je m’assois à l’arrière d’un autobus en mouvement, tenant entre mes mains rouges et engourdies, les victuailles d’un vieux

    livre de poésie

    je tante sourdement de formuler quelques mots

    je referme le recueil et le tient serré contre mon flanc pour descendre à destination

    j’y pleut dehors sans vergogne comme pendant les longs mois d’hiver !

    j’y pleut dehors sans vergogne sur la camargue !

    j’y pleut durant des mois… !

    je ne distingue pas encore le nom de l’auteur sur la couverture mauve

    je cherche en vain le panneau exit en lettre de feu au-dessus de l’issue de sortie

    j’émerge à moitié de mon songe sans toutefois ouvrir mes yeux, le sang de mes veines se mêle à la musique redondante des vers

    que je n’ai pas lus

    ( n’est-elle pas folle cette grammaire ? ).

  • Corps perdu

    une laideur

    est

    ma première impression

    je dépasse et soulève tous mes critères de beauté

    tous mes préjugés, etc.

    l’après est meilleur

    lorsque frêle

    tu tombes dans mon lit

    que je te donne

    le côté terrasse du cœur

    je repense à ton souffle tiède

    sur ma nuque décatie

    et je souris

  • Car, je flirtais si longtemps

    à Thara.

    au cours de l’année du singe

    la deuxième se préparait aux mathématiques

    il faisait encore nuit, je crois !

    une atmosphère propice à la réminiscence

    le professeur rentrait comme à son habitude

    comme une percée dans l’odeur d’une étable endormie

    les regards en un éclair s’échangeaient toutes azimuts

    le crédule veillait à l’homogénéité de ses classes

    un glock de sous le pantalon

    n’en déplaise à l’inspecteur

    l’ensemble des cœurs battaient forts

    je tirais

    la détonation anéantissait tout

    le silence sanglant

    plongeait

    dans mes jours

    l’oubli

  • La table

    à Raouf.

    Dans la sylve elle tombe, sans lieu choisi, mais là elle germe, comme un grain d’épeautre montée en scion, puis en plante sylvestre, les harpies qui se nourrissent de ses feuilles, lui font douleur, et la douleur fenêtre…  » L’enfer, Dante Alighieri.

    son assiette fluette

    s’adonne à la frugalité des sens décuplés

    du pain noir dans son parcours

    celui qui serre les dents

    ( le noir est un accident ! ).

    il rentre son pied dans le marbre italien

    son âme flotte dans un palais de blanches saveurs

    une outrecuidance opaque et délurée

    il voit de gentils spectres

    ( un homme qui s’alimente en regardant le ciel ne peut pas être tout à fait mauvais ! ).

    les mouvances se sont vites enfuies, peut-être !

    il finit avec une crème, un café

    il règle l’onéreuse addition

    il sort

  • Conduire une danse

    à la ville de Constantine.

    du soleil à gogo se verse

    entre les verres des cafés maures

    il pleut…

    sur le poste radiophonique

    et les bouches hachées

    des belles passantes et inconnues

    il me revient

    une aussi belle boursouflure

    démarrer en quart

    de toi

    la carriole flotte

    dans le contre espace de la rumeur

    la reprise des rires francs et successives

    un ras le bol des renoncements

    comme ceux qui rétrogradent

    la vie au point mort !

    la halte prochaine est le cimetière

    où reposent mes ancêtres

    comme en apesanteur entre le ciel

    et les pneumatiques

  • Tablier

    le ciel est court

    dormez les bonnes gens, la ville veille sur vous

    une figure d’enfant déluré

    comme un bleuté jusqu’aux narines de mouton

    tu es définitivement parfaite et de perdue

    te projeter, tu ne fais que ça !

    la puissance renouvelée des absents

    quel est ce refus de vivre ?

    le poète a des représailles médiévales

    et ne veut que finir la récréation chevaline

    l’exaltation des peurs et des états souverains

    … de l’oxygène dans de l’eau noire

    le pli qui transcende les âmes

    qui se consument comme l’orientation des blés

    la clarté de la Ténèbre : une tourbe !

    les semelles scotchées aux sept vents

    le prix d’un rêve solitaire

    les combles d’un cœur bateau en solitaire

    une maison qui ronfle le silence des nuits

    tu es l’enfant des arbres

    chères lèvres fondues et désirés, je vous désir, etc.

    le négatif d’une étoile qui brûle

    tu es abattu à plate couture

    tout te semble de noir halluciné

    vous étouffez d’interminables cris

    de vos innombrables vies !

  • Enfance

    durant les années de mon enfance

    j’arpentais un cimetière laissé à l’abandon

    seul et environné par le silence

    j’allais cueillir pour des hommes des plantes sauvages d’été

    je ne m’approchais jamais de celles qui étaient sur les tombes

    même si je les lorgnais que d’un œil !

    je n’oublierais jamais les amples vêtements

    et la casquette mickey mouse qui couronnait ma tête

    ( selon la perspective économe de mes parents ! ).

    sous ces cieux idylliques

    l’air était pur comme de l’or où rien ne s’étale

    je bravais mon cœur ornemental qui me semblait beau

    c’était le paradis !

    l’enfance ne se sait pas, disaient-ils !

    dernière rive d’insouciance avant que mon âme ne s’enténèbre

  • Citadelle

    je me lève à l’heure du rossignol

    je prends une tasse de café et fume

    je rase ma barbe en ce jour d’automne en berne

    je m’habille et la lampe masse

    je mets Quieter Than Silence à l’écoute et me berce

    je lis un peu et l’horloge s’attarde sur mes paupières

    je mange un bout d’un vieux sandwich au saumon

    je sors sous une pluie fine et mes poumons s’ouvrent

    je discute avec Pierrot, Hamlet et Jacques dans un bar associatif

    je regarde l’heure 04:24 et la tenancière mamelue décide de nous foutre dehors

    je poursuis seul pour me balader et réfléchir

    je regarde l’aube claire avec ces mots en bouche : une femme qui me ressemble.

    j’éteins ma cigarette et la garde dans ma besace

    je referme mon calepin

    je rentre

    une femme qui te ressemble

    une femme qui te ressent

    une femme qui te sente

    est-elle une cité, ou invraisemblablement une jeune pousse ?

    je prends le pari de l’amour

    le retour au terrier

  • Amel

    tu es matinale  

    tu es dans la salle de bains

    tu viens de prendre une douche tiède

    tu exhales un bon parfum

    tu portes un foulard bariolé à la taille  

    tu es devant ton miroir planté sur tes deux petits pieds nus

    tu as les cheveux lourds

    tu as ton corps à moitié trempé

    tu as l’air d’un ange dans le contre-jour

    tu prends l’un des cotons tiges d’une boite transparente

    tu tiens la tige rose clair à l’aide de tes trois doigts

    tu expires avec révolte tout en introduisant le bout de la tige en coton dans ton oreille gauche

    tu inclines légèrement la tête sur ton épaule

    tu fredonnes un air indéterminé

    tu regardes le bout en coton sale en improvisant une grimace

    tu lances à ton miroir un : Beurk !

    tu réitères les mêmes mouvements de l’autre côté

    tu te trouves particulièrement belle  

    tu reviens rayonnante dans la chambre

    tu danses sur le lit

    tu transpires

    j’imagine celle à venir

    elles ont toutes opéré des répliques chez moi

  • Alcohol

    je buvais pour des réveilles ivres

    je buvais parce que j’ai le sommeil agité

    en suivant une thérapie ou en fréquentant une mosquée

    je buvais pour effacer l’affront

    je buvais pour me le rappeler

    sans raison aucune ou pour un tas de balivernes

    je buvais parce que j’avais une âme

    je buvais parce que j’avais une mort

    les week-ends et jours de semaines

    je buvais pour rire de la misère des autres

    je buvais pour rire de ma propre misère

    pendant les fêtes et les enterrements

    je buvais parce que poète

    je buvais parce que dingue

    avec ou sans l’inspiration

  • Le jardin des solitudes

    à Joël.

    qu’il tend son soul les ailes déployés

    ou qu’il revivifie sa verve

    transposant son regard de prince

    sur les choses animées

    revues

    debout

    qu’il garde son cul au chaud

    ou qu’il veille sur les statues de pierre

    étouffant sous son duvet de plumes

    le divin souffle de la nature

    indifférente

    hostile

    un cygne blanc

    un étang

    ô cygne blanc !

  • Après quoi

    je

    me

    noie

    de ce froid sombre

    une catastrophe se profile sur ma tête

    et des rafales de vents

    reviens-moi mon petit bulot

    reviens !

    je

    me

    convaincs 

    de la banquise de tes pupilles asséchées

    que rien ne fut jouer d’avance

    rien n’est jamais perdu

    ils nous ont offert un destin sur des parchemins 

    une rencontre à vivre

    je

    me

    termine

    de l’interminable orgueil

    une brindille m’enchante effrontément

    cette brindille déchire mes tempes

    j’ai goûté à l’hypocrisie de ce monde

    si j’y prends racine

    je

    me

    figure  

    de l’étrangeté de ta présence à la fête

    la scène se déroule juste à côté et où tu te tiens 

    derrière cette cloison qui sent la flanelle des champs

    comment prétendre à un accès

    là où il n’y a que défaite

    je

    me

    flagelle

    de trop de ressorts

    comme chaque bon samaritain

    je ne sais poursuive loin de toi

    privé de ton été et tes rires

    tu me manques

    je révèle le plus beau chez les êtres

    un idéal

  • Qu’est-ce que…, c’est !

    à François.

    tous les loups ont

    un poème

    sauf un

    l’idiot de la meute

    lui

    il préfère réciter

    les poèmes de la meute 

    tous les dieux ont

    des fidèles

    sauf un

    arés de l’olympe

    lui

    il préfère étendre

    le règne sur la discorde

    tous les hommes ont

    une hutte

    sauf un

    le fou du village

    lui

    il préfère passer

    les nuits dans les chaumières  

    tous les ciels ont

    des étoiles

    sauf un

    celui de la Mecque

    lui

    il préfère relier

    tous les ciels des mosquées

    il y a des glissements qui se font vers Dieu

    que je préfère aux rappels

  • Au revoir le jour

    à Noussia.

    Trop de beauté peut nuire à votre équilibre psychique.

    Source inconnue.

    les étoiles sont lointaines

    les étoiles sont proches

    qu’importe où je suis

    je vis

    cela me suffit

    les étoiles parlent

    les étoiles chantent

    qu’importe où je vais

    je suis

    cela me suffit

    les étoiles dansent

    les étoiles rêvent

    qu’importe qui je suis

    je ris

    cela me suffit

    la vie est jolie à deux

    une solution plus que buvable pour tous

  • F.

    à la ville de Milla.

    exclu, parce-que d’une condition pauvre, pour le bien et pour le pire, mais surtout dans le pire des mondes ! comme ma solitude que je mène contre vents et marées, n’est-elle pas jouissive ! 

    un chœur dévale enchaîné à la galerie de cristal :

    vie d’ascète

    cristal

    tout change autour

    où je disparais

    reflets de l’âme

    lumière 

    exclu, parce-que d’un pays Kabyle, pour le bien et pour le pire, mais surtout dans le meilleur des mondes ! ma solitude est moribonde et qui cède, sans jamais fléchir !

    un chœur dévale enchaîné à l’as de pique  :

    vie d’échanges

    as de pique

    rien ne reste ni ne perdure

    où je me dispersais

    que l’on nomme aussi psyché !

    lumière

    nous admettions plus les différents

    par crainte de leur ascendance

  • Conceptions

    la conception de son cœur-hiver est rude

    sa joie me polarise

    il ne m’appartient plus

    il est célébré

    ce couchant magnanime vous rassérène, – chut – chut…!

    un froid désert

    le cœur des vides

    le cœur des pleins de bonheur

    la conception de son cœur-hiver est rude

    ses gouffres qui scintillent

    oh, le feu de bengale !

    oh, le feu follet ! 

    ce couchant magnanime vous rassérène, – chut – chut…!

    la belle dans l’âme 

    le cœur des adieux retroussés

    écoutez vos poèmes !

    j’ouvre un ballet sous les ombres

    pourraient-ils un jour faillir ?

  • De soi

    es-tu l’arpenteur des dédales d’un songe ?

    un tout où passe une lourde stupeur

    un tout dans les intervalles d’un bonheur minime

    comment les nuits se soulèvent sous tes yeux ?

    le froid de tes rêves de doigts délurés

    comme chavirer l’âme de tes écrits

    combien de monstres marins te faut-il avaler ?

    tu connais machin chose sur l’amitié

    tu connais machin chose sur l’amour, – très peu sur toi !

    je me dégèle le cerveau

    de la stupidité qui s’ignore

  • Un couple en balade Fr/Arab

    ils marchent à travers bois : 45 min !

    ils admirent le couché de soleil : 20 min ! 

    ils échangent un baiser : 11 secondes ! 

    ils laissent quelque chose d’eux sur la berge : 32 min !

    ils reviennent sur leurs pas : 1h24 !

    ( Poème inspiré d’un tableau abstrait d’Ikea ! )

    Lire la taduction
  • Syndrome moderne

    dédié aux élèves de l’école primaire Saliha Ouatiki.

    Un nuage passe,

    Il fait noir comme en un four,

    Un nuage passe.

    Tiens le petit jour !

    Impressions fausses. Paul Verlaine.

    c : curriculum vitae combeau commissure commissaire cunnilingus ronge le nez

    o : o est criblée de balles obniv.com or ordures obélisque omnivore

    p : papiers paraphrase passé paralympique : un possible normal

    l : lieutenant lithographie leinter de mon œil lylie comme une polyamoureuse

    a : amour : tope là architecture archive archi-complet archimède amidon

    co : copyright cowboy à culottes blanches coconut commémoration cocu cocorico

    oc : octosyllabe pas mal octogénaire pas d’avantage palpation oculaire

    po : poteau popo dans le pot polyvalent polyphonique polymorphe

    op : opération ambulatoire d’une main opérationnel culte opercule

    la : la la la…l’enfance à rêver laminé l’argentique lapin lampion l’arctique

    al : almeria almeria allergies à l’imbécilité alcatraz qui vient all inclusive alceste

    cp :spécimen sépulture spirale caisse primaire de l’assurance maladie

    pc : pcr négatif sur demande une machine comme un pc portable qui rame pchit pchit

    cl : clôtures clos clymène climatisation chaud et froid clape

    lc : lci écran corbeille lcl la banque qui arrache la peau des fesses

    ca : cacophonie capharnaüm capitaine sur un navire qui parcelle un pont

    ac : accrédité accouchement acmé et passer ailleurs accumulation de trophées

    pa : palme de plongée en eau douce palmyre palmier dattier paludisme

    ap : appendice appendicite apw de bejaia applaudissement sous une douche

    ol : oligarchies olfactive holly holly olive n’aime pas popeye oliviers comme un chope de lait

    lo : lorenzo avec une serviette et m’entoure avec son bras losange cerf volant l’otite intermittente

    pl : pléiades pluriel plébiscité placard empli de cadavres plaine de plaisirs

    lp : lpo : ligue des protection de oiseaux l’populace chasse l’papillon

    ao : aoé aloé vera aoisite sept mots qui finissent avec cette terminaison

    oa : il faudrait parler polynésien comme gauguin

    cop : cpo : ocp : opc : pco : poc :

    opl : olp : pol : plo : lpo : lop :

    pla : pal : lpa : lap : apl : alp :

    col : clo : ocl : olc : loc : lco :

    cla : cal : lac : lca : acl : alc :

    opa : oap : poa : pao : aop : apo :

    pcl : plc : cpl : clp :lpc : lcp :

    aoc : aco : oac : oca : cao : coa :

    alo : aol : oal : ola : lao : loa :

    apc : acp : pac : pca : cap : cpa :

    copo : copponex coppo-next

    pola : polarisation pola nue sur une photo en noir et blanc pollack

    cola : collation embrassade dans des bulles collaboration collagène

    poco : poco dine au kebab allegro poco poco s’envolent

    lapo : la peau lisse l’apothéose de mon oncle l’appauvrissement l’apollonide

    laco : la corniche en été la comédie l’accordéon en cuir de vache ou d’artistes

    loco : loco centrifuge locomotive locomotion éreintée

    loca : lorca localisation d’une vibration location ne signifie plus jeter de l’argent par les fenêtres

    alpo : amine l’infaillible ami pour une oraison funèbre au clair de lune

    opco : omelettes pour celle qui offre sa voix

    alco : alcools est cubique alcohol : el corridor el condor

    apco : apco définition abscons

    acpo : acné politique acte de police acclimatation au seuil du portail activité pôle emploi

    oppo : un oppo serait bien dans mes poches

    poca ; pocahontace ne comprend rien à la bande des hommes dessinés

    opla : hop la suivi d’un silence

    lopo : fin de l’opposition ?

    aola aplc lcpo alpc pocl lcpa lapc… , etc. les lettres sont tirées d’un chapeau, encore 96 possibilités de combinaison

    ( Coppola est aussi une réalisatrice ! ).

  • I. Fr/Arab

    à Mourad. et à Tarik. et à Rafik.

    J’ai embaumé mes souvenirs

    Dans la grande boite du temps

    Jadis a déjà plus d’importance que demain

    Mon utopie est mon passé

    La photographie jaunie de ma jeunesse

    Me reste sur les bras

    Le temps m’a surpris

    Vieillitude. Marc Losson.

    boum, boum, boum : 

    la grenade de la plante verte

    boum, boum, boum :

    la balle entre mes jambes

    boum, boum, boum :

    le cœur dans ma poitrine

    boum, boum, boum :

    la déflagration au petit-matin à Bordj Menaïel

    boum, boum, boum :

    la cuillère dans ma tasse de café

    boum, boum, boum :

    ton joli nom dans ma tête

    boum, boum, boum :

    la fête de la soirée du Mawlid

    boum, boum, boum :

    le pneu de ma voiture

    boum, boum, boum :

    qui a dit une boum ?

    boum, boum, boum :

    le marteau sur mes doigts et un clou

    boum, boum, boum :

    les sauts d’un lièvre

    boum, boum, boum :

    j’ai oublié le dernier vers de ce poème !

    Lire la traduction
  • Les hantises Fr/Arab

    j’imbrique mes chantantes redevances

    avec les figurines abîmées

    sous ce ciel inodore

    décharné

    tout fuit d’une fastueuse porte des ponts

    comme cet oiseau qui surplombe la céleste ville

    … et me hante !

    l’entrée d’or

    fontaines

    ensemble

    désir inachevé

    perdre le nord

    le noir du rejeton

    c’est un crève-cœur

    c’est une baliverne de première

    l’œil libre

    être maléfique

    et si

    j’ai su

    belle

    absolue

    je reste à Bordeaux

    sous le ciel d’hiver

    Le 02/11/2015, à Bordeaux.

    Lire la traduction
  • Lignes Fr/Arab

    indélébile

    droiture

    félicité

    dubitatif

    invitation

    cible

    poils

    cloaque

    chômage

    opinel et ficelle

    bleu

    lévitation

    je ronge un ruban infect cousu sur mon cœur

    est-il question de solitude, ou d’une quête ?

    Lire la traduction
  • Les visages Fr/Arab

    à l’un

    du

    chemises

    qu’un rien

    lui

    miel

    processions

    idylle

    chemins ombragés

    douceur

    prohibé

    souffrez

    celui

    qui

    prend

    la

    corbeille

    il y en a plusieurs à l’usage pour ce recueil

    la votre est la première

    Lire la traduction
  • J’irai au fin fond du monde et voir de quoi est fait mon rêve Fr/Arab

    oh, Dieu, combien est dur d’aimer !

    non pas… non pas la vie, c’est dur d’aimer !

    ( elle va chercher de l’eau au fond du puits ! ).

    à quoi bon mon cœur de souffrir autant

    ceci est mon adieu, ceci est mon adieu… !

    ( seul devant des ouvertures ! ).

    hiver

    cheminées de fées

    air frais

    marshmallow

    boussole

    camembert

    acides aminés

    ciels gris

    mésange

    alcool

    cymbales

    tabouret

    idioties à quatre pieds

    nous devons vivre encore plus vite et j’abandonne, et j’abandonne… !

    l’expérience du vide est un bide pour des générations

    Lire la traduction
  • La manière d’un étranger Fr/Arab

    toi

    donner

    à manger

    aux enfants

    que moi j’adore

    lui

    privatif

    exfiltré

    de la vie belle

    même de son salut

    quoi

    dis

    pas

    enfants

    grave

    prie

    nous

    aimer

    quand

    la la la… la !

    qui

    moi

    de vous

    jaloux

    adieu, adieu… bel étranger !

    Lire la traduction
  • Dérive Fr/Arab

    à mon oncle Hakim.

    est-ce qu’une œuvre se construit sur de la douleur, certainement ! moi, je serai poète, un poète de génie.

    anémone des bois

    le brouillon d’âme atmosphérique

    une rivière à vents de l’enfance fantasmée

    forte comme ses remous d’égout

    d’anciennes voix troublés et anéantis  

    chute du sens en cataclysme

    je donne vie au soi

    je redonne la vie au sublime

    une enfant des sombres bois

    orpheline qui sourit

    soleil

    pinède ou bois

    sexe

    doux

    joyau

    mirage

    forêt

    …. etc.

    Lire la traduction

Bienvenue dans mon atelier !

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Tout signe refusant le savoir doit être marqué par les mots : Ô toi étoile lointaine… ,— Djaroua Allaoua Ouahbi.

L’aliénation la plus grande est aussi ce qui peut conduire, si quelque barrière cède, à la plus extrême poésie… , — Yves Bonnefoy.

Regarder par la fenêtre m’a toujours donné du courage… , mais je vous jure : en réalité, c’est à dire dans ma réalité, j’ai décampé… , — Unica Zürn.